MOYENNE
de plusieurs analyses
Diflérentes localités de l'Ecosse à des hauteurs variables au-iiessus
de la mer 0,0336
Places à Londres 0,0301
Rues à Londres 0.0341
Ville et environs de Peilh O^Oili
Quartiers aux rues étroites à Glasgow U.0.j39
— largement ouverts à Glasgow 0,0*61
Faubourgs de Manchester 0.0369
Rues de Manchester 0,0 i03
Sur le lac de Genève (selon Saussure) 0,i30
La saturation de l'air par la vapeur d'eau varie suivant la température. En général, il en contient dans une proportion s'élevant de oO jusqu'à 75 p. 100 de sa saturation, c'est-à-dire en volume une moyenne de une partie sur cent.
D'ailleurs, il existe constamment dans l'atmosphère une poussière très fine provenant des matières du sol. L'air est aussi un des principaux milieux des microbes qui sont l'origine des décompositions organiques. Dan? les endroits habités, l'air renferme en outre des particules de charbon, des poils, des libres de tissus, des cellules d'amidon, de la peau, etc.
Une grande partie de toutes cesmatières peuvent déjà rendre l'air impur. Cependant l'impureté de l'air est surtout due aux produits de la respiration : acide carbonique, et alcaloïdes non encore parfaitement connus.
Par la respiration, il se consomme une quantité d'oxygène et il se forme une quantité d'acide carbonique d'environ 4 p. 100 en volume.
A chaque aspiration, une personne d'une taille moyenne absorbe dans ses poumons environ oOO centimètres cubes d'air; avec 16 à 17 aspirations par minute, elle en absorbe par heure 500,000 centimètres cubes. Cet air renferme 4 p. 100 d'acide carbonique, 20,000 centimètres cubes (20 litres), quantité qui est à peu près celle qu'expire une personne dans une heure. Il va sans dire que l'air des chambres, môme très bien ventilées, ne peut pas être aussi pur que celui de l'extérieur. Pour considérer l'air^d'une chambre comme pur, on exige en Angleterre que la quantité d'acide carbonique ({u'il contient ne dépasse pas 0,06 p. 1,000 (Partes). En Allemagne, Peltenkofer a fixé ce maximum à 0,7 p. 1,000. Si l'on accepte la valeur anglaise comme norme, on voit qu'il faut lOO mètres cubes d'air à l'heure, et par personne adulte, avec la valeur allemande cette quantité est réduite à 07 mètres cubes.
Par suite des qualités toxi(pies de l'acide carbonique, on a cru, en général, que l'insalubrité de l'air confiné dépendait de la quantité de ce gaz qu'il contenait. (Cependant l'acide carbonique ne joue pas un rùle aussi important que les produits organiques expirés.
Plusieurs savants ont fait sous ce rapport de magnifiques recherches, notamment celles du célèbre professeur américain William Ilammond.
Il fit ses essais en renfermant des rats dans des cloches de verre; l'acide carbonique formé fut éloigné, tandis i|ue l'oxygène consommé était successivement remplacé. Malgré cela, dans l'espace d'une heure, les rats moururent dans toutes les expériences.
Quant aux matières nocives de la respiration, plusieurs savants ont essayé d'en examiner de près les propriétés. Les recherches les plus récentes ont été exécutées à Paris par Brovvn-Sequard, d"Arsonval et Wurtz. Elles ont été pi'ésentées à l'Académie des Sciences en janvier 1888. Ces savants supposent d'après leurs essais que la partie toxique de l'air expiré est constituée par un alcaloïde. Ils fondent cette hypothèse sur ce que : 1° la vapeur d'eau expirée et condensée a une réaction alcaline; 2" la toxicité n'est pas détruite par le chauffage en vase clos.
Si l'on condense les produits d'expiration et qu"on les injecte dans des lapins à la dose de 4 à 8 grammes, on voit se produire les symptômes suivants : 1° dilatation des pupilles; 2" décroissement de la fréquence de la respiration; 3'^ parésie, surtout des extrémités inférieures; 4° abaissement rapide de la température de O"^, 5 jusqu'à 5'' centigrades.
Avec des doses plus fortes, 20 à 25 grammes, les symptômes sont de même ordre, mais plus accentués; il y a en outre des frissons et des convulsions. Les animaux sont pris d'une diarrhée cholériforme qui dure jusqu'à la mort survenant trois ou quatre jours après l'opération.
Les symptômes sont les mêmes, soit que l'injection se fasse dans une artère, dans une veine ou sous la peau.
L'acide carbonique se produit dans les mêmes proportions que les autres corps nuisibles de l'air expiré ; aussi est-il un indicateur sûr de la pureté de l'air d'une chambre.
Les inconvénients dus à l'air malsain des habitations encombrées ne sont pas immédiatement évidents, parce qu'il existe constamment une ventilation naturelle provenant de la différence de température entre le dedans et le dehors. Cette ventilation est cependant insufllsante et les inconvénients ne tardent pas à apparaître ; on s'en aperçoit surtout au visage pâle et souffreteux des enfants qui, pendant la saison froide, gardent la chambre.
Les évaporalions organiques de la peau contribuent aussi, avec bien d'autres choses, à polluer l'air de l'habitation.
L'air souillé et confiné dans les pièces closes aide aussi à la conservation des microbes pathogènes.
C'est pourquoi, dans les chambres mal ventilées et encombrées, les maladies contagieuses se propagent aisément et avec plus d'intensité. On en a les preuves les plus éclatantes relativement à la phtisie. Dans les recherches faites en Angleterre sur les causes de la mortalité dans les troupes', on trouva que, dans les casernes où chaque homme disposait de 8™3,4^ la mortalité par phtisie s'élevait à 13,8 p. 1,000. Dans les casernes où le cube était de 16 mètres cubes par homme et où la ventilation était améliorée, cette mortalité ne dépassait pas 7,3 p. 1,000. Il en était de même partout, indépendamment du climat, de la situation, etc.
La grande fréquence de cette affection, due à une mauvaise ventilation, a été aussi constatée dans plusieurs industries de différents pays.
L'air pur est la cure la plus effective contre la phtisie et d'autres maladies microbiennes. Les docteurs Stokes et Blake se sont guéris de leur phtisie en vivant et en dormant à l'air hbre pendant plusieurs années. Ce même traitement est maintenant accepté comme une méthode spéciale de guérison.
Dispositions sanitaires relatives a l'air. — Aucune nation n'apprécie autant que les Anglais l'importance salutaire de l'air pur. C'est l'une des causes parmi toutes les autres qui fait que la mortalité est moindre dans la Grande-Bretagne que dans la plupart des Etats du continent.
Les Anglais sont peut-être le seul peuple civilisé (jui ne craigne plus le fantôme du refroidissement.
1 Report ot tlie Anuy sanitary Gomuiission. 1858.
L'expérience leur a prouvé depuis longtemps qu'une maladie ne provifut pas de courants d'air ou de variations de température, mais qu'au contraire l'entrée de l'air frais en garantit d'une manière effective. L'Anglais ne se soucie ni des courants d'air ni du froid pourvu qu'il reçoive de l'air pur.
Eté comme hiver, la fenêtre d'une chambre à coucher reste ouverte depuis son lever jusqu'à son coucher; souvent même pendant la nuit. Les literies sont étalées pendant le jour, si on n'emploie pas la chambre à coucher pour d'autres fins. En été, les fenêtres et les portes sont toujours ouvertes; en hiver, le feu brûle continuellement dans la cheminée, et les fenêtres sont ouvertes dès qu'on quille la chambre. Les salles de réunion, les églises, les théâtres, écoles, etc., sont toujours ventilés d'une manière effective. Cette ventilation se fait par les systèmes les plus simples et doit être, selon un principe général, indépendante pour chaque pièce. Les personnes qui se chargent de la ventilation la connaissent très bien; le public d'ailleurs veille sévèrement à sa bonne exécution.
En Angleterre, on a abandonné depuis longtemps les systèmes de ventilation compliquée pour revenir aux systèmes simples, auloinalirpies, basés sur le changement naturel de l'air par la différence de lempc-rature entre l'intérieur et l'extérieur. Ce changement est accéléré par des tuyaux daéralion munis d'aspirateur.
Un des meilleurs est VAir pump venlUator, construit par les ingénieurs sanitaires Bovles and Son. de Londres.
l-i^. 28. Fi- 29. l'ig. :!0.
N'i'iilii.ilL'iir IJoylc and !*oi). {Air jiudijj rcnlilalor.)
La limire 28 est une coupe horizontale du ventilateur. La forme extérieure est représentée lij,^ure 2!). La ligure 3U montre ce ventilateur idacé sur le toit an-ilcssns du t;i\,iu d'aération.
A, ouverture, entrée do Pair. — B, plans cuniligiii-s divisés p:ir une poiiilo. — <".. p;i>s.igr iiioii ci i <m\iaire. — M. pnssagu divisé tn deux par K. - K. Iiiviui contrai. — F, oloison au milieu du pa-Mi;.;o It. — G, t6lo cui-vilignu pour léliéoir le passage do l'air. — H. cliainhro ; ollo riçoit et oiiipéclio l'eau d'entrer dans le tuyau ecntral. — J, pla(|ue do lole séparant 11 de E.
Le vent entre en A, suit les courbures de M, arrive dans le passage G avec
xVNGLEïERRE
un accroissement de vitesse, traverse D et provoque par suite un courant ascendant dans le tuyau E.
Cet aspirateur est employé pour la ventilation de riiùpital Gastalia (voir plus loin). Il s'emploie avantageusement aussi pour les tuyaux d'aération des closets et pour la ventilation des tuyaux d'eaux ménagères.
Les cheminées, toujours allumées pendant l'hiver dans les habitations particulières et dans les salles publiques, sont aussi d'excellents ventilateurs. Les tuyaux de fumée montent droit, et on ne fait pas usage de registre.
La construction des cheminées s'est considérablement améliorée; elles éloignent lair souillé par le tuyau de fumée et font entrer une quantité correspondante d'air chaud et frais. Telle est la chem'inée construite par Douglas Galton (voir p. 59). Cette idée a été ingénieusement appliquée par Boyles and Son, qui ont en outre construit une grille qui permet la combustion plus parfaite de la fumée, et par suite une meilleure utilisation du combustible et une augmentation de chaleur.
Cette cheminée est représentée lig. 31 et 32.
Fi^. 31.
Coupe. Cheminée Bovle and Son.
Fig. 32.
Vue de face.
a, ouverture dans lo nuir pour rair libre.— 6, plaques qui obligent Tair à frapper les ailettes d.~ c. chambre a air chaud. — d, ailettes en for pour augmenter la surface de chaufTc. — e, extrémité supérieure de la chambre c. — f, ouverture pour la sortie de l'air chaud; cette ouverture tst munie d'un filtre à uir et d'une trappe niobde. — ff, plaque obligeant l'air à sortir par le haut. — A, ouverture de la cheminée. — j. tuvau d'entrée de rair dans le cadre creux de la cheminée. — k, tuyau pour conduire l'air dans la partie antérieure du cadre. — /, cadre creux percé de petits trous coniques pour distribuer Tair et activer la combustion — m, grille en fer inclinée. — «Jonction des tuvaux A- avec le cadre /.
En Angleterre, on considère comme un véritable principe d"avoir les ouver-
LuM'IiK^
tares de sùrlte oL (.l"eiiLive de lair proporliomielles entre elles ; c'est la seule manière d'éviter des courants aériens désagréables. La vitesse de l'air froid entrant ne doit pas dépasser 1 mètre à la seconde; l'air chaud peut avoir une vitesse de 3 à 5 mètres à la seconde, sans causer de désagréments.
Parmi les autres systèmes de ventilation, voici les plus simples et les plus pratiques :
i" Les vitres supérieures sont mobiles; munies de charnières dans le bas, elles s'ouvrent en dedans; l'air pénètre, va vers le plafond et se mélange avec lair chaud avant de s'épandre dans la chambre. Le Sheringham valve est une modification de ce principe.
4° La vitre supérieure est mobile autour d'un axe placé en son milieu. La vitre étant ouverte, la moitié supérieure est en dedans, obliquement dirigée vers le haut; la moitié inférieure est en dehors, dirigée vers le bas. Il y a de cette façon deux ouvertures de venlilatioii; l'air pollué sort par r<»uvrrlure supérieure, l'air libre entre par l'ouverture inférieure.
o" Dans le système Moores, la vitre est divisée en pluhi<urs plaquesde verre mobiles autour d'un axe de milieu. Elles sont placées les unes au-dessus des autres comme le montrent les figures 33, 34 et 3o. Le but de cette cMUsti'uction est d'empêcher l'entrée de la pluie.
:\ sr\^
Fitr. 33.
Fi-. 3i.
Veiitilateiu' .Moores.
Fig. 35. — V'eiitilateiir h serre (Floral art ventilator.)
4 ' The ftoral art ventilator (fig. 35) consiste en une petite serre en verre, placée à l'extérieur de la fenêtre, et munie sur ses côtés d'ouvertures à valves eu verre. En ouvrant les vilres du bas de la fenêtre, le changement d'air se fait p.ir la serre et on évite ainsi le courant d'air :
L'Anf;lais lient à avoir toujours de Tair pur dans son apiiartenicnl ; aussi il ne permet pas d'y garder une grande quuiililé de j)lautcs, comme c'est la mode dans certains pays. Son sens commun cl re.xpériencc elle-même lui ont appiis que la terre humide des pots à lleurs peut être un loyer très eonvenaltle pour le développement des microbes palliogcnes. Ce fait a été confirmé en Finlande. Les professeurs P'ppi'igskold cl Saltzman ont conslaté rinfeclion malariipie par des pots de fleurs remplis de terre extraite d'une contrée où règne la malaria. Cette terre ayant été éloignée, la maladie disparut.
Emmerich ' a constaté la présence de pneumococcus dans les raies du plancher d'une prison an moment d'une épidémie de pneumonie. Cela incite à croire que ces microbes pathogènes peuvent très bien se trouver aussi dans la terre des pots de fleurs.
5'' Le Moores circidar glass ventilalor eslunc plaque ronde, en verre, percée de trous, fixée sur la vitre et tournant autour de son centre. La vitre est percée de trous de même grandeur que la plaque. En tournant la plaque, on ouvre, ou on ferme le ventilateur complètement ou en partie.
6" Le ventilateur fixe de Boyles and Son, en usage aussi en Finlande, est une boîte rectangulaire placée dans la paroi, 30 ou 60 centimètres au-dessous du plafond. A l'extérieur la boîte est fermée par un treillis pour empêcher l'entrée des oiseaux. A l'intérieur elle est close par une lame métallique mobile autour d'une charnière placée à sa partie inférieure et mue par une cordelette ({ue l'on tire à la main; un ressort fait fermer cette valve quand on abandonne la cordelette à elle-même. Cette cordelette est attachée au haut de la lame mobile ou valve. L'air pur pénètre et est envoyé vers le plafond par l'inclinaison de la valve ; il s'y réchauffe avant de s'épandre dans l'atmosphère.
Ua appartement muni de deux appareils semblables peut être ventilé avantageusement sans impression désagréable pour les habitants. En général, il faut que tous les ventilateurs soient ouverts en même temps que Ton chauffe la cheminée. Une ventilation continue et effective peut être obtenue par ces appareils pourvu qu'une lumière (lampe ou bec de gaz) appelle l'air infect dans la cheminée par où il s'échappe.
