‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité (volume 2)Chapitre 24 sur 106 · ACTE SÉMINAL · texte numérisé non relu

ACTE SÉMINAL

manibre brusque et saccadée comme les fibres d'un musrle de la vie animale. Pressé de toutes parts, le liquide ne peut refluer dans le canal déférent à cause du sperme qui y arrive en plus grande abondance, et est forcé de s'échapper par l'ouverture postérieure des canaux éjaculateurs admirablement disposée pour cet effet.

Canaux éjaculatettrs. — Il résulte de la disposition anatoloique des conduits éjaculateurs, ainsi que de l'élroitesse de leur diamètre et de la direction oblique de leur orifice, que dans l'état de tranquillité et de santé, ces parties éprouvent une compression assez forte pour empêcher lé sperme de couler des vésicules séminales dans l'urèthre ; mais lorsque le sperme les a pénétrés, ils doivent, au moyen de la contraction de leurs fibres, contribuer à favoriser sa marche vers le canal de l'urèthre.

Canal de turèihre. — Grâce au réseau veineux qui entoure -sa muqueuse et qui constitue le corps spongieux, le canal de l'urèthre se trouve laidement ouvert dans toute sa longueur pendant la turgescence du membre, et, par conséquent, admirablement disposé pour donner un libre passage à la liqueur prolifique.

Mais son rdle n'est pas entièrement passif : il s'accomplit du c6té de la prostate, sur le verumontanum même, un phénomène curieux de turgescence qui empêche tout k la fols le sperme de tomber dans la vessie et l'urine de sortir de son réservoir.

Après avoir franchi les deux ouvertures antérieures des conduits éjaculateurs qui s'ouvrent, ainsi qu'on le sait, sur les parties latérales et antérieures du verttmontanum, et avoir pénétré dans le canal de l'urèthre, le sperme s'accumulet-il dans ce canal ou en est-il chassé immédiatement? On n'a pas craint d'avancer que le bulbe n'était autre chose qu'un réservoir dans lequel s'amoncelait le sperme pendant la

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copulation, pour être lancé tout à coup en saccades par les contractions du muscle bulbo-caverneux. Cette opinion de l'élargissement de la portion bulbeuse du canal de Turèthre est contredite par un examen de M. Kolbelt, qui aprisTem-» preinte exacte de la lumière du canal; Télargissement qui se fait à partir de la portion membraneuse a lieu d'une manière régulière, continue, et c'est par la seule présence du sperme dans le bulbe que les muscles de l'urèthre se contractent et chassent en avant 1m liqueur prolifique.

Mais on se demande alors s'il n'y a pas une espèce de contradiction entre la ténuité des canaux éjaculateurs et la quan-» tité assez considérable de liquide chassé par l'éjaculation. Sans doute, l'objection aurait quelque gravité, si l'on ne savait que la plus grande partie du liquide éjaculé n'est pas de la semence^ et n'est autre chose que le produit de différentes sécrétions glandulaires dont je vais maintenant parler.

Le fluide prostatique est un liquide filant, transparent» • hyalin, qui se mêle au sperme au moment de son émission, et lui donne la couleur laiteuse qu'il présente. Gela est si vrai que le sperme, privé de fluide prostatique, est grisâtre, comme on peut s'en assurer en examinant le liquide des dernières éjaculations, quand celles-ci ont été abondantes et répétées.

Un autre liquide, sécrété par les glandes de Cowper ou de Méry, vient également se mêler au sperme. D'après Krattse, il est filant, clair, visqueux;. il contient quelques flocons dans lesquels sont amassées des granulations de 1/900' à l/^^O* ; il a, par conséquent, une grande analogie avec le fluide prostatique. € De même que le fluide prostatique fraie la voie au sperme dans les portions prostatique et membraneuse, dit Huschke, de mênae le liquide des glandes de Cowper les garantit de l'urine qui pourrait être restée dans les portions bulbeuse et spongieuse du canal. »

Les follicules de Littre et de Morgagni sécrètent à leur tour

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un liquide qui lubrifie les parois du canal et se mAle aussi au sperme.

Parvenu dans la portion membraneuse du canal de l'urèthre oii il est déjà mélangé avec les divers liquides que je vien^ d'énumérer, le sperme s'échappe au dehors par saccades, comme chassé par les contractions alternatives d'un muscle. — Ce muscle existe-t-il réellement?

Pendant longtemps on a fait jouer ce rôle au muscle bulbocaverneux ; mais tant d'objections, dont la principale est tirée de sa position au-devant de la portion prostatique de l'urëtfare où s'accumule la liqueur prolifique lancée par les vésicules séminales et les canaux éjaculateurs, lant d'objections, disonsnous, s'élèvent contre l'intervention de ce muscle dans le phénomène de l'éJRCulation, que d'autres anatomistes, Cuvier et Kobelt, entre autres, rapportent cette action & la couche musculaire qui, chez tous les animant, entoure la portion membraneuse de l'urëthre, et que l'on appelle le musc/et/elVi/son. C'est un véritable sphincter, fixé aux deux branches du pubis, et dontles contractions et les dilatations successives, sous l'empire de l'orgasme vénérien, retiennent ou projettent le fluide séminal et produisent ainsi ces alternatives qui constituent le phénomène de l'éjacuJation.

Cuvier, qui a étudié dans toute la série animale la couche musculaire qui entoure la portion membraneuse de l'urëthre et que nouS'nommons aujourd'hui le muscle de Wilson, s'exprime ainsi à son sujet : « On prévoit qu'elle doit avoir pour usage, en contractant lapremiëre portion du canal de l'urèthre, d'en expulser la semence et de servir ainsi à Céjaculation : voilà pourquoi, sans doute, elle est si épaisse dans les aiiimatix dont la verge est fort longue, tels que les ruminants, etc. , et dans ceux qui ont ce même organe fort court, tels que les chats. Dans le premier cas, il fallait une grande force pour chasser la semence à travers un si long canal ; il en fallait une également

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très-grande dans le second, aûn que ce liquide, qui n'aurait pas été porté assez avant par cette courte verge, fût lancé loin de cet organe, jusqu'au lieu oîi il doit atteindre (1). »

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