‹ Traité de l'hygiène publique d'après ses applications dans différents pays d'EuropeChapitre 61 sur 98 · de 1884 à · texte numérisé non relu

de 1884 à

Toutes les affaires qui ont rapport à l'économie de la ville sont confiées selon la loi générale du pays aux soins du Conseil municipal {Stadsfullm'aktige), des délégués de la ville élus pour trois ans :

Les affaires courantes sont gérées par des Commissions instituées à cet effet-, la Commission d'hygiène et de salubrité fait parlie de cette organisation.

Ces diverses Commissions sont subordonnées au Conseil échevinal {Magistraten) qui forme le Gouvernement de la ville et doit veiller à ce que les arrêtés rendus soient dûment exécutés.

Le Conseil échevinal se compose d'un Bourgmestre et d'Echevins nommés à vie, le premier doit être un hommo de loi, et il est obligé d'assister aux séances du Conseil municipal.

Il a voix consultative à ce Conseil et peut mettre son veto à toutes les décisions qu'il juge contraires aux lois en vigueur. On peut en appeler de ce veto devant le Préfet [Guv&rnôr) et de là au Sénat.

Administration sanitaire. — La direction de l'hygiène et de la salubrité publiques apparlient. selon les dispositions du Code d'hygiène, à la Commission de salubrité {Helsovàrdsnamnd) composée du médecin delà ville, du chef de la police et de l'ingénieur de la ville, tous trois membres de droit, et de cinq délégués de la commune élus pour deux ans.

La Commission dispose d'un laboratoire pour l'analyse des substances alimentaires et de l'eau potable, ainsi que de deux agents de salubrité [Helsopoliser) dont l'un est chargé d'inspecter les denrées, l'autre les habitations, les cours, les garnis, l'abattoir, les latrines, les égouts, etc. La désinfection est également du ressort de ce dernier.

Pour surveiller l'entretien de la voierie, le Conseil d'hygiène {Helsovârds-

' A Vienne, elle est de 26 p. 100 à Paris, de 16 à Londres, de 15; à Stockholm, de 14 à Btrliii, de 13.

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namnd), particulièrement en ce qui regarde les rues et places publiques, est secondé par la police administrative.

Les médecins de districts {Distriktslakare) au nombre de cinq dont une femme, sont chargés de soigner les malades pauvres sous les auspices de la Commission.

La vaccination et la prostitution ne dépendent pas de la Commission ; la première relève du Conseil médical [Medicinalstyrelsen], l'autre du même Conseil et de la police générale.

Les cas de maladie contagieuse sont notifiés par tous les médecins en activité, au médecin de la \i\\Q{Sladslàkare). qui publie toutes les semaines un tableau des cas nouveaux survenus dans l'intervalle.

Un exposé de l'état sanitaire d'Helsingfors se trouve aussi dans le Bulletin hebdomadaire de Bruxelles.

Tontes les déclarations de décès se font au bureau pastoral et doivent être accompagnées d'une indication de la cause du décès signée par le médecin qui a traité le malade. Ces certificats sont remis ensuite au médecin de la ville.

Législation sanitaire. — Conformément au Code d'iiygiène, Helsingfors a établi un règlement particulier d'hygiène et de salubrité. Pour le moment, toutefois, il ne comprend qu'une instruction pour la Commission de salubrité et prouve à maints égards que la question n'était pas encore mûre lorsqu'elle fut décidée.

Cette instruction n'est au fond qu'une amplification du Code d'hygiène, elle limite encore sur beaucoup de points les pouvoirs et les attributions que cette loi confère à la Commission de salubrité.

Indépendamment de cette instruction, il existe encore certaines règles d'hygiène contenues dans le règlement de police de la ville et dans celui qui concerne les bâtiments.

Dispositions s.\niïaires relatives a l'aih . — Helsingfors étant située sur un terrain découvert, baigné par la mer, qui en plusieurs endroits entre profondément dans les terres, jouit de l'inestimable avantage de posséder un courant d'air frais constamment renouvelé.

La ville est richement pourvue de places et de rues d'une largeur suffisante pour que les constructions se maintiennent dans les limites convenables.

Les promenades publiques et les parcs ne manquent pas; leur étendue et leurs beautés naturelles leur permettent de lutter avec les plus renommés de l'Europe.

La plus remarquable est l'Esplanade qui s'étend de la [)orle au Sud jusqu'à la barrière à l'Ouest; parmi les plantations plus petites, celles de la place Elisabeth, du square du palais des Seigneurs {lUddarliuasqmren); les jardins des églises [Kyrkolradyàrdnrne) le parc des fabri(iues; le square Lappvik et d'autres encore.