7'^ Les Ellisons conical bricks sont des briques à ouvertures coniques ; la grande base est tournée vers l'intérieur de l'appartement ; le courant d'air qui pénètre par la forme des trous est rapidement diffusé ; aussi il ne cause pas d'impression désagréable.
8° Une ventilation très effective est produite aussi par des tuyaux placés j)rès du plafond et allant d'une muraille extérieure à une autre. Ils communiquent avec l'air extérieur par des briques percées de trous [air bricks). Ces tuyaux sont en zinc, perforés d'ouvertures nombreuses ; un diaphragme vertical les divise par moitié. Selon la direction du vent une des moitie's sert pour l'entrée de l'air neuf et l'autre pour l'évacuation de l'air vicié.
Ce système est appliqué surtout pour la ventilation des corridors.
9° Un autre système basé sur le même principe que le précédent est celui <le M. Patts. Il consiste en une corniche métallique creuse, faisant le tour de îa chambre et séparée dans toute sa longueur en deux canaux au moyen d'une plaque en tùle placée horizontalement. L'air pur entre par des orifices extérieurs dans le canal inférieur et se répand dans l'appartement par d'innombrables petits trous qui percent la corniche. Le canal supérieur débouche ou dans la cheminée ou dans un tuyau spécial; il sert d'évacuation à l'air vicié
' Archiv fur hygiène, 188 i.
io;i
qui pénètre dans la corniche par une niasse de petites ouvertures qui y ont été perforées.
Ce système de ventilation est très recoinmandable pour les écoles qui, lors de leur construetion, n'en ont pas été pourvues.
Une modification du système précédent consiste ù avoir deux tubes ordinaires perforés. L'un, celui pour l'entré-e de l'air pur, longe la corniche sur trois côtés de la chambre; l'autre, occupe le quatrième côté; il sert à l'évacuation de l'air vicié et comminiique avec la cheminée.
iO'^ Les ventilateurs de Tobin sont aussi en vogue. Ce sont ordinairement des tuyaux en tôle de fer ou en bois. L'air arrive de l'extérieur par les conduits qui commencent au niveau du plancher et s'élèvent ensuite verticalement à 2 ^mètres de hauteur. Une valve, appliquée aussi près que possible de l'ouverture extérieure, donne la faculté de régler la ventilation. Les ouvertures sont munies de grilles.
Les ingénieurs Boyies and Son ont modifié le ventilateur de Tobin. Les figures 36 et 37 représentent ces modifications.
FiK-. 30 A.
iM^i. :J6 U.
Fi<^ 37 A.
Ventilateur Tol)iii moililié par Boyle aiid Son.
A, nilrc Kig.
— B, valve de réginge. — C, valve obligeant r:iir à se dirigi'r vers \'
tapisserie ou les leiiliiros. — U, orifice d'eiitri'e de l'air. — Kig. ;i(i B,
mi'inie syslèmc, le tuyau est plus court et placé plus haut dans le mur. —
inléi'ieiir si'Clion.
Kig. :.7
Fi-. 37 U.
sans frapper la B, seclion.
11" Le ventilateur de Me Kiiincl pniir les étages supérieurs ow Ips uiaisons î'i un seul étage, consiste en deux tubes placés l'un dans l'autre ; le tube intérieur est d'un diamètre plus petit que le tube extérieur, de façon à laisser un espace libre entre les deux éfjuivalcnt à la section du tube intérieur. Ce tube
est plus long que l'autre et le dépasse au dehors. Il sert à révacualion de l'air vicié et supporte un plateau circulaire à son extrémité près du plafond, dans l'intérieur de l'appartement. L'air neuf arrive entre les deux tubes, vient frapper le plateau circulaire et sort dans l'appartement parallèlement au plafond.
1:2'^ Un autre système consiste en un double plafond, l'inférieur en zinc, papier huilé ou mâché, percé d'un nombre considérable de petits trous. L'intervalle entre eux constitue la chambre à air [air chamber) qui communique avec l'air extérieur par ses côtés.
La ventilation des navires et des wagons se fait par .des moyens aussi
Fig-. 3S. — Ventilation des \vai;ons par Vair pionp venlilaLor. 'Cuupe transversale.)
simples. Boyles and Son ont appliqué leur air jjii/up cenlilator aux wagons. Ils sont représentés figures 38 et 39.
Les air pump ventilators AA ont un diamètre de 3o centimètres ; ils communiquent avec les tuyaux BB de 20 centimètres de diamètre placés sous le wagon, dans toute sa longueur et communiquant avec chaque compartiment par les branchements ou tubes G.
Les branchements les plus proches de A ont un diamètre de 10 centimètres; les plus éloignés ont un diamètre de 12<''^"'-,o. Ces tubes G débouchent à 10 centimètres au-dessus du plancher, sous les sièges, dans l'intérieur des voitures. Ces orifices sont clos par une toile peu épaisse de façon à empêcher la boue d'entrer dans les tubes. Quand le train est en marche, les air pump ventilators aspirent l'air des compartiments qui ainsi se renouvelle.
L'air neuf pénètre dans le haut du wagon par les tubes D de 7"°'-,o de diamètre qui sont sous le plafond dans toute sa longueur. Ces tubes D sont perforés et réunis aux ventilateurs E placés sur le toit. Par leur construction ils forcent l'air à descendre dans les tubes et par suite dans les compartiments. Les ventilateurs E sont enveloppés de gaze pour empêcher l'entrée de la [)oussière.
Ce système ne cause pas de courant d'air et ventile continuellement. Lors de la description des édifices publics, quelques systèmes de ventilation générale seront mentionnés.
De même qu'on s'efTorcc de conserver un air pur à l'intérieur des habitations, de même on fait tout ce qu'il est possible pour que l'air du dehors ne soit pas vicié. Les vieux quartiers étroits sont rasés et rebâtis; les rues sont alignées et élargies.
On a employé des sommes énormes pour la création de vastes parcs. D'après les lois sanitaires, les autorités doivent veiller à l'existence d'un nombre suffisant de parcs et de places. Londres possède un très grand nombre de parcs ; plusieurs sont fort étendus.
Ainsi Regent'.s Park occupe au nord -ouest de la ville une supei-Iicie de 190 hectares.
'Vers le sud-ouest de ce pnrc, on trouve A'ensinf/lo)i Gardons et J/i/de Park qui sont situés dans un espace de 3 kilomètres de long et de 2 kilomètres de large. Dans le Vfjisinage, à l'est, se trouvent (jveen Park et Saint-James Park.
Dans la partie nord de Londi-es, sont situés Primrose mu, près de Regent's Park, Finsbury Park et Ncwimjlou l'ark. Au sud-est, il y a Vicloria Park et Ilam Park. Ces quatre derniers sont dans des quartiers pauvres où ils ofircnl leur ombrage rafraîchissant ainsi qu'un grand nombre d'emplacements pour les jeux et les plaisirs.
Au sud de la Tamise, on voit Ballersea Park (7o \\cc\.Q.Yc?,),'Southwark Park (2o hectares), et Greenirirh Park (100 hectares). Plus loin, dans les faubourgs,
les commons et les voods comme Woolwick Coinmon, Abbey Wood, Caslle Wood, Oxleas Wood, WimbledonCommon, WandsivorlhCommon^eiClapham Coinmon, le Cryslal Palace Park. Dansom Park, etc.
D'ailleurs, il existe à Londres un assez grand nombre de jardins moins grands appelés squares et circus. Ces jardins sont clos parce qu'ils sont arrangés ordinairement aux frais des propriétaires du voisinage. Cependant ces squares jouent un rôle sanitaire très important pour les habitants des environs, car ils purifient l'air.
Résumé SCIENTIFIQUE DE l'iiygikne DE l'eau, — • Une eau pure et en abondance a toujours été considérée comme une comlition essentielle de la salubrité. Mais, au point de vue de l'hygiène, qu'est-ce que l'eau pure? Cette délinition n'a pas encore été donnée d'une manière satisfaisante.
L'instinct naturel nous dit qu'une bonne eau doit être limpide, fraîche, inodore, incolore et sans saveur. Voilà les qualités qu'il faut exiger avant tout d'une eau destinée à l'alimentation et aux usages domestiques.
Pour reconnaître la limpidité d'une eau, on la met dans un tube en verre incolore et transparent ; on agite et on place celui-ci contre une surface sombre, la lumière éclairant l'eau de côté; si elle n'est pas limpide, on découvre ai-^ément les particules solides en suspension ; il faut éviter de confondre les bulles gazeuses avec des corps solides.
Pour reconnaître si une eau est incolore, on en met dans un vase assez long en verre parfaitement incolore, et on le pose sur une feuille de papier blanc ou sur une surface blanche quelconque ; un vase semblable l'empli d'eau distillée est mis à côté, c'est le vase témoin. On regarde l'eau de haut en bas, et] par comparaison on constate le degré de coloration. L'eau naturelle n'est jamais aussi incolore que l'eau distillée; si la coloration est trop accentuée, l'eau est impropre aux usages domestiques et alimentaires.
Pour déceler son odeur, on remplit au tiers un flacon à grande ouverture et on agite; s'il se dégage alors une odeur désagréable, l'eau ne doit pas être bue. Si on ne trouve pas d'odeui- par cet essai, il sera bon de dégourdir l'eau et d'agiter à nouveau: car s'il y en a une, elle se fera ainsi mieux sentir.
Quand une eau présente une saveur désagréable, elle ne doit pas être employée pour les usages alimentaires ou domestiques.
Ces épreuves purement physiques, que chacun peut exécuter, l'analyse chimique ainsi que l'analyse microscopique, ont été longtemps considérées comme suffisantes pour déterminer la salubrité de l'eau. Mais la découverte importante de Pasteur relativement aux bactéries comme causes des maladies a modifié cette opinion.
L'eau la plus cristalline, la plus agréable, et chimiquement la plus pure même, peut être nuisible, si des microbes pathogènes ont eu occasion de la polluer.
Les examens physique et chimique ont cependant leur valeur, car il est beaucoup plus vraisemblable que les bactéries se trouveront plutôt dans l'eau impure.
Toutes les maladies contagieuses ou épidémiqucs dépendent de l'organisme animal et de ses excrétions, sauf toutefois la malaria qui se développe d'une manière ectogène et peut-être aussi le choléra dans l'Inde. On peut donc dire que la possibilité de la pollution de l'eau est maximum dans les localités et leurs environs où séjournent les hommes. Les matières pathogènes vont directement des malades dans l'eau ou dans la terre, soit à l'état sec par l'air, soit par les eaux de lavage, les excréments ou autrement. Plusieurs espèces de bactéries pathogènes, arrivées ainsi dans le sol, s'y développent et deviennent plus résistantes. La pluie les entraîne et va polluer les eaux des puits et des sources.
Aux époques d'épidémie, il est toujours à craindre que l'eau des puits d'une localité infectée, fût-elle limpide, agréable et fraîche, ne contienne des microbes pathogènes. Ce n'est que lorsque l'eau est filtrée par de puissantes couches de terre
et que le puits où elle est arrivée est absolument garanti de raffluence de l'eau superficielle, qu'on peut la considérer comme salubre.
Une eau ainsi polluée est nocive, non seulement comme boisson, mais encore pour les autres usages domestiques, si elle n"est pas bouillie. En effet, en nettoyant des ustensiles, en lavant, etc., les microbes peuvent pénétrer dans l'économie humaine. Il est tlonc nécessaire d'avoir de bonne eau pour tous les usages domestiques.
Dès qu'on s'est rendu compte de la pollution de l'eau par les microbes, on a essayé de prouver, par le microscope et la culture, l'existence dans l'eau des bactéries pathogènes. Ces recherches, jusqu'ici, n'ont pas donné de résultats certains. Cet essai ne peut donc pas être appliqué dans la pratique.
Les bactéries pathogènes, connues actuellement, ne vivent pas longtemps dans l'eau. D'ailleurs un nombre relativement petit de ces microbes suffit pour rendre l'eau insalubre. Leur distribution dans l'eau est fort inégale; il en résulte que les analyses bactériologiques donnent des résultats négatifs. Cela arrive facilement, car on ne peut analyser bactériologiquemcnt qu'une petite quantité d'eau à la fois.
Plus l'eau est impure, plus le nombre des microorganismes y est grand; aussi on a jugé de sa salubrité d'après la quantité de bactéries obteimes par les essais de culture. Cette méthode n'est pas pratiquement certaine. Psombre de bactéries croissent d'autant plus rapidement dans l'eau qu'elle est plus calme. L'eau d'un puits, si elle est rarement employée et quoique pure, peut renfermer une quantité plus grande de bactéries que celle d'un puits plus mauvais où l'eau est toujours en mouvement et puisée sans cesse. Lorsqu'on envoie pour l'analyse des échantillons d'eau, les bactéries peuvent s'augmenter beaucoup si l'examen n'est pas fait de suite. Si ces échantillons sont soumis à une température supérieure à celle ordinaire de l'eau, les bactéries se développent considérablement. Le repos et une température de 15" à 40'^ G. sont les facteurs les plus favorables au développement des microbes; au contraire le mouvement et une température basse leur sont défavorables. La présence de l'acide carbonique libre dans l'eau empêche le développement des bactéries.
Cependant, dans l'état actuel de la science, on peut dire que moins l'eau contient <le bactéries, plus on est garanti de toute infection. Aussi on a cherché à l'en débarrasser au moyen de la filtration.
La liltration sur une petite échelle réussit difficilement. Les filtres en gypse retiennent complètement les microbes, puis viennent ensuite par ordre décroissant les lillres en porcelaine dégourdie (filtre Chamberland) et les filtres en amiante.
Dans. la nature, l'eau météorique pour devenir eaujsouterraine traverse d'épaisses ' 'luclies de t(;rre où elle se filtre.
Plus est grande la profondeur où on puise l'eau, plus on est certain de sa salubrité. Les sources où l'eau arrive d'une grande profondeur ne contiennent pas de bactéries.
IMus les couches de terre sont denses, plus les bactéries sont arrêtées d'une manière effective.
Il va sans dire que les eau.v à ciel ouvert des contrées habitées sont suspectes • nissi bien à cause des liquides qu'elles reçoivent qu'à cause des bactéries aériennes qu'elles peuvent transporler. On m- doit point faire usage d'une telle eau sans la filtrer. Les grands api)areils pour filtrer l'eau de distribution des villes contribuent d'une manière effective a sa purification. On peut se demander si les microbes pathogènes, qui ne vivent pas longtemi)S dans l'eau, peuvent être transporlés vivants avec elle dans des atiueducs bien construits et munis de filtres. La réponse n'est pas certaine, car les spores des bactéries ont montré une résistance vitale plus grande que celle des bactéries elles-mêmes. Ainsi les spores du bacille lypiio'ide peuvent conserver leur force de germination pendant trois semaines dans l'eau. Les spores des bactéries du cliarbon la conservent [)cndant un an. Woliriiùgcl et Hicidel ont constaté re.\islencc du bacille du choléra avec les bactéries d'eau pendant
quinze jours, et Hueppe pendant cinq a dix jours ; mais en ces cas la température de i"eau était de 18'^ à 22" C.
Une eau prise à ciel ouvert ne peut donc par conséquent jamais, quoique filtrée, nous garantir de riulcction au môme degré qu"une eau souterraine, qui a traversé des couches profondes de terre.
Il est fort important que Teau circule continuellement dans les aqueducs. Les eaux stagnantes dans des réservoirs peuvent toujours être la source d'une infection.
