INDICATIONS ET COKTRE-INDICATIONS
la science, les anaplasties ne sont pas toujours réalisables et ne réussissent pas dans tous les cas. En c?s circonstances, l'abstention est de toute rigueur, car si la tumeur empêche rintromission de la verge, le passage deTenfant est impossible, ot la parturition peut être une cause de mort pour la mère et pour l'enfant,
B. Les affections des organes internes de la génération qui ne laissent au praticien que la ressource de la fécondation artificielle, sont rares ; elles ont toutes leur siège sur Tutérus et surtout sur son col.
Les affections des ovaires et celles des trompes ne peuvent entrer dans le cadre de l'opération dont il est actuellement question.
Dans les états pathologiques des ovaires, l'ovulation est ou conservée ou troublée; dans l'un et l'autre cas la fécondation •artificielle est inutile, car si l'ovulation est indemne^ la faculté procréatrice est intacte; si au contraire, l'ovaire est malade au point de rendre l'ovulation impossible, la fécondation, naturelle ou artificielle, est chimérique, puisque l'élément femelle fait défaut.
Du côté des trompes, les quelques affections que nous en connaissons sont des causes d'obstruction, et empêchent par conséquent le passage de l'ovule et du spermatozoïde.
Restent donc les affections de l'utérus et surtout de son col.
Les déplacements de l'organe, versions ou chute, ne sont jamais des empêchements absolus à la fécondation; il est toujours possible de neutraliser les effets de ces causes réelles de stérilité, soit en conseillant une position convenable aux conjoints pendant le congrès, soit en redressant l'utérus, même momentanément, au moyen d'un tampon d'ouate, d'épongé proparée, etc., qui n'obstruent ni le vagin ni le museau de tanche; j'estime donc qu'en ces circonstances on doit s'abstenir de la fécondation artificielle.
lant des anomalies multiples de l'appareil copulateur de h
femme.
En dehors de ces circonstances rares, je le répète, rhermaphrodisme est une cause de stérilité qui ne doit pas m'occuper davantage, parce que le chirurgien n'a ni occasion ni prétexte à intervenir.
§ II. — - liésloas orfSBlqwcs de VmMéw «••
Lésions de continuité. — Il ne s'agit point ici des plaies et des contusions de la matrice, qui, en dehors des cicatrices vicieuses qu'elles peuvent laisser après elles, ne sauraient empêcher l'ovule d'arriver et d'être retenu dans l'organe geslateur ; il ne peut non plus être question de la rupture de Tutérus, car cet accident entraîne presque toujours la mort de la malade; je ne veux parler, en cette place, que des perforations qui se produisent, quand elles ne sont pas congénitales, à la suite de quelque affection chronique, comme le carcinome, par exemple, et qui, se prolongeant jusqu'au rectum ou la vessie, établissent une communication fistuleuse entre ces organes et la matrice.
Sans doute, une semblable perforation n'est pas fatalement une cause de stérilité : lovule, parvenu dans l'utérus, peut s'y loger loin de la Gstule et recevoir encore l'imprégnation du sperme ; mais il peut arriver aussi, surtout si la face interne de l'utérus est le siège d'une sécrétion abondante, que Tovule soit entraîné vers la fistule et porté de là dans le rectum ou la vessie, soit par son mouvement propre, soit par la contraction des fibres musculaires de la matrice, soit par le courant des mucosités utérines.
C'est encore, comme on le voit, une chance de stérilité.
Celte lésion est bien rarement justiciable des ressources de notre art, surtout quand la communication se fait avec la ves-
MALADIES DE l'iITÉBUS. MÈTRITE. 759
Ûe ou la partie la plus supérieure du rectum. Dans la plupart de ces cas, fort rares, il faut en convenir, on doit attendre la guérison de la nature et la técondation du hasard.
Mélrite. — La métrite, qu'elle soit aiguB ou chronique, ne saurait être par elle-m^me une cause de stérilité. Nous lui verrons tout à l'heure jouer un rôle important, alors que j'examinerai les conditions qui président aux avortemenls précoces. Mais, en cette place, elle n'a quelque valeur que par les accidents dont elle peut être suivie.
Chorael (i) a vu, à la suite de la métrite chronique, le col oblitéré par une adhérence immédiate ; ne peut-on pas admettre que cotte adhérence se ûxe sur un point môme de la ca\ité utérine, et que des brides transversales forment une espèce de cloison infranchissable à l'animalcule spermatique et à l'ovule?
