‹ Traité de l'hygiène publique d'après ses applications dans différents pays d'EuropeChapitre 25 sur 98 · SUBSTANCES K N SUSPENSION · texte numérisé non relu

SUBSTANCES K N SUSPENSION

a> 3 n tu

te

Villes avec water-closets.

— sans —

il,;;

11 résulte de ces analyses que l'eau d'égout des deux catégories doit être considérée comme de même qualité relativement à sa composition.

Si la purification s'impose, elle est par conséquent aussi importante pour le -cwage avec les excréments que pour celui qui ne les i-eçoit pas.

La loi anglaise contre la pollution dos lleuvos [the virera pollution prévention uct 1876), qui se fonde sur les travaux de la commission ci-dessus mentionnée, ne reconnaît pas non plus de différence à cet égard.

D'après ce que nous prouve la connaissance des conditions de vie des bactéries pathogènes, on a exagéré généralement l'importance hygiénique de l'infection des fleuves par l'eau d'égout. On a conslalé que les bactéries sont pourainsi dire empoisonnées dans l'eau et qu'elles ne peuvent pas s'en dégager par évaporalion. Les bactéries pathogènes sont toujours en nombre inférieur ; aussi périssent-elles bientôt dans leur lutte contre les bactéries d'eau, cjui jouent dans ce liquide le même rôle que celles de la putréfaction jouent sur terre.

Ces faits, démontrés par les dernières recherches de la science, donnent l'explication de ce phénomène, conslaté depuis longt(.'mps par la praliciue en Angleterre et surtout à Londres, (|ue la mortalité diminue constamment suivant l'expansion du système des égouts, r|uoi(iue aucun procédé sérieux n'ait été employé pour épurer les eaux cloacales.

Il est très important toutefois d'avoir de l'eau de rivières pure tant pour les besoins du ménage que pour éviter, à r('po<|ue de la sécheresse, les odeurs qui s'exhalent des rives couvertes de vase.

La puiidcation de l'eau d'égout présente d'assez, grandes diflicultés.

Les méthodes employées à cet égard sont : 1" Traitement chimique; 2" Irrigation ; ;{" Kiltralioii.

Thaitkmknt chimioL'K. — La principale matière dont on fait usage pour le traitement chiinicpie du sewage est la chaux (|ue l'nii emploie sous forme de lait de chaux. La chaux se combine avec l'acide carbonique des carbonates dissous dans

lIM.Ih.NK l'I IU.I'ILF:,

.] ic, ANGLETERRE

Tcau d'égout. Le carbonale de chaux précipité enlraine avec lui environ 60 p. 100 de matières organiques en suspension et 30 p. 100 des matières dissoutes. Comme les matières organiques en suspension ne font que 1/7 des matières dissoutes, il en résulte que la plus grande partie des matières organiques reste intacte. Le sewage traité de cette manière est donc toujours soumis à la décomposition. On a essayé d'empêcher cet inconvénient par des désinfectants tels que chlorure de calcium, chlorure et sulfate de fer, goudron, acide phénique, etc., qui retardent mais ne suppriment pas la putréfaction.

Gomme la science actuelle ne connaît pas encore de substance capable de précipiter toutes les matières en putréfaction, on ne doit pas se servir du traitement chimique, qui est une manière incertaine de rendre l'eau d'égout inoffensive.

Irrigation. — Le seul moyen de purifier complètement le sewage est de le faire passer à travers des couches de terre suflbamment épaisses et étendues ; on utilise le terrain irrigué pour la culture des végétaux. Ce procédé est appelé système de purification des eaux d'égout par irrigation. Dans les environs d'Edimbourg, pendant deux siècles, on a irrigué des champs avec les eaux vannes de la ville, mais c'était plutôt par motif d'économie que par raison d'hygiène.

