SECTION IT
AÉRAGB PHYSIQUE ARTIFICIEL.
276. Emploi des moyens physiques artificiels pour wnir en aide à la ventilation naturelle.
Le courant ventilateur, déterminé par les variations de température que Tair subit en parcourant les galeries , change , la plupart du temps , le sens de son mouvement suivant les saisons de Tannée. Celte circonstance offre un grave inconvénient en ce que, d'une part, si la disposition des excavations est favorable & la circulation de Tair dans un sens , elle sera défavorable dans Tautre sens ; d'autre part , lorsque le courant se renverse , il reste quelquefois assez longtemps stationnaire , entraîné comme il Test, par deux forces opposées et contraires ; et ceci n'a pas lieu seulement deux fois par année , mais toutes les fois que la température éprouve accidentellement de grandes variations. D'ailleurs , l'aérage naturel , pendant la période d'été , n'est jamais aussi vif que dans la période d'hiver, au moins pour les climats tempérés, et la circulation de l'air est quelquefois si lente , si paresseuse , qu'elle devient insuffisante à l'assainissement des diverses parties d'une mine. Lorsque, par suite des circonstances , le courant se dirige en toute saison dans le même sens , la chaleur de l'air atmosphérique en été est une force de résistance qui agit en sens inverse des causes
favorables ; alors , pendaat les jours trcs-oliaiids , le courant reste stationnaire. 11 faut donc Tactiver par des moyens artificiels , c'est-à-dire créer une force qui Tentraine constamment dans le même sens et Fcmpéche de se retourner. On atteint ce but par l'emploi d'appareils destinés à élever la température de la colonne d'air sortant de la mine, appareils auxquels on a donné le nom de foyers d*appel, ou foyers d'aérage (1).
Le réchauffement de la colonne d'air ascendante se fait d*uDe manière partielle et momentanée, en élevant la température de sa partie supérieure et pendant un espace de temps plus ou moins long ; ou, au contraire, en faisant porter cet accroissement sur toute la hauteur de la colonne et pendant tout le cours de l'année , c'est-à-dire d'une manière permanente. On fait agir les foyers ou tout autre appareil propre à dégager du calorique pendant toute l'année, lorsque les circonstances favorables à l'aérage de la mine font défaut et que le développement des travaux exige la circulation d'un volume d'air considérable. En hiver^ les foyers ajoutent leur force motrice a celle de la chaleur relative des parois, de la combustion des lumières , de la saturation de l'air par la vapeur d'eau et du dégagement de Thydrogène prolocarboné. Pendant l'été, les mêmes circonstances favoriseront l'action venlilatrice du foyer ; la seule cause de résistance sera la
(i ) Le passage suivant, traduit de l'ouvrage de Bartholomé Fisen , auteur liégeois qui écrivait en 1096 , prouve raacienneté de remploi des eheminées et des foyers dans le pays de Liëge.
tt ....Mais ils s*ëtudieût à prévenir Tinflammation de ces exhalaisons. » A cet effet ils construisent de petites cheminées par lesquelles elles » s*ëcbappent ; ils allument aussi des feux , qui , attirant des retraites » les plus éloignées Tair et les vapeurs , ne leur permettent pas de 3» 9*aecurouler. »
Ainsi il y a plus de 150 ans que les mineurs liégeois allumaient des feux au pied des cheminées. ( B. Fiscn. Sancta regia , sive historiarum eccUsiœ Leodiensis , etc. )