‹ Traité de l'exploitation des mines de houille; ou, Exposition comparative des méthodes employées en Belgique, en France, en Allemagne et en Angleterre, pour l'arrachement et l'extraction des minéraux combustibles; (volume 3)Chapitre 108 sur 193 · Tailles droites dans les couches platteures · texte numérisé non relu

Tailles droites dans les couches platteures

Dans les petites tailles , on n'emploie jamais plus de deux échancrures latérales; mais dans les larges tailles, leur nombre s'accroît et dépend de la constitution de la couche et des roches encaissantes ; rien de précis ne peut être énoncé à ce sujet, si ce n'est qu'on s'attache à en faire le moins possible. Les produits du havage et du faux toit, les débris des bancs de schiste, d'argile durcie et des autres substances stériles intercalées dans les couches, forment les remblais que le mineur, dans les tailles étroites, entasse contre les parois de l'excavation, et que, dans les larges tailles, il rejette immédiatement derrière lui, en ayant soin de laisser libre l'espace réservé aux galeries. Quelquefois un ouvrier nommé remblayeur a pour fonction de les serrer fortement contre le toit, afin de prévenir les éboulements et les pertes d'air.

Le boisage des tailles n'est qu'un moyen de soutènement provisoire, auquel on se hâte de substituer les remblais. 11 est rarement nécessaire dans les petits chantiers où la partie du toit non soutenue est peu considérable; si cependant il est nécessaire d'étayer, on se contente de placer *çà et là , sous les parties dangereuses du toit , quelques piliers disposés normalement aux stratifications. Les chapeaux , dont on fait usage lorsque le toit est fort déliteux, sont soutenus à chacune de leurs extrémités par un élai; quelquefois on en ajoule uu

35J8 CllAPlTRB iV. -^ l'*. SECTION.

troisième au milieu, afin de diminuer la portée et de s'opposer en même temps à la chute des stratifications ébouleuses. En Angleterre, où le prix des bois est fort élevé, le mineur, s'il doit recourir au boisage, n*emploie que deux ou trois lignes d'étais pour se protéger contre les éboulements; il a le soin de retirer la plus éloignée à mesure qu'il s'avance et de la placer vers le nouveau front de taille. Sur le continent, les boisages restant en grande partie, au milieu des remblais, sont à jamais perdus.

La nécessité de parvenir à la taille , d'en extraire les produits, d'y faire affluer l'air, force le mineur k mé» nager derrière lui une ou plusieurs galeries et à les entretenir pendant toute la durée de l'arrachement de la partie en l'exploitation. Si la puissance de la couche ne permet pas de donner à ces voies la hauteur réclamée par l'usage auquel on les destine, on excave le toit ou le mur, el quelquefois simultanément tous les deux. Cette opération , à laquelle on donne le nom de coupage de voie^ se fait à l'aide du pic, du coin ou autres outils d'arrachement, lorsque les stratifications sont tendres ou fissurées , et à la poudre, si la roche esl solide et compacte. Les fragments de rocher qui en résultent , ordinairement plus solides que les autres remblais, sont réunis pour former, le long des voies, des murailles sèches d'épaisseur variable qui , nonseulement contribuent & maintenir le toit et à prévenir son affaissement, mais encore empêchent les remblais plus menus de se déverser dans la galerie inférieure. A défaut de murs , on insère des planches , des branches d'arbres ou d'autres menus bois derrière les étais de revêtement des galeries, et par ce moyen on retient en place les plus petits fragments.

La figure 15 de la planche XXVI est le plan horizontal d'une taille droite en plateure. E , voie de roulage;

Page 1