DOMINICK
N° 9. Rhythmes de 4 mesures composées à 2 temps.
fSê
t==Éz
Char - mant ruis-seau, le ga-zon de tes ri - Tes N'est plus pour moi le trô-ne de l'a ■ mour-
N° 10. Rhythmes de 5 mesures.
Mendelssohn. L'Êden au bord du Gange.
Vb— ft-
Et sur la plage heu - reu - - se Tout bé
N° 11. Rhythmes de 6 mesures.
nit ta beau - té.
ScudO. Le Fil de la Vierge
gs^ga^s
iÉÉSËg
Mozart. £>ow /2<aw
Pau - vre fil qu'autre - fois ma jeu - ne rê - ve - ri - e, Na-ïve eu - faut.
N° 42. Rhythmes mêlés.
ffe^aa^
Ëjggjgjp
O mon an • ge su - prê - me,
(orchestre)
Fais trê - ve, Fais trê
ve à tes dou -leurs,
pmSÊS^m
^=q=gn^br-
tt
De tes beaux yeux que j'ai
Es - suie en - fin les pleurs;
» — fv
jpg^
ce, de grâ
ce , fais trêve
tes dou - leurs.
Verdi. Traviata.
N° 43. Rhythmes de iO mesures.
6 mesures.
4h£; ifiK ciffeif-gr fj I p. yjgfÊpS
Bu - vous
au bon - heur de la vi - e, Aux doux mo - menta où l'on ou - bli
Ces exemples nous montrent que tout vers est susceptible d'être mis en musique et vice versa. Le rhythme est donc le moule dans lequel le vers est coulé: c'est son vêtement. De même qu'il y a des vers longs et des vers courts, de même il y a des rhythmes composés de 1, de 2, de 3, de 4, de 5, de 6, de 7, de 8 mesures, etc. La mesure joue donc le rôle d'unité dans le rhythme comme le temps dans la mesure. Deux, trois, quatre mesures forment un rhythme, comme deux, trois, quatre temps forment une mesure.
§ 1. Des Rhythmes réguliers et irréguliers.
Dans les mouvements vifs, l'oreille ne goûtant que les mesures à deux et à quatre temps, préfère aussi les rhythmes composés de deux et de quatre mesures1.
Les rhythmes des cinq premiers numéros sont réguliers. Quant aux rhythmes de trois mesures et à ceux qui résultent de leur combinaison avec les rhythmes de deux et de quatre, savoir : les rhythmes de cinq, de six, de sept, de neuf, de dix mesures, etc., ils sont appelés irréguliers.
Les rhythmes des numéros 6, 7, 10, 11, 12, 13 sont irréguliers.
Les compositeurs emploient les cinq procédés suivants pour obtenir des rhythmes irréguliers : 1° la contraction, 2° la dilatation, 3° la répétition, 4° les progressions mélodiques, 5° l'écho, qui en réalité n'est qu'une répétition. Le n° 12 de nos exemples est un spécimen précieux ; on y voit non-seulement l'emploi de différents procédés , mais encore la manière de rhythmer des Mozart, des Beethoven, etc., qui font un usage fréquent des rhythmes irréguliers.
A la fin de la lre phrase de cet exemple, on trouve la répétition et la contraction, c'està-dire trois mesures au lieu de quatre, et à la fin de la 2e phrase, au contraire, on rencontre un rhythme dilaté de cinq mesures au lieu de quatre.
Répétition.
Contraction de 4 mesures en 3.
au lieu
ou bien
de trois mesures
au lieu de deux.
l^rrrrHi
Ainsi, contracter un rhythme c'est diminuer la valeur des notes en réunissant deux mesures en une seule; dilater un rhythme, au contraire, c'est doubler une mesure en prolongeant ou répétant une ou plusieurs notes. Exemple :
Mendelssohn. L'Eden aux bords du Gange. (N° 10.) ,. ,
au heu de:
■mëmmm^m^r^
Rhythme de cinq mesures.
aap^oa
Rhythme de quatre mesures.
Quant à la répétition , elle résulte de l'emploi réitéré d'une ou de plusieurs mesures. Le n° 11, qui offre des rhythmes de six mesures contenant des répétitions, peut être réduit à des rhythmes de quatre par suppression de la répétition.
(N° M, page 1 S.)
