SUPPRESSION UES POMPES D’EXTRACTION
On paraît porté à supprimer les pompes d’extraction continue, signalées pendant longtemps comme une grande sécurité contre les dépôts de sel. On leur reproche d’être une complication , de s’engorger souvent, et alors de ne plus produire l’effet voulu. Mai» quel est l’organe d’une machine qui marche sans surveillance? Au moins avec ces pompes, on calibrait régulièrement la quantité d’eau extraite, suivant le nombre de eoups de piston ; elles n’étaient jamais assez gênées dans leurs fonctions pour qu'on seul quart suffit à couvrir de sel les surfaces des chaudières tubulaires. En les réglaut de manière à enlever peu d'eau, on pouvait de temps à autre faire des extractions à main-, si on les croyait préféra-
blés, et au moins on avait une pression plus régulière que s’il faut extraire toutes les heures. Si on fait seulement des extractions à mains, on
est exposé à toutes les négligences d’agents subalternes et à perdre des chaudières en peu de temps, ou à rejeter beaucoup trop d’eau chaude dans la mer. Malgré le pèse-sel, on agit un peu en aveugle et on ne sait pas trop ce qu’on a produit en faisant baisser le niveau de l'eau de 0",08 ou 0m,10, d’autant que, suivant que l’ébullition est plus ou moins active, ce niveau change naturellement. On semble porté à faire des extractions continues au moyeu de tuyaux et de robinets dont le degré d’ouverture réglera l'écoulement; mais, à moins de peser l’eau à chaque instant, cette ouverture aura des effets variables suivant les pressions; elle extraira trop quand la machine marchera doucement, trop peu dans le cas contraire. Je crains que le retour à ccs anciens procédés ne produise l'encombrement de sel de beaucoup de chaudières et qu’il faille encore détruire une partie des tubes pour les nettoyer. Sur les vaisseaux où la colonne d’eau est plus élevée, il faudra la pression de régime pour faire l’extraction et la rapidité du sillage influera sur l'écoulement. Si des échauffemenls, des craintes d’avarie, des fuites ou la vétusté des chaudières forcent à baisser la pression, il ne sortira plus rien des chaudières, et on ne le saura que très-tard, parce que les indications du pèsesel sont peu exactes et souvent influencées par la température de l’eau. Déjà sur un vaisseau encore neuf on est forcé de marcher doucement afin de faire monter la pression, pour mettre à même d’opérer des extractions. De tels procédés ne sont assortis ni à la navigation ni à la guerre; et dans une escadre on ne s’attend pas les uns les autres pour faire une pareille opération. J’ai longtemps employé les pompes d’extraction , et je les vois abandonner avec regret, surtout sur les grands navires et avec les ébullitions violentes de nos chaudières tubulaires. Si on y renonce, il faudrait au moins adopter un des procédés inventés pour mesurer l’eau extraite en raison du nombre de coups de piston et non relativement à la pression et au temps.