On voit par tout ce qui précède combien il faut prendre de précautions pour se garantir des dangers qui proviennent de Teau impure. De toutes ces conditions, la plus importante est que Teau ne doit pas contenir de produits organiques provenant de la vie humaine.
Par crainte d'intoxication saturnine, il ne doit pas être fait usage de tuyaux en plomb pour la distribution des eaux.
Dispositions sanitaires relatives a l'eau. — La Tamise, qui traverse Londres, reçoit dans la ville deux affluents importants, la Lea, au nord, et la Ravensbourne au sud. L'eau de ces trois fleuves ressemble littéralement aune rivière de boueargileuse ; cependantelle contientbeaucoupd'autreschoses que de Targile.
Jusqu'en 1864, les immondices de Londres étaient envoyées directement à la Tamise; l'eau ne pouvait pas évidemment avoir un autre aspect. Mais on s'attendait à un autre résultat quand les collecteurs furent, cette même année, mis en usage. Ils conduisent toutes les eaux vannes à 2^ kilomètres en aval et hors de la ville dans la Tamise.
La cause de ce mauvais résultat est duulde.
Il est vrai que toutes les eaux d'égout sont conduites hors de la ville, mais les nombreuses manufactures de Londres envoient leurs eaux résiduaires directement dans le fleuve. C'est là lacause principale. En effet, à marée basse, on trouve, à toutes les bouches des égouts de fabrique, une couche de limon noir d'une épaisseur d'environ 0"\50. On s'en aperçoit quand les ouvriers sont occupés à dégager les bouches d'égout; ils restent souvent, alors, ayant de la boue jusqu'à la ceinture.
L'autre cause de la saleté de la Tamise vient de ce que les matières d'égout reviennent dans la Tamise au moment du reflux.
A cause de la loi sur la pollution des rivières {Riviers pollution Act 1876), les autorités municipales de Londres ont été obligées de chercher à remédier à cet état de choses. Depuis 1888, on purifie chimiquement l'eau d'égout au moyen de la chaux ; le dépôt boueux est transporté en mer. Les résultats n'ont pas été satisfaisants, surtout relativement aux frais e'normes que ce traitement a nécessités.
Aussi on s'efforce de trouver d'autres systèmes plus pratiques. II est probable qu'à Londres, on linira par accepter le système de l'irrigation qui adonné les meilleurs résultats dans plusieurs villes de l'Angleterre, ainsi qu'à Paris et à Berlin.
Cependant, cet état des rivières de Londres n"a pas exercé d'influence directe et remarquable sur la santé de la population; ce qui prouve le pouvoir des eaux courantes pour détruire les substances délétères.
Certains districts. notannnentHamstead et Highgate (West, Middlesex, Nord), Deptford et Shooters [Kent, Sud), possèdent de vastes nappes souterraines d'une
IjMiine eau pure qui jaillit sous forme de sources en plusieurs endroits, surtout au nord.
Aussi, on fait usage de cette eau si abondante. Il y a, en outre, dans plusieurs endroits de la ville, des puits d'eau potable. L'une des deux Compagnies d'eau de Londres, la Kent Watenoorks Company, livre chaque jour à 400.000 habitants plus de 45.000 mètres cubes d'eau souterraine, si bonne et si pure, qu'elle n'a pas besoin d'être filtrée. Les puits se trouvent dans la partie sud-est de la ville, des deux côtés du Ravensbourne. La bonté et la grande quantité de cette eau s'expliquent par l'épaisse couche d'argile qui s'étend non seulement sous Londres entier, mais encore occupe, sous la vallée de la Tamise, une longueur de !200 kilomètres et une largeur variable de Reading, à l'ouest, jusqu'à Harwich, au Nord, et Herne bay, au sud de l'embouchure de ce fleuve.
Ln. New River Company \)ren(i (XMis'v \xne grande partie de son eau à des sources et à des puits.
Ce dernier établissement est le plus ancien de Londres, et en usage dès 1619. Jusqu'en 1737 la Compagnie ne s'était servie que de l'eau de source; mais une consommation plus grande a fait recourir à l'eau de la rivière Lea.
Autrefois, l'eau venait des sources de Chadwcll et dAmwell, situées à to kilomètres de la ville. Maintenant, la Compagnie prend non seulement l'eau de la Lea, mais encore de plusieurs puits situés dans le vallon de ce fleuve et aussi des sources de Hampstead et Highgate.
L'eau de ces puits et sources est si pure qu'elle n'a pas besoin d'être filtrée : celle de la Lea est filtrée.
La New River Company livre en moyenne chaque jour l::2o.000 mètres cubes pour 1.080.000 habitants.
Les cinq Compagnies d'eau suivantes puisent l'eau dans la Tamise : Chehea Watenoorks Company (fondée en 17:23, 45,000 mètres cubes pour 263.000 habitants), Lambeth Watenoorks Company (fondée en 1875,70,000 mètres cubes pour 560.000 habitants), Grand jonction Company (fondée en 1798, 70,000 mètres cubes pour 453,000 habitants), West MidcUcsex Company rfondée en 1806, 60,000 mètres cubes pour 490,000 habitants), Southloark and Wauxhall Watenoorks (fondée en 1845, 90,000 mètres cubes pour 775,000 habitants).
Les Compagnies de Chelsea et de Lambeth puisent leur eau près de Molesey. sur la rive sud; les trois autres Compagnies la puisent sur la rive nord, à (luelqucs kilomètres plus haut, près de Hampton. Les prises d'eau sont de 2 à 6 kilomètres de Teddington Lock où cesse de se faire sentir le jusant.
La huitième Compagnie d'eau est le East London Watenoorks. C'est la plus importante; elle fournit chaque jour à 1,100,000 personnes une quantité d'eau de 175,000 mètres cubes. Elle la j)uisc surtout dans la Lea, mais cependant elle a une prise d'eau à Sunbury, à "1 kilomètres en amont de Hampton. Pour la purification de l'eau de rivière, on fait usage de deux systèmes de liltraliun, l'un naturel, l'autre artificiel.
La liltration naturelle se fait en creusant de grands réservoirs le long dos rives des fleuves. L'eau va du fleuve dans ces bassins en se filtrant à travers
la paroi en terre; ils sont exeessivemciit étendus; ceux; appartenant à l'East London Wa'tenvorlcs occupent 90 hectares. De ces réservoirs, l'eau, puisée par des pompes, est conduite dans les bassins de filtration artificielle. Le filtre consiste en difFérentes couches de sable, de gravier et de pierres. Ces différentes couches se décomposent de bas en haut en une couche de pierres de la grosseur du poignet, puis un lit de pierre» plus petites, nue couche de o-ros gravier, un lit de gravier fin, et enfin, une couche de sable. La vitesse de filtration varie suivant les Compagnies deau entre 65 et 115 litres par heure et par mètre carré.
Les Compagnies d'eau de Londres livrent donc chaque jour 680,000 mètres cubes à 0,121,000 personnes. Sept cent mille maisons environ sont desservies; mais la moitié seulement aune distribution intérieure, l'autre moitié ne possède l'eau que dans la cour ^ Dès qu'on a eu conscience de l'importance sanitaire d'avoir de l'eau en abondance, la di-^tribulion s'est de plus en plus étendue dans les maisons.
Les huit Compagnies d'eau de Londres sont des compagnies privées. Elles sont ainsi qu'il a été dit, sous la surveillance du Local Goveriniient Board, qui a, dans ce but, un département spécial dirigé par un loater examiner (ingénieur) elmi loater anali/st (chimiste). Les conditions relatives au fonctionnement de ces Compagnies d'eau se trouvent dans les Metropolis water Acts de 1852-1871.
Les Compagnies doivent prendre l'eau dans le fleuve en amont du lieu où se fait encore sentir le jusant. Elles doivent la filtrer suffisamment. Parmi ces conditions, il en existe aussi relativement à l'établissement des tuyaux dans les maisons.
Chaque Compagnie doit établir la distribution d'eau dans les maisons toutes les fois que les autorités l'exigent. Les frais en incombent aux particuliers.
La redevance à payer pour l'eau est évaluée d'après un certain pourcentage de la location ou de la valeur de la propriété ; il est permis en certains cas d'employer un compteur d'eau, que les Compagnies fournissent, contre une redevance spéciale.
liÉsuMKSCiENTn'^iQUEDEL'uïGiK.XEALiME.NTAiRb;. — Ladiirérence si grande qui existe dans ralimentation des peuples monlre que les organes de la digestion chez l'homme sont capables de s'accommoder aux circonstances, et de chercher dans des substances alimentaires si diverses les quanlilés de matières qui sont la source de l'énergie polenlielle. Cependant il est certain que c'est ralimentation mixte, composée de matières animales et végétales, qui satisfait le mieux à noti-e nature et convient le mieux à notre appareil digestif.
Dans la législation sanitaire de tous les pays, on a tenu compte de l'influence que peut avoir sur la santé la qualité des denrées alimentaires.
Cependant la science n'a pu encore fixer avec exactitude l'influence nuisible causée par des denrées de médiocre qualité. Ce qui est certain, c'est que les microbes jouent ici un rôle très important. Comme les microbes viennent du dehors, il peut arriver qu'une denrée, tout en présentant une apparence saine, soit le véhicule d'une maladie. Gela a été constaté avec certitude relativement au lait. Dans plusieurs
' Lu (listributiun de Teaii a aussi lieu hors de la ville de Londres, ce qui fait que le humbre des iiabitants et des maisons desservis esi plus yiaud (jue celui de Londres.
pays, il y a des preuves sulTisaates de la propagation de la fièvre typhoïde par du lait ayant séjourné dans le voisinage de l'appartement d'un malade ou préparé par une personne qui en soignait un. La même remarque a été faite pour du lait additionné d"eau ou mis dans un vase lavé avec de Feau souillée par des déjections de typhiques.
On a observé les mêmes faits pour le choléra et la fièvre scarlatine.
Par des essais directs sur les animaux, on a montré que la phtisie, maladie commune chez ïés bêles à cornes, peut être propagée par le lait. Cela nous autorise à croire que la coutume, reste de l'ancien état sauvage de l'homme, de consommer le lait cru est l'une des causes de la propagation de cette épouvantable maladie. Les bactéries sont détruites par la cuisson; nous avons donc là un moyen simple de nous protéger contre certaines affections. On ne devrait jamais le négliger.
Quant au.x diarrhées infantiles si communes en élé et à leur forme plus accentuée connue sous le nom de choléra infantile, il semble être prouvé par la découverte du professeur Vaughan, du Michigan, qu'elles sont causées par un alcalo'ïde ptomaïne. nommé par lui tyrotoxicon. Cet alcaloïde est formé dans le lait par un microbe spécifique non encore découvert *. Il a constaté aussi l'existence du tyrotoxicon dans la glace à la crème, le fromage et les huilres corrompues. Ce poison, heureusement est détruit parla cuisson. Par suite des découvertes de Vaughan, on a le droit de supposer que les affections violentes intestinales, si fréquentes pendant la saison chaude, proviennent des produits toxiques de bactéries vivant dans des denrées alimentaires consommées froides.
Si les matières pathogènes peuvent être propagées par des denrées à l'apparence saine, il n'en est pas moins certain que ce mode de propagation est ti-ès rare. Il ne peut être prévenu que j;ar la défense de vendre des aliments venant d'une localité contaminée. Le daniior est plus grand avec des denrées impures ou en commenccmentde décomposition. Toutes sont déjà l'habitat de différentes espèces de microbes. Quand même la cuisson ferait disparaître la toxicité, il n'en serait pas moins possible, par l'emploi de ces matières infectées, de disperser les bactéries dans la boisson et les ustensiles. Cette possibilité suffit pour autoriser la défense de ces denrées.
Les falsifications sont des faits très graves qui exigent un contrôle très sévère de la part des autorités. Elles sont arrivées de nos jours à un tel degré, que de grandes manufactures ne s'occupent qu'à fabriquer des i)roduits qui serviront aux falsifications. Leur vente se fait en général publiquement.
Une grande partie de ces produits, comme par exemple les couleurs pour le fromage et le beurre, sont déjà si en vogue dans le commerce qu'ils sont peut-être nécessaires au point de vue commercial; en tout cas, ce ne sont que des falsifications pour tromper l'acheteur. Cependant les lois anglaises mêmes (Sale of food and drugs act, 187:j-i870), qui sont parmi les plus sévères, n'ont pas jugé à propos de les défendre complètement ; elles insistent seulement sur ce qu'une telle marchandise doit être munie d'une étiquette visible indiquant sa composition (voir p. 38).
11 n'est pas douteux qu'un grand nombre de troubles de l'économie humaine ne soient causés par de pareilles falsifications. Toutefois il n'est pas facile d'eii montrer la relation directe. Ce n'est que lorsque les mêmes désordres, atteignent plusieurs personnes vivant dans les mêmes conditions, que le médecin peut en découvrir la cause. Les cas particuliers passent ignorés ordinairement sous le nom général de dyspepsies.
i>a question des falsifications est fort importante. La plupart <les nations l'ont jugé ainsi et ont édicté des lois y relatives. Mais dans ce cas comme toujours, les
Vauphan croit (iiie le tyrotoxicon peut aussi se former dans l'estoniac si, à cause d'une iiKiisposilioii, son ronctioiuu'Miciit est anormal ou s'il est rcmiiii d'uiif ^n-undi? (|iiaiitilt'' de lait, ce qui peut arriver facilement pendant la saison cliaude lorsque les enfants sont lonrmentés par la soif. Cela expli((nerait le fait que les enfants h la mamelle sont aussi quelquefois atteints de choléra infantde.
HYGIE.NE l'tIbMgLE 8
\\i ANGLETERRE
lois ne suffisent pas. Il importe que le sens des lois soit clair pour tous, que les Etats, les communes et les particuliers prennent des mesures pour en surveiller l'exécution.
Dans le but d'empêcher l'exportation de produits falsifiés, on s'est occupé de la question d'une loi internationale contre les falsifications.
Ce sujet a été traité, sur la proposition du professeur Brouardel, dans les congrès internationaux d'hygiène de Genève en 1882, de La Haye en 18^4, de Vienne en 18S7. Il fut exposé un grand nombre de faits surtout relativement à ,1a législation des diflérents pays; des résolutions furent votées, mais jusqu'ici il n'en est rien résulté d'effectif.
Le moyen le plus pratique consiste à rendre dans chaque pays le marchand responsable de la marchandise qu'il vend; alors ce sera à lui à négocier avec le fabricant pour qu'il lui soit livré une marchandise^non falsifiée.
Dispositions sanitaires relatives aux denrées alimentaires. — Les dispositions contenues dans les Sale of Food and Drugs Acts of 1875-1879 sont exécutoires à Londres. Les inspectons of nuisances et les médical officers of health ont la surveillance des denrées alimentaires comme il a été dit page 38.
Approvisionner une ville de 5 millions d'habitants dune quantité suflisante de denrées alimentaires, veiller à ce qu'on n'en vende que de bonnes et non falsifiées, à ce que cet amas considérable de denrées ne produise aucune nuisance, est un problème dont la solution présente de grandes difticultés.
II faut reconnaitre que les autorités de Londres ont rempli celte tàclie d'une manière satisfaisante.
