‹ Traité de l'exploitation des mines de houille; ou, Exposition comparative des méthodes employées en Belgique, en France, en Allemagne et en Angleterre, pour l'arrachement et l'extraction des minéraux combustibles; (volume 3)Chapitre 175 sur 193 · Détails relatifs aux deux modes précédents · texte numérisé non relu

Détails relatifs aux deux modes précédents

Les ouvriers , en nombre proportionné à la laideur des chantiers , sont divisés en trois classes : les haveurs (Holers) pratiquent une excavation parallèle aux stratifications ( Bolemg ) aussi étroite que possible. La taille est ordinairement divisée en sections de 6.80 mètres de largeur par des échancrures perpendiculaires (Ctt/tfngf). La pression qui s*opère sur la couche pouvant déterminer la chute

(i ) L^auteur croit utile de présenter ici le détail complet des diverses opérations auxquelles donnent lieu les grandes tailles de TAngleterre, aftn ^iie le lecteur puisse les comparer avec le mode usité en Belgique. TOME u. 36

562 CHAPITRE IV. — V". SFXTIOX.

spontonce de la houille , les ouvriers pourvoient à leur sécurité en interrompant le havage par de petits massifs de charbon {Spurn$ ou Staples) et en soutenant la houille par des arcs-boutants {Gibbs). Les contre-maitres mesurent la profondeur de Tentaille au moyen d*un instrument en fer (Jack) assez semblable à une équerre; Tune des branches , étant introduite dans Texcavation, doit en toucher la partie postérieure , tandis que l'autre branche , maintenue verticalement , s'applique contre la paroi de la houille. Lorsque les divers parallélipipèdes sont détachés , au-dessous , par le havage , et , sur les côtés , par les écbancrures , les abatteurs ( Getiers ou Brushers) succèdent aux haveurs, ils enlèvent les arcs-boutants , coupent les massifs réservés, et détachent la couche en introduisant des coins vers le toil et quelquefois en faisant jouer la mine ; ils réduisent en morceaux les blocs trop volumineux » qu'ils transportent le long de la taille jusqu'à l'extrémité des galeries , où lea chargeurs [Lwders) les placent sur des voitures. Les travaux qui précèdent sont compris sous la désignation de Brushing.

Les remblayeurs ( Coggers ou Buttymen ) viennent ensuite ; ils construisent les murailles de pierres sèches , répartissent les remblais, placent les étais, entaillent les salbandes, lorsque cette opération est nécessaire; ils débarrassent la taille de tout encombrement et la disposent de manière que rien ne fasse obstacle au travail des haveurs , lorsque le lendemain ils viennent reprendre l'entaillement. Si la couche produit assez de matériaux stériles (Gobbin)^ les mineurs remblaient tout l'espace excavé {Gob ou Waste); s'ils sont rares, ils ne cherchent pas à s^en procurer en plus grande abondance, en les amenant d'autres points de la mine, ainsi que cela a lieu sur le continent; mais ils se contentent de ce qu'ils trouvent sur place ,

COHTiS DE STAFFORD ET DE SHROPS. S6S

pensant qu'il suffit d'empêcher les éboulements immédiats dans les points où travaillent et circulent les ouvriers , c'estè-dire vers les fronts de taille et dans les galeries principales. Celles-ci sont protégées contre l'affaissement des stratifications supérieures (Crush) par des murailles sèches exécutées avec le plus grand soin le long de leurs parois, et en employant comme matériaux les schistes les plus résistants et les plus solides.

Lorsque » par l'effet de la pression , le faite des galeries s'est abaissé , ils entaillent de nouveau les roches encaissantes, afin de leur restituer leur hauteur primitive; la masse ayant pris son assiette , on peut circuler dans les voies avec autant de sécurité que si elles eussent été récemment percées.

