‹ Traité de l'hygiène publique d'après ses applications dans différents pays d'EuropeChapitre 27 sur 98 · CORPS · texte numérisé non relu

CORPS

C1KB0;(B

AZOTE

Ammoniic

.Nitrates

des

dissous

organique

organique

combinaisons azotées j

Moyenne de composition du

sewage avant la (iltration..

Eau filtrée le 2l''jour.

Le pouvoir du purification d.' la terre marécageuse est maximum qu;i :J le sewage ne dépasse pas 23', 5 par mètre cube et par vingt-quatre heures.

Les champs employés à la fîltra'ion peuvent aussi porter des fruits. La terre est relevée en billons d'une hauteur de 0'",45 ; elle est drainée à une profondeur de l'°,50 à 2 mètres.

Le cham[) est divisé en cases. «Chacune d'elles est employée pendant six heures à la (iltration et repose dix-huit heures. La terre poreuse convient le mieux pour ce système ; on calcule un hectare par 3 à 5,000 personnes.

Le tableau suivant (d'après la Commission of Hivers Pollution) montre le résultai donné par les divers .systèmes de purification du sewage.

Il est avantageux, dans la filtration comme pour l'irrigation, de laisser rejjoseï les eaux d'égout afin que les substances en sus[)ension se déposent. On peut aussi les filtrer préalablement au travers des détritus secs d'une ville. On obtient un résultat encore plus avantageux en les soumettant à un traitement chimique préalable.

La boue, qui se sépare par ce procédé, est portée, encore liquide, sur dcschalnp^

préparés ; on laboure dès qu'elle est sèche. S'il n'y a pas de terrains disponibles pour cela, on peut presser la boue en tourteaux et la vendre comme engrais.

SYSTK.MK

rOURCE.NTAGE MOYEN des substances organiques dissoutes et retenues

l'OL'RCE.\T.\GE MOYEN

des substances organiques eu sus|)ension retenues

Carbone organique

Azote orgiinique

Purification chimique

Le meilleur résultat. .. .

Le plus mauvais résultat.

Moyenne

lOO

Irrigation

Le meilleur résultat

Le plus mauvais résultat. Moyenne

FiUration intermittente

Le meilleur résultat. . . .

Le plus mauvais résultat Moyenne

Égouts de Londres. — Jusqu'en 4859 les égouts de Londres envoyaient directement leurs immondices dans la Tamise. Leurs bouches étaient au niveau de l'eau au moment du reflux ; par suite des dispositions du terrain, les égouts n'avaient pas partout une pente suffisante.

Cette disposition existait depuis 1847 lorsqu'un règlement ordonna que les water-closets remplaceraient les fosses fixes en usage jusqu'alors, et que les eaux ménagères seraient toutes envoyées aux égouts.

Au bout de quelques années, le fleuve fut infecté à un très grand degré ; au moment du jusant, les immondices étaient emmenées au haut de la ville ; elles redescendaient aux heures de reflux. A marée haule, l'eau entrait dans leségouts,récoulementdusewage était arrêté, une partie des immondices restait dans les cloaques et les obstruait en partie, de sorte que par des pluies torrentielles, au moment du flux, les eaux d'égout pénétraient dans les soussols.

Pour remédier à ces inconvénients, on fit un grand nombre de projets; cet t'tat de choses dura longtemps avant qu'on pût en approuver un. Le projet adopté, dressé par l'ingénieur de la ville, J. Bazalgette, comprenait la construction de grands collecteurs, parallèles à la Tamise et allant déboucher fort loin en aval de la ville afin que les immondices ne puissent plus, pendant le flux, remonter dans la \il!e. Pour mieux atteindre ce but, l'eau d'égout ne devait entrer dans la Tamise qu'au moment du reflux de façon à être entraînée dans la mer.

Celte œuvre immense fut commencée en 1859 et achevée, dès 1865, dans

LONDRES loi

ses parties principales. C^pendaut, jusqu'en 1870, on s'occupa de la conslruction du collecleur inférieur, qui offraitbeaucoupdedifficullés, sur la rive nord de la Tamise.

II était évident que, pour l'éloignement de l'eau d'égout, on aurait recours autant que possible à la gravitation naturelle. C'est pourquoi, vu les dispositions du terrain, on construisit des deux côtés du lleuve trois collecteurs parallèles à un niveau différent au-dessus de celui de Feau. Ils s'appellent Hkjh Level Sewer., Middle Leoel Sewer et Low LevelSewer. La pente était suffisante pour les deux premiers ; mais pour évacuer les eaux d'égout du troisième, on a été forcé d'établir des pompes.

Les collecteurs de la rive nord se réunissent entre eux, près de Abbey Mills, dans la partie orientale de la ville. A Grosvenor Road, il existe des pompes qui élèvent de o m. Oo l'eau d'égout du Low Level Sewer et lui permettent ainsi de continuer son cours. A Abbey Mills elle est de nouveau élevée par le même moyen pour venir au même niveau que celle des autres collecteurs.

