‹ Traité de l'exploitation des mines de houille; ou, Exposition comparative des méthodes employées en Belgique, en France, en Allemagne et en Angleterre, pour l'arrachement et l'extraction des minéraux combustibles; (volume 3)Chapitre 174 sur 193 · Exploitation du minerai de fer · texte numérisé non relu

Exploitation du minerai de fer

La stratification dite While ironstone, exploitée par le piiîts de Blakemoore (fig. l*"), è 12.80 mètres audessous de la couche de houille, est l'objet d'un travail par grandes tailles {Long wall). Cette méthode , qui , dû reste, s'applique à toutes les couches de minerai du Staffordshire , est fort simple : elle consiste à ouvrir, en part&nt du puits B, deux galeries (Gaie roads) BG d'une hauteur de 1.40 à 1.90, c'est-à-dire rigoureusement suffisante à la circulation des potnies ( chevaux de petite taille ). Parvenues à la limite du massif que l'on doit mé* nager autour du puits , ces galeries, réunies par une traverse demi-circulaire , forment le premier front de taille (Face ofwork); celui-ci est représenté sur le dessin par une courbe ponctuée. D'autres voies J7/ s'embranchent sur les premières et s'élèvent plus ou moins diagonalement suivant l'inclinaison de la stratification ; elles sont prolongées I mesure que la taille s'avance dans la couche , et comme, en raison de leur direction divergente, elles comprennent un front qui s'agrandit sans cesse, on ouvre de nouvelles galeries intermédiaires K chaque fois que la nécessité s'en fait sentir. L'ensemble des voies est disposé en éventail , et leur nombre est d'autant moindre que les excavations fournissent moins de place pour loger les remblais f leur multiplication , dans le cas contraire , tend à faeiHier le transport des produits. Le champ d'exploi-

tatiOD du puits de Blakemoore offre la plus grande surface dont^ jusqu'à présent, on ait entrepris le dépouillement; sa contenance est, en effet, de plus de 25 hectares, lorsque partout ailleurs on se contente de i 1/2 à 3 1/2 hectares. Le minerai objet de l'exploitation appartient à la variété désignée soiîs le nom de minerai blanc ( White iranstone ). Le lit a ( fig. 6 ), dont l'épaisseur est de 12 & 15 centimètres, est stratiBé dans une argile schisteuse fort tendre, dont la puissance est de 1 .20 métré. Au-dessous se trouve une petite couche de houille 6 de 0.25 mètre , appelée Stinking coal^ dont la qualité sulfureuse en restreint l'emploi à la cuisson des briques ; mais son exploitation offre l'avantage d'agrandir l'espace destiné à loger les remblais.

Les travaux d'arrachement se succèdent comme suit. D'abord les haveurs, le dos tourné vers le puits et placés à distances égales, enlèvent au pic l'argile tendre interposée entre le minerai et la houille. Lorsqu'ils ont excavé une surface déterminée, ils font place aux abatteurs-remblayeurs {Builders up); ceux-ci, armés d'une espèce de pic (Dresser) dont l'une des extrémités porte une pointe et l'autre un marteau , arrachent le charbon du mur et abattent le minerai au-dessous duquel a été exécuté le havage; puis ils rejettent en arrière les débris stériles, les disposent en remblais , préparent les voies et placent quelques étais dans les parties dangereuses de l'excavation. Pendant qu'ils exécutent ces dernières opérations, les PUchers^ enfants de 6 à 10 ans, recherchent les petites géodes de minerai, et les chargeurs {Loaders) placent les plus grosses sur les skips ; ces derniers enlèvent aussi les rails du chemin de fer pour les rapprocher du front de taille. Quand la pression du toit diminue la hauteur des galeries, les remblayeurs en arrachent le mur; les

produits de cet entaiilement , consistant en argile réfraetaire , sont utilisés.

