‹ Traité de l'exploitation des mines de houille; ou, Exposition comparative des méthodes employées en Belgique, en France, en Allemagne et en Angleterre, pour l'arrachement et l'extraction des minéraux combustibles; (volume 3)Chapitre 136 sur 193 · District de St.^Etienne^ fendues et puils · texte numérisé non relu

District de St.^Etienne^ fendues et puils

Le lecteur a vu (65), dans la description du bassin carbonifère de St.-É(ienne , que les stratifications viennent, par leurs affleurements , se profiler sur les flancs des collines , sous lesquelles elles s'enfoncent; cette disposition de gise-, ment a donné naissance, dès Torigine de l'exploitation , à un mode particulier d'attaque des couches , consistant à prati« TOME n. 29

quer une fendue ou galerie partant de Taffleurement, el descendant , suivant Finclinaison , jusqu'à une profondeur indéterminée. L'orifice de la fendue ne se creuse pas immédiatement sur l'affleurement, où les rochei n'offrent pAs assez de solidité, mais dans le mur, à 3 ou 4 mètres au<« dessous de la stratification , qu'elle rejoint à peu de distance. Quelquefois aussi le mineur est forcé d'entreprendre la fendue dans les roches encaissantes, sur une étendue asiei considérable; il lui imprime aussi une direction sinueuse, afin d'éviter la rencontre d'anciens travaux rapprocbés de la surface, ou de lui donner une pente plus régu« lière et moins abrupte que celle de la couohe.

Tel était, il y a 60 ans, le seul moyen de pénétrer dans les mines de ce district, d'en épuiser les eaux et d'en extraire la houille ; cette dernière opération était d'ailleurs péniblement exécutée par des manœuvres {iorteun) dont les fonctions consistaient à porter sur le dos une charg» de houille contenue dans un sac de toile ajusté sur leur tête comme un capuchon. Actuellement, les fendues sont réservées à la conduite du courant d'air , à l'entrée et i la sortie des ouvriers; sous ce dernier rapport, elles sont fort commodes, si l'on a le soin d'entretenir les rampes ou les escaliers dans un état convenable.

Les puits dont on se sert actuellement ont une section circulaire ; leur diamètre varie entre 2.40 et 3 mètres. Ils ne sont pas creusés à de grandes profondeurs, puisque l'un de ceux de la concession de Méon , qui n'a que 210 mètres, passe pour le plus profond du district. La solidité du roc est telle que ces excavations n'exigent aucun revêtement, eicepté à leur partie supérieure , où quelquefois on exéeute un boisage , et le plus souvent un muraillement destiné à. prévenir réboulement des terres végétales et des stratifi<»tions supérieures. Jamais ils ne sont divisés en compartiments; mais

DÉPAhTEME?«T DE LA LOIRE. iSl

qiielquefoîs on augmente leur diamètre au point où les deux ▼uses d'extraction se rencontrent.

434. Travaux du puits Neyron^ bassin de Bérard. ( PI. XXXII. )

La figure 2 représente les travaux exécutés par le puits Néyrot) , dans la cinquième couche , dont la puissance Varie de 1.20 à 1.30 mètre et Hnclinaison de 8 à 10 degrèâ. La figUre l'*. est une section verticale exprimant la dispositiob des couches de cette concession.

Après avoir établi un courant ventilateur, eti mettant en t;ommunication le puits Neyron J, iservant à l'appel )de Tair, et Un puits voisin par lequel il afflue, et avoir ouvert , suivant la direction , la voie principale a* af a* , bn divisé le massif, ou champ d'exploitation , par un systènle dé voies a a, a** a^ parallèles à rallongement, combiné iivec un autre système de galeries 6, 6, 6 percées suivant Tmch'naison et comprenant entre elles des piliers de bouille de 20 à 25 mètres de côté. Les premières , appelées fonds, sont de véritables tailles auxquelles on donne une largeur de 4 à 6 mètres. Les autres, désignées sous le nom de pointes bu de descentes , s'établissent partout où elles peuvent faciliter l'aérage des travaux et le transport des produits. Le sol des galeries horizontales est excavé du côté d'aval , de manière à former un petit canal des^ Une & favoriser l'écoulement des eaux vers le puisard ; èe chnal est recouvert de madriers sur lesquels s'exécute le roulage.

Dans l'état actuel du développement de la mine, l'air frais entre par le point a , s'engage dans des coffres qui le conduisent au fond de la descente c ; puis , remontant

452 CHAPITRE IV. — m*. SÏÏCTIOX.

en d, il se divise en deux branches et venlile tous les travaux, dans lesquels il suit la marche indiquée par les flèches.

Comme la couche n*a que 1.30 mètre de puissance, on Tarrache en totalité et d'une seule fois en soalenaat son toit à Taide de buttes^ étais de pin ou de sapin que les montagnes voisines fournissent en abondanee. Chaque galerie est occupée par deux ouvriers exclusivement chargés de Fentaillement et de l'abattage ; ils pratiquent vers le mur une échancrure assez haute pour pouvoir y introduire la partie supérieure du corps et les deux bras ; ils avancent^ dans leur journée, de 3 à 3.B0 mètres, et n*ont aucun égard au clivage.

La préparation du massif se prolonge, dans le sens de rinclinaison , jusqu'aux affleurements ou aux vieux travaux supérieurs ; ils sont limités dans le sens de la direetion par un étranglement (couffée) de quelque importance que Ton ne juge pas à propos de franchir, ou par une trop grande longueur de transport. Après avoir ainsi divisé le chanllp d'exploitation en piliers ou parallélipipèdes rectangulaires , le mineur revient sur ses pas et enlève là totalité ou seulement une partie de chaque pilier , en commençant par le plus élevé et le plus éloigné du puits.

On remarque, dans ce mode d'exploitation par pUiers et galeries ou par massifs courts , deux opérations distinctes : la préparation des travaux , c>st-à-dire le percement des galeries , et le dépitage , ou Tenlèvement des piliers. On analysera , dans les paragraphes suivants , les différeiites modifications de détail résultant de l'inclinaison de la couche, de sa puissance, de sa composition et de la nature de son toit.

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