‹ Traité de l'hygiène publique d'après ses applications dans différents pays d'EuropeChapitre 2 sur 98 · HABITANTS · texte numérisé non relu

HABITANTS

80 (y compris le

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thématique).

Quelles mesures sanitaires spéciales à la Suède peuvent expliquer cette prééminence dans la longévité? Je les trouve indiquées à la page 482 : obligation pour le médecin de déclarer les cas de maladies contagieuses ou transmissibles; isolement des malades ; désinfection de l'habitation, des vêtements, des linges, etc. ; vaccination obligatoire, etc.

La loi sanitaire qui régit la Suède ne date que de 1874, il est pos-

PRÉFACE vu

sible que les mœurs aient devancé larég-lementation, car déjà, en 1860, la mortalité générale n'est que de 19,4 p. d,000 habitants; de 1870 à 1874 la mortalité par fièvre typhoïde n'est que de 2,7. En approuvant les mesures législatives indiquées plus haut, nous devions signaler qu'en Suède, le législateur a prescrit pour un pays plus sain que tout autre. Peut-être trouverait-on dans la richesse et la pureté des eaux de ce pays un des éléments les plus précieux de la salubrité de tout le royaume.

Il nous a semblé utile de faire cette remarque, car dans l'avantpropos qui résume en partie les opinions de l'auteur, M. Palmberg insiste sur les contradictions qui existeraient suivant lui entre les théories de l'hygiène et la mise en pratique. Il prend pour exemple les égouts, l'épendage. Ces procédés seraient théoriquement pleins de menaces, la pratique aurait démontré leur parfaite innocuité.

J'ai peur que M. le D'' Palmberg ne soit sur ce point victime d'une illusion; pour moi, je ne crois pas que l'hygiéniste soit condamné à ne pas tenir compte des découvertes scientifiques et à ne pas les faire passer de la théorie dans la pratique.

Ce qui est vrai, c'est que l'Angleterre a ouvert la voie dans rap[)lication des mesures propres à assainir les grandes villes. C'est que ce mouvement d'opinion s'est manifesté dès 1840, et cette date semble avoir une grande influence sur les difficultés en présence desquelles nous nous trouvons actuellement.

En elVet, lorsque les Anglais firent passer dans la pratique les théories hygiéniques, régnantes de 1840 à 18G0.ils accomplirent avec une ténacité louable un progrès considérable. Les hygiénistes des autres pays, frappés par la valeur des résultats obtenus, imitèrent leurs confrères d'Angleterre, ils modifièrent quelques applications de dél.iil, mais ils adoptèrent absolument leurs principes.

La science a fait des progrès depuis cette époque; ceux à qui incombait le soin d'assainir les villes ne virent, le plus souvent, que des obstacles dans ces conquêtes récentes. Ils avaient trouvé les systèmes anglais bonSjilsnesedcmandèrentpas s'il fallait faire mieux, ilslircul de niènie. Les procédés actuellement api)liqués dans les villes ont ddiic b-iir dalc, ils précèdent les découvertes actuelles, on les aurait con(:us cl a(ipliqués tels qu'ils sont si nous avions vécn viugl ans plus l«M.

vin PREFACE

Il n y a donc pas contradiction entre la théorie et la pratique ; on n"a pas cherché à faire entrer celle-ci dans celle-là, voilà le fait.

D'ailleurs y a-t-il lieu d'attribuer l'abaissement delà mortalité à cette seule cause ? M. Palmberg répond lui-même à cette question.

Il serait injuste de méconnaître le progrès accompli alors même qu'on le jugerait incomplet, il serait injuste d'exagérer la pensée développée par M. Palmberg dans l'avant-propos qui ouvre cet ouvrage. Il n'a pas rappelé dans ces deux pages, mais il a exposé avec soin chaque fois qu'il a eu l'occasion de le faire, les procédés de désinfection, d'isolement, de recherche des nuisances de tout ordre ; ceux-là ne sont pas en contradiction avec la science moderne, ils en sont les conséquences légitimes et on peut leur attribuer une part dans l'amélioration delà santé publique.

Souhaitons que cet ouvrage, écrit par un ami dévoué des progrès hygiéniques, concoure à établir, entre les différents peuples, une noble émulation. Je voudrais qu'il fût lu par les médecins et les législateurs, qu'il eût cette fortune d'éveiller l'opinion publique. M. le D' Palmberg est un peu sévère pour la France, il fait remarquer que sa législation sanitaire est bien arriérée, nous le savons, mais les lois doivent attendre leur heure, elles n'ont d'action que quand leurs prescriptions existent déjà, même à l'état vague dans l'esprit public. Sous ce rapport, M. Palmberg a raison, l'Angleterre est le premier parmi les peuples. My house is my castle, ce dicton qui affirme son indépendance, l'Anglais l'a, non pas oublié, mais mis au second plan dès que sa santé et celle de sa famille ou de ses compatriotes a été mise en question. Qu'il en soit de même en France et les lacunes législatives relevées dans cet ouvrage auront bientôt disparu.

J'espère que le Traité d' hygiène de M. le D' Palmberg aura cet heureux effet, et qu'il rendra ce service à ceux pour lesquels M. A. Hamon a fait faire avec tant de soin cette importante traduction.

P. HROL ARDEL.

27 août 1890.

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