Les huit machines à vapeur d'Abbey Mills ont une {)uissance nominale de 1,;200 chevaux-vapeur et actionnent seize pompes. L'eau d'égout traverse un filtre qui retient les matières solides et va dans un réservoir placé au-dessous de la maison des machines. Là elle est pompée et envoyée dans les collecteurs. Des tuyaux d'aérage vont de ce réservoir aux foyers des machines à vapeur de façon à ventiler et à brûler les gaz d'égout; on prévient ainsi presque toute odeur désagréable.

D'Abbey Mills, les collecteurs réunis parcourent en ligne droite au-dessus du sol juscju'à Barking Creek une longueur de 9 kilomètres. Là, ils débouchent dans la Tamise. Quoique réunis, ils forment toujours des canaux spéciaux, connnuniquant entr'cux par des vannes mobiles afin de partager également les eaux et de conserver ainsi une même vitesse du courant.

De London Brigde (à peu près le milieu de la ville) jusfju'à Bai-king Creek, la distance est de HO kilomètres le long du lleuve.

Au jusant, les eaux d'égout, à l'extrémité des collecteurs, sont envoyées dans un immense bassin, d'une superficie de 4 hectares el d'une profondeur de 5 mètres. Au moment du reflux, le sewage des collecteurs el du bassin f'st envoyé au fleuve.

Ce bassin en nmconnerie est divisé en quatre parties pai- des cluisons. Vu conduit spécial permet d'y introduire, à ré[)0(jue de la marée haute, l'eau de la Tamise dans chacun des compartiments afin de les nettoyer. Il existe des conduits de trop-plein jiour les cas où cela serait nécessaire.

Il est entièrement sous voûtes en m.'ieonnerie recouvertes dune épaisse couche de terre.

Les collecteurs sud se réunissent;! Diptfnrd (Hi se trouve une station de pompes. LUe conqirend (|uatre machines dune puissance nominale de oOU ehe- Viiux-v.qieur iictionnant huit jtom[)es (|ui élèvent les eaux de o m. .'iO.

De i»i-plfonl, un eoUecleur unique, un ï-outerrain. en inaeonnerie, de section circulaire avec un diamètre de i] m. oO, conduit les eaux d'égout sur un parcours de 11 kibduètres le long de la rive sud de la Tamise jus<[u'à Crossncss, situé à 'à l\ili)inelre> ,iu dessous de Barkini;.

Il existe là un bassin semblable à celui du côté nord que nous avons décril mais seulement d'une superficie de 2,6 Iiectai-es. Les eaux d'égout y sont amenées à l'aide de pompes ; ce n'est aussi que pendant le reflux qu'on les envoie au fleuve.

Sur les voûtes qui recouvrent ce bassin, il y a un grand [nombre de logements pour les ingénieurs et les ouvriers. L'air y est très pur, car les gaz d'égout sont brûlés dans les foyers des macbines à vapeur.

Il a déjà été dit (p. HO) que malgré ces dispositions, l'eau de la Tamise était très souillée et que le Metropolitan Board of Works voulait faire disparaître ces inconvénients.

Depuis 1888 on emploie un procédé cbimiquc de purification de l'eau d'égout avant son envoi au fleuve. Ce procédé consiste en un mélange de 0 gr. 013 de sulfate de fer et de 0 gr. 05 de chaux par litre de sewage. Le limon qui reste est emporté dans des prames et jeté à la mer.

Avec l'expérience qu'on a du système de purification chimique, il est probable que ce procédé sera insuffisant. Déjà auparavant on a essayé de purifier l'eau d'égout de Londres en se servant d'une ^méthode dite a b c, d'après les principaux corps qui composaient le mélange : Alun, blood (sang) , clay (argile). Ou mélange 1,900 parties d'argile. 600 d'alun et 1 de sang; il y a encore de la magnésie, du manganate de potasse, du sel de cuisine, etc. Ce procédé fut en vogue pendant quelque temps; introduit à Londreset dans plusieurs autres villes, il est maintenant abandonné à cause des mauvais résultats obtenus.

On a aussi essayé à Londres la méthode d'irrigation. Vers 1860, on établit dans ce but une ferme à Barkuig près du déversement des collecteurs nords dans la Tamise. On n'avait pas alors grande expérience de l'application de celte méthode ; la crainte que des matières infectées ne puissent être transportées avec les plantes cultivées était si grande que les produits ne furent pas vendus. Ces résultats défavorables forcèrent à l'abandonner.

La quantité d'eau d'égout, évacuée journellement à Barking et à Grossness, s'élève environ à 600.000 mètres cubes. Q-uand il pleut beaucoup, la quantité d'eau augmente considérablement; il existe des conduits qui débouchent directement dans les fleuves, partant des stations de pompes ou des collecteurs et servant à l'écoulement du trop plein des égouts.