Les deux vastes parcs de Kaisaniemi avec le jardin botanique, situé près l'e la baie de Tolo au Nord et le nrunnsj)ark bordé p.ir la mer au Sud, se distinguent j)ar leurs étendues, leurs jolies promenades et leurs vues magnifiques.

Hesperia, le Djurgàrd, les îles de Hœgholin et de Fôlisôn sont encore de superbes parcs qui embellissent les environs de la ville.

Bien que l'état naturel de l'atmosphère soit excellent, l'air n'est pas sain dans les quartiers étroitement bâtis. La faute en est aux constructions d'énormes maisons à cours étroites que l'on cherche maintenant à éviter grâce à un nouveau règlement sur les bâtisses.

Les arrangements qui se rapportent à la ventilation dans les grandes maisons privées ont été complètement laissés de côté giussi, faute d'instructions nécessaires.

Deux choses contribuent beaucoup à vicier l'air : le nettoyage des rues et des cours sans arrosement préalable et le système en usage pour les latrines et les égouts.

Le Code d'hygiène finlandais qui a presque copié celui de la Suède ne renferme aucune disposition pour l'aérage des lieux publics, mais le Gouvernement a donné des ordres pour qu'une ventilation convenable soit établie dans les écoles, les casernes et les hôpitaux.

Le système généralement appliqué est un chauffage central, soit à air chaud soit à eau chaude, combiné avec la ventilation. Les systèmes plus simples, tels que celui des cheminées d'aspiration pour éloigner l'air vicié, et des poêles à manteau ou des ouvertures directes pour introduire l'air frais sont aussi fort en usage.

Dans la nouvelle loi pour protéger les ouvriers des professions industrielles, il y a des règles concernant la ventilation des fabriques. Des règles semblables avaient été établies pour la ville d'Helsingfors par l'ordonnance de police du 29 mars 1878.

Là, il a été aussi tenu compte des logements ouvriers, il est statué que le patron est obligé de fournir à ses gens de service et aux ouvriers logés à ses frais des demeures salubres en ayant soin d'éviter l'encombrement.

La Commission de salubrité est appelée à indiquer les prescriptions nécessaires, sous ce rapport, ainsi qu'à prendre des mesures contre tout local malsain, délabré et pernicieux à la santé. Le propriétaire ou l'usufruitier de ces demeures est astreint de se conformer à ces injonctions sous peine d'une amende qui varie de 10 à 60 francs.

Gomme l'hiver est long en Finlande, la température moyenne de décembre à février étant de — 8" G. et descendant parfois dans l'intérieur du pays, plus au Nord, jusqu'à — 40'\ les habitations sont très chauffées.

Le chauffage se fait au moyen de poêles en maçonnerie, géne'ralement en faïence, munis de tuyaux ascendants et descendants, que les gaz de la combustion sont forcés de suivre en communiquant leur chaleur au poêle.

Les poêles se chargent avec du bois et sont ordinairement pourvus vers le haut, à l'endroit où le tuyau conducteur de la fumée s'emboîte dans la cheminée, d'une ou deux clefs que l'on ferme dès que la combustion de la charge est terminée, après quoi on clôt la bouche du poêle par une porte à fermeture plus ou moins hermétique.

M. Andsten, fabricant à Helsingfors, a construit un poêle économique représenté fig. 201 à 204.

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La fîo-ure 201 en reproduit la forme extérieure ; la figure 202 donne une

Vis. 201. — Poêle Andsten.

\'['^. 2(»3. — Vue du poêle Aiidslen (coupe lulêrale).

Fi"-. 202. — Vue du poêle Andsten (coupe verticale de face).

Fi;,'. 20i. — l'ucMe Andsten (coupe en plan).

coupe de face: la figure 203 u:ie coupe latérale et la figure 20't fait voir position (les tuyaux de fuuiéc coupés transversalement.

la

Le tuyau de la fumée débouche en bas, dans un tuyau d'échappement pratiqué dans le mur dont il est isolé, au moyen d'une clef; en adaptant au point a un tuyau d'échappement pourl'air vicié (V. fig. 203) et des ouvertures pour introduire l'air frais d'après le système de Boyle and Son ou de Tobin (V. fig. 36 et 37), on obtient facilement une ventilation efficace. Le même fabricant construit maintenant des poêles à manteau en faïence.

Pour les wagons de chemin de fer, le chauffage et la ventilation ont été organisés d'une manière ingénieuse par M. Mohring, ingénieur à Helsingfors (système représenté fig. 20o et 206).