*^ ïîhvfhnin rlo rni.itrp nipsiirps. Rhvtlime de miatm m
Rhythme de quatre mesures
Rhythme de quatre mesures.
4. Voyez Accent métrique. Si les valses semblent faire exception, c'est que, dans l'exécution, on réunit instinctivement deux mesures simples à 3 temps en une mesure composée à 2 temps.
Il est évident que cette mutilation ôte au morceau toute valeur et toute originalité. Aussi bien opérons-nous simplement pour montrer comment il faut analyser les rhythmes.
Le Brindisi de la Traviata, n° 13 de nos exemples, mutilé de cette façon, perdrait de même toute sa beauté.
Souvent, au lieu de répéter une mesure, on répète un dessin rhythmique par mouvement, soit ascendant, soit descendant, ce qui produit des progressions mélodiques, .lélruisant aussi la régularité du rhythme. Exemple :
iipËï
tt
izafc
É-\ si-
Rhythme de cinq mesures. Rhythme de cinq mesures.
Enfin une dernière cause d'irrégularité rhythmique c'est Y écho. Exemple : Rossini. Ouverture du Barbier.
«^ Écho.
TV
__« '^:rr: SSS
Trois mesures.
ftlfeéiBs
jflËgE
É=3tr4-
Deux mesures.
au lieu de: firT^i=f^ — \
1 Té-
Deux mesures.
cw F — ii « * « f * * *^ — j — — - —
Deux mesures.
L'écho de cette phrase offre cette particularité qu'il est descendant. Quoique le fait paraisse peu naturel, il est néanmoins assez fréquent.
Mozart. Sonate en fa.
ÎEEÈ
Echo.
Si les compositeurs ont à leur disposition des moyens pour briser la régularité, l'uniformité des rhythmes, ils n'en manquent pas non plus pour la rétahlir. Les plus usités sont l'ellipse et la coda.
L'ellipse consiste dans une note ou même une mesure qui joue double fonction, qui sert à la fois de finale à un rhythme et d'initiale au suivant. Voyez, page suivante, Mignon de Beethoven. Autre exemple :
Rossini. Barbier.
pij^t^^g^g
rfljrf^KpEfe
1" fois. 2« fois.
Le premier mi 7 de la neuvième mesure forme ellipse: il joue le double rôle de note initiale et de note finale.
La coda est la répétition des dernières mesures d'une phrase ou l'addition de quelques mesures qui donnent aux morceaux composés de rhythmes trop similaires un sens terminatif beaucoup plus énergique.
Mozart. Sonate en la majeur.
Coda,
mm^^^^^m^m^^i^^S^^^
Nous allons terminer l'exposition des procédés qu'emploient les compositeurs pour briser et pour rétablir la régularité des rhythmes, par un exemple tiré de Beethoven, qui nous montrera les ressources que peut offrir l'accompagnement et l'office important qu'il exerce dans ces sortes de manipulations et de transformations rhylhmiques.
Beethoven. Mignon.
il*
gags
iE^&EEEÏ
C'est là,
c'est là, c'est là le beau pa-ys D'où le sort m'e - xi - la j
C'est là,
=yb
mm^m^éMtmti
§ÉÉfe
t=fs=i=ts
tzfc
CTd==p±:
La croix de la 6e mesure indique une véritable mesure elliptique, une mesure concentrée, résultant de deux.
§ 2. Des Rhythmes masculins et féminins.
Le lecteur a dû remarquer que certains rhythmes finissent au commencement d'une mesure ou sur le temps fort; leur dernière note coïncide avec une syllabe forte: on les appelle masculins. D'autres, au contraire, tombent au milieu d'une mesure, sur un temps faible : on les appelle féminins. Ainsi, dans le n° 3 que nous reproduisons ci-dessous, le premier rhythme est féminin, il se termine par une syllabe muette «.guillerettes sur le 2e temps; le deuxième rhythme est masculin, il se termine par une syllabe forte «.coursier» sur le 1er temps.
Rhythme féminin.
Rhythme masculin.
Rhythme féminin.
Rhythme masculin.
mm
Mon - tu - re guil - le - ret - te, Tril-by, pe - tit cour-sier, Tu sers mon a ■ mou-ret - te Mieux qu'un beau des - tri - er.
Le n° 2 offre trois rhythmes féminins successifs suivis par un masculin.
N° 2. Chanson autrichienne.
ÈeÈEEeP
■±=ÊZ
fei3=
^@îî