L'objet le plus embarrassant pour le mineur qui exploite une couche de minerai isolée , est la difficulté de loger les matières stériles, dont le foisonnement augmente le volume, tandis que Fenlèvement du minerai ne le réduit que de bien peu de chose. Si les remblais sont en excès, il les transporte dans les excavations de la couche de Dix-Yards^ où ils sont toujours insuffisants ; à défaut de cet expédient, il se résout à les renvoyer au jour. Mais, avant d'entreprendre cette opération coûteuse^ il recherche les minerais juxtaposés aux couches de houille, et trouve quelquefois les moyens de lier l'exploitation de deux strates, même séparées par des bancs plus ou moins épais de schistes. Voici un exemple d'un mode de travail de cette espèce fort répandu dans le Staffordshire ; il a pour objet un lit de minerai noir appelé Gubbin , l'un des plus estimés de toute la série par la richesse de ses produits ; il n'est séparé de la couche puissante que par un banc de 1.45 mètre d'épaisseur; aussi n'est-il exploité qu'après l'enlèvement total de celle-ci.

Les divers bancs ( fig. 5 ) se succèdent comme suit :

c Banc d*argile qui enveloppe le minerai • • 0.90 mètre. d Deux banes de schistes •••«... i. 95 • 9 Covuhe dite Heaihen eoal *••••• i. 00 »

Puissance totale 3.85 mètres.

Les chantiers appliqués à l'arrachement simultané des deux couches sont toujours en concordance ; mais le front de taille du minerai de fer reste en arrière de celui de la houille de 4 à 4.50 mètres. L'excavation supérieure est entièrement remblayée , et il ne s^y trouve aucune voie de communication. Les schistes intermédiaires d, assez tendres^

i^56 GHAPITRB IV. — - Y*. 9R<:T|0ir.

(lonnçnt lieu au percement d'un certain nombre de minées de dégagement f par lesquelles tombent ie minerti et Texcédant des matières stériles, dont on m sert pour remblayer la taille inférieure. Ces trous serveol aussi 4e voies de communication pour les ouvriers.

Un grand nombre de mineurs attachés à rexploitstion das minerais de fer sont affectés fl'asthmes , maladie évidemioe«t due à l'état imparfait des mines sous 1^ rapport de l'aéraga ; mais, d'un autre côté « leur travail est infiniment moins dao- .|;ereux quç celui des ouvriers appliqués à la eouebe de houillo*

485. ExflmtQthn de$ eouehi mmceê du Shrapshin et du Staffordshire.

On distingue deux procédés prindpaux consrstanC i l'an, & enlever , à partir du puits j tout le eharbon renaOntié sur une étendue considérable , en remblayant plus ou moioB complètement l'excavation ; l'autre , à ouvrir d'étroites gai^ ries au moyen desquelles le mineur atteint la limite iàm ichamp d'exploitation , et à revenir en arri&re fur les piiilB avec une taille de largeur modérée , mais de grande Impgueur. Le premier ( L&ng waU ou kmg UHXjf ) peut ifttre désigné sous le nom de travail par grawki taUles en atani; le second , sous celui de tailles en retraUe ( Long wark hatnewards).

Les travaux de la mine de Hinksbay ( ShropsUre ) , choisis comme exemple de grandes tailles, sont desservis par deux puits (fig. 9, pi. XXXVIII), foncés vers les aflleurements d'une faille (Fault) F G qui rejette les couebes de 45 mètres. Gomme Tinclinaison de cette dernière eai au sud , les deux excavations atteignent les couches dans le fragment situé au nord du dérangement. Le puits de sortie de l'air Jl a pour objet l'extraction de Upper /Km toett >

COMTÉS D« STAFFOUD BT f^B SRIiOPS. K59

«oucte de houille de i.30 à 1.50 mètre de puissance, ioeliDée de dix degrés. Le puits d'entrée ( f ) amène au jour le» produits d*une $trati6eation de minerai de fer , gisant •U-^dlilioas de U couche de houille.