Le plancher du wagoft est double et construit de telle sorte que l'entredeux forme une chambre a, où l'on échauffe l'air. Cet espace s'élargit de haut en bas vers le milieu du wagon au point de devenir assez grand pour donner place à un calorifère. Le plancher supérieur est percé d'ouvertures 6, recouvertes d'un tablier de fil d'archal, qui livrent passage à l'air frais. D'autres ouvertures c, couvertes de la même manière, sont ménagées dans le

V\^. 205. — Cliaufïage et ventilation des w.igons (système .Mohring). Coupe longitudinale.

plancher inférieur à coté du calorifère et servent à introduire l'air frais dans la chambre de chauffe.

Le calorifère consiste en un poêle de fonte d, garni extérieurement d'ailettes; en bas une grille e, avec un cendrier; vers le haut il communique à la cheminée /", celle-ci a un manteau de tôle m, pourvu à la partie supérieure d'une soupape >^, que l'on peut ouvrir dans les grands froids pour augmenter la chaleur du wagon.

L'air pénètre entre le manteau et la cheminée à l'intérieur du wagon; lorsque le froid est moins vif cet air sort directement au-dessus du toit et active la ventilation. Le manteau a aussi pour but de préserver de tout danger d'incendie et d'un rayonnement de chaleur trop fort. La cheminée a un guichet o, d'où l'on peut observer l'intérieur du poêle.

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Le combustible qui peut être du charbon, du coke, du bois ou de la tourbe est introduit dans la cheminée par une ouverture g ; la partie supérieure du poêle peut être fermée au moyen de la clef h. Du poêle part un tuyau de fumée k, en fonte de fer, pourvu d'ailettes ; il forme une courbe autour du poêle et débouche au-dessus de la clef h, dans la cheminée où est placé un clapet régulateur l.

l"'ig. 206. — Chauiraj^re ul veiilikitioii des wag-'ous (Système .Mohriny). Cuiipe transversale.

Pour allumer le |)oêle, on ferme la soujiape l et on ouvre la clef /r, on met d'abord du menu bois, puis du plus gros, jusqu'à ce que le poêle soit chargé; on ferme alors la clef /t cl on rouvre la soupape /. Les gaz chauds produits par la combustion sont forcés de passer par le tuyau k qui s'échaulfe et de concert avec le poêle échaullc l'air de la chambre de caléfa(,'lion d'où il se répand dans le wagon par les ouvertures b.

L'air vicié s'échappe par les soupa[)es v placées au toit du wagon el munies d'un aspirateur Wimun (voir p. 4'Juj. Lti température se règle d'après le thermomètn; ; elle a pu être maintenue sans peine à + 15"G. môme sur le chemin de fer le plus avancé vers le nord, c'est-à-dire sur la ligne qui aboutit à la ville d'Uléaborg où le froid hivernal tombe parfois juscju'à — 35" C.

Les wagons sont pourvus pendant l'hiver de fenêtres à double vitrage et tous, même ceux de 3" classe, ont des calorifères et des toilettes.

Dispositions sanitaires relatives a l'eau. —C'est depuis 1877 qu'Helsingfoi-s possède une distribution d'eau. Celle-ci amenée de la Vanda, qui coule à 6 kilomètres de la ville, est purifiée par des filtres à sable. Une machine hvdraulique fait monter les eaux dans un réservoir maçonné en granit établi sur la montagne du Djurgârden et elles se rendent à la ville par simple gravitation

Les conduits principaux sont en fonte; dans l'intérieur des habitations il est permis d'avoir des tuyaux de fer forgé. Les tuyaux de plomb sont interdits, sauf pour les fabriques et les établissements industriels dans lesquels l'eau n'est employée ni pour la cuisine ni pour la boisson, ou dans ceux où elle est soumise à la distillation.

Il n'est pas encore de rigueur, pour les maisons particulières, d'être en communication avec les conduits publics d'eau.

La consommation se paie soit par chambre (comme à Stockholm) soit d'après un compteur; dans le premier cas le prix est calculé non par logement ou par étage, mais pour la maison tout entière; cette redevance est de 4 francs par chambre. La consommation est aujourd'hui de 5o litres par personne et par jour.

Dans plusieurs endroits de la ville, il y a des fontaines à l'usage du public, et des bouches pour les urinoirs publics ou en cas d'incendie.

L'établissement des eaux est la propriété de la ville. La rivière d'où l'eau est tirée coule tantôt à travers des marécages, tantôt à travers des champs cultivés; même après liltralion, cette eau reste brunâtre et trouble, à l'analyse chimique ^ elle contient :

CAKHONK

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