De plus la métrite chronique, surtout la métrite catnrrhale, donne lieu à des sécrétions abondantes et viciées qui peuvent ou empêcher le passage du sperme ou porter atteinte à la vitalité du spermatozoïde, c'est-à-dire amener la stérilité ouméca- DÎquement ou chimiquement- La sécrétion leucorrhéique est -visqueuse, adhérente, oblitère souvent le col utérin et forme à son oriÛce vaginal un bouchon qu'il n'est pas toujours facile de détacher et qui empêche d'une manière absolue la pénétration du sperme.
Dans d'autres circonstances le liquide utérin présente un ^xcès d'alcalinité dont l'influence sur le zoosperme est aussi funeste que l'acidité des mucosités vaginales.
Sans doute ces causes de stérilité sont essentiellement passagères : outre que la métrite catarrhale peut être combattue avec succès, on a la ressource, au point de vue de l'aptitude temporaire à la fécondation, de désobstruer le col et de
(I) Dictionnairii de médecine, 1, XXX, art, UTÉnus (inflammation).
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lu nettoyer au moyen d'une injection intra-utérine légèremeot acide.
EnGn, comme je le dirai tout & l'heure, lamétrite chronique prédispose surtout à Tavortement; elle reviendra nécessairement sous ma plume quand je parlerai des troubles de la gestation. Il en est de même de cette forme de métrite qui, à chaque époque menstruelle, s'accompagne d'expulsion de membranes avec des phénomènes douloureux qui lui ont fait donnerlenom de dysménorrhée membraneuse.
Cependant la stérilité, c'est-à-dire l'absence complète de toute présomption de grossesse, est un fait remarquable dans presque tous les faits de dysménorrhée membraneuse. H est vrai que l'affection atteint presque toujours les femmes malingres, débilitées, scrofuleuses , en un mot, chez lesquelles existe un alanguissement de vitalité qui peut réagir sur l'ovule.
Arrêt d'involution. — Pendant la grossesse, Tuténis, eu égard à l'augmentation considérable de son volume, subit une espèce d'hypertrophie physiologique, en raison de laquelle le retour de l'organe à son état normal, après l'accouchement, peut, à son tour, être considéré comme une sorte d'atrophie physiologique.
En Allemagne et sui tout en Angleterre on a mieux étudié qu'en France le mécanisme de ces deux phénomènes.
Ce travail du retour de la matrice vers son volume normal, après l'expulsion du produit de la conception, est appelé en Angleterre involution.
L'involution peut être entravée dans sa marche ou s'opérer avec excès. Simpson désigne le premier cas sous le nom de subinvolutionj et le second sous celui de super involution.
La subinvolution maintient le volume de l'utérus dans l'état où il était pendant la grossesse, et ce volume, dans les conditions de vacuité où se trouve l'organe, constitue une véritable
UÉ'l'HOl'ES ET PROCÉDÉS OPÉRATOIRES. 7V6
En résumé et pour clore cq long chapitre des indications et des coDtre-indications de la fécundation artificielle, celle-ci ne doit être mise en usage que dans les vices de confonnation et les états morbides, tant chez l'homme que chez la femme, qui déjouent toute thérapeutique, médicale et chirurgicale, et qui seuls empêchent la rencontre du produit mAle et du produit femelle.
Cependant si, par suite de l'étroilesse du bassin, par l'existence d'une tumeur ou par tout autre motif, la parturition ne pouvait avoir lieu sans compromettre la vie de l'enfant et celle de la mère, l'abstention est de rigueur, puisque l'opération serait tout k la fois inutile et nuisible.
L'abstention est-elle également c(Hnmandée dans les cas oLi l'un des àeux époux, sinon tous les deux, est atteint d'une diathèse maligne, telles que la tuberculose et le cancer? La question est grave; sans parler de la loi qui ne défend pas le mariage aux phthisiques et aux cancéreux, la naissance d'un «nfant, quel qu'il soit, estsouvent liée au maintien et au bonheur de la famille, et quelquefois à l'honneur et à la fortune des parents, comme dans l'exemple que j'ai cité plus haut; il n'y a pas de règle absolue h poser, et ici, comme en beaucoup d'occasions, le médecin ne doit prendre conseil que de sa conscience