INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS
obstacles presque insurmontables à la copulation, et rentrent, par conséquent, dans le cadre de la fécondation artificielle.
B. Anomalies de Furèthre. — L'imperforation complète de Turèthre avec canal de dérivation dans le rectum, la seule compatible avec la vie, légitimerait la fécondation artificielle, s'il était possible d'aller chercher le sperme au-dessus du sphincter anal. Dans un cas de cette espèce, Witehead pratiqua imc ouverture et transforma Tinflrmité en hypospadias. Ce changement, véritable bienfait pour le malade, ne remédiait pas à sa stérilité, mais rendait possible la fécondation artificielle, qui, nous allons le voir, est souvent la seule ressource des hypospades.
L'excès contraire à Tim perforation, c'est-à-dire la dilatation excessive de l'urèthre, s'accompagne toujours de courbure ou de déformation de la verge, qui souvent rendent le coït impossible. C'est par ce côté seulement que ce vice congénital peut légitimer la fécondation artificielle, car Téjaculalion spermatique n'est pas, d'ordinaire, sérieusement compromise.
Je ne m'arrête ni à Tétroitesse du méat, ni aux anomalies de cette ouverture, parce que la chirurgie triomphe facilement <le ces malformations, et j'arrive à des infirmités réellement incurables et qui condamnent à la stérilité les malheureux qui en sont atteints.
Je veux parler de l'hypospadias et de l'épîspadias.
La première de ces anomalies est infiniment plus fréquente que la seconde; mais celle-ci est plus sûrement une cause de stérilité que l'hypospadias.
En effet, l'hypospadias présente trois variétés, dont l'importance, à notre point de vue, n'est pas égale :
1" L'hypospadias balanique, dont l'ouverture se trouve à la fosse naviculaîre;
gémellaire peut être produite par deux ovules venus du mhne ovaire ; 2° qu'un seul ovaire peut produire des ovules màk ou femelle.
B. — Fusion incomplète ou anormale des conduits de MuUn.
Utérus double {utérus didelphus). — C'est la variété U plus complète ; elle est constituée par l'entier développemeDl des deux canaux de Muller qui restent plus ou moins écartés Tuo de Tautre. Cette monstruosité, dans laqueUe chaque utérosa son ovaire, sa trompe, ses ligaments et son vagin, n*a été observée que sur des enfants mort-nés ou morts peu après la naissance.
Utérus double avec cloisomtement {utérus biconiis). — L'utérus est partagé extérieurement en deux moitiés ; on diïtingue deux variétés de ce genre de déformation :
1° Tantôt chacune de ces moitiés, qui se sont dévdoppéeà également, a le volume d'un utérus normal, utérus bicorne double; les deux moitiés sont intimement unies, de manière à constituer un tout ; les deux cols sont le plus souvent Tuo à côté de l'autre ; quelquefois le vagin est également double, et alors il y a deux hymens chez les vierges; mais le plus souvent le vagin est simple; 2** tantôt le col et le vagin sont simples, le corps de l'utérus est seul divisé en deux moitiés plus ou moins distantes, utérus bicorne unicolis. La membrane qui sépare la cavité utérine en deux moitiés pénètre plus ou moins vers le col : elle peut arriver môme à l'orifice et dans la cavité du col, mais ne pénètre pas jusqu'à l'orifice externe.
Ni la copulation, ni la fécondation ne sont compromises paf un utérus double avec cloisonnement, soit que le vagin soit lui-même double ou simple.
Utérus biloculaire {utérus biloeularis). — Dans cette fonu^ l'utérus parait simple extérieurement; mais sa cavité est divi-
ANOMALIES DE l'uTÉRUSi 755
sée cil deux moitiés par une paroi mitoyenne de longueur variable. On peut encore disiinguer deux variétés :
i' Tantôt la cavité utérine est partagée complètement en deux moitiés par uue paroi mitoyenne qui se prolonge dans toute l'étendue du vagin, utértis biloculaire complet;
2° Tantôt cette cloison ne pénètre pas dans le col qui reste simple, et ne divise que l'intérieur du corps utérin, utérus biloculaire itnicolis.
Ici encore, ni la copulation, ni la fécondation ne sont compromises; ce n'est souvent qu'à l'autopsie qu'on constate un pareil vice de conformation.
Je n'ai donc pas à m'y arrêter davantage.
C- ^ DénEloppniieid simullanë du corps de Wot/fel du canal de Millier. He rmaphrodisme.
La formation des organes internes de la génération étant indépendante, chez l'homme comme chez la femme, de celle des organes externes, les anomalies des premieri peuvent ne pas entraîner fatalement celles des seconds, et réciproquement les vices de conformation des organes externes n'impliquent pas nécessairement des vices de conformation des testicules, des canaux déférents, des vésicnles séminales d'un côté, et d'autre part de l'utérus, des trompes et des ovaires.
Les vices de conformation qui atteignent l'ensemble de l'appareil copulaleur dans l'un et l'autre sexe, c'est-à-dire les organes externes de la génération, etquej'aî pris soin d'étudier snccessivement, peuvent induire en erreur sur le sexe de l'individu qui les porte,maisneconstituentpnsdes cas d'hermaphrodisme.
Il n'y a hermaphrodisme qu'avec certaines anomalies des organes internes, des organes essentiels de la génération.
Je n'ai à m'occuper ici que de ces dernières, et encore de celles qui sont relatives à l'utérus, puisque j'ai déjà examiné
790 FÉCONDATlOiN ABTIFICIELLE.
eii tout à la fois plus intelligent, si Ton peut ainsi dire, et moins gros que la \erge.
Pourtant il faut craindre que la parturition, résultat cherché de la fécondation artificielle, n'amène desdésordres mortels et pour Tenfant et pour la mère, et que, par suite, le praticien n'ait à se reprocher d'être intervenu d'une manière non-seulement inutile mais encore nuisible.
Il importe donc, avant d agir, de s'assurer exactement de la nature du rétrécissement, et des chances de dilatation qu*il présente. Il y a là des motifs de contre-indication de fécondation artificielle dont le médecin prudent et sage doit toujuuni tenir compte.
Le vaginisme n'est pas dans ce cas, car, au contraire, la parturition est une circonstance heureuse pour la guérison de cette affreuse maladie ; mais, à moins de plonger la femme dans le sommeil chloroformique, je ne sais pas comment on parviendrait à introduire, non un spéculum, mais l'indicateur et un tube. Si la femme est ancsthésiée, il est plus simple, plu> moral et plus rationnel de la livrer à son mari, ainsi que l'on fait en Amérique (1), que de lui infliger une opération à laquelle sa conscience et sa volonlé ne doivent jamais être étrangères, pas môme l'espace d'un instant.
D'ailleurs le vaginisme est guérissable, et cette perspective est, pour le médecin honnôte un motif d'abstention.
Les tumeurs de la vulve et du vagin, capables d'empêcher le congrès, sont rarement au-dessus des reîfsources de la médecine opératoire, même lorsqu'elles sont constituées par la présence d'un organe voisin, comme dans la cystocèle et la rectocèle vaginales.
Cependant malgré les progrès accomplis dans cette partie de
.(I) Marion Sims, Notes cliniques sur la chirHrgie utérine, p. iOI et 10 i.