Vente des denrées alimentaires. — A Londres, la vente en gros des denrées alimentaires a, comme tout commerce de gros, son siège dans la City. La Corporation of London a fait construire à Smithfîeld de grandes halles remarquables parleur belle architecture du style Renaissance, et par les dispositions pratiques relatives au nettoyage et à la ventilation.
Les halles de Smithfîeld se composent de trois grands bâtiments placés à la suite l'un de l'autre.
Le plus grand, la halle à la viande {the central meal Markel), occupe un espace de 1 hectare et demi. L'édifice est long de i92 mètres, large de 75 mètres et haut de 9 mètres. Dans toute sa longueur, et au milieu, il est coupé par un passage, the central avenue^ large de 8 mètres, et il est traversé au centre par une route carrossable large de 15 mètres. Des deux côtés et parallèlement à cette voie, existent trois passages de 5^,5 de large, espacés l'un de l'autre. La halle se trouve ainsi divisée en 16 quartiers, chacun d'eux renfermant des boutiques pour les bouchers, des locaux pour l'administration, des restaurants, des escaliers, des ascenseurs, lavoirs, water-closets et urinoirs.
Chaque boutique de boucher comprend l'étal (shop), une arrière-boutique (backshop), composée de deux pièces, dont l'une à l'étage supérieur. Celle-ci sert de comptoir, tandis que l'autre est employée pour la resserre des marchandises invendues, chaque boutique dispose de 40 mètres carrés. La location est de 1 franc par semaine et par mètre carré. Les étaux {shopt;] n'ont point de cloisons, mais des colonnes munies trans-
LONDRES Il^j
versalenient de barres en fer où est accrochée la viande. Les arrières-boutiques {back shops) ont des cloisons à claire-voie en bois; pendant la nuit elles sont pourvues de portes de fer. Les cloisons de l'étage supérieur sont en planches. Chaque boutique a son water-closet.
11 y a quatre restaurants situés aux coins extérieurs de l'édifice. Le sol de la halle est en parquets avec joints en asphalte et reposant sur un lit de béton {concrète). Pendant la journée il est couvert d'une couche épaisse de sciure de bjis. Il y a un grand nombre de robinets d'eau pour le lavage et le nettoyage.
L'administration s'occupe du nettoyage des voies et de la place autour des halles. C'est aux locataires à veiller eux-mêmes à la propreté de leurs boutiques.
La ventilation, selon les principes acceptés en Angleterre, repose sur la circulation naturelle de l'air. Aussi toutes les portes, qui pendant le jour sont ouvertes, sont perforées afin de permettre la libre ventilation, même pendant la nuit. La partie supérieure des fenêtres est toujours ouverte et munie de persiennes assurant l'aération continuelle. La voie centrale et la route carrossable ont un surtoit placé au-dessus du toit principal. Ces surloits reposent sur des parois en vitres dépolies encastrées dans des châssis en fer; elles peuvent s'ouvrir et se fermer à volonté.
Au-dessus de chacun des quatre coins de la halle s'élève une tour haute de "21 mètres où se trouvent des tuyaux d'évacuation pour l'air vicié.
La halle est bâtie sur voûtes construites avec des barres et des bandes de fer. Au-dessus de cette voûte se trouve une grande gare de marchandises du chemin de fer Great Western. Dans le voisinage se trouve une station du Metropolitan Railway qui communique avec le chemin de fer Great Western.
Au sud, la halle donne sur un marché ouvert, au centre duquel se trouve une fontaine. Le chemin de la station souterraine la contourne en spirale.
Dans la halle il y a 12 monte-charges et quelques escaliers de communication avec le souterrain.
Dans le prolongement de cette halle à la viande, séparée par une rue, se trouve la deuxième halle destinée aux i)orcs, aux volailles, au beurre et aux fromages, etc. {t/ie central markel for jjork and poultry and provisions). Elle est bâtie comme la précédente, mais plus petite et jilus carrée ; elle a 79 mètres de long sur 75 de large. Les étaux {.shops) sont disposés le longdes murs extérieurs, et dans neuf quartiers, au milieu; chaque étal a une arrière-boutique {back shop). Le plancher est en briques et ciment.
La ventilation et le nettoyage se font comme dans la grande halle à viande.
A l'ouest de la halle aux volailles se trouve la halle aux poissons (/Aecen/ra/ l'ish niarketj.
Elle ne contient pas autant de boutiques que les précédentes. Au milieu est un emfilacemeut un peu élevé (jù se trouvent les vendeurs avec leurs provisions de poissons, de homards, d'huitres, etc. Dans la journée, quand le grand commerce est terminé, le reste des marchandises est vendu en détail aux enchères aux petits acheteurs.
Dans cette hallf. on vend aussi des légumes et d'autres produits dont les boutiques de vente sont rangées If long des murailles.
Le sol est pavé avec des dalles en ciment.
Au-dessous des halles se trouvent des caves et des chambres de réfrigération. Dans celle du milieu chaque boutique a son passage pour aller à la cave. Les sous-sols sont éclairés par des verres épais placés dans le plafond [skylights). Les caves de halle au poisson s'ouvrent sur la rue.
Au sud de la halle au poisson et de la halle à la volaille se trouve une place en forme de triangle, au milieu de laquelle est une construction avec une haute cheminée. C'est par là que s'extrait l'air impur des caves; elles communiquent par des conduits avec les cheminées où existent ditlerents foyers, de façon à activer le tirage.
Dans celte construction se trouvent encore l'appartement du chauffeur, les soutes à charbon, des water-closets et des urinoirs publics.
Le Markets Committee (comité des marchés), nommé par le Conseil communal de la City, est chargé de l'administration des halles et nomme lui-même tous les fonctionnaires.
Bien qu'on n'y vende que de la viande, du lard, du gibier, de la volaille, du poisson, du fromage, du beurre et des légumes, il arrive ne'anmoins par la gare souterraine aux marchandises d'autres denrées telles que du blé, de la farine, des grains, etc.
D'immenses magasins en sous-sol reçoivent dabord toutes les marchandises. Pour assurer la régularité des transports, l'administration s'en charge avec les chevaux et les voitures de l'établissement.
Les halles centrales sont ouvertes tous les jours ouvrables : de 4 heures du matin à 2 heures du soir mardi et mercredi, à 3 heures du soir le jeudi, à 4 heures du soir le lundi, à 5 heures du soir le vendredi et à 8 heures du soir le samedi.
Chaque place occupée par les marchands doit être nettoyée tous les jours ; toute malpropreté à l'intérieur est punie de fortes amendes.
La halle au poisson de Smithfield, décrite ci-dessus, n'est pas le marché principal du commerce du poisson à Londres. C'est Billingsgate placé sur le> bords de la Tamise, près du London Bridge, entre Lower Thames Street et le fleuve.
Déjà sous le règne d'E'.isaliclh, on y vendait des denrées alimentaires de toute espèce, mais depuis Guillaume III on n'y vend que du poisson. La halle actuelle fut achevée en 1877 d'après les plans de Horace Jones, le même architecte qui a construit les halles de Smithfield.
Bâti en pierres avec un toit vitré, cet édifice a un pavage en béton. A l'intérieur, il n'y a point de boutiques ; le local est nettoyé chaque jour. Pour cela il existe un très grand nombre de robinets d'eau et des canaux d'écoulement. La vente commence à o heures du matin. Les poissons sont apportés dans de grands paniers que l'on range sur le quai, hors de la halle ; c'est là qu'a lieu la vente en gros. On les transporte alors dans l'intérieur pour la vente en détail aux marchands. Le saumon, les huîtres, les crustacés se vendent au poids; les autres poissons aux pièces.
Il arrive là des masses énormes de poisson qui viennent par voie de mer et par chemin de fer. Des voitures le transportent des stations à la halle.
Les autres marche's importants de Londres sont : Leadenhall Market près de Leadenhall Street pour la volaille et le gibier; Covent garden Market pour les légumes, les fruits et les plantes vivantes (il y en a de très rares venant de tous les pays de la terre); Farrington Street Market pour les légumes surtout pour le cresson; Great Eastern Railway Market ])0\\v\qs poissons et légumes; Shadwell Market, à l'est des Docks de Londres ; Eléphant and Catle Market, à Newington ; Columbia Market à Bethnal Green, etc.
Le commerce dans les marchés de Londres se fait essentiellement en gros. La vente en détail se fait dans les boutiques qui se trouvent généralement dans chaque rue. Les magasins pour les denrées alimentaires se distinguent par leur propreté et leur confort. L'étal des bouchers est en marbre blanc; le billot pour hacher la viande est en chêne dur ; les couteaux sont tranchants et brillants. Le sol est en mosaïque ou en béton avec une couche de sciure ordinairement. Les parois sont lambrissées de marbre, d'ardoise ou de mosaïque. La boutique entière est lavée tous les jours.
La viande n'est pas examinée avant sa mise en vente ; toutefois les inspecteurs tiennent un contrôle très sévère de la qualité de la viande.
Dans toute !a Grande-Bretagne, il n'existe pas d'inspection de la viande de porc relativement aux trichines; il n'y a aucun laboratoire dans ce but. Les Anglais ne mangent cette viande que quand elle est bien cuite ; le porc fumé même est bouilli avant d'être consommé. On prétend qne jusqu'ici on n'a pas observé de trichinose en Angleterre bien que le lard américain, qui est suspect, soit importé en grande quantité.
(lo.MMKRCE nu LAIT. — Comuie on l'a vu (p. 39) dans les Dairies Coio-sheds and niilk shopsorder da 1878-1886, les prescriptions relatives au commerce du lait sont très sévères en Angleterre. A Londres, où des règlements semblables sont en vigueur, la concurrence et l'inspection sévère des sanitary inspectors ont contribué à assurpr aux habitants un lait bon et pur. Dés qu'on eut constaté que des maladies infectieuses peuvent être propagées par cet aliment, la population de Londres devint plus attentive au contrôle du lait ce qui donna naissance à des mesures plus sévères que celles qu'ordonnent les lois. C'est ainsi que se sont formées de grandes associations, dites Dairy Reforni Companies. Les contrats de ces sociétés avec les laitiers sont basés sur des règlements des plus minutieux et des plus rigoureux.
D'après ces contrats, l'association a le droit d'inspeôlion sur les étables et la laiterie avant qu'elle n'accepte le fermier connue fournisseur de son lait ; elle prescrit si elle veut les mesures à prendre. Elle a le droit de faire examiner [)ar un vétérinaire TiHat de sanlé tics animaux et de refuser ceux qu'il uésignc; elle a h; droit de donner des prescriptions relatives au fourrage, au maintien d<; la propreté, au traitement et au refroidissement du lait.
Pour oiM[)èclier la [u-upagalion des maladies par le lait, il est ordonné dans ces contrats d'appeler un médecin, dès ([ue le fermier ou une autre pcrsoime employée à la laiterie tombe malade. Si la maladie est contagieuse, il faut eu prévenir iiiiinédinlfiiiont rassociation (jui indique les mesures à prendre. Kn
cas de grave maladie, il est défendu de livrer le lait de la ferme, cependant le fermier est pa3'é comme s'il le livrait.
L'Association envoie des inspecteurs pour surveiller les mesures acceptées. Sur la demande de plusieurs associations, le médecin de district les prévient de chaque cas de maladie contagieuse survenue dans le district où est située la laiterie.
Deux fois par jour le lait est apporté à Londres par le chemin de fer. On prend un échantillon de chaque récipient et on examine sa température et sa densité. La densité d'un bon lait doit varier entre 1,029 et 1,033. Si on trouve une autre valeur, on examine plus exactement le lait; alors on ne le vend pas mais on en fait du beurre. Les analystes de Londres ont fixé la quantité minimum de matières grasses à 2,9 p. 100 et d'extrait sec à 11,5 p. 100,
Les récipients dans lesquels le lait parvient à la ville sont ordinairement cachetés et munis d'un robinet dans leur partie inférieure. Ils sont ge'néralement en fer-blanc, non peints, mais toujours propres et brillants.
Outre ces grandes associations qui fournissent du lait absolument pur, il y a une quantité de petits laitiers dont un certain nombre ont une vacherie dans la ville même. C'est surtout pour ceux-là que les sanitary inspectors doivent avoir un contrôle sévère. Ces inspecteurs divisent leurs listes de laitiers en deux catégories : ceux qui mouillent le lait autant qu'il leur est possible sans qu'on puisse les atteindre et ceux qui sont punis comme falsificateurs. Ces deux catégories ne peuvent jamais exercer impunément leurs falsifications, car les inspections ont lieu à l'improviste.
L'analyse de tout échantillon de lait pris par la police est exécutée par des chimistes, selon les dispositions du Sale of food and Driigs Act (p. 38).
Les Médical officers of Health, dans leurs rapports trimestriels, indiquent le nombre des échantillons de lait analysés et les noms et adresses des marchands dont ils provieiuient. Ceux qui ont vendu du lait falsifié ont leur nom et leui" adresse publié ainsi que la nature de la falsification.
Résumé sciEXTiFiQUE de l'iiygè.ne du sol. — il a été constaté avec rerlitude que la terre joue un rôle fort important dans la propagation des maladies contagieuses, (ïette importance est d'ailleurs variable suivant les difTérentes espèces de maladies.
La malaria ne peut se propager que quand la matière pathogène s'est développée dans un sol favorable, composé de matières végétales en putréfaction dans de l'eau. C'est pourquoi cette maladie ne règne que dans certaines localités. Si la matière infectieuse a pénétré dans l'organisme humain, elle peut être transportée ainsi à des endroits fort éloignés; mais alors la malaria n'atteint pas les individus en bonne santé et ne se propage pas.
Les matières pathogènes qui, pour produire une maladie, doivent se développer hors de l'oriranisnie, s'appellent matières ectogènes ; les maladies qu'elles causent sont appelées maladies miasryiatiqurs.
On a appelé maladies miasmatiques-contagieuses un 'autre groupe d'affections qui, comme les maladies miasmatiques, proprement dites, se développent ordinairement dans la terre avant d'atteindre l'homme, mais dont les matières pathogènes peuvent cependant, sous certaines conditions, avoir des qualités directement infectieuses. Elles peuvent être transportées d'une localité à une autre et s'y propager. Les types de ces afîections sont la fièvre typhoïde, le choléra, la dysenterie et la fièvre jaune.
LONDRES lly
De même que la malaria ne se développe que dans certaines localités, de même ces maladies ont besoin, pour leur propagation d'un sol favorable. Celui qui convient le mieux consiste en couches perméables souillées d'excréments humains et d'autres produits de décomposition de la vie humaine.
Pettenkoferaconstaté que l'accroissement et la diminution des épidémies coïncidaient avec les variations de niveau de la nappe souterraine. Quand le niveau de l'eau souterraine est élevé, les microbes ne peuvent s'échapper du sol, par suite l'infection ne peut se produire ; quand le niveau baisse, la terre s'assèche, les bactéries se dispersent dans l'air et entrent dans l'organisme humain par les voies respiratoires. Telle est la théorie de Pettenkofer.
Cependant, il est plus vraisemblable que les spores des bactéries qui se trouvent dans le sol parviennent par la nappe d'eau aux puits ou autres prises d'eau et de là dans l'organisme par l'appareil de la digestion.
Un moyen important d'éviter les maladies infectieuses, est d'abaisser le niveau de la nappe souterraine par un drainage bien compris ; de cette façon, l'eau ne reste pas dans les couches supérieures du sol. La terre se dessèche, l'air y pénètre, et les matières organiques se transforment en nitrites.
C'est en se filtrant dans d'épaisses couches de terre que l'eau se dégage des bactéries.