Lu première partie du champ d'exploitation est comprise Wtre deux failles ab^ cdg dont les hauteurs de r^ettement tant respectivement de SK.60 et de 5.40 mètres. La seconde « pour olyel le massif situé à l'est de éd. L'espace compri» entre lea ppits et l'accident «6, devant être réservé comme ipAsaif de sikreté (Ptï batOm piUars), n'est percé que par la voie de direction c, c , base de tout le système, La hau-f y^m de i^te gulerie {Btirin road) esl ^ale k l'épaisseur de la couche^ pliia celle des bancs du mur ou du toit, quelquefois arrachés. Sa largeur primitive (2.70 mètres) e^t souvent réduite de moitié par suite de la pression qu'exercent les stratifieotions supérieures. Sur cette galerie «'embranchent d'autres voies DD de même section , mé<* nagée$ au milieu des éboulis et par lesquelles se dé- ^gept les produits des chantiers min\ nn\ dont li| brg^ur dépend de la solidité du toit. Les lignes 9 et « çxprio^ent les positions occupées antérieurement par les fronts de taille ( Wall- faces) , dont la direction dépend de la position des plans de clivage et de l'inclinaison de la couche 5 le mineur cherchant autant que possible à les établir parallèlement aux fissures, en ayant égard, toutefois, à la pente des galeries. Le courant ventilateur descend par l'excavation située au midi du puiis J , parcourt les grandes tailles établies pour l'exploitation du minerai de fer , relyionte par u« pqits intérieur B , se répand dans les travaux de Upp^ flint çoal , en suivant la note indiquée par les

ii) €e puits , percé li 10 mètres an sud du point À , n*est pas indi« gui dau le plan*

5fi0 CHAPITRE IV. — V. SECTION.

flèches I et retourne dans Fatmosphère en s*éievant dans le puits de sortie.

L'exploitation par longues iailleê en retrace sur /es puUs offre quelque analogie avec les dispositions adoptées dans Fexploitation de la couche de Dix-Yards. La mine de D***, près de Coseley (Staffordshire) , fournit un exemple de ce procédé appliqué à la couche de 3 mètres dite Bottom coal. Dans plusieurs ateliers (fig.lO) dirigés sur l'allongement , le travail a cessé ; l'un d'eux , encore en pleine activité , servira pour indiquer la marche de l'opération.

Deux galeries parallèles a 6 , c d ( Gale roads), que séparent un mince pilier recoupé de distance en distance par des traverses (Thirh)y divisent la partie à exploiter en deux sections o et o\ côtés de Fcuvrage {Sides ofwork). Parvenu k une faille 6 ou è l'extrémité du massif à exploiter, le mineur se retourne d'équerre à droite et à gauche , en continuant le percement de la double galerie , jusqu'à ce qu'il ait déterminé l'emplacement de la taille sur un espace nn , dont la largeur se règle d'après la nature des roches encaissantes el les besoins de l'extraction. En cet instant, le travail de préparation , étant achevé , offre quelque analogie avec la lettre capitale T , et l'exploitation commence. Un oertaia nombre de mineurs répartis sur la ligne pratiquent l'exca* vation et remblaient en marchant en retraite vers les puits. Ils construisent des murs de pierres sèches le long des voies ménagées pour le passage du courant ventilateur , réservent des massifs pour séparer la taille en activité des excavations voisines, et abandonnent les massifs de houilles compris entre les deux voies de roulage, s'ils n'ont à leur disposition qu'une quantité insuffisante de remblais; cette disposition est indispensable pour éviter la déperdition du courant ventilateur et le forcer à se porter ahernalivemeiu

.sur les deux fronts de taille. Mais si les schistes et les autres matières stériles sont assez abondants pour combler entièrement les excavations , ils Suppriment les massifs et arrachent les piliers des deux voies de roulage^ parce qu*alors les remblais fortement tassés des tailles voisines et ceux du chantier en exploitation peuvent les remplacer avantageusement.

Le courant d*air se divise en autant de branches que la mine comprend de compartiments en exploitation. Chaque branche s'engage dans Tune des galeries parallèles y débouche dans la première moitié de la taille , longe la galerie comprise entre le mur d'enceinte et les remblais , pénètre dans la voie de retour de Tair {Air liead)j revient sur la seconde partie de la taille et se rend au puits de sortie. Ce système semble très-convenable et mérite d'être imité. Le nombre des galeries à entretenir est réduit au minimum ; les éboulements ne peuvent compromettre les travaux , et l'exploitation n'est jamais interrompue par la rencontre d'une faille ou de tout autre dérangement, puisque la reconnaissance de la couche précède l'exploitation.

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