La puissance de purification du sol pour les eaux d'égout a attiré l'attention au commencement de ce siècle, depuis les expériences de Gazzeris et de Bronner. Jusqu'en 1870, ces expériences n'ont pas eu d'applications praticjues. C'est encore la commission anglaise de Hivers Pollution qui a proposé la purification des eaux d'égout par l'irrigation des champs.

Ce système a été introduit depuis dans 14."5 villes d'Angleterre. Sur le continent, il n"a été adopté entièrement qu'à Berlin, Breslau et Dantzig. Cependant, ce procédé est depuis longtemps en usage à Bunzlau (Allemagne), mais dans cette ville, les excréments sont exclus du sewage qui contient seulement les eaux ménagères et de lavage public.

Une partie des eaux d'égout de Paris est utilisée pour l'arrosage de champs situés à Gennevilliers.

Jusqu'en 1870, on a cru que la purification des eaux vannes par l'irrigation des terres était un procédé mécanico-chimique. Ces dernières années ont appris qu'elle était l'œuvre des microorganismes. Les combinaisons azotées, les substances albumineuses, l'urée, etc., se décomposent sous l'action des bactéries de putréfaclion en acide carbonique et ammoniaque. Par une action ultérieure des microbes, l'ammoniaque est transformé en acides nitreux et nitrique. D'après les dernières recherches sur l'action des bactéries, l'acide nitrique peut même être réduit en acide nitreux dans le soi, quand l'air y accède très difhcilement.

Poui' l'oxydation des composés de carbone et d'azote, la première condition est un accès facile de l'air. Outre cela, il faut une température favorable et un certain degré d'humidité du sol. Un terrain calcaire active la nilrification.

Les plantes du champ d'irrigation utilisent pour leur nulrition les corps qui se sont formes; la terre redevient propre à recevoir de nouvelles quauti'.é: d'eaux vanne?.

Les végétaux cultivés généralement sur ces terrains sont l'herbe à fourrage, les betteraves, les navels, les carottes, le colza, le blé; à Berlin, on a fait un essai avec du chanvre et à Breslau avec du tabac. En Angleterre et à Paris, on a encore cultivé avantageusement des pommes de terre, des oignons, des haricots, des choux, des asperges, etc.

La puissance de purification du sol a des limites. On ne peut pas compter un hectare pour plus de 200 à 2lj0 habitants au maximum.

Si l'on exige que l'eau, après iiltration à travers le soi, soit pure comme de 1 eau de source, il faut compter un hectare pour 60 personnes seulement.

Les composés organiques, les carbonates, nitrates, sulfates sont tous solublcs dans l'eau ; s'ils se forment en trop grande quantité f our que les végétaux puissent jes utiliser tous, ils retournent aux eaux souterraines.

La terre peut aussi se saturer à tel point qu'une partie des corps organiques arrive directement aux eaux souterraines sans être décomposée.

C'est pourquoi l'irrigation doit se faire avec des interruptions.

Gomme l'oxydation des substances organiques dépend de l'accès de l'air, on peut supposer qu'un sol poreux est préférable pour l'utilisation des eauxd'égout. La pratique si grande de l'Angleterre a montré que toute terre peut être employée ; cependant la terre glaise a moins de puissance de purification ; pour l'augmenter, il faut drainer et travailler le sol.

I.e tableau suivapt donne les résultats d'analyses elTectuées au laboratoire de Frankland, près du Local Government Board, relativement à de l'eau d'égout utilisée pour l'irrigation de terrains différents.

QUALITÉ l'U SOI.

POURCENTAGE

(lesubslances organiques dis.'Outos

it'teiiues pur le sol.

POCRCE.NTAGE

de sub>t;uici.s organiques

en su.^pcnsion

retenues par le sol.

Terre glaise

Idem

Gravier

Idem

Sable léger

Id, dur

Terre argileuse mélangée.

Idem pure

Argile légère

Idem

Pour arriver à une purification complète des eaux vannes, il doit s'y trouver les substances nutritives organiques correspondant aux besoins des plantes cultivées. La proportion de ces substances dans le sewage et dans les végétaux est en moyenne la suivante, d'après M. Kœnig. Laquanlilé d'azote est supposée égale à 100.