La statistique nous donne les preuves les plus convaincantes que la fièvre typhoïde diminue dans les villes où le nettoiement est efîectif. Cette maladie peut donc, jusqu'à un certain point, être considérée comme indiquant l'organisation sanitaire d'une localité ; aussi elle est employée comme telle par les statisticiens.
Un troisième groupe de ce genre d'affections a reçu le nom de maladies contagieuses. Ici la matière pathogène est transportée directement d'une personne à une autre. Llle se forme dans l'organisme et en sort apte à la propagation directe.
11 n'est pas douteux qu'il ne faille une prédisposition spéciale pour la propagation des maladies contagieuses proprement dites. S'il n'en était pas ainsi, étant donnée la rapidité des communications entre les nations civilisées, une épidémie se propagerait avec une vitesse considérable d'un pays à un autre. Mais en réalité, il n'en est pas ainsi. Une épidémie reste ordinairement longtemps dans le même endroit; et n'émigre que lorsqu'elle commence à y diminuer.
C'est pourquoi il faut admettre une influence due au temps comme on suppose une prédisposition locale. Il reste encore à examiner eu quoi consiste cette prédisposition. Comme la lutte pour la vie est, peut-être, plus grande tlans le monde des microbes que dans d'autres groupes d'êtres vivants, et comme on peut supposer que chaque espèce de microbe a une espèce qui est son antagoniste, il semble vraisemblable que la réunion, dans une localité et pendant un certain temps, d'une plus ou moins grande quantité de ces microbes ennemis est la cause principale des prédispositions locales et temporelles.
Ni;ttoii:mi:nt in; Lonhiies. — l'itur CMiitèclier lu souillure du sol, on a [iris les mesures les plus efTeolives. .V Londres (;onun(; dans r.\nglelerre tout onlière, c'est aux autorités sanitaires qu'il appartient de surveiller le pavage et le nettoiement «les rues, des places puliliques et des cours privées.
I)ans certaines parties de la ville, la Vestry ou le District Roard prend soin lui-même du nettoiement; dans d'autres parties, ce sont des entrepreneurs qui en sont chargés. Comme il comprend non seulement celui des rues et des places, mais encore celui des cours privées, les meilleurs inspecteurs sont les habitants eux-mêmes. Si une cour n'est pas nettoyée, le proprirdaii-(j ou le locataire en pri'vient [)ar écrit radniiiii>lration locale sanitaire Si dans les
sept jours qui suivent il n'a pas été porté remède à la plainte, l'entrepreneur paye au propriétaire une amende de 6 fr. 25 au moins par chaque jour de retard.
Le système de nettoiement n'est pas le même dans tout Londres. Il est évident que le procédé doit être différent, soit qu'il s'agisse des rues de la City où le trafic est considéraJDle, soit qu'il s'agisse des quartiers éloignés où les rues sont peu passagères.
Le pavage varie beaucoup suivant les rues, car l'hygiène réclame à juste raison non seulement une voie carrossable, unie et durable, mais encore imperméable, de façon à empêcher la souillure du sol. Actuellement, les rues les plus fréquentées sont pavées en bois sur un lit de béton. Partout où il faut renouveler le pavage on le fait ainsi, au lieu d'employer comme autrefois, de l'asphalte ou du béton.
Les morceaux de bois sont tous égaux. Leur hauteur est de lo centimètres, leur largeur de 22'''",o leur épaisseur de l'''",o. Ils sont imbibés de goudron. On les place l'un à côté de l'autre, bois debout, on les goudronne de nouveau et on y parsème du sable. La rue forme donc une surface unie, imperméable, non glissante, qui n'est pas désagréable aux chevaux et qui amortit le bruit des voitures. Les réparations et l'entretien de ce pavage sont très faciles ; lo^ vieux débris sont recherchés comme aUume-feux.
Outre le pavage en bois, l'asphalte et le béton, on fait encore usage du macadam et du pavage en pierre. Dans les quartiers les plus éloignés, il y a encore quelques rues pavées en cailloux.
Dans les voies les plus fréquentées de la City, des enfants de dix à quinze anse tiennent à une certaine distance l'un de l'autre avec des pelles et des balais. Ils se glissent avec une extrême habileté parmi les voiture^ et recueillent le crottin qu'ils versent ensuite dans des bornes creuses en fonte, hautes de 1 mètre et fermées à la partie supérieure par un couvercle. Ces bornes sont placées de distance en distance sur le bord de la chaussée. L'enlèvement de ces détritus se fait chaque nuit.
En temps sec, les rues sont arrosées ' puis nettoyées, les petites avec un balai à main, les grandes avec un cylindre-brosse traîné par un cheval {horse brush). Le cylindre-brosse est oblique par rapport aux roues de la voiture de façon à balayer les immondices sur les côtés de la chaussée (voir fig. 109). L'enlèvement des ordures et de la boue se fait au moyen de tombereaux qui sont conduits au dépôt du district, situé généralement sur la Tamise, prés d'une gare ou d'une briqueterie. C'est à ce même dépôt que l'on transporte les ordures ménagères et les immondices des cours. Chaque maison possède un réservoir à ordures appelé dusthin. Ge réservoir, soit en fer, soit en maçonnerie, est ordinairement placé dans une soute ad hoc sous le trottoir de la rue. La soute communique directement avec la cuisine qui, à Londres, est toujours dans le sous-sol.
L'enlèvement des ordures se fait à certains intervalles ou après une annonce
* Pour empêcher Févaporation trop rapide de l'eau, on emploie dans quelques districts un peu de chlorure de calcium et de sel de cuisine.
consistant généralement en Texposition de la lettre D à une fenêtre de la cuisine.
Aux dépôts, les ordures sont triées et utilisées suivant leur nature, ou brûlées sans triage préalable dans des fours spéciaux
Pour les districts situés dans les quartiers éloignés de la ville, il est préférable d'emporter directement à la campagne les ordures, sans qu'elles aient été triées.
Les fumiers des écuries sont ordinairement ramassés dans des moveable loire-ioorks gratings, voitures à quatre roues, dont le fond et les ridelles sont en til de fer. Quand la voiture est remplie, elle est immédiatement enlevée.
Relativement au choix des dépôts nécessaires pour les ordures, le règlement suivant a été adopté .
l" Les dépôts seront éloignés autant que possible des lieux habités ;
"1" Les ordures ne seront pas mises dans des fosses, mais au dessus du sol. Si cela est nécessaire, on établira un plancher spécial élevé do 8 centimètres au-dessus du sol ;
3° Le sol sera drainé et couvert d'une couch.e imperméable ;
4** Les dépôts seront à l'abri du soleil et de la pluie, mais l'air devra y accéder librement ;
o" La route qui y conduit sera pavée afin que le sol ne se crevasse pas et ne se souille pas.
Letts Wu.vrf et les fours poukla destruction des balvyures. — Pour les besoins de la City, on a établi à Lelts Wharf, Commercial Road, près du pont de Waterloo, des fours destinés à brûleries balayures. Comme ils ne peuvent détruire tout ce qui y est transporté, il faut aussi employer la méthode du triage.
Au milieu du chantier dont la surface est de 2 ' hectares, se dressent les fours qui sont de deux sortes. Dans les nouveaux, les balayures sont jetées par une ouverture faite dans la voûte. Un vaste grenier au niveau du haut des fours sert à lemmagasinement des balayures qui y sont élevées au moyen de monte-charge. Les anciens ressemblent à d'énormes cheminées ou mieux aux fours à pain avec grilles ; les balayures y sont jetées pai" l'orifice d'entrée. Communiquant avec une haute cheminée, ils sont pourvus d'appareils spéciaux pour la combustion de la fumée.
Sur leurs] côtés se trouvent des places couvertes pour le triage des ordures qu'on n'a pas le tenqis de brûler. Les matièr(}s grossières connue le f(»iu, hi {)ailh', les chillons, les morceaux de bois, etc., sont d'abord ^l' parés.
Les ouvriers ont le droit, pendant les heures de repos, de recueillir pour <iix autant de morceaux de bois (ju'ils le veulent.
Les matières grossières étant ainsi mises de côté, on proc^ède de la manière -iiivante pour les autres :
Les ouvriers sont divisés en groupes composés d'un homme avec une pelle et de quatre à cin(| femmes, ayantchacune un tamis grossier. Les orduresétant
jetées dans chaque tamis, les matières poussiéreuses (cendres de houilles en général), se séparent; le reste est mis en tas ou dans des paniers, suivant la nature des ordures.
Les chiffons, papiers, vieux souliers, fer, verre, os, morceaux de porcelaine et d'argile, coquilles d'huîtres, houteilles, écales, tiges et feuilles de légumes, forment ainsi des tas séparés. II reste encoi-e des petits morceaux de charbon et et de coke [breezes) qui sont entassés séparément.
Les chiffons et le papier sont mis en balles et expédiés à des papeteries; les vieilles chaussures sont exportées en Allemagne et en France : le fer est envoyé dans des fonderies; le verre, divisé en trois qualités différentes par de jeunes garçons, est vendu à des verreries ; les os sont expédiés à des moulins, les morceaux de porcelaine et d'argile, ainsi que les scories des fours, servent comme matériaux de construction des chaussées. Les bouteilles et les pots, surtout ceux à encre des comptoirs de la Cité, sont employés de nouveau. Le charbon et la cendre, envoyés dans des briquetei'ies s'emploient l'un pour le chauffage, l'autre pour être mélangée à l'argile des briques. Un broyeur spécial, composé de cylindres horizontaux tournant circulairement sur un plan, broie les coquilles d'huîtres. La poudre ainsi formée est employée dans les fabriques de porcelaine.
Les matières molles, végétales ou animales [soft core) sont brûlées. Quand il n'y a pas de fours, elles sont emmenées directement à la campagne.
Comme il a déjà été dit, les ordures des rues les plus fréquentées de la City sont immédiatement balayées et ramassées à part. Elles sont ordinairement employées dans les orangeries, de même que tous les fumiers des écuries. Les ordures des autres rues qui, à cause de la pluie on de l'arrosage se trouvent dans un état semi-liquide, sont emportés à Letts Wharf, où se trouvent deux bassins peu profonds de 100 mètres carrés, qui reçoivent ces immondices. Le fond en est dallé, les côtés, en planches, d'une hauteur d'environ 50 centimètres. L'eau s'écoule par des rigoles dans le fleuve qui est tout près. Il reste une masse noire, solide, que des prames transportent à la campagne, où elle sert d'engrais.
Letts Wharf a, le long de la Tamise, un vaste quai et un grand bassin pour de nombreuses prames et d'autres bâtiments où l'on embarque les immondices.
Les logements économiques, les écuries pour trente chevaux et les remises nécessaires donnent sur la rue. Les chevaux, d'une hauteur de deux mètres environ, sont appelés chevaux éléphants; ils tirent trois fois au moins autant que les petits. La grandeur des charrettes à deux roues employées pour le transport des balayures est en proportion avec la taille de ces animaux.
Le sol des écuries est en briques ; derrière les stalles se trouve une rigole pour conduire l'urine ; elle est fréquemment lavée afin de la tenir propre.
Outre la paille qui est apportée au chantier dans les autres balayures et que l'on emploie, si elle est de bonne qualité, pour la litière, on fait encore souvent usage de tourbe importée en balles.
Dans le chantier, on ne sent pas d'odeurs désagréables. La poussière n'importune pas trop parce que les ordures ne sont pas tout à fait sèches. Dans
d'autres districts, pour éviter cette poussière, on se sert de machines spéciales. Il en est ainsi à Paddington par exemple, dans la partie nord-ouest de Londres.
Marchés aux bestiaux. — On importe à Londres de la viande de boucherie et des bêtes sur pied. Les marchés pour le bétail sont The Metropolitan Cattle Market dans Copenhagen Fields, quartier de Isligton pour le bétail du pays, et Fo7'eign Cattle Market à Deplford, près de la Tamise, pour les fêtes foraines.
The Metropolitan Gattle Market occupe une superficie de 12 hectares. C'est une immense place dallée et entourée d'une haute barrière en fer. Au milieu s'élève un bâtiment circulaire surmonté d'un haut clocher. C'est là que se trouvent les bureaux des employés, la poste, le télégraphe, la banque, la bourse, les comptoirs des négociants, etc.
A l'est de cet édifice se trouvent les places du gros bétail, et à l'ouest celles du petit.
I^esbêtes à cornes sont liées à de fortes barres en bois, placées dans de doubles rangées de 8 à 15 mètres de longueur; des rues larges de 6 mètres les séparent. Les bêtes sont attachées de manière que leurs tètes soient vis-à-vis les unes des autres; l'intervalle entre deux barres est de 3 mètres. Le lieu de vente des moutons est couvert de petits parcs, placés en carré, avec des passages libres entre chacun d'eux.
Un parc de 9'"- renferme quinze à vingt moutons.
\ l'ouest de ce lieu, se trouvent les marchés couverts aux veaux et aux porcs; ils sont séparés l'un de l'autre [lar une rue large de 10 mètres. I^es enclos des veaux ont 11'"*, !2o, ceux des porcs '"'-, M; ils sont disposés m carrés entre lesquels existent des passages.
Le -ol du marché est légèrement en pente |)Our faciliter l'écoulement des immondices. Ce marché peut contenir, en même temps, 10.000 bétesà cornes, 40.000 moutcMis, a, 000 veaux et -J.OOO porcs.
Les principaux jours de vente s(jnt le lundi et le jeudi ; j»eudant certaines heures des autres jours, il est cependant permis d "y vendre des bétes.
l^e nettoiement est fait avec grand soin. Tous les excréments solides sont emportés chaque jour dans des charrettes ; il existe de nombreux robinets d'eau pour le lavage quotidien.
A chacun des quatre coins du marché se trouve un bâtiment rond renfermant quatre lieux d'aisances et un grand nombre d'urinoirs. Les lieux d'aisances sont au milieu; les excréments tombent dans une fosse commune remplie d'eau ; le lundi et le jeudi elle est vidée et nettoyée par les gardiens. Les immondices sécoulent directement dans l'égout par une soupape. Lesui'inoirs sont placés circulairement à l'intérieur du bâtiment : un courant d'eau permanent lave les parois et s'écoule dans une rigole placée au niveau du plancher. Il n'y a i)as d'odeur.
Abattoirs. — Près du marché décrit ci-dessus, séparés cependant par des rues, se trouvent à l'Est les abattoirs publics pour le gros bétail et les porcs, à
l'Ouest les écuries du petit bétail, et au Sud celles du gros. Des deux côtés de ces dernières sont situés les abattoirs pour le petit bétail. Plus loin, à l'Est, il y a un abattoir privé et un établissement pour la préparation de l'albumine (sérum séché) et du guano du sang.
Le sol des écuries et du terrain est dallé. Les bêtes sont affouragées et soignées par les gens de l'établissement. La vente se fait dans les écuries. Lorsqu'une bête est vendue, on coupe le poil de la queue pour la distinguer de celles non vendues
L'abattoir public est séparé de la rue par un haut nmr. A gauche de la porte, il y a des stalles de tuerie pour les porcs ; il est permis d'y égorger des bêtes à corne.
Les porcs sont assommés avec une massue émoussée ; ils tombent aussitôt sans connaissance. On les échaude avant de les ouvrir. Il est défendu de le?^ brûler à cause de l'odeur qui en résulterait.
