PAYS
Suède. . .
Finlande .
Prusse . .
Aniielerre France . .
Autriche .
Italie. . .
Mortalité générale par 1,000
Mortalité de fièvre tvphoïde par 10,000 "
Il ressort de ce tableau que les pays d'Europe se trouvent dans des situations différentes par rapport à la mortalité générale ou à la mortalité par fièvre typhoïde. Les décès de cette dernière maladie étant surtout occasionnés par le service de la voirie et la qualité de l'eau potable, il en résulte que l'Angleterre occupe le premier rang et la France par contre le dernier.
Le choléra et ses rapports avec l'organisation sanitaire. — La fièvre typhoïde, comme lont prouvé les tableaux ci-dessus, est étroitement liée à l'organisation sanitaire d'un pays ; il en est de même du choléra dont les données statistiques démontrent jusqu'à quel point il dépend des mêmes circonstances déterminantes.
La seule difTérence qui existe est que le choléra étant une maladie d'origine tropicale n'a fait en Europe que de brusques apparitions, tandis que la fièvre typhoïde est installée partout à l'état permanent.
L'expérience a prouvé que les endroits où règne la fièvre typhoïde sont atteints de préférence par le choléra et que lorsque ce dernier a éclaté dans une ville il frappe de préférence les quartiers les plus attaqués d'ordinaire par la fièvre typhoïde.
Les localités dépourvues d'égouts, ayant une voirie mal organisée, approvisionnées de mauvaise eau, ou possédant un sol imprégné de matières excrémentitielles sont celles qui sont le plus exposées aux apparitions du choléra.
Pendant les épidémies qui ont ravagé l'Europe de 4832 à 1887, on a constaté souvent qu'une localité est préservée en proportion de la supériorité de son organisation sanitaire. Dans la même ville, certaines parties moins atteintes par le fléau étaient précisément celles où fonctionnaient un bon système de nettoyage et de distribution d'eau plus pure.
Lors de la première invasion du choléra, en 183!2, on avait déjà observé à Londres la préférence marquée de la maladie pour les endroits habituels où régnait la fièvre typhoïde; ce fait fut confirmé de nouveau pendant l'épidémie de 1840 à 1849 ' ; et lors de celle de 1884 dans les villes du midi de l'Europe.
' Lectures on State medicin, D' de Cliaumoiit. Londres, 1875.
STATISTIQUE 56b
Des observations intéressantes à ce sujet ont été faites à Marseille par le médecin municipal, le docteur Albenois '. Il résulte de ces observations que la mortalité a été beaucoup plus forte dans les quartiers de la ville qui n'avaient pas d'égouts que dans des parties plus sales et plus populeuses qui étaient canalisées. Les plus atteintes étaient les mêmes qui avaient constamment payé un tribut élevé à la fièvre typhoïde.
D'un autre côté, à Naples, le professeur Fazio ^ a remarqué, dans le cours de plusieurs épidémies, que la fièvre typhoïde et le choléra suivaient toujours la même direction dans les mêmes quartiers.
L'éminent ingénieur de la ville de Paris, Alfred Durand-Claye^ a démontré, à propos de la dernière épidémie cholérique de 'I880, que le fléau avait sévi plus fortement dans les quartiers de la ville qui n'étaient pas reliés au réseau des égouts; il a de même constaté que les quartiers où les cas de choléra étaient le plus nombreux étaient justement ceux où la fièvre typhoïde sévissait le plus fortement.
A Buda-Pesth, le D"" J. V. Fodor* adressé une statistique comparée, de 1863 à 1877, des cas de choléra et de fièvre typhoïde. On y voit le choléra et la fièvie typhoïde causer trois et quatre fois plus de décès dans les maisons malpropres que dans les habitations bien tenues, et dans celles possédant des cours sales que dans les maisons voisines ayant des cours en bon état. Ces proportions sont notées d'une manière plus frappante dans les relevés cidessous :