‹ Traité de l'exploitation des mines de houille; ou, Exposition comparative des méthodes employées en Belgique, en France, en Allemagne et en Angleterre, pour l'arrachement et l'extraction des minéraux combustibles; (volume 3)Chapitre 146 sur 193 · Modifications apportées au système précédent · texte numérisé non relu

Modifications apportées au système précédent

Dans le cas , beaucoup plus fréquent , où l'exploitation a pour objet, non un massif vierge, mais des estaux abandonnés anciennement entre deux étages consécutifs ou des parties de couche limitées par d'anciens travaux, le mineur éprouve les plus grandes difficultés, non-seulement à maintenir ses galeries ouvertes , mais encore à se soustraire au danger des embrasements spontanés, favorisés par la dislocation de la houille et des roches encaissantes. Les cheminées destinées au transport des déblais et du charbon deviennent alors impraticables , puisqu'elles devraient traverser des tranches embrasées , où l'introduction de Tair augmente l'intensité de l'incendie. Les chemins de fer ne peuvent être construits dans les galeries d'allongement parce que, chassé par le feu, le mineur s'exposerait à perdre un matériel d'une assez grande valeur ( 1 ). Enfin , si l'incendie venait à se déclarer sur plusieurs points simultanément, les ouvriers, ne pouvant trouver immédiatement une galerie incombustible pour s'y réfugier et un courant

(1) Lorsque le feu se déclare dans le massif, le seul moyen de réteindre est d'établir un barrage dans chaque mère-galerie, afin d*empécher le courant d*air de Talimenter ; mais, de cette manière, toute la partie comprise entre la limite du champ d'exploitation et les barrages est perdue.

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(rair frais à respirer, seraient immédiatement asphyxiés pâf les fumées et le grand dégagement d*acide carbotliqife.

Ces graves inconvénients ont engagé récemment à iùthn duire , dans ces circonstances , uno modification consistant ë préserver les puits de décharge e de tout accident, M les établissant dans le toit de la coadbe, à les mettre en communication avec cette dernière au moyen de galeries à travers bancs , et à percer, dans ces mêmes stratificàtiofis < une galerie de roulage hhh parallèle aux galeries d'allongement « L'exploitation des tranches se fait, du reste, oomme ci-dessus , par le prolongement de la repercée et de deux mères-galeries. L'exécution de la galerie du toit eonh» menée dès qu'il est possible d'en loger les produits stériles dans les recoupes ; elle se maintient à une distance de 10 à 15 mètres de la couche ; plus rapprochée « sa solidité serait compromise et son entretien coûteux ; plus éloignée, on abandonnerait les stratifications tendres et faciles à attaquer , et les repercées deviendraient trop longues. Elle reste toujours en arrière de la mère-galerie, d'où partent de place en place des bouts de voie à travers bancs destinés i établir une communication et à raccourcir l'espace que doivent parcourir les déblais. Elle s'exécute , du reste , par tronçons séparés k et suit une marche régulière en évitant les ondulations du toit, si saillantes dans celte loealité; les déblais qui en proviennent servent à combler les recoupes et sont complétés par les produits des chambres à rembiaû établies dans les roches encaissantes les plus tendres.

Les cheminées destinées au transport de la houille et des remblais débouchent par leur base au faite de la galerie percée dans le toit ; c'est la disposition la pins convenable ; mais les circonstances locales ne permettent pas toujours de l'employer. Pour remblayer la seconde tranche^ on établit , à partir du pied de lu cheminée, une galem

DÉPABTEMBNT DB SAONE' BT*L01BB. 47$

inelinée 0o\ sur le sol de laquelle les remblais sont transportés k la brouette ; une troisième tranche se remblaie égalemetit par le prolongement de la rampe, et ainsi de sQllè ; tmiê comme, à partir de la 4"". ou 5^ tranche, le transport, en remontant, devient trop coûteux, le mi-^ tieur lait communiquer la cheminée et la couche par une galerie percée à une distance verticale de 6 à 8 mètres de hi preiftière ; les remblais sont retenus à ce niveau , où il installe une nouvelle rampe.

Les cheminées destinées à Févacuation de la houille com* muniquent également avec la couche par des galeries à travers bancs distantes de 6 à 8 mètres les unes des autres. Les produits des chantiers, précipités dans la galerie d'allongement creusée au niveau de la repercée immédiatement inférieure, sont projetés dans les cheminées établies au toit, puis chargés dans des voitures qui les conduisent au puits d'extraction.