A droite de la porte sont les cellules de tuerie pour le gros bétail, placées dans un grand bâtiment isolé.
Les abattoirs d'Angleterre sont partout divisés en cellules, comprenant ordinairement une stalle pour la tuerie et une écurie pour le bétail. Dans la stalle de tuerie qui, à Londres, a une grandeur de 200 à 400'"^, on suspend la viande jusqu'à ce qu'elle soit emportée. Le plancher est en béton parfaitement étanche, et légèrement en pente vers les rigoles qu'on a établies afin d'évacuer les eaux et le sang dans les drains. Les murailles sont crépies en ciment parian pour qu'on puisse les laver. Il n'y a pas de plafond. Au-dessous du toit, la muraille est percée d'ouvertures pour permettre l'aération.
La tuerie se fait de la manière suivante : la béte est attachée, une personne la saisit par les cornes et lui lève la tête de manière que le front soit horizontal ; une autre, avec un merlin emporte-pièce l'abat immédiatement. Par le trou de la boîte osseuse on fait pénétrer une grosse sonde pour détruire le cerveau et la moelle. Ensuite on ouvre les veines jugulaires. Le sang est ramassé dans des é(;uelles plates, en fer blanc puis il est versé dans de grands seaux qu'on transporte à la fabrique d'albumine. Après chaque tuerie le plancher est lavé.
Il paraît que les animaux ne souffrent pas de ce procédé de tuerie ; les bêtes vivantes sont dans une chambre séparée et on n'en fait pénétrer qu'une à la fois.
Les panses sont gardées et vidées à la porte d'entrée ; on transporte ces ordures ainsi que les autres déchets sur des charrettes jusqu'à une cour spéciale, close et isolée dans l'abattoir. C'est là qu'on transfère la litière, le fumier des écuries et du marché ainsi que les déchets de boucherie.
Sur une place unie, on met une couche de litière avec des bords relevés si chaque côté ; on remplit avec des immondices qu'on couvre d'une couche détritus secs des cours et des rues voisines. L'eau en excès est absorbée par litière. Au bout de quelques jours, le mélange est prêt à emporter. Il n'y ap? d'odeur remarquable.
Cependant on ne peut pas dire que les aballoirs publics de Cattle Market soient des abattoirs modèles.
Cattle Market, est administré comme les halles de Smithfield par le Market Committee. Le Clerk of Cattle Market, membre du Comité, est chargé de l'inspection des abattoirs. Il a sous ses ordres deux contrôleurs pour surveiller le paiement ponctuel des impôts, et deux inspecteurs pour veiller au nettoyage et à la non-introduction des bêtes malades. Elles ont une écurie spéciale.
Il y a dans l'établissement des garçons d'écuries et des bouviers.
A Londres, il n'est permis de faire passer les bestiaux que dans certaines rues déterminées, et pas après midi. Chaque troupeau est conduit par un bouvier qui est tenu de veiller à l'exécution précise de tous règlements et prescriptions.
Le marché pour le bétail forain. The Foreign Caille Market, situé au sud de la Tamise, dans le quartier de Deptford, occupe une superficie de 11 hectares. Les bêtes ne sont débarquées que douze heures après leur arrivée ; pendant ce temps, des vétérinaires les inspectent. Il y a des écuries et des abattoirs qui ressemblent à ceux de Metropolitan Cattle Market. Le fumier est emporté par eau sur des prames qui reçoivent aussi immédiatement les déchets de la boucherie.
11 n'est pas défendu d'abattre en dehors des abattoirs publics. Chaque boucher a le droit d'avoir son abattoir particulier pourvu que son emplacement et sa disposition, relativement à la construction et à la ventilation, soient approuvés par les autorités sanitaires. Il y a à ce sujet des règlements très sévères dans le Slaughter Houscs Metropolis Act 1874 (loi sur les abattoirs de la ville). Les abattoirs particuliers sont surveillés avec l)eaucoup de sévérité; c'est pourquoi ils sont plus propres et mieux organisés que les abattoirs publics.
D'après les dispositions générales, tous les abattoirs doivent être construits en pierre ; leurs murailles doivent être crépies et blanchies à lachauxune fois par mois ; le plancher doit être en ciment ou en asphalte : ils doivent être pourvus d'un distributeur d'eau et d'une canalisation de drainage. Les immondices doivent être enlevés chaque nuit.
Outre cela, Londres est réglementé par ce qui est prescrit pour les abattoirs dans tout le pays (voir p. 90-94).
RéSumk sciliNTli'lQUE DRS SYSïÈMKS i)K viDANOKS. — La nature désagréable des déjections humaines avait l'ait inventer déjà depuis longtemps des méthodes toujours plus parfaites pour leur éloignement. Mais ce n'est que lorsqu'on a su qu'un grand nombre de matières pathogènes étaient renlérniées dans les excréments, qu'on a compris l'importance de leur rapide éloignement et de leur destruction.
Plus une localité est peuplée, plus il est nécessaire de prendre à cet égard des mesures cITectives.
i.e plus ancien système, un |)uits dans le sol où l'on verse les excréments et les eaux ménagères, est trop conim pour que nous en fassions la description; on sait qu'ainsi le sol, l'air et l'eau des puits sont souillés. Une modification de ce procédé consiste en fosses dont les parois sont en maçonnerie ou en bois.
Tous les efforts pour empêcher le sol d'être infecté par les fosses ont été inefli-
caces. On peut réussir pendant quelque temps, mais à Ja fin les murs les plus épais seront traversés par les matières. D'après les recherches de Wolffhûgel. à Munich, il parait que les immondices sortent par capillarité des fosses d'aisances même étanches. Il trouva, autour d'elles et sur une grande étendue, le sol souillé et contenant des quantités considérables de matières azotées. Les fosses cependant paraissaient étanches, et étaient crépies avec du ciment à l'intérieur comme à l'extérieur.
En Angleterre, les fosses d'aisances doivent être de 8 centimètres au moins audessus de la surface du sol et doivent être nettoyées au moins une fois par semaine (voir p. 67 et 83).
On imagina le système des fosses mobiles ; les matières sont enlevées avec les récipients qui les contiennent. Ce procédé est préférable à celui des fosses fixes. Il ne s'est pas montré pratique dans les quartiers ouvriers, et en général parmi les populations grossières où l'on ne comprend pas l'importance de la propreté et du bon ordre et où la manière de vivre cause les plus grands dangers sanitaires.
En supposant même qu'avec beaucoup de soins on prévienne les inconvénients sanitaires de ce système, on ne pourra cependant pas enlever les qualités nuisibles des excréments. Une odeur plus ou moins forte se répand toujours; l'air est infecté. Les ouvriers vidangeurs peuvent être le véhicule des matières pathogènes. Quel que soit le lieu de transport d'un tonneau infecté, il causera toujours une nouvelle infection. La maladie n'est pas détruite, elle est transportée.
Pour remédier à ces inconvénients, on a tenté de mélanger les excréments avec des corps capables de détruire les matières pathogènes ou de leur enlever leurs propriétés nuisibles. Entre autres, on s'est servi de la méthode de désinfection ; on mélange des excréments avec des substances chimiques. Cette méthode ne s'est pas généralisée dans la pratique. Au contraire, le système de corps en poudre, tels que la terre, la cendre, la sciure, etc., s'est montré très convenable sous plusieurs rapports. En Angleterre surtout on a fait usage de la terre, procédé connu sous le nom de earth closet (voir p. 67 et 82). Tant que ce système n'a pas eu une grande extension, il s'est montré pratique surtout dans les quartiers pauvres, où il faut surveiller les latrines quelle que soit leur construction. On croit en général que les mélanges, étant un bon engrais, couvriront non seulement les frais des vidanges, mais encore donneront des bénéfices; cela n'est pas entièrement juste. Si la production est plus grande que la consommation, ce procédé est impraticable, car le mélange est volumineux et ne peut supporter les frais d'un long transport, surtout depuis qu'on fabrique des engrais artificiels très concentrés.
Ce qui est remarquable, c'est que le chimiste anglais E. F'rankland a trouvé que la poudrette de terre n'est pas un engrais assez puissant. 100 parties contenaient 6,671 de matières organiques, dont 0,207 d'azote; 66,782 de substances minérales, dont 0,326 d'acide phosphorique, et 25, 547 d'eau. Il explique cela par ce fait que les urates s'en vont sous forme de carbonate d'ammoniaque.
Selon Kœnig, la tourbe mélangé aux excréments renferme 79,5 à 89,9 p. 100 d'eau, 10 à 17,5 p. 100 de matières organiques (0,36 à 0,76 p. 100 d'azote) et 1,2 à 0.6 p. 100 de substances minérales (0,1 8 à 0,51 p. 100 d'acide phosphorique et 0,17 à 0,40 p. 100 de potasse).
Le moyen le plus efficace pour enlever aux excréments infectés leurs propriétés nuisibles est sans contredit la combustion. Ce système est appliqué partiellement dans plusieurs villes; nulle part il ne l'est sur une grande échelle.
Le seul système qui remplisse actuellement les exigences de l'hygiène relativement à l'éloignement rapide et sans inconvénients des excréments est le système de water-closets usité en Angleterre. La masse d'eau (9 litres) qui se mélange avec les excréments, le mouvement perpétuel dans lequel ils se trouvent, et la basse température qui règne dans les conduites placées sous le sol, sont absolument défavorables au développement des bactéries. Les microbes pathogènes dans une masse d'eau y périssent par suite du mouvement, de la grande dilution, de leur combat
centre les bactéries d'eau, peut-être encore par suite d'autres circonstances qui ne sont pas connues.
Ce système a cependant un inconvénient, il contribue à la pollution des eaux. C'est un préjugé de croire que les matières fécales des water-closets peuvent souiller l'eau d'égout à un plus haut degré que les autres immondices qui y sont jetées.
Les fèces de l'homme sont de 7o à 90 grammes en moyenne par jour. Elles contiennent 7b p. 100 i.o65'V2o à 67s'-,o) d'eau et 25 p. 100 (18e'-.7.ï à 22?'",oj de matières solides. La quantité d'urine par personne et par jour s'élève à 1,300 grammes; les matières solides sont d'environ 3 p. 100 ou 39 grammes. L'urine sert donc d'émonctoire pour près du double de matières solides qu'il ne s'en trouve dans les fèces. Gomme elles sont dissoutes, personne ne s'en aperçoit. En général, on n'hésite pas à envoyer dans les égouts de grandes quantités d'urines et d'eau.x. ménagères, mais on hésite à y envoyer des matières fécales.
L'expérience de l'Angleterre, de la plupart des grandes villes d'Europe et d'Amérique, a montré cependant l'erreur de toutes les craintes émises à cet égard. Les excréments se dissolvent dans l'eau et ne causent pas dans ces égouts plus de grands inconvénients que les autres immondices.
La dissolution est si parfaite qu'il est impossible de découvrir dans les grands collecteurs des parties solides d'excréments.
On a dit encore que ce système prive la terre de grandes masses d'engrais et qu'il cause par suite une perte nationale. Les nombreux essais, laits dans tous les pays, pour tirer profit des matières de vidange des grandes villes ont été jusqu'ici illusoires; le système d'irrigation au contraire rapporterait quelque chose.
l>es systèmes pneumatiques, tels que ceux de l'ingénieur hollandais Liernur et de l'ingénieur français Berlier, sont trop compliqués pour être pratiques. Ils ont l'inconvénient de faire subir aux excréments, dans les usines où ils ont été transportés, une préparation ahn de leur enlever leurs propriétés nuisibles.
Systèmes de cabinets u'aisances. — Dans Londres, il n'est porniis de faire usage que des water-closets et des earth-closets.
Ces derniers, voient leur nombre diminuer de jour en jour, par suite de l'extension du réseau d'égout et de l'obligation pour les propriétaires d'y relier leurs maisons, d'après la loi sanitaire. Les closets à terre reviennent à un firix plus élevé, dans cette ville, que les water-closets.
Les conditions essentielles d'un bon état de salubrité et d'un confortable parfait sont actuellement chez les Anglais, une distribution d'eau et un réseau de drainage dans les maisons.
Les ingénieurs sanitaires ont atteint dans ce sens une perfection qui ne laisse presque plus rien à désirer.
Quant aux closets eux-mêmes, il y en a un grand nombre de constructions différentes et se surpassant les uns les autres relativement à leur commodité et à leur nettoyage.
Les anciens closets, tels qu'ils sont ordinairement sur le continent, avec une valve fermant le tond de la cuvette, et un mince filet d'eau pour nettoyer la paroi, ne sont plus en usage en Angleterre. Toute personne qui a vu un appareil semblable en connaît les désavantages. L'eau coulant en mince iilet ne peut pas emporter les excréments et le papier collés sur les parois. D'ailleurs, le courant d'eau est interrompu dés qu'on ces.se de tirer le bouton.
Les cuvettes plus parfaites qui ont succédé a celles-là, sont connus sous le nom de tiide outlel et de Front outlel closets; les excréments stmt enlevés de
côté ou par devant. Atîii que les matières fécales ne collent pas au fond, il est disposé de façon qu'une couche d"eau y reste après chaque lavage. En tirant
Height i7in. Diameter of Basin i6| * isiti.
V\<z. W. — Ciivetle Inila?
Height i8in. Diameter of Slop Top 19 x i7in.
Fier. 41 A. — Cuvette Unitas.
un cordon, 9 litres d'eau, s'écoulant brusquement par un tuyau de 3 centi-
mètres de diamètre, nettoient le closet. Le tuyau de chasse de la euvette est siphonné et souvent muni d'un tube ventilateur.
Heigbt 17 in. Diameter of Basin 17 k 13^ in.
Fi"-, il B. - Watorclosel i'nilas
i-i". i2. — Waler-closel \ational.
Heighl 17 in. Diameter of Basin 16 x 14a '!'• j
Fi"-. i3. — Walcr-closcl Alliance
L'un dt's constructeurs les plus célèbres de ce ^^enre d'apiJarelL fsl .M. Tlmuias, \V. Twyford qui a, à llaidey, StaHordsliirc, une ^M-ande labriciu.'. Los ligures 40, 41, 4;2,43et 44 muuli-ent les modèles «jui .-orient le plus souvent de cette usine.
La figure 40 est la section de VUailn^ front closet. Complètement isolé, ce closet est muni d'un simple siège en bois. Les joints sont tous visibles, de celle façon on déeouvre facibjment les défauts. Le derrière de la cuvette est courbé en formant une chambre {afler flush Chamber) ; cette conslruclioii fait, après charpie chasse, rester une quantité d'eau suflisanle dans le fon<i de la ciivelle.
IIVGIK.NE PUBLKJUE. *'
La chasse d'eau est telle que les excre'ments et les papiers sont tous enlevés à la fois au delà du coupe-air. La hauteur du closet est de 42 centimètres; les diamètres de la cuvette sont de 41 et 37 centimètres. On peut y jeter les eaux ménagères. Pour empêcher le jaillissement de l'eau, la cuvette- a un
Fiff. U A.
Fiar. 44 B.
Water-closel Delufje.
bord (fig. 41), construit de façon que l'eau ne peut mouiller le siège. Le closet est d'une seule pièce en porcelaine. Il a une hauteur de 4o centimètres.
Le closet appelé .y«^io»a^ et représenté figure 42 est un Side oulletclosel (closet avec sortie sur le côté). Il a cela de particulier que la cuvette peut être munie
Fig. 45. — Réservoir pour water-closet (Twyford).
