ACTE OVARIEN^ 4S
rhagique; dans tous les cas l'acte ovarien s'accomplissait.
Quoi qu'il en soit et malgré quelques exceptions qui mieux étudiées rentrent dans la règle, la perte de sang périodique est le signe extérieur de la rupture d'une vésicule et par suite de l'aptitude de la femme à la procréation.
J'ai dit plus haut le lien qui unit indissolublement les trois phénomènes qui constituent l'ovulation, de telle manière que l'existence de l'un implique fatalement l'existence de l'autre. Aussi il est bien entendu que dans le cours de cet ouvrage les mots menstruation 9 règles^ menstruesyeio.y désigneront non-seulement l'hémorrbagie périodique, mais encore la rupture d'une vésicule et l'entrée de l'ovule dans le pavillon de la trompe ; en un mot les trois phénomènes de l'acte ovarien tout entier.
Comme chez T homme, l'époque à laquelle apparaît la faculté de procréer n'a rien de fixe chez la femme; elle peut être avancée ou retardée par les mêmes circonstances qui influent sur l'âge de la puberté de Thomme ; mais on peut dire, d'une manière générale, que dans nos climats tempérés, la menstruation se montre, en moyenne, de treize à dix-huit ans, et que par conséquent la loi, en permettant à quinze ans le mariage des
jeunesfilles,ne s'est point écartéedel'observation physiologique.
La cessation définitive des règles ou ménopause n'arrive pas également à une époque fixe et égale pour toutes les femmes. D'après les relevés statistiques de MM. Brière de Boisraont, Pétrequin et surtout Raciborsky (1) on peut dire, en thèse générale, que l'&ge critique apparaît de quarante à cinquante ans.
Mais qu'elle soit avancée ou retardée, la ménopause est toujours le signe de la cessation du pouvoir reproducteur chez la femme.
(i) Raciborski, Traité de la menitruaiion, etc. Paris, J.-B. Baillière «« filt, i86S, 1 vol. in^.
hi PHYSIOLOGIE DE L*ESPÈCE.
Il arrive quelquefois qu'à l'époque ordinaire de Tàge critique, les règles se suspendent pour reparaître après un temps plus ou moins long. Dans ces circonstances la fécondité revient avec la menstruation, etHalIera vu des femmes dansce cas, qui avaient encore des enfants à l'âge de soixante-dix ans.
Mais, je le répète, avant l'évolution des règles comme après leur ce-sation, il n'y a pas pour la femme de pouvoir reproducteur; elle peut se livrer passivement au coït et même, par des habitudes de débauche, se créer des désirs et des jouissances; mais elle ne possède pas encore ou ne possède plus la faculté d'être fécondée et de donner la vie à un nouvel être.
Ces considérations sont d'une grande importance pour nous, et d'après tout ce que j'ai dit, on peut établir en axiome que sans menstruation il ny a point de fécondation de la femme.
§ ni. — «^nératloB.
Pour que l'acte copulateur dont nous avons dit plus haut les sensations voluptueuses devienne productif d'un nouvel être, il faut que l'organe mâle soit directement opposé à 1 organe gestateur, de telle sorte que le méat urinaire de l'homme se trouve en face et à peu de distance de l'ouverture extérieure du museau de tanche, afin que le liquide séminal qui sort par saccades du premier puisse librement entrer dans la bouche béante du second.
Tout à l'heure je donnerai l'explication du mot béante que je souligne à dessin.
Sans cette opposition directe de l'organe mâle et de l'organe femelle, la fécondation n'a pas lieu ; c^la est si vrai que les déplacements du col de l'utérus, comme nous le verrons ailleurs^ amènent une stérilité fort heureusement facile à vaincre : si l'homme, ainsi que le disent quelques physiologistes,
liKNÈHMluN. hb
n'inail d'autre misàioii que celle de dûposer son sperme au foiid du vagin d'où les zoospermes monteraient dans le col de l'utérus, la plupart des déviations utérines n'amèneraient pas l'infécoudation, car les spermatozoïdes fiiûruient toujours |tar trouver leur chemin.