4é7. Observations et opérations de détail.

Le charbon des mines du Creuzot étant exclusivement employé aux opérations métallurgiques et principalement à la production du coke , on s'inquiète peu de le briser en le projetant dans les cheminées ou en Tentaillant pour rabattre* Dans cette dernière opération , l'ouvrier , armé d'un pfe à deux pointes assex léger et semblable à celui doni on se sert dans le nord de l'Angleterre, travaille en vrai pioobeur de terre. Lorsque la houille a quelque consÎBlanee, il pratique, non des entailles, mais des excavations perpendiculaires ai| front de taille ( rouillures ou coches )• Dans les parties ébouleuses, le boisage et surtout l'abattage s6nt des opérations dangereuses et difficiles, que les mineurs du Creuzot exécutent avec hardiesse et habileté*

476 CHAPITRE IV. — lll\ SECTION.

Chaque galerie est occupée par deux ouvriers piqueurs. Les boisages établis sur la couche sont composés de deux montants et d*un chapeau ; s'ils portent sur les remblais et que ceux-ci ne soient pas suffisamment tassés, le cadre est complété par Taddition d'une semelle. Lorsque les strali- 6cations supérieures sont disloquées , les étais cèdent , se brisent ou s*enfoncent dans les remblais ; dans ce dernier cas, on est obligé de les reprendre, c'est-à-dire de leur en substituer d'autres, après avoir exhaussé les galeries par l'arrachement des bancs de houille du couronnement.

La voie d'allongement percée dans le mur , devant servir au roulage , est conservée pendant tout le temps de l'arrachement du stock ; elle est boisée si la longueur du champ d'exploitation et le nombre des montages n'est pas trop considérable, et revêtue d'un muraillement lorsqu'elle doit rester ouverte plus de dix-huit mois. Il convient, avant de remblayer les chantiers, d'en retirer autant de bois qu'il est possible de le faire ; cette opération est facile dans les parties intactes de la couche ; mais si d'aociens travaux ont produit des mouvements dans le terrain , elle ne peut être que partielle , et souvent il faut les abandonner tous.

L'usine du Crcuzot fournit aux mines les crasses , les cendres et les fraisils provenant des fourneaux ; ces matériaux forment un remblai facile à charger et à transporter ; mais il se tasse considérablement et ne s'oppose pas aux progrés des incendies souterrains , puisqu'il les alimente lui-même. La terre végétale, sous ce dernier rapport, est d'un excellent usage ; mais elle offre des difficultés dans le chargement, surtout lorsque, empreinte d'humidité, elle a été précipitée d'une grande hauteur à travers les puits et les cheminées. Pour éviter les inconvénients inbérepis aux deux substances , il çuffit de verser alterpative^

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ment line voiture de terre et deux de débris provenant de Pusine, mélange facile à charger , à transporter, et qui forme obstacle aux incendies.

Le transport de la houille et des remblars ayant lieu sur les mêmes voies , les travaux sont disposés de telle façon que ces deux opérations ne se contrarient pas mutuellement ; il en est de même lorsque les cheminées servent alternativement aux deux usages. Dans ce cas, Textraction du combustible s'effectue pendant le jour, et environ huit heures de la nuit sont employées è l'introduction des remblais dans les divers chantiers.

Les mineurs , au nombre de S60 à 600 , sont divisés en postes de trente hommes, commandés par un marqueur. Il y a ainsi vingt marqueurs , à la tête desquels est le maitre-mineur, qui doit chaque jour visiter la moitié des puits ; celui-ci , de même que les deux ingénieurs , est autorisé à descendre sur les bennes ou vases d'extraction , tandis que les ouvriers emploient les échelles verticales pour pénétrer dans la mine et pour en sortir.

448. Travaux dEpinac , près d'Autun , département de Saône^t'Loire.

L'exploitation n'a pour but que deux couches, dont l'une a une puissance de 2.30 mètres et celle de dessous 5 à 7 mètres; elles se réunissent sur une partie de leur étendue et n'en forment qu'une seule de iO mètres de puissance. L'arrachement des deux stratiGcations , lorsqu'elles sont séparées, se rapporte au système par piliers et par galeries, généralement usité dans les départements du Centre et du Midi de la France. Celle de 10 mètres forme une exception et exige un mode d'arrachement tout-àfait spécial.

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