Fig'. 46. — JoiiUs de tuyaux.
d'un tuyau spécial pour la ventilation. Il est très en usage dans les casernes et leshôpitaux. Sa hauteur est de 42 cenlimèlres ; la cuvette a 42 centimètres sur 34. Le closet dit Alliance (fig. 43) a la môme forme que le précédent, mais la sortie est sur le devant. La hauteur est de 42 centimètres, la cuvette mesure 40 sur 36 centimètres.
LUXDRES
Le clûsi t De(i(je>ju. Wash Dowii {ib^. ii) est simple, iralique et bon marché (10 francs).
Chaque chjset est muni d'un rôservoir spécial à soupnpe aulomalique de façon à lavor hi cuvette et à entraîner les excréments. La disposition de ces
ttm^^rv^^
Fi-. i7. — Watcr-closet Twvfuril.
réservoirs est telle qu'il sul'lit di; lir(M- la ciiaine (lig. tT, '18 <»u W) po:,r ([uo 9 litres d'eau s'échappent avec r.ipidité.
Ces réservoirs se remplissent à l'aide d'un robinet autouuitiipie {Bail C'ocl;) (fig. 4j), composé d'ui levier d(jnt une extrémité agit sur l'arrivée d'eau; l'autre extrémité porte une boule creuse qui sert de flotteur. Quand l'eau s'écoule, le flotteur descend et ouvre le robinet ; le réservoir se remplit peu à peu : quand le flotteur est revenu à son horizontulilé, le r^djinct se ferme.
Dans certains closets, la soupape du réservoir est en relation directe avec le siège, de façon que Técoulenient de l'eau se fasse automatiquement quand on le quitte.
La figure 4o nous montre un réservoir automatique (système Twyford) : dans ce système, les joints des tuyaux d'eau et des tuyaux de ventilation sont calfatés avec du caoutchouc (fig. 46). Les closets Twyford sont absolument inodores; on les place ordinairement dans les salles de bains ou dans les cabinets de toilette [Lavatory).
Ils ont un aspect très luxueux ; leur installation est d'une élégance tout à
Fig-. 48. — WatiT-closct TwvforLJ.
fait inconnue dans le reste de l'Europe. Les figures 47, 48 et 50 les repr^sentent. La figure 49 représente un closet de la maison Doulton and C" de Londres.
Dans les quartiers pauvres, les water-closets sont généralement dans un hangar dans la cour.
Dans les maisons particulières, les water-closets n'ont ordinairement qu'une
11};. JU. — \Vali'i-clu-rl iJuiilloii.
l'iivelti-; il y en a un par ménage ou (pichiucfois pour plusieurs nuMiages.
Dans les établissements publics, on emploie deswater-closcts à auges (Trough closets). Ils consistent généralement en un réservoir horizontal, au-dessus duquel se trouvent plusieurs sièges et qui est toujours à demi plein d'eau, de fa^on à ce que les excréments y flottent et ne s'attachent pas aux parois.
De temps à autre, une personne chargée du lavage de ces closets, les vide en yversant une grande quantité d"eau. Les derniers modèles de ce système, sont avec chasse automatique se produisant à des intervalles déterminés (fig. M).
Le closet représenté figure 51 est un modèle de la maison Bowes Scott and Read de Westminster. Le réservoir autoinati(jue (Fjushing Ghamber) est de l'invention du célèbre ingénieur sanitaire Ro(jers Field. L"eau arrive par le
'^mMw?-^
Fig. 50. ~ Water-closet Twyford.
Fiy. 51. — Water-closet à auges (Bowes Scottand Read).
robi;iet E dans le réservoir B, et quand le siphon A s'e-l allumé, elle s'écoule par Ir tuyau Dde façon à enlever les excréments qui vont directement à l'égout {lo drain).
Ce S3'stème est très ingénieux et très pratique. II a été recommandé par le LoL-al Government Board et a été successivement introduit dans des écoles, des casernes, des prisons, des fabri(pjes, des ateliers, etc.
Pour l'établissement des water-clusets on doit observer 1rs règles générales suivantes :
Les cuvettes doivent être isolées sans revêlement de bois. Les meilleures sont en terre émaillée.
Chaque water-closet doit avoir son réservoir spécial. Il ne doit pas contenir plus que la quantité d'eau nécessaire à chaque lavagv. Il doit être pourvu d'un tuyau de trop-plein pour le cas où le robinet ne fonctionnerait pas.
Sous la cuvette on place un terrassonen zinc pt)ur recueillir beau qui pourrait y tomber par suite du mauvais fonctioanement d'un appareil quelconque Un luyau permet à l'eau de s'échapper ; il ne doit pas déboucher dans le tuvau
LONDRES Ji^fi
de chute. En Angleterre on le fait généralement déchargera l'extérieur des murs.
Drainage pes maisons. — De même que le tuyau de chute des water-closets sert à l'enlèvement immédiat des excréments, de même les tuyaux de drainage
l'in- ■'•-i. l'i-. b:\ A. Fi}r. ;,3 B.
Tuyau de chule des waler-closels et leur veutilation (Boylc and Son).
servent pour l'écoulement des eaux ménagères des cuisines, salles de bains et cabinets de toilette. La manière d'établir ce système est décrite dans les mo- • lèles de Bye Laws (voir p. T-J à 81), publiés par le Local Government Board. \oici quebpies détails sur les prescriptions suivies à Londres dans les nouvelles inslallalions.
Les tuyaux (iècoulrmenl des maisons parliculières passent en ,i;énéral cxté-
rieiiremcnt le long des murs afin d'éviter que des gaz nuisibles ne se répandent dans les chambres, s'il y avait des solutions de continuité. Le tuyau de chute commun doit monter directement vers le haut sans présenter de courbes ; il doit dépasser le toit et être muni à sa partie supérieure d'un ventilateur. Il doit avoir partout le même diamètre qui a environ 2o millimètres de plus que celui du tuyau de chute des W..-G. Si on négligeait cette précaution, au moment de la chasse d'un W.-C, l'air se raréfierait dans le tuyau et tous les siphons se videraient. Pour éviter cet inconvénient, on ventile le siphon en le reliant par un autre tuyau D. ou F au drain'collecteur (fig. 52 et 53 B). Le tuj^au de chute de chaque W.-C. qui a son siphon spécial doit se brancher à angle aigu sur le tuyau de chute principal.
Les figures 52, 58 A et B montrent les dispositions du tuyau de chute des W.-C. et leur ventilation (système des ingénieurs sanitaires Boyle and Son).
La forme la plus simple est représentée figure 52. Au bout du tuyau de chute est un air pump ventilator (voir p. iOl) de sorte que ce tuyau sert aussi de conduite de ventilation. L'entrée de l'air G est sur la surface du sol en avant du siphon B.
La disposition représentée figure 53 est plus complexe. La vue extérieure (fig. 53 A) et la vue en coupe (fig. 53 B) montrent les détails de cette ventilation. Les deux tuyaux G et D se réunissent en E au-dessus du coupe-air près du mitron. Le tuyau d'appel D est relié à l'aspirateur pump ventilator ; le tuyau rejoint le mitron en B (downcast-ventilator); il sert à l'entrée de l'air. Le tuyau H sert à la ventilation du siphon de l'égout.
Les tuyaux C et D de la figure 52 correspondent aux tuyaux désignés par les mêmes lettres figure 53. La différence est que le tuyau G est prolongé jusqu'au-dessus du toit et réuni au mitron pour activer le courant d'air.
Les vidoirs des éviers et des baignoires doivent être munis de siphons disconnecteurs. Gomme les W.-C., les baignoires ont un terrasson avec un tuyau pour l'écoulement du trop-plein.
Fig'. .54. — Vidoir Twvloid.
La figure 54 représente un vidoir de la fabrication Twyford ; il est en faïence et est fait d'une seule pièce.
Les tuyaux de chute doivent être en ligne droite et avoir une pente suffi-
saille; ils doivent être ronds parce que le nettoyage en est plus facile et que le frottement des eaux y est moindre.
Les tuyaux placés sous terre sont de poterie, de grès ou de fer. Les joints des premiers sont faits intérieurement avec de l'asphalte et extérieurement recouverts de ciment*. J^es joints des tuyaux de fer qui doivent être goudronnés à l'inléricur sont faits avec du ploiiil).
Deux conduites ne doivent pas se réunir k angle droit. A chaque changement de direction il doit exister un trou de visite pour permettre l'examen et le nettoyage.
Pour une maison ordinaire on emploie les tuyaux de 0"'.10 de diamètre; pour un hôtel des tuyaux de 0"',lo; pour les grands édifices seulement l'emploi du tuyau de 0'",2!2 peut devenir nécessaire. Afin de prévenir autant que possible les engorgements, on doit éviter l'emploi de tuyaux d'un diamètre plus grand que O'",lo.
Pour ce même motif la ponte doit être suffisante.
En général, il faut :
Pour des tuyaux de 0"",iO de diamètre une pente de 1 sur 40 » O'",io » » 1 sur 60
. 0"\;2:2 » » i sur 80
Si la pente est moindre ou s'il y a d'autrss motifs d'engorgements, on a recours, pour le nettoyage, à des dispositions spéciales. Pour laver un tuyau Je drainage il faut une grande quantité' d'eau à la fois; laisser couler leau des robinets constituerait une dilapidation sans aucun résultat.
Si l'on dispose de beaucoup d'eau on peut en faire usage directement pour la chasse dans les conduites. Si on est limité on |)iul au moyen de vannes retenir les eaux sales et les envoyer ensuite en grande quantité.
Quand le courant est faible on peut placer à des endroits convenables des réservoirs de chasse automatiques.
La figure oo nous montre un semblable réservoir connu sous le nom de I{o(jers Field's self aciùty flusli tank. Il est itlenliciue à celui représenté ligure 51.
Les ingénieurs sanitaires Doulton and C" construisent d'autres appareils basés sur le même principe. Ce sont les réservoirs Uogers Field et Doulton qui sont le plus employés et recommandés par les inspecteurs sanitaires.
Doulton a combiné son réservoir de chasse avec un intercepteur de graisse {grease interccijlur). Avec cet ajjpareil, les graisses qui se trouvent toujours dans les eaux de vaisselle sont retenues et ne peuvent ainsi obstruer le tuyau.
Les conduites d'eau de pluie doivent déboucher au-dessus d'une rigole ouverte, dans un guily (petit réservoir intercepteur) ou d'une autre manière, de façon toulcrujs ipic rcxlrrinjli' iidV'i-ifiuv du tuyau d'eau de pluie soit ;i l'air libre.
' IJaiis (|iit'!(|ue.s endroits on a coinnuMioé à se servir ti';u},nle ponr les joints, (|ni ainsi résistent mieux aux tassements. Cependant cela ne doit |ias se faire à proximité d'arljres, parce (pie les racines s'introduisent dans le joirU et détruisent la conduite.
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ANGLETEUUE
Dans des cas exceptionnels, il est permis de brancher le tuyau d'eau de pluie sur un tuyau d'écoulement afin de le ventiler. Alors il est nécessaire que les joints soient imperméables aux gaz et que l'autre extrémité de la conduite de pluie ne se trouve pas à proximité de fenêtres ou d'autres ouvertures par lesquelles les gaz d'égout puissent pénétrer dans les appartements.
Fig. 5.^. — Réservoir automatique Rog^ers Field
A. siphon. —15. eau. — D. fermeture hydraulique. — E, robinet d'arrivée.
Tous les tuyaux, à leur jonction avec des conduites de drainage, doivent être munis de coupe-air à moins qu'ils ne servent à la ventilation.
Les gullies, qu'ils soient pour l'eau de pluie ou pour l'eau ménagère, doivent être pourvus de coupe-air. Ils doivent être placés à un mètre au moins des fenêtres. Leur superficie intérieure sera aussi petite que possible afin de diminuer l'évaporation de l'eau.
Quand ces petits réservoirs sont destinés aux décharges des eaux de vaisselle, ils seront munis d'unintercepteur de graisse.
Ces petits réservoirs disconnecteurs ne doivent pas être placés dans les appartements du rez-de-chaussée ou dans les caves, à moins toutefois de nécessité absolue. Dans ce cas, le tuyau de décharge d'un gully ne doit pas déboucher directement dans l'égout, mais doit être lui-même pourvu d'un coupe-air. Si la cave est située à une profondeur telle que ce tuyau ne peut déboucher dans l'égout, on le fait se décharger dans un puits à eaux ménagères, très étanche, que Ion vide chaque jour au moyen d'une pompe.
Les bouches d'égout qui sont à la surface du sol seront pourvues d'une grille mobile pour retenir les substances solides.
Les trous du grillage seront d'une forme qui permette facilement l'écoulé-
inent de l'eau et empêche le plus possible leur obslruelion. Les trous ronds ne doivent pas être employés, car ils offrent une grande résistance au passage de l'eau.
Un récipient de retenue doit être construit de manière que le fond soit audessous du déversoir afin que les matières solides s'y amassent. On les enlève fréquemment. Les parois extérieures de ces réservoirs doivent être isob'-es avec une couche d'argile pilé.
Dans les maisons de grandeur ordinaire, les tuyaux de chute des W'.-C. ont un diamètre de 0"',iO. Quand plusieurs "SV.-C. sont desservis par le même tuyau de chute, on peut lui donner un diamètre de 0",ii à 0'"Ai; il est rarement nécessaire qu'il soit plus grand.
Les tuyaux en plomb étiré sont les meilleurs pour cet usage. L'épaisseur doit varier entre 2 "Y"' S et 4 '"/'" au maximum, de fa(;on à résister aux dilatalions et contractions même si on y fait passer de l'eau chaude.
Ou emploie également les tuyaux de fer, mais les joints sont bi n plus diCfi-
Fig. 56. — Si|)lioii ïiap Doultoii.
Fig. 57. — Souillard Doiiltoii,inlc'rcepteur (le substances solides.
elles. Ils doivent être préalablement é()rouvés à une pression donnée. Les joints seront calfatés au plomb et non faits avec du ciment.
Les tuyaux de chute seront fixés le long des murs afin d'éviter les déformations et les fuites. On doit donner une attention toute particulière aux joints des branchements de water-closets.
Si les tuyaux de chute sont placés en dedans des maisons, il est bon <|u'il y ait pour cela des renf<jnccmcn!s convenables, crépis en ciment et suffisants pour qu'itn puisse surveiller les joints et les réj)ar('r.
Les réservoirs d'eau des W.-C. seront nettoyés au uiuin> une fois par mois.
Les tuyaux de vidange des baignoires doivent avoir un diamètre minimum de 5 ce.itimètri's et le tuyau de réuq)li-;sage un minimum de l],o. A la jonction entre la conduite principale et le luyaude branchement ce dernier doit ;ivnir une courbure pcnnellaut un libre écoulement.
Le> siphons doivent avoir au moins le m •nie diauièlie (pie h- tuyau de décharge. 11 convient de les faire en [)biud).
La courbure des siphons varie entre 1,^5 à 0 cenliinèlrcs, et di'pend de la frétpience de l'usage. Un sijihnii (piisert souvent a une c<turbure plu•^ faible (jue s'il sert peu à cause de réva|»<traliun de l'eau. Pour le netloiiMiienl du >ipluin il y a une uuvertui'e de côti'. au ha- du tuyau, parée (|u'al'irs les finies
sont plus vite remarquées. Parmi les modèles les plus convenables de siphon, on trouve le siphon trap recommandé dans les bye-laws du Local Government Board. (Voir fig. 17, p. 76.) La figure 56 est un siphon trap de la maison Doulton.