Acide

Acide sulfiiri(]iie

Azote

pliosplioriqiie

Potasse

Cliuui

.Magnésie

r.lilore

Dans le sewaue conle-

tcnantdes vidanges

de water-closets. . .

Dans les végétaux. .

Il en résulte (jue les eau.v vannes ne fournissent jtas un aliment suKisaiit aux végétaux, l'acide pliosphorique et la potasse y étant en quantité trop faible. Si l'on ijomie au sol autant d'eau d'égout (ju'il faut pour couvrir ce délicit, l'excès d'azote va aux eaux souterraines, soit à l'état de combinaison orgaiiiqiu', soit à l'élal d ammoniaque, de nitriles ou de nitrates.

Les végétaux nourris par une terre sursaturée sont d'une qualité inférieure ; les lii-ttoraves sont moins sucrées et l'herbe contient beaucoup de salpêtre.

Kn alternant la cultuie et en laissant iim." partie des champs en jachère, on peut diminuer cet inconvénient.

Au point de vue prati(iue, la manière dont les champs sont irrigués est liés inil^orlante [»ar elle-niémc. Ces chanips,doivent être divisés en pièces de 10 h !.'; nu'lres

de large, qui sont élevées en leur milieu et ont des pentes égales. Le sewage est conduit par une rigole au milieu et dans toute la longueur de la pièce. A des distances déterminées, on élève des petites digues dans ce ruisseau, ce qui force les eaux d'égout à s'écouler régulièrement sur les pentes de la pièce.

Un inconvénient inhérent à ce système, c'est que certaines substances en suspension se déposent sur les champs et y forment pour ainsi dire une couche de feutre. On la suppose être un produit de fermentation de cellulose. Elle peut couvrir entièrement le sol et étouffer ainsi la végétation.

En Angleterre, on prévient sa formation au moyen de bassins où les eau.x vannes séjournent et laissent déposer les corps en suspension. On peut aussi les séparer par une grille ou les précipiter au moyen de substances chimiques.

L'hiver^ surtout dans les pays froids, cause quelques diltlcullés à l'application de ce système. La puissance absorbante de la terre est faible quand la température est basse ; aucune végétation ne peut exister. Alors on agit comme pour le système par filtrat ion.

En hiver, quand la température est au-dessous deO", le sewage est conduit dans de grands bassinscreusés dans le sol où il s'infiltre. Si on n'emploie pas un procédé de séparation préliminaire descorps suspendus, la puissance absorbante du sol de ces bassins est successivement réduite par la boue qui se dépose au fond et sur les côtés. On est parvenu à diminuer cet inconvénient sur le champ expérimental de Moscou. Pour cela, on a, comme en Angleterre, élevé la terre en billons séparés [lar des petits fossés. L'eau d'égout est envoyée dans les fossés dont le fond se tapisse de dépôts, mais les billons restent assez longtemps perméables à l'eau. L'infiltration se continue même sous une couche de glace et de neige qui empêche la diffusion de la chaleur.

Au point de vue sanitaire, ce système d'irrigation a eu un résultat des plus satisfaisants. Des observations rigoureuses, faites particulièrement en Angleterre, ont prouvé qu'il n'avait été l'origine d'aucun cas de maladies contagieuses.

FiLTRATiON. — La Commission ofRivers Pollution a aussi recherché avec grand soin la puissance de différentes terres pour retenir les substances organiques des eaux d'égout que l'on fait filtrer à travers, à des intervalles déterminés. Par suite de ces recherches, il s'est créé en Angleterre un système très usité de purification du sewage, connu sous le nom de intermittent downward filtnUion '.

Les résultats obtenus dans ces recherches sont les suivants.

gUANTITK

POURCENTAGE

POURCENTAGE

Page 1