Les ateliers d'arrachement sont également préservés des éboulements par des murs en pierres sèches construits parallèlement aux fronts de taille , et par l'installation de trois ou quatre rangées d'étais ; à chaque avancement , la rangée postérieure , portée en avant , fait place aux schistes et aux menus charbons. Ces étais ont pour objet , non d'empêcher la masse des stratifications de s'affaisser, mais de prévenir les chutes partielles du toit. Leur nombre et leur rapprochement dépendent naturellement de la nature de ce dernier. Les déblais, composés en grande partie de menu charbon, trop friables pour pouvoir former des murs , sont disposés en buttes ou monceaux coniques dont la base a 3 à 4 mètres de diamètre. A mesure que la pression du toit se fait sentir, ces buttes s'écrasent, l'espace vide se rétrécit et l'affaissement du toit s'opère lentement et sans trop de ruptures. Une insuffisance de remblais plus grande encore détermine l'emploi de buttes moins élevées, en laissant des bois dans le vide ; le mur brise ces derniers et finit par reposer sur les déblais. Quand, enfin» il es(

impossible de se procurer des remblais d'aucune nature, soit parce que la couche n'a pas d'intercalations , soit parce que, fort puissante, elle ne réclame pas l'entaillement des roches encaissantes trop . dures , l'exploitant se résout h construire avec de la houille les piliers de sûreté qui doivent r^ner le long des voies ; il ne leur donne qu'une épaisseur dé 0.50 mètre et soutient le faite des chantiers avec des étançons plus multipliés. Dans ces circonstances , il n'extrait souvent que les plus gros morceaux ; le menu reste en totalité dans les remblais , de même qu'une partie des blocs employés à former les piliers de sûreté. Il est beaucoup plus avantageux de rencontrer un faux toit ou un mur facile à entailler; aussi, lorsque le mineur trouve en contact avec la couche, ou quelques décimètres audessous d'elle, un banc d'argile tendre, il en profite pour haver, et recueille avec soin les schistes, qui le mettent è même d'éviter les pertes de charbon.

Si le toit offre une grande solidité, l'excavation s'avance de plusieurs mètres sans crainte d'éboulement ; mais lorsque les écrasées commencent, ce dont on est prévenu par les craquements de la pierre, les plus grandes précautions sont exigées pour éviter la rupture du toit au front de taille et sa chute dans le chantier où le travail s'effectue. Lorsque ' cet effet se produit, circonstance que les ouvriers de la localité désignent en disant que la taille va dedans (1), on est obligé de procéder à la réouverture de l'atelier eo côtoyant la ligne de rupture, travail, qui interrompt l'exploitation.

Des roches encaissantes solides ne permettant pas de serrer trop fortement le3 étais entre les salbandes^ il est

(i) The coming m of the waU. Les mineurs da Centre du Hainaut emploient la même expression dans les mêmes circonstances.'

préférable de placer au-dessous du toit un morceau de schiste ou un fragment de planche; les bois, cédant alors graduellement sous la pression des stratifications supérieures, peuvent être retirés lorsque le toit porte sur les remblais. Si , au contraire , ils étaient trop fortement serrés , ils résisteraient à la poussée pendant un certain laps de temps, puis seraient brisés, et leur rupture serait immédiatement suivie de celle du rocher.

Dans quelques mines du comté de Shrops , où la fonte de fer est si abondante, on a substitué des espèces de tuyaux de ce métal [Casting ironprops) aux étais en bois vulgairement usités. Ils durent longtemps, et , lorsqu'ils se cassent, il est possible de les refondre sans trop grande perte; leur emploi est considéré comme tout-à-fait avantageux , si la mine est annexée à un établissement de hauts-fourneaux (1). Les supports en fonte trop fortement engagés entre les salbandes sont retirés & l'aide d'une chaîne munie de deux crochets; l'un de ceux-ci saisit l'étançon, tandw que l'autre, accroché à l'un des maillons, forme une bride, dans laquelle est introduit un levier en fer ou en bois; l'extrémité de ce levier étant appuyée contre un point fixe, il suffit d'agir sur l'autre extrémité pour dégager Tétai du milieu des éboulis.

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