AiR INLET
Pig. 58.— Coiipe-air Doulton avec interception des matières solides.
Outre ces coupe-air, il y en a encore une infinité d'autresdont les meilleurs sont les suivants.
Le Doultons mud-i,nterceplin(j trap (fig. o7) est un réservoir quadrangulaire couvert d'une grille. Il contient une boite mobile pour recueillir les substances solides. Le manche qu'elle porte en son milieu rend facile le nettoyage
Fig. oG. — Chambre d'in,s[)ection et coupe-air Cortield-Judge.
de ce souillard. Le tuyau de décharge relevé forme siphon intercepteur. Le simple gully trap dillere du précédent par la suppression de la boîte mobile. Le gregens patent air-inlet trap and ventilating pipe de MM. Doulton and (y (fig. 58) est un appareil meilleur ; les matières solides qui pourraient tomber par la grille de la bouche de ventilation sont retenues dans la boîte circulaire formée par le bord du tuyau.
LO.NDRLIS 141
L'appareil appelé kenon air-chamber jloor and trap (flg. 59) est construit par la maison Doultoii d'après les idées des professeurs Corfield et Mark Judge. Le but de cette construction est de rompre les communications entre l'égout elles tuyaux de drainage de la maison, et de faciliter en même temps l'inspection et le nettoyage
L'appareil, en une seule pièce de grès vernissé, placé au fond dune chambre d'inspection, consiste en un canal central ouvert dans lequel s'écoulent les eaux ménagères. Le plancher de cette chambre est constitué de chaque côté par une aile inclinée vers le canal. L'extrémité supérieure regarde la maison et est joint au tuyau de chute; à l'autre bout est un siphon. Un long tube droit réunit la gi-ande branche du siphon à la chambre. On peut ainsi inspecter et curer le siphon et le collecteur. L'ouverture de ce tube est en général fermée par un couvercle mobile. De chaque côté du canal central existent des ouvertures pour des tuyaux de branchement.
Le Flap trap consiste en un clapet mobile placé à l'extrémité du tuyau. L'eau sort, mais ne peut relliier. Ce système est peu utile pour empêcher les gaz de pénétrer dans les maisons, mais il intercepte bien le chemin aux rats.
Les siphons coupe-air, quelque parfaits qu'ils soient, ne peuvent cependant pas toujours empêcher avec certitude les émanations. La propriété (jue possède l'eau d'absorber et ensuite d'exhaler des gaz en est une preuve.
Si un or-cige ou une forte marée se trouve remplir les égouts, l'air est forcé de sortir et peut traverser aussi les siphons.
C'est pour cela qu'il faut que les cloaques soient bien ventilés. Les principaux moyens qui existent pour prévenii- la formation des gaz dégoût sont une bonne ventilation et l'enlèvement des matières solides. Un système de tuyaux munis de bons coupe-air, bien ventilés et lavés, empêche tout inconvénient j)rovenanl des gaz de décomposition.
11;':gli;s Gi:.M':uALES concernant la construction uiis égouts. — Les égouts doivent avoir nulurellunieul une grandeur dillérenle suivant (ju'ils sont destinés à la couduile des eaux vannes seules ou à la conduite de celles-ci et des eaux de phiie.
Le premier système, appelé système séparalit Système Waring , est actuellement très recommandé pour les petites villes comme moins coûteux; il est préconisé aussi pour les grandes villes par beaucoup de gens, parce (pie le courant des eaux d'éi^'oul est moins grand et plus constant, par suite il est moins difllcile de rendre inofleusives les eaux vannes.
Dans le système composé les conduits sont relativement larges; par un temps sec le courant est insigniliant cl les arrêts sont fréquents.
Quand on l'ail usage de ce deriner système, il faut prendre en considération la manière dont sont conslruils les dillërcnls ([uarliers de la ville. Dans ceux (|ui sont remplis de maisons et dont les rues sont bien pavées, l'eau de pluie va de suite aux égouls. Au contraire, dans ceux où les maisons sont espacées, où il y a des jardins, la pluie est absorbée en grande partie par le sol et les plantes.
La vitesse du courant du sewage doit être au mininnnn dcO"',00 par si.'conde, alln d'empêcher les arrêts si le courant est constant; ipiaml il est intermillent, le minimum de la vitesse doit être de 0"','J0 par seconde.
On doit éviter une vitesse de plus de l"',2() par seconde; une rapidité plus grande .inieiie du gros sable et autres particules dures qui peuvent endommager l'intérieur de Légout.
Si le terrain a une pente considérable, un égoul des parties hautes ne doit pas rire réuni à un égout des parties basses de la ville; car dans ce dernier, la vitesse est
moins grande, et en cas d"averse, l'égout pourrait se crever si Ton lait usage du système comljiné.
Si Ton a été forcé de placer les égouts dans un terrain bas et que à marée haute, la mer puisse y pénétrer, Técoulement des eaux d'égouts ne se fait pas librement; il se forme des dépôts de matières soliiles. Dans ce cas aussi la canalisation des parties hautes doit être séparée de celle des parties basses.
La ventilation se fait par des cheminées verticales débouchant au niveau du sol et placées à de courtes distances Tune de l'autre. L'extrémité du branchement situé au point le plus élevé du terrain doit avoir une ouverture spéciale de ventilation.
La ventilation par des ouvertures au niveau du sol est un système très simple et très eflicace, qui ne produit que le minimum de désagréments. Les grandes cheminées venlilatrices placées aux points les plus élevés n'ont un effet que dans le voisinage immédiat. Les tuyaux ventilateurs montant le long des maisons peuvent devenir importuns pour les habitants et les voisins.
11 est parfaitement démontré que les gaz des égouts non ventilés peuvent causer mort d'homme ; landis que Lair des égouts bien ventilés n'est pas plus mauvais que celui d'une écurie ou d'un lieu public plein de monde.
La distance entre les ouvertures ventilatrices ne doit pas dépasser 90 mètres.
Si par une de celles ci, il s'échappait des gaz désagréables, il faut faire le nécessaire pour éloigner et prévenir les dépôts, et procurer une ventilation plus efficace.
Dans les égouts bien co^istruits, la ventilation est suffisante pour prévenir les mauvaises odeurs ; il n'en est pas de même dans ceux qui sont mal établis. Aussi d'autres mesures peuvent devenir nécessaires. Une des plus efficaces est sans contredit l'emploi des filtres de charbon de bois. Mais celui-ci génantla circulation de l'air, la surface ventilalrice doit être plus grande. Le filtre de charbon doit avoir au moins 6,2:i0 centimètres carrés de superficie par chaque 312 centimètres carrés de surface de l'ouverture de ventilation Les mailles des grillages du filtre doivent avoir environ 3 millimètres. Les morceaux de iharbon seront de la grosseur d'un grain de café, propres et non couverts de cendre. L'épaisseur du filtre sera de 3 à 7'^"',o. On doit soigneusement le préserver de Ihumidité, parce que le charbon humide est moins absorbant que celui qui est sec. Deux fois par an le filtre doit être changé.
Des appareils semblables ne sont cependant que des palliatifs. Les égouts qui en ont besoin pour être inodores doivent être transformés de façon à ce que Ja simple ventilation suffise.
Les regards de descente doivent avoir un couvercle mobile au niveau du sol. La meilleure construction est celle avec une chambre ventilatrice à côté (fig. 60).
Ils doivent être pourvus d'échelles en fer pour les égouttiers et d'une rainure pour une vanne si cette dernière est nécessaire.
Dans le cas ordinaiie, il n'y a aucun inconvénient à ventiler au moyen des regards de descente ; en ce cas les couvercles sont à jour.
A toutes les jonctions des embranchements d'égout doit se trouver une ouvcrtunpour ventiler.
On doit veiller tout particulièrement à la ventilation des égouts exposés à la marée haute. Si les eaux de la mer montent dans les égouts, l'air y est repoussé vers le haut, s'il ne trouve pas un nombre suffisant de sorties. En pareil cas, on conseille d'établir des cheminées ventilatrices d'un diamètre au moins égal à celui de la moitié de l'égout. De nombreu.^es ouvertures au niveau du sol atteignent aussi parfaitement le même but.
Les embouchures des égouts collecteurs doivent être construites de façon que le vent ne s'y engouffre pas et n'y repousse pas le gaz. Dans ce but, on munit l'embouchure d'un clapet (flap valve) ou on le fait déboucher au-dessous du niveau de l'eau dans la rivière ou dans la mer.
Si la quantité d'eaux vannes qui circule dans un égout est constante, ou si le minimum de cette quantité est la moitié du maximum qui doit y p.asser, un égout à section circulaire convient très bien. Si, au contraire, la massé du sewage est très changeante, on doit préférer un égout à section ovoïde, car dans celui-ci, la vitesse
LU.NDIiES 1^:;
du courant est peu modifiée luôine avco une quandté d'eaux vannes pi.'u considérable
On doit éviter dans les égouls, au nioyoïi de gradins, une pente trop accentuée. Si on néglige cette précaution, il se jiroduit, par de fortes averses, des ruptures du conduit et les joints se crèvent.
Les tuyau.v de poterie placés dans de Tories [)eMtes doivent imposer sur un lit de béton.
Les conduites doivent être élanclies. Si l'eau l'uit, il se produit des dépôts de matières et même des obstructions. I,a lei te ''nviioniiante «"imprègne de substances
V\<^. GO. — Reyaid de descente avec cliambre ventilatrice (d'après Douglas Galtoii).
n. iii\cau du la rue. — b, ouverture tie vcntitalion. — c, chambre à air. — d, regard de descente. — e, couilic de sable pour le draiii:ige du sol. — f. place pjur une vanne. — j, filtre de charbon.
nuisibles. Pour éviter les fuites provenant de défauts accidentels, il est bon |)our b-s tii\ au.x places dans un sol poreu.v de leur donner un revêtement en argile.
Les égouts en brique sont cimentés. Si le sol est liumide, on doit établir des tiiyau.x de drainage.
Les conduites en fonte de fer sont très bonnes quand le terrain est sablonneu.v, pou solide ou inarécageu.v et dans les rues étroites, si une grande profondeur est nécessaire. Leur grandeur peut n'être que les deu.v tiers de celle des conduites en poterie ou en brique car elles peuvent servir même avec |)ression et à gueule be'e.
Les cgoiils principau.x iloiveiit av<jir des conduites spéciales pour récouleinent des '■au.v en cas de pluies extraordinaires.
Lesjonclions des é-gouls ne doivent pas se faire à angle dioil; les brancliemcnls doiTent déboucher dans légout principal suivant le sens du courant.
A la jonction des i-gijuts entre eux et aux couil)es, la pente doil «Mre un peu plus accentuée de fa<;on à détruire l'ellet des frottements. Deux égouts de diamètre dilbrenls ne doivent pas se joindre au même niveau; le plus pelit doit avoir à son «-mboucbure une chute au moins égale à la dilférence des diamètres.
Si le branchement débouche plus bas ([ue le niveau ordinaire <lu scwage dans l'égoul i)iincipal, il se [uoduit des dépôts dans le branchement.
Si le sol est mauvais, on doit placer une couche de béton aux endroits où se trouvent les joints.
Les tuyaux de poterie de plus de 45 centimètres de diamètre offrent des inconvénients pour les joints et leur maniement. Si l'on a besoin de plus grosses conduites, il est bon de les faire en biique.
On ne doit pas faire déboucher l'un dans l'autre des égouts de même diamètre, mais seulement des égouts de petit diamètre dans d'autres plus grands.
Lorsqu'on construit on doit ménager des ouvertures latérales dans les endroits où l'on suppose que des drains de maison viendront déboucher.
Il faut prendre toutes les précautions possibles pour empêcher le sewage et les gaz d'égout de pénétrer dans la terre. Si des tuyaux de drainage sont nécessaires, ils doivent être absolument indépendants des égouts ou déboucher dans leur réseau seulement à travers une chambre d'inspection bien ventilée.
Le lavage d'un égout se fait en recueillant dans un endroit ad hoc une quantité d'eau telle que lorsqu'on la lâche, il se produit une chasse qui entraîne tout le sédiment.
Dans un réseau d'égouts bien fait, les chasses d'eau ne seraient pas nécessaires. Cependant les difficultés d'une construction parfaite sont si grandes qu'il est presque impossible d'éviter le lavage.
11 faut prendre toutes les précautions pourempècher que les corps solides n'entrent dans un égout. Ordinairement, on emploie dans ce cas les gullies décrits précédemment. Ils sont particulièrement nécessaires quand l'eau des ruisseaux de rue entre dans les égouts. Les trous de curage dans les égouts seront au-dessous du fond du radier, de façon à amener une interruption dans le courant. Les matières lourdes tombent alors dans ces trous. On doit les enlever aussi souvent que cela est nécessaire.
Il a étécependant reconnu comme règle générale que, dansJes égouts bien disposés, avec une pente suffisante, et bien construits, avec des chambres d'inspection et des places pour réservoirs de chasse à des distances convenables, toutes les matières lourdes sont entraînées.
Les chambres d'inspection peuvent aussi servir pour réservoirs de chasse. A chaque jonction d'un branchement avec l'égout, il doit y en avoir un dont l'emplacement doit être ventilé.
L'automatic flush tank de Rogers Field, que nous avons décrit plus haut, peut s'employer aussi bien pour les égouts de moyenne section que pour les tuyaux de drainage des maisons. On peut l'alimenter avec les eaux de trop-plein, de fontaine, etc., qui ordinaii'ement s'écoulent sans emploi.
Dans les villes qui ont une distribution d'eau, on peut alimenter les réservoirs de chasse directement avec l'eau de la conduite. On peut aussi les remplir en faisant usage de tonneaux d'eau.
Quelquefois des sources, des canaux, des étangs ou des rivières sont placés de manière à pouvoir les alimenter aisément.
Purification DE l'eau d'égout. — L'évacuation directe des eaux vannes par les égouts est, comme nous l'avons dit, le système qui remplit le mieux toutes les exigences de l'hygiène. Les matières organiques du sewage ne pouiTissent pas ainsi à proximité des habitations et ne polluent ni l'atmosphère ni le sol. Ce système a toutefois un inconvénient essentiel : c'est de souiller l'eau des rivières dans lesquelles ks égouts se déversent.
L'Angleterre est le premier pays qui ait adopté le système de canalisation pour se débarrasser des immondices. On commença a canaliser Londres en 1847, et les autres villes du pays ne tardèrent pas à suivre cet exemple La maladie et la mortaUté diminuèrent sensiblement, mais les tleuves furent pollués. En 1868, une commission {the rivcrs pollution commissionners) fut donc chargée de faire un projet concernant les meilleurs moyens de prévenir cette infection. Les recherches aux-
iiuelles se livra cette commission furent très nombreuses; ses rapports ligurent parmi les documents les plus importants et les plus scientiiiques de l'hygiène moderne.
Le fait peut-être le plus intéressant et le plus important au point de vu»; pratique ■îst que l'eau d'égout a une composition très peu différente, qu'elle contienne ou non des excréments humains.
Le tableau suivant montre le résultat moyen de plusieurs analyses de sewage de 16 villes avec le tout à Cècjout et de le villes où ce système n'est pas appliqué. Les quantités indiquées sont exprimées en grammes par mètre cube.
SliîSTA.NCES DISSOUTES