‹ Traité de l'expression musicaleChapitre 49 sur 63 · Voyez aussi page 7 du même morceau · texte numérisé non relu

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appelle une suite de sons, il n'y a pas de fin complète. Une phrase musicale n'est définitivement terminée que si sa dernière note satisfait pleinement tous les désirs de l'oreille.

Deux faits en dehors des conditions énumérées dans la note, page 51, contribuent à donner à la ionique finale la propriété terminative au suprême degré. Ces deux faits sont : le mouvement lent et les retards ou appoggïatures.

Le mouvement lent, en augmentant la durée des notes finales, en élargissant la distance qui sépare chacune de ses voisines, diminue par là leur puissance appellative, leur élan. Chacune perd progressivement de son pouvoir attractif, au point que la dernière en est complètement dépourvue; les désirs de l'oreille sont paralysés. En accélérant, au contraire, on amoindrit la valeur des notes et on les rapproche. Ce rapprochement a pour résultat une augmentation de leur puissance attractive et une excitation plus grande des désirs de l'oreille '.

Les retards, en mettant obstacle à l'arrivée de la note que l'oreille désire et appelle, acquièrent de l'importance au détriment de la note finale, par la force et la durée exceptionnelle qu'on leur donne. (Voyez page 88.) L'oreille désirant entendre une telle note, toute autre la contrarie et n'est acceptée par elle que si elle lui est, pour ainsi dire, imposée à force de sonorité, ce qui amène épuisement et ralentissement au détriment de l'élan final.

Ralentissements résultant d'une ou de plusieurs notes pathétiques, à la fin d'un rhythme ou d'une phrase.

On ralentit:

1° Sur la grande valeur exceptionnelle qui précède la note finale, surtout si elle porte un trille.

Air ancien.

tr

^gg

rallent.

1. Pour que la dernière note des phrases terminées dans un mouvement vif soit complètement terminative, il faut répéter le dernier accord jusqu'à ce que l'élan final et les exigences de l'oreille, accrus par le mouvement, soient apaisés, éteints. Si la tonique finale se présente trop tôt, ou si elle est brusquement enlevée, la fin écourtée laisse un vide qui choque. Chaque musicien le comble en y ajoutant mentalement une coda (voyez la fin de la Sonate pathétique). Chantez en accélérant la fin suivante :

EE

^mm

Bon gré, mal gré, l'oreille y ajoute une coda, ne fût-ce que l'octave supérieure, comme suit:

ou ou

Ralentissez sur cette fin, et vous obtiendrez sans coda un repos complet, parfait:

^■fi.j^rn ivj f^^

rail.

2° Sur une note répétée exceptionnellement plusieurs fois de suite. Beethoven. Sérénade.

p^feifegigiisi

EH

rallent.

^.. a- y» ±] £" £ ^* iif-*-,

J^Jh-J^

accel.

accel. rail.

3° Sur la note aiguë à la fin de l'avant-dernière mesure, surtout si elle est syncopée, prolongée ou chromatique.

LlNDPAINTNER.

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v * rail.

Donizetti. Lucie.

#EE

■¥dt£±ik=£=È=: Et:

mÊ^m^3^m%

rail.

(Voyez la dernière mesure do l'exemple de Weber, Obéron, page 134.)

4° Sur la voisine aiguë à la fin de l'avant-dernière mesure. Auber. Muette.

Mercadante.

rail.

Chopin. Op. 55, 1er.

rail. rail.

-if- ^

afe^gëëM^^^^^g^^a

rail.

(Voyez Chopin, Polonaise, Op. 3, 8e mesure.)

5° Sur les répétitions temporales à la fin de l'avant-dernière mesure. Mozart. Fantaisie.

■JJUl

ffi-4 (t ^1p ^Z^=t^> £*E^ï=*-^p^^t$

Chopin. Op. 64, 2e.

6° Sur l'avant-demière noie, si la dernière est répétition temporale, c'est-à-dire précédée d'une anticipation.

Chopin.

Mozart.

ÉlÉllËlllÉilÉ

ry-rall.t' v rail.

(Voyez la dernière mesure du 3e exemple, page 409, et la dernière mesure de la marche de Judas Machabée, de Hœndel.)

7° Sur les répétitions d'un court dessin à l'avant-dernière mesure, surtout s'il renferme des notes voisines aiguës.

Mélodie suédoise.

-*a — fa — **■

ffij — t-'-j *^-

ZÉ=±3t

Ê^fcfe:

zÉilrm

ralteiit.

ruiltnt. '

Donizetti. Lucie.

^=sg— q-^a

rallent.

8° Sur les noires exceptionnelles à l'avant-dernière mesure. (Voyez l'avant-dernier exemple, page 96.)

EgEBE

rallent.

EE3r

rallent.

9° Sur les petites valeurs exceptionnelles ou groupes contenant des répétitions temporales, des notes voisines aiguës, etc., se présentant à la fin d'une phrase. Toutefois, quand ce sont de simples notes de broderies, remplaçant une grande valeur pénultième, on ne ralentit pas. (Voyez page 97.)

Meyerbeer. Les Huguenots.

mitent.

^^kk^ktm^m^m^^

Donizetti. Favorite.

^^ rail. tr Taît* ^sh"

Beethoven. Op. 27.

^^^^ip

Les deux croches à la fin du dernier exemple prennent force et ralentissement pour les raisons suivantes : 1° elles forment un dessin exceptionnel de petites valeurs; 2° elles se

trouvent sur le dernier temps de la pénultième mesure du rliylhme ; 3° elles font partie du quatrième accord deré\?(sol\?, sifp, mi\>), premier renversement de l'accord de sous-médiante; 4° la première de ces notes, le si \>, est note aiguë; 5° elles sont accompagnées exceptionnellement à la dixième; 6° elles arrivent par grand intervalle ascendant. Tous ces éléments exceptionnels donnent une grande importance, une ampleur singulière à cette fin et exigent qu'on les mette en relief. Dans aucune édition, nous n'avons trouvé un rail, sous ces notes, tandis que les meilleurs artistes que nous ayons entendus s'appesantissaient sur cette fin. Il en est de même de la fin du Scherzo, Op. 27, qui, outre les petites valeurs, renferme une anticipation.

10° Sur les dernières notes d'un rbythme marchant par degrés conjoints, descendant et succédant à une note aiguë. (Voyez page 100.)

Mozart. Don Juan.

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