‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité (volume 2)Chapitre 105 sur 106 · MÉTHODES ET PROCÉDÉS OPÉRATOIRES · texte numérisé non relu

MÉTHODES ET PROCÉDÉS OPÉRATOIRES

et l'autre sexe ; elle doit, dans l'intérêt de la fécondation arlîficielle, être reléguée parmi les excentricités dont l'Araérique Bious donne souvent le spectacle, quoique, je le régète, elle soit l'expression de la vérité scientifique.

D. Procédé du docteur Roubaud, — Au premier abord ^ sans penser aux scrupules que je viens d'exprimer, et ne m'arrotant qu'à l'idée rationnelle, je le répète, de M. Marion Sims^ je voulus simplifier encore le manuel opératoire du chirurgien américain, et, dans ce but, je fis construire, par M. Mathieu ^ une pompe aspirante et foulante dont le dessin, pour la reproduction duquel je demande à faire une exception, fera mieux, comprendre qu'une description, la portée et le mécanisme (1).

V\ù. 1 . — Scrin^^^no do Uoubaiid ponr la fécondation artificielle. — E. Corps do pompo aspivmWc ci foulniite un les soupapes sont romplacrcs par une sorte de robinet taillé dans io piston lui-iuèaio. — r.. Cnniilc d'aspiration que l'on allonge a volonté avec un ajutiijcc en caoutchiinc. — D. Canule que l'on in:roduit dans l'utérus. — F. Piston. Eti tirant sur sa tigo Irr liquide J.ins lequel plofi(,'e la canule G est aspire, et le bouton A iudiqui' sur la partie ^rra^ duce B le nombre de {,'uutlrs qui ont été amenées daii» le corps de poni|)o. En faisant alor» di'crire au iMuton A une di'mi-nKnlulion à droite, le pistou tourne lui-uidme, et, en dé|>laraut une éclianrrure dont il est armé, il ferme la canule d'aspiration et ouvre celle qui tcnnine In serin(i;^no. — On n'a plus alors qu'à pousser la tige du piston pour que l'injection soit arcomplie.

Le même petit instrument peut également servir dans les cas où le sperme est recueilli en dehors de la poche vaginale ; ou on le charge comme une seringue, en aspirant le liquide par la canule C, ou en adaptant à la même canule d'aspiration un ajutage ei caoutchouc que Ton plonge dans la liqueur spermatique, après avoir introduit la canule D dans le col de

(1) Présenté à TAcadémie de médecine, le 12 avril \^1% et reproduit dans le Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques^ t. XV, p. 777, art. Génération.

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doigt, je glissai une longue canule en caoutchouc, coronip celles que i*on met au bout des seringues, et, après quelques difBcultés, je réussis à en introduire le bout assez mince dan> l'orifice du museau de tanche; pendant ce temps, le nian\ dans un cabinet de toilette à côté, avait empli de sperme une seringue en verre de moyen calibre, et, après avoir rep!a<v le piston, venait lui-même injecter la liqueur fécondante dans le pavillon de la canule qui sortait du vagin, car la matrice était basse; Tinjcction fut faite doucement, lentement et pénétra très-bien dans l'utérus (1). »

Ce procédé est Tenfance de Part et ne peut réussir que par l'effet du hasard, comme dans l'observation de M. Gigon.

C. Procédé de 3/. Marion Sims. — L'instrument dont s*esl ser^î le chirurgien américain, est de verre, et en tout semblable à la seringue de Pravaz, destinée aux injections hypod#Tmiques. Il est ainsi facile de calculer la quantité de sperm** que l'on injecte, puisqu'une révolution entière du piston correspond à une goutte, et une demi-révolution à une demigoutte. C'est à cette dernière dose que s'est arrêté M. Sims; mieux que personne, le chirurgien américain fixe tous lepoints iuflispciiSîiblos à la réussite de l'opération, et sur lesquels Je reviendrai tout à l'heure.

Mais la partie la plus saillante du procédé de M. Marion Sini^ est la manière dont il recueille le sperme : il va le cherclier directement dans le vagin, au moment même où cesse la c<>piilation.

Sans îiucun doute l'idée est essentiellement rationnelle et logique; mais je crains qu'elle ne soit difficilement acceptée^ en France du moins, par l'homme aussi bien que par la femme. Je ne sais si je me trompe, mais il me semble que cette pratique blesse l'instinct et le sentiment de la pudeur dans Tun

(J; (iigon, Réforme médicale y 29 septembre 1857, n* 37.

Ii59 Roubaud , A . P. 16227 R65 Traité de l'irapuia- ^l8?6 aançe-fit de la aterij-

de la pathologie utérine ; on conçoit en effet que la câTité de la matrice n'est pas assez grande pour que l'ovule, qudque petit qu'il soit, trouve à s'y loger, quand des calculs, une tumeur ou un polype la remplissent. En admettant même que la vésicule germinale arrive jusque dans l'utérus, sa jonctioD avec le sperme est rendue impossible par la présence du corps étranger, qui fait alors TofOce d'un véritable écran. Dans ce cas, l'ovule est résorbé soit dans la trompe, soit le plus souvent dans Tutérus lui-même.

Cependant, si l'obturateur n'occupait pas en totalité la ca^ vite utérine, la fécondation pourrait encore se produire, ainsi qu'on en a des exemples, et 'alors le corps étranger ou la tumeur anormale sont quelquefois expulsés avec le produit de ia conception, c Quand la grossesse complique les polypes, dit Lisfranc, ces productions organiques accidentelles, qui siègent à des hauteurs différentes dans la matrice, sont tantôt expulsées par le fœtus au moment où il se dégage lui-même delà capacité de l'utérus, tantôt elles restent dans cet organe après l'accouchement. Le docteur Rhodamel m'a montré une tumeur polypeuse du volume d'un gros œuf de poule ; elle était située dans le col de la matrice ; elle proéminait légèrement dans le vagin ; elle fut chassée des organes génitaux par le produit de la conception à mesure qu'il en sortit lui-même. J. Hatin pratique un accouchement qui n'offre rien d'extraordinaire; le délivre sort spontanément, tout se passe bien d'abord ; mais vers le quinzième jour, une perte rouge se manifeste; nou? sommes appelé ; nous touchons la malade et nous partageons l'opinion de notre confrère, qui avait constaté la présence d un polype -, cette tumeur formait au-dessous du col utérin une très-légère saillie ; elle pénétrait dans l'utérus à une hauteur qu'il était impossible de reconnaître ; la femme avait perdu une très-grande quantité de sang, elle était presque anémique. M. BouiUaud la vit avec nous. Je pratiquai une ligature dans

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