De plus il ne serait pas nécessaire que l'ouverture du museau de tanche devint béante au momeut del'éjaculation ; il (audroit, su contraire, que la contraction des libres circulaires liu col se fil après le coït, bien que les zoospermes ne me panisseut pas avoir besoin, pour pénétrer dans le col, de cette Bu^noentatio n d 'ou verture.
Tout, au contraire, tend à faire admettre que la contraclilJté du col est éveillée par le premier jet de la liqueur séminsle, et que, sous l'influence de cette excitation, les fibres mujculaires circulaires du col se contractent en même temps que ses fibres longitudinales, de telle sorte que l'ouverture du col se dilate pour recevoir le liquide que chassent du bulbe urtlhralles contractions spasmodiques du muscle de l'urèthre.
Cette dilatation spasmoiiique de l'ouverture du museaude Isnche est si importante (ju'on est obligé, dans quelques cir- Mnslances dont nous parierons plus loin, delà provoquer, pour wneiicr la cessation de l'infécondité.
L'acte copulaleur a donc pour but de mettre en présence le ■Déaturmairc de l'homme et l'ouverture du museaude tanche; •î'iniener la dilatation spasmodîqne de celle-ci au moyen dn [fîmier jeldc la liqueur séminale presque entièrement coin- |wsé, on peut le croire, de fluide prostastique, et de faire ainsi Kuèlrer directement et aussi loin que possible le sperme te- Mdaiit dans l'intéiieur de l'utorus.
A ce point de la fonction génératrice le mystère commence ; "migré les connaissances plus positives que nous possédons "ir le siwrme et les œufs, et que j'ai précédemment expo- «os, le problème de la fécondation est loin d'être résolu ;
A() rilYSlOLUGlE hE l'ksVÈCE.
il est réduit, ilest vrai, en deux points seulement, mais cesont les points les plus ardus et les plus difficiles & pénétrer; à peu près toute la question est aujourd'hui de savoir : l"" dans quel organe, ovaire, trompe ou utérus, se fait la rencontre du sper* matozoTde et de l'œuf; 2"" quelle est la nature de leur contact, Tessencc de leur union.
1' Lieu où se fait la fécondation. — Les ovaires, les trompes et Tutérus ont été tour à tour regardés comme la scène sur laquelle se rencontrent le produit mAle et le produit femelle. Des expériences nombreuses et contradictoires ont jel^ la confusion sur cette partie du problème et Ton hésite à ac-corder sa confiance ou aux physiologistes qui assurent avoir trouvé du sperme jusque dans l'ovaire, ou à ceux qui nient l)ositivement la réalité de ces observations. Cependant, en lisant sans esprit do parti et dans le but unique d'arriver & la vérité la relation de toutes les expériences et les argument» de chaque adversaire, on ne peut se défendre d*un sentiment de préférence pour la théorie de Pouehet qui place dans l'utérus ou dans la partie des trompes la plus voisine de cet organe la rencontre di» Tœuf et du sporme. € La structure des trompes, dit-il, leur vitalité, et la nature dos zoospermes erapèchent de supposer que ce ï[u\(\Q(lr sperme) puisse remonter plus haut; et d'ailleurs le mucus infranchissable, qui remplit ces conduits oppose aux spcrmatozaires un obstacle invincible (I). »
L'ouvrape do Pouehet est trop conmi pour que j'analyse seulement les arguments et les expériences qu'il cite à l'appui de son opinion ; et, malgré la c^mmuniratiou de Costa (2) à rin^tilut, par la(|uoll<î l'autour répudie sa première manière de voir pour placer In sii^^t» do la fmMidatiori dansTovaire, je
0 ) Pouchi^t, Théorif pn$Hivt' ilr ioculalion H/Hjnttntrt» et de la fécom* dation. 1 vol. in-8, IHil), |>. tJH.
(î) Cosle, Acniémlfden ncimvvi, Msiiin* ilii ix) mai IK50.
46 i'UYSIuLuolt liL L LMi:« t.
on peut supposer que les