TOME n
température de la roche , qui , du reste , D*offre pas , dans oelte saison , une grande différence avec la température atmosphérique.
On fait aussi usage des foyers d'appel lorsque le courant ventilateur marche constamment dans le même sens. Dans oe cas, ils sont seulement destinés à vaincre le moment de balancement ou l'indécision du courant d'air et à lui imprimer une certaine vivacité pendant les jours les plus chauds de l'année, ou en toute autre circonstance où il tendrait à se retourner.
277. Foyers d'appel propres à réchauffer la colonne ascendante dune manière partielle et momentanée.
La figure 4 (pi. XVIII) représente un foyer d'appel semblable à ceux qu'on emploie fréquemment dans les mines du Centre du Hainaut. C'est une corbeille formée de barres de fer et supportée par un trépied. Elle est remplie de houille en combustion et se place dans une excavation latérale du puits de sortie de Tair, dans les moments où Tatmosphère venant à s'échauffer, on s'aperçoit que la ventilation perd de son activité. La combustion est alimentée par l'air provenant des travaux. On ne craint, d'ailleurs, aucune chance d'explosion , puisque , dans les mines où ce procédé est mis en usage , il ne se dégage pas de grisou dont la détonnation puisse être provoquée par le foyer. Une partie de l'air sortant de la mine se réchauffe par son contact avec la houille incandescente , et le courant chaîné des produits de la combustion se dilate et s'élève avec une vitesse proportionnelle à la quantité de calorique absort)é. Comme la force d'impulsion qu'il s'agit de donner au courant ventilateur est minime et surtout momentanée , ce foyer est regardé, dans la plupart des cas, comme très-suffisant.
Dans les disbriets de Li^e et de Charleroi , où chaque puits d'exploitation est accompagné d'un puits exclusive*
ment destiné à la sortie de Tair et surmonté d*une cheminée d*appel , on emploie un toc- feu ou panier de fer suspendu à différentes hauteurs au-dessous du sol ; une chaîne en accroche l'anse par l'une de ses extrémités, tandis que Tautre bout s'enroule sur un treuil simple placé au pied de la tour en maçonnerie. Le toc-feu se charge et s'allume à la surface du sol ; après l'avoir accroché à la chaîne on l'introduit dans la cheminée par une porte pratiquée au niveau du terrain , et on le descend en agissant sur les manivelles dont le treuil est muni. Les profondeurs auxquelles on le place varient de 10 à 50 mètres.
Les toc-feu offrent sur les foyers d'appel le grand désavantage d'exiger un puits exclusivement destiné au retour de l'air. De même que ceux-ci, ils servent à activer une circulation ralentie par suite d'une haute température atmosphérique, et à forcer le courant à se diriger constamment dans le même sens. Ces appareils, peu puissants^ ne peuvent être employés sans danger dans les mines h grisou. On a proposé à plusieurs reprises de les envelopper d'une toile métallique à l'imitation de la lampe de Davy ; mais ces toiles , fortement chauffées , fieraient inefficaces , et la flamme sortirait de l'enveloppe dés que le courant ventilateur acquerrait une certaine rapidité.
Dans un grand nombre de mines du Ck)uchant de Mons , Tair, après avoir parcourûtes travaux, remonte par une série de petits puits appelés taurets^ où se trouvent les éebeiies dont les ouvriers se servent pour pénétrer dans Ift mine et pour en sortir. Le courant , arrivé un peu audessous de rorifice de sortie^ est arrêté par une trappe qui le force à dévier dans une galerie au bout de laquelle il rencontre un foyer installé à 4 ou 5 mètres au-dessous du sol et surmonté d'une cheminée en maçonnerie. Non* seulement les puits destinés aux échelles ont une section beaoeoup plus faible que les puits d'extraction servant à
84 CHAPITRE m. — IV*. SFXTION.
rentrée de Taîp , mais le courant est, en outre, constamment entravé et brisé par les échelles et les paliers ; en sorte que, malgré la température, quelquefois fort élevée, communiquée par le foyer à la colonne d*air ascendante, la ventilation est souvent insuffisante pour le développement des travaux.
378» Calorifère employé à la mine de Seraing. (FIg. 7 et 8, pi. XVIII.)
Ce calorifère a été construit dans le but d'empêcher le contact de Fair des travaux chargés de grisou avec la flamme des foyers, et d'éviter ainsi les explosions. C'est un grand poêle de tôle a,a revêtu intérieurement et à sa partie inférieure d'une chemise en briques ; il est installé dans un petit bâtiment mis en communication avec la cheminée d'aérage par deux ouvertures c,c\ L'air vicié , après avoir parcouru les travaux, pénètre par Torifice inférieur, circule autour du poêle, s'élève et sort par l'oriflce supérieur, d'où il se répand dans la cheminée avec une vitesse due à la dilatation résultant de son contact avec le calorifère. La couverture du bâtiment est traversée par un tuyau en tôle b destiné à rejeter dans l'atmosphère les produits de la combustion. Le tirage du poêle est régularisé par un registre d.
L'expérience a prouvé que l'emploi de cet appareil n'est pas entièrement exempt de danger et qu'il exige une surveillance sévère. Vers l'année 1835 ou 56, l'intensité de la flamme avait troué l'une des tôles; l'air, chargé de gaz hydrogène carboné, s'enflamma et produisit dans la soirée une immense colonne de flamme, visible de fOrt loin et qui dura plusieurs minutes; heureusement je gaz n'était pas détonnant, et l'inflammation ne se propagea pas en arrière dans les travaux , en sorte que les
ÂÉAÀGE PHYSIQUE ARTIFICIEL. 85
ouvriers de rintérîeur ignorèrent ce fait jusqu'au moment de leur sortie.