‹ Traité de l'exploitation des mines de houille; ou, Exposition comparative des méthodes employées en Belgique, en France, en Allemagne et en Angleterre, pour l'arrachement et l'extraction des minéraux combustibles; (volume 3)Chapitre 118 sur 193 · Exploitation par tailles horizoniaks et conOguës · texte numérisé non relu

Exploitation par tailles horizoniaks et conOguës

Les inconvénients résultant de chantiers dirigés suivant l'allongement et séparés par des massifs étaient sentis depuis longtemps; le remède tardait à être appliqué; diais ceréaitifeâ Sociétés, voyant leur richesse minérale diminuer rapidement, prirent l'initiative des améliorations. C'edt ùin^l que la couche dite Grande- Veiné , de la mine des Artistes , fut exploitée^ il y a environ dix ans , au moyen d'aHélîers d'urrachement d'une hauteur de vingt mètres , séparés p&r da

(i) Cette disposition de travaux, imitée des mines du Flënu, est due à M. Gonot , ingénieur en chef de la proVince âfè Àainadt.

DISTRICTS LIÉGKOIS. 387

massifs de six à huit mètres sculenlent. Mais les piliers , quelle que minime que fût leur épaisseur , subsistaient encore et ne pouvaient être exploités en raison méine de leur ténuité ; il s^égissait donc de les faire disparliltre en accolant lés coistresses les unes aux autres , en sorte que , outre rarrachemeht plus complet de la côûché , bii obtint Ttb raccourcissement dans le parcours du courant venti- Idtetir y et un hombre moindre de galeries à entretenir. Ces observations , faites aux exploitants par M. l'ingénieur Welleketis , ont été prises en considération ^ et ont fait de ce système l'un des mieux appropriés aux habitudes locales et h la nature des couches de la province de Liège.

Les figures 2 et 3 de la planche XXVII sont des projections de la mine du Péry , Tune sur un plan horizontal, l'autre sur un plan vertical perpendiculaire à la direction. L'exploitation se rapporte à la couche dite Gratide-Vdne , dont la puissance est de 0.76 mètre ; elle constitue une seule masse fort dure et sans houage, ce qui en rend l'arrachement des plus difficiles.

jT est le puits destiné à l'extraction et à l'épuisemerit ; iî comnitinique , par sa base, avec le pahage d, d creusé dans Taval-pendage de la couche pour emmagasiner ' les eaux. B est le puits de retour de l'air, origine d'une galerie à travers bancs a b qui détermine la hauteur de la tranche à exploiter ; celfè-cl , ayant été jugée uliérreurement trop grande , a été divisée en deux parties par un puits intérieur c (Bouxtay), La galerie d'allongement est indiquée par les lettres e e e. Les chantiers ffj g, ff sont superposcà et accolés les uns aux autres ; leur hauteur moyenne est de 20 mètres; ils ont été arrêtés, au levant et au couchant, par des crains S^Sy qii'oh a dû trave<-ser pour rétablir tes travaux au-delà du

388 CHAPITUE IV. — II*. StCTIOX.

dérangement ; k, k sont les tailles actuellement en activité ; /*, f les plans automoteurs destinés à faire parvenir sur la galerie d'allongement les produits des tailles supérieures. Ces galeries, a double voie, sont revêtues d*un boisage con* forme à celui que représente la figure 4. La multiplicité des plans automoteurs que le lecteur peut observer ici, multiplicité si nuisible par suite des interruptions causées au transport, n'est pas une circonstance locale : elle s'applique à toutes les mines du bassin , où ce système d'exploitation a été mis en usage , quoique l'expérience de plusieurs localités ait prouvé la possibilité d'attribuer à ces voies une hauteur beaucoup plus considérable*

406. Ancien mode usité pour (^exploitation des dres^ sants ou couches à roisse^pendage.

Dès que les puits d'extraction et d'aérage étaient parvenus à une médiocre profondeur , la première couche rencontrée dans des conditions favorables était l'objet de travaux analogues à ceux de la figure t"". (ph XXXI), exécutés, en 1820, dans la couche Houllenx , de Marihaye ; ils consistaient en une série de chantiers paraHëles et séparés les uns des autres par des maissifs assez épais pour ne pas trop affaiblir les parois de la couche.

