‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité (volume 2)Chapitre 16 sur 106 · ACTE COPULATEm CHEZ l'hOMME · texte numérisé non relu

ACTE COPULATEm CHEZ l'hOMME

La volonté eserce sur le sens ^énital un empire presqua absolu : l'histoire d'Ulysse se bouchant les oreilles pour ne pas se laisser séduire par ie chant des sirènes, est une Fable poétique en contradiction avec la nature, surtout en ayant ^pd à l'^e et à l'expûrience du roi d'Ithaque. Ne voyonsnous pas tous les jours l'homine, aussi bien que la femme, Tésister aux séductions les plus provocantes et sortir victcirieux d'une lutte où. les deux adversaires étaient les sens et l'imagi- ■ntMoo ?

Sans doute, si l'on ne se prémunit pas contre la tentation, ïes excitations extérieures entraîneront la volonté, car le silence de celle-ci équivaut à son consentement.

Bien plus, la volonté, par sa seule puissance et snns le secours d'aucune sensation, peut évoquer las désirs vénériens. C'est alors qu'elle éveille l'imagination, par qui le pa.^^é se ranime et l'avenir se fait réalité; grâce à elle, l'heure présente se peuple de formes indicibles que le regard caresse, que les lèvres embrassent et que les mains saisissent; fantômes .gracàcux dont l'existence tout h la fois idéale et réelle plonge J'âme et les sens dans l'extase voluptueuse de l'amour le plus <ompltil. Les pot'tes, les romancici-s, les artistes, tous ceux enfin chez qui l'imaginatiaii occupe une lar^e place, jouissent delà réputation méritée d'être fort enclins à l'amour: mais , <ee o'cfit point à dire qu'ils soient les plus aptes ii accomplir I l'acte, car nous verrons ailleurs l'iiifluence fâcheuse que les travaux de l'intelligence exercent sur l'énergie virile. Mais lel est l'empire de l'imagination que, par sa seule force, en dehoriJ <io l'instinct et de tonte sensation, elle peut non-seulement produire l'érétliîsme vénérien, mats encore déterminer l'fja- , «ulntion spermatique, ainsi qu'il arrivait à un de mes camara- 'des d'études toutes les fois qu'il pensait à sa, maltresse.

Quel qa'ail été le promoteur des désirs vénériens, ceux-ci, Ane fois éveillés, réagissent sur l'appareil génital, et pendant

8 PHYSIOLOGIE DE l'eSPÈGE.

que» sous leur influence, la sécrétion spermatique augmente d'énergie, la verge subit une métamorphose presque complète, dans laquelle son volume est accru et sa direction entièrement changée.

Cette métamorphose est ce qu'on appelle Térection, dont je vais essayer d'expliquer le mécanisme.

 Tépoque où les esprits animaux étaient considérés comme les moteurs de la machine humaine, on pensait que ces esprits remplissaient la verge, et que les muscles du périnée soutenaient celle-ci et la redressaient comme un bâton retenu par des cordes. Vésale consacra cette opinion en donnant à ses muscles le nom de erectores pénis ^ que Winslow changea contre celui àHschio-cavemeux^ qu'ils portent encore aujourd'hui. R. de Graaf s'éleva contre cette explication qui, malgré ses efforts, continua d'être acceptée parla majorité des anatomistes.

Et cependant, ce savant était sur la voie de la vérité ; le premier il soutint et démontra expérimentalement que l'érection résulte de la présence du sang accumulé dans la verge. Ayant lié le pénis d'un chien à sa racine au moment du coït, il trouva ce corps rempli de sang et le vit revenir à sa flaccidité ordinaire lorsque le liquide en eut été expulsé. De plus, ayant injecté de l'eau par les veines honteuses dans la verge d'un cadavre, il obtint une distension et une érection plus énergiques encore que sur le vivant. Il pressentit aussi que la turgescence des corps caverneux pouvait tenir à un défaut d'équilibre entre la sortie et l'arrivée du liquide sanguin, et il se demanda quels étaient les obstacles qui s'opposaient à l'écoulement du sang veineux. Les muscles ischio-caverneux, dont il avait nié le rôle comme suspenseurs, furent, à ses yeux, les moteurs de cet obstacle. Cependant, les rapports anatomiques ne lui rendant pas suffisamment compte du mécanisme de cette compression, de Graaf avoue que l'action de ces muscles est *ecte.

Page 1