ACTE COPELATEER CHEZ L HOMBIG
John Hunter (1) et la majorité des anatomistes du xvin* ^ëcle adoptèrent cette opinion, qui est Toëme encore partagée par quelques physiologistes de nos jours ; mais alors, comme aujourd'hui, on ne s'accordait pas sur l'obstacle qui s'opposait à ta sortie du sang veineux.
Mercier prétendait en trouver l'explication dans les dispositions anatomiques des veines de la verge, qui, selon lui, se rendent toutes aux sinus de Santorini, lesquels sinus, en allant rejoindre les veines hypogastriques, forment des plexus nombreux, surtout aux Faces latérales de la prostate, et que là ces sinus se trouvent comprimés pendant la contraction des muscles pelviens^ Cette explication est inadmissible, comme te fait judicieusement remarquer M. Dehrou ; car s'il en était ainsi» les malades affectés de rétention d'urine ou d'hypertrophie de la prostate devraient être tourmentés par des érections continuelles, ce qui n'a point encore été noté parmi les symptômes de ces états pathologiques.
M. Debrou, qui se range du côté de Vésale, en ce qui regarde l'action des muscles îschio-caverneux, adresseaux partisans de la stase du sang dans la verge une objection générale qui a beaucoup perdu de son importance depuis les recherches ultérieures, mais qui mérite cependant de trouver place ici : <( Je reconnaîtrai, dit-il, que tous les auteurs qui adoptent l'une des nuances de cette doctrine admettent implicitement, sinon formellement, que l'obstacle à la sortie du sang veineux n'est que partiel et incomplet, car autrement la gangrène du pénis serait la suite inévitable d'une stase indéfinie du sang. Mais même avec cette réserve, qui est de toute nécessité, il y a des difficultés qui sont inconciliables avec la théorie; celle-ci, par exemple : Au commencement de l'érection, il est possible que tout le sang artériel apporté ne s'échappe point par les veines;
(I) John HuDter, CEuvres, iraductiou U. Itichelol. Paris, 1845.
10 PHYSIOLOGIE DE l'eSPÈCE.
mais si rérection persiste et dure longtemps, plusieurs heures, ainsi qu'on Ta vu dans certains cas de satyriasis, il faut bien qu'autant de sang sorte qu'il en entre, puisque la gangrène ne survient point. Or, si autant de sang sort qu'il en entre dans l'érection prolongée, comment admettre qu'il n'en est pas ainsi •dans la turgescence ordinaire ? »
J. Millier (i) a voulu faire jouer un rôle important aux capillaires artériels, répandus dans les corps caverneux, en les présentant comme constitués par de petits renflements contournés en forme de diverticules clos, et qu'il appelle artères héliciîies; mais on est loin d'être d'accord sur l'existence elles rapports de ces dilatations artérielles, et l'on recule devant une théorie fondée sur des bases que contestent des hommes tels que Valentin, Kraiise et Huschke.
P. Bérard, professeur de physiologie à la Faculté de Paris, se fondant sur des dispositions anatomiques notées par MtUler» Valentin, Hunter et Stanley, a émis, dans ses leçons orales, une opinion d'après laquelle il existerait, dans les parois des vacuoles, des fibres contractiles sur lesquelles reposerait le mécanisme de l'érection.
Enfin, et pour en finir, Ghaussier et Adelon rapportent la turgescence de la verge à une propriété sui generis dont est doué le tissu érectile, et qu'ils appellent érectilité. Cette manière de se tirer d'embarras est renouvelée des anciens, qui, ,pour expliquer la génération, admettaient une faculté généra^ trice inhérente à la matrice.
De toutes ces théories dont nous aurions pu facilement augmenter le nombre, il ressort que la plus vraisemblable, celle du moins gui se rapproche le plus de la vérité, est la théorie qui attribue l'érection à la compression des veinas^
(1) Encyclop. Wôrterbuch der mediz. Wissenschaften : Erectile- ^GEWEBEy- Manuel de physiologie. Paris, 1851, t. I, p. 181.