Les collecteurs sont ordinairement circulaires avec un diamètre variant de i m. 20 à 3 m. 10. Ils sont généralement en brique et ciment ; quelques branchements sont en béton : pour le passage des chemins et des rivières on a employé des conduites en fer.

Les dimensions sont évaluées d'après la quantité d'immondices qui doit être évacuée et d'après ];i rapidité du courant nécessaire pour empêcher les arrêts. On a réduit celle rapidité le plus possible ; celle qui a paru la plus convenable est de 0 m. 66 i)ar seconde.

On a évalué à \ 42 litres par personne et par jour la quantité moyenne d'eaux ménagères qui doit être évacuée ; comme la population s'est augmentée, celte quantité est d'environ 2o p. 100 i)Ius élevée. L'eau de pluie qui s'écoule par les mêmes collecteurs a été évaluée à trois fois autant.

LONDRES i;j3

Les égouls sont des conduites en poterie vernissée d'un diamètre de 0 m. 20 à 0 m. 45.

Les conduites plus grandes sont faites en briques de forme ovoïde. Les dimensions de ces égouts sont de 0 m. 60 sur 0 m. 90 et 0 m. 7o sur 1 m. 10.

Le lavage des égouts de Londres se fait en retenant l'eau d'égout et en l'abandonnant subiteuient ; le courant emporte les immondices adhérentes aux parois.

Dans ce but. à des endroits déterminés, se trouvent des vannes avec des ouverture en forme de x, fermée par une valve mobile indépendante de la vanne. Lorsqu'on ouvre cette valve, l'eau sort avec impétuosité et emporte tout ce qui est resté dans le fond.

Ce qui n'est pas éloigné de cette manière est recueilli par les fosses d'inspection et emporté sur des cbarrettes.

Les égouts principaux de Londres fonctionnent très bien : sur une population de 4 millions, il n"v a que 180 bommes emplojés au nettoyage des égouts. A Paris, avec une population de Î2 millions, il y a 800 hommes, et cependant le tout à l'égout n'est pas co nplétement appliqué.

Les e'gouts sont ventilés ai niveau de la rue par des regards munis de grille, placés en général à une distance de 4o mètres l'un de Tautre. Sur les hauteurs à l'extrémité des égouts, on les ventile quelquefois par les tuyaux de pluie ou des tuyaux spéciaux dirigés au-dessus du toit.

Fkrmk dikrigation 1)K Wimbledox. — L'utilisation des eaux d'égout par irrigation n'a pas lieu à Londres ; mais un des faubourgs de celte ville, "NVimbledon (2o,000 habitants), situé sur la rive méridionale de la Tamise, emploie ce système. Un champ de 29 hectares est irrigué depuis 1886.

L'eau d'égout est primitivement purifiée chimiquement. Pour cela on l'envoie dans de grands bassins oii on la mélange avec du lait de chaux (1 gramme d'hydrate de chaux par litre d'eau d'égout) cl ensuite avec de l'alun (0 gr. 75 par litre).

Lcpréciniléest presséetmis S(jus tonne de pains solides contenant 50p. 100 d'eau et pesant I/o de la masse totale. Par semaine il esl produit 5.000 kilogrammes de semblables pains employés connue engrais.

Les frais pour la compression s'élèvent à 3 fr. 10 par 1,000 kilos.

Le sewage, ainsi clarifié, esl envoyé aux champs d'irrigation. On y cultive surlout les ri/e-gras et le mangold. On a planté des osiers dans une partie du champ.

1''eh.ml; DE riLTUATio.N .V ditoYboN. -- La\iik' de Croydon. située ;i 16 kilomètres au sud de Londres, peut être considérée connue un laul»ourg de la ca[)ilab' puis(iu'clle se trouve dans bjs limites du l.-irilcirr appelé Cri'iitrv Lo)ido)i.

Le sewage de :2ïî,000 personnes environ est purifie par une liltralion intermittente La ferme, nonunée Ileddiugton, esl à 4 kilomètres à l'ouest de la ville; la surface d<; liltralion <'st de 9,75 hectares. Le sol consiste surtout en gravier .l'albivion el en argile. Le terrain e.sl parlagV" e-n plusieurs soles arro-

i;i4 ANGLETERRE

sées lour à tour. Chacune délies sert en général de lillre pendant six jours et est laissée en repos pendant trois jours. Cependant des modifications peuvent être faites selon le temps. L'eau est filtrée deux fois par des champs différents.

Avant d'être envoyé sur les soles, le sewage passe sur une toile métallique et ensuite sur une couche de coke ; le limon est ainsi retenu puis pressé sous forme de pains et vendu. On produit environ par semaine 13,000 kilos de limon comprimé ; les frais s'élèvent à 2S francs pour cette quantité.

Dans les champs on cultive l'herbe, le chou et des tubercules.

L'eau, conduite après la fillration dans un ruisseau qui côtoie les champs, est claire et incolore ; jusqu'ici elle n'a pas été analysée.

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