‹ Traité de l'hygiène publique d'après ses applications dans différents pays d'EuropeChapitre 72 sur 98 · COURS CHOLÉRA FIÈVRE TYPHOÏDE · texte numérisé non relu

COURS CHOLÉRA FIÈVRE TYPHOÏDE

Propres 188 lo9

Relativement propres . . 214 ISfi

Sales 203 208

Exlrèmcmeiit sales. . . 389 282

L'expérience a prouvé aussi que le choléra indigène endémique (choléra nostras) ainsi que les diurrhées épidémiques et la dysenterie se développent mieux sur les terrains favorables à la fièvre typhoïde et au choléra asiatique.

Pertes nationales résultant de 1 organisation défectueuse de l'hygiène publique. - Ce qui ontravc l'organisation de l'hygiène publique, c'est

' nnllatin uiensmel du Hurruii rli> ilnmnfjrnphic de In ville de Marseille, mars 1885.

* Le cli(tlt;r;ià Naples {Journal d'/ii/f/ièney Paris), novembre ISS.">.

* Revue d'/ii/f/iène, Paris, avril ISS.'i.

* Ueher den ein/luss derWn/ininu/'iver/i.rlluisspnufilii.' Vrrliirilutiq vou choiera und lypfius. Arcliiv. fiir liv<,nène. I8S'».)

B66 STATISTIQUE

d'une part l'ignorance de son importance et de sa valeur et d'autre part les frais que son installation nécessite.

En examinant la question de près, on se convaincra facilement que les dépenses occasionnées par une hygiène convenable, sont bien moins considérables que les inconvénients résultant de l'absence de cette institution.

Ce qui a le plus puissamment contribué affaire adopter parle Parlement anglais le Gode d'hygiène actuellement en vigueur là-bas, ce furent les calculs de l'éminent hygiéniste le D'John Simon, d'après lesquels 112o,000 personnes au moins cha(iue année mouraient prématurément à cause des institutions sanitaires mauvaises ou insuffisantes.

Or, la richesse d'une nation consistant presque entièrement dans le travail et la force active du peuple*, ces nombreux décès constituent clairement une notable perte nationale.

La question de savoir à quelle somme peut être évaluée la vie d'un homme a été traitée en France et en Angleterre par plusieurs économistes distingués.

Le résultat de leurs recherches est en général que la vie d'un homme représente un capital dont le revenu est égal à ses dépenses annuelles.

Le D'' Farr, de Londres, conclut de ses recherches que la valeur du travail de chaque individu, répartie également sur les hommes, les femmes et les enfants, estde3,97S francs.

M. Edwin Ghadwich, de Londres, porte la valeur de chaque individu de la classe ouvrière à 5,000 francs.

M. le D'" Rochard, de Paris, a présenté au Gongrès d'hygiène de La Haye, en 1884, l'appréciation d'une vie humaine en France de beaucoup inférieure au chiffre ci-dessus et ne s'élevant qu'à la somme de 1,007 francs.

En s'appuyant pour l'Angleterre sur le chifTre mentionné de 125,000 décès évitables et en prenant la somme de 4,000 francs comme valeur d'une vie, on peut calculer que la perte annuelle de la nation anglaise, avant les améliorations apportées au point de vue de l'hygiène publique, arrivait à la somme colossale de 500 millions de francs.

Gette somme même est loin d'être juste.

Gomme les décès forment à peu près les 4 p. 100 des cas de maladie, sur les 125,000 personnes décédées, il y a eu environ 3 millions d'individus retenus plus ou moins longtemps au lit pour cause de maladie. En évaluant à trente jours l'espace de temps où chaque malade était hors d'état de travailler, on sera plutôt en deçà qu'au delà de la réalité. Sur ces 3 millions un tiers était formé par des hommes valides^; si on admet trentejours en moyenne d'incapacité de travail pour 1 million d'individus on a une perte de 30 millions de journées. La journée en Angleterre étant cotée en général 5 francs la perte totale sera de 150 millions de francs.

' The greater part of the national wealth is the income from the work wliich is the oiilcome from the national healtli, Sir James Paget. [National heallh and work, London 1884.)

* Cette évaluation est basée sur ce fait, que les décès de quinze à soixante ans forment un peu moins que le tiers de la totalité. Si l'on considère que toute maladie survenant dans une famille porte atteinte au travail régulier des parents cette proportion ne paraîtra pas exagérée.

STATISTIQUE 567

Les dépenses pourl'entretien des malades, les soins et les médicaments sont calculés à raison de 2 francs par jour, soit encore pour 3 millions pendant 1:10 jours une somme de 180 millions.

Donc :

Perte occasionnée'par les décès évaluée à 500,000,000 fr.

Valeur des journées perdues 150,000,000

Dépenses pour les malades 180,000,000

Total 830,000,000 fr.

Telle est la perte que l'Angleterre ferait encore chaque année par suite d'une organisation sanitaire défectueuse.

Avec une somme aussi considérable, on pouvait faire bien des choses, aussi n'est-on pas resté inactif.

S'il résulte des calculs de M. le D'" Rochard que les dépenses annuelles occasionnées par la totalité des maladies et des décès s'élèvent en France à 1.649,107, 027 francs et si nous pouvions, ajoute-il, diminuer cette somme d'un dixième, la France ferait tous les ans une économie de 165 millions.

Si en Finlande la mortalité pouvait être réduite aux mêmes proportions que celle de la Suède et de la Norvège, c'est-à-dire 17 pour 1 ,000, ce qui n'est nullement impossible vu l'analogie existant entre les conditions naturelles des deux pays et le genre de vie presque identique de ses habitants, il y aurait en Finlande chaque année 11,017 décès de moins.

D'après le mode de calcul qui précède, en donnant à chaque vie finlandaise une valeur de 1,000 francs, en comptant 1 franc pour chaque journée de travail et 23 centimes seulement pour frais de maladie par jour, l'épargne annuelle se monterait à 13,836,927 fr. 30.

Combien d'améliorations importantes ne pourrait-on accomplir en hygiène publique avec une petite [)artie de cette somme !

INDEX BTBLIO&RÀPHIOUE

Outre les ouvrages cite's dans le texte, nous avons consulté les publications suivantes :

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