Province de Liège
L'origine de rexploitetioa de la houille dans la province do Liège remonte évidemment à une époque fort reculée (1). Le désordre qui présida aux premiers travaux d'arrachement y Tirrégularité de ces derniers, Tabsence de toute méthode eurent pour conséquence de rendre bientôt inaccessible la richesse minérale et de la détruire momentanément par Taccumulation des eaux dans les nombreuses excavations des couches supérieures. L'exploitation s'étant principalement portée dans le sein des collines riveraines de la Meuse, on crut, pour assécher les travaux et les remettre en activité, devoir percer des galeries d'écoulement ( xhorres ou areines ) ayant leurs oriJSces dans le fond de la vallée. Un grand nombre d'entre elles subsistaient déjà vers la fin du XV" siècle; et certes, si , moins nombreuses , elles eussent été combinées de manière à assécher complètement la partie du terrain houiller pour lequel elles avaient été construites; si la faculté laissée par le souverain d'abattre une areine , c'est-à*dire de la rendre inutile au moyen d'une autre percée à un niveau plus bas^ n'eût entraîné des discus-
(1) Quelques auteurs pensent qu^elIe remonte à Tannée il 78.
sjons et des procès sans nombre; si surtout, procédant à Texploitation complète des couches asséchées, on eût eu le soin de réserver intacte une eertaine épaisseur de terrain ( espontes ) immédiatement au-dessous des galeries de démergement, pour empêcher les sources de descendre plus bas que le niveau d'exhaure , on aurait obtenu des résultats immenses en protégeant les travaux futurs contre Taffluence des eaux de la surface. Malheureusement la science du mineur n*existait pas h cette époque ; l'exploitant arracha les couches inférieures , en s'aidant , au besoin , de tonnes et de pompes a bras , et sans laisser d'espontes protectrices. Plus tard , les galeries d'écoulement , peu ou pas du tout entretenues , s'éboulèrent et devinrent inutiles pour la plupart. Le mal s'accrut de jour en jour, et de nouveau , comme avant l'établissement des areines^ la houille, enlevée en certains points jusqu'à une profondeur considérable , fut remplacée par les eaux d'infiltration , qui formèrent des lacs souterrains appelés bains d'eau. Il serait facile au mineur d'écarter le danger provenant de la présence de ces nappes d'eau s'il en connaissait la position exacte; mai^ malheureusement les anciens travaux n'ont jamais été décrits ou tracés par leurs auteurs; tout ce qu'on en a connu d'abord venait de tradition ; celle-ci s'est éteinte peu à peu , et actuellement elle est entièrement perdue.
Telle est la circonstance principale qui distingue l'exploitation liégeoise et qui a dû nécessairement influer sur les procédés employés dans cette localité. Ainsi, ces amas d'eau si redoutables engagent le mineur à se porter immédiatement à une grande profondeur et à procéder à l'arrachement des couches en marchant de bas en haut ; à éviter, dans l'enfoncement des puits, la rencontre des anciens travaux inondés, c'csl-à-tlirc à pa:iscr vu uhl à
travers des massifs de houille intacte, sous pëinè Ae devoir construire plusieurs cuvelages partiels, opératiofri difficile si les éboulements ne l'ont pas rendfie impraticable; et enfin è se ménager un ch^mp d'exploitation fort étendu et proportionné aux frais d'enfonoetaent d\in puits porté à une grande profondeur.
Le mineur liégeois prend d'ailleurs toutes tes pirecautions nécessaires pour éviter de deêserrer wix tfeùx ouvrages, c'est-è-dire d'établir une eonAnutiication entre ceux-ci et les travaux en activité, ce qui compronectrâit l'existence de la mine et la vie des ouvriers. Lorsqu'il marche vers un point où il soupçonne l'existence d'anciennes excavations , il a le soin de fbire précéder sa uifHe d'un ou de plusieurs trouis de sonde. Si ses craintes >9nt pour objet les couches gisant an-dessos de sa télé 4 il adopte un mode d'exploitation qtii is'oppôse aux ébonlements du toit et, par conséquent, (ruî iBssures )Kir lesquelles passeraient les eaux poulr Venir inonder la partie de la mine en activité. Ces précautions minutienaes doivent être incessantes , s'il veut éviter ees lacs întériears formés dans la concession ou dans les coâeessioiilg Veisines, et qui, autrefois, ont s( souvent tloAné 4ièu ft des cata^rophes épouvantables.
599. Des moyens de parvenir à la couche objet de l'exploitation; travaux préparatoires.
Le mineur, ayant toujours été astreint à profiter des points si rares qu'offrent les plateures du nord pour passer en serre, a contracté l'habitude de concentrer tous les puits sur un même espace et quelquefois de les réunir en un seul, divisé en plusieurs compartiments. Ainsi il
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groupe 4ans une même excavation ou perce à peu de distance tes uns des autres :
i"". Le puits d'extraction ou maitre-iure ( 1 ).