On commençait par creuser dans le gtte deux bouxk^s ou puits intérieurs, d'où partait une coistresse de iO à 12 mètres de hauteur en ménageant des piliers de 6 à 7 mètres d'épaisseur entre elle et la galerie d'allongement supérieure; le massif était encore recoupé par d'autres petits puits destinés au retour du courant ventilateur. Lorsque cette taille était suffisamment avancée, on procédait au percement d'une deuxième série de bouxtays g , g

d*où partait un nouveau chantier parallèle au premier , en réservant entre celui-ci et le précédent un pilier e^ e de roénie épaisseur. On en établissait ainsi un nombre limité par les produits plus ou moins avantageux de la couche, la facilité ou les difficultés de la circulation de Tair et la quantité affluente des eaux à épuiser. On a vu souvent les travaux se développer dans la profondeur, de manière à offrir sept et même huit coistresses superposées les unes aux autres , et exploitées , soit isolément, soit deux par deux, ou trois par trois, suivant les besoins de Textraction. Les débris de la couche et les produits du bosseiement étaient relevés, dans les tailles, & l'aide d'un petit treuil k (fig. 1^») installé sur la galerie supérieure; les cheminées ménagées au milieu des remblais étaient obstruées par des toiles qui interceptaient le passage du courant d'air dans sa tendance à prendre le chemin le plus court , et le forçaient à se porter sur le front des tailles f.

Ce mode était , ainsi qu'il est facile de le reconnaître , l'application aux couches droites du procédé employé dans les plateures et dont les défauts étaient encore aggravés. Ainsi la perte de charbon provenant de l'abandon des piliers était considérable ; le gaz inflammable dégagé de l'on des chantiers envahissait subitement la mine entière, et les coups de feu atteignaient presque toujours la totalité des ouvriers ; les produits , objets de divers transvasements , se réduisaient en menu ; le transport à travers les nombreux bouxtays occasionnait une main-d'œuvre considérable ; enfin , ces petits puits intérieurs étaient d'un coûteux entretien. Mais ce système a été abandonné depuis plus de 30 ans , c'est-à-dire longtemps avant l'époque où l'on a mis de côté le système analogue employé dans les plateures.

407. Systèmes employés plus récemment pour V exploitation des couches dites à roisse-pendage,

La division du champ d*exploitation par des galeries^ à travers bancs a pour résultat de porter en anoont du point d'attaque les parties de couches qui, dans Tancien mode, se trouvaient en aval, et de faciliter la conduite de l'air et le transport des produits. On divise donc la couche en un certain nombre de tranches dont la hauteur , comprise entre 30 et 40 mètres , dépasse rarement cette dernière limite; la galerie inférieure sert à rintroduclion dans les travaux du courant d'air qui , après avoir balayé le front de taille , s'échappe par la galerie supérieure. Que l'exploitation se fasse en montant ou en descendant, on agit de la même manière pour passer d'une tranche à la suivante; dans le premier cas, la galerie d'aérage devient galerie de roulage pour l'étage supérieur, tandis que, dans le second, c'est la galerie de roulage qui sert au retour de l'air, lors de l'exploitation de la tranche inférieure.

L'exemple suivant donne une idée de la dispositiop des chantiers établis entre deux galeries consécutives. I^ figure 10 de la planche XXVIU a pour objet la couche Bijou, exploitée en 1830 à la mine d'Yvoz; sa puissance est de 1.20 mètre et son inclinaison de 90°.

Le dépouillement de la partie de la couche comprise entre les deux galeries à travers bancs x , x s'est effectué a^ moyen de deux tailles droites c^c superposées; celle de dessous a toujours été plus avancée que la taille supérieure , en sorte que l'ensemble pouvait être considéré comme formant deux gradins droits fort élevés et séparés par une galerie intermédiaire destinée à recueillir les produits du

gradin supérieur. Un massif protégeait les deux bacnure9 coitfre leur destruetion trop prématurée. Quelques chemipéeç , ou puits intérieurs ménagés à travers les remblais , servaient à Técoulementde la houille sur la galerie inférieure. lies lailles droites étaient , d'ailleurs , en tout conformes ^ pçHe que représentent les figures 2 et 3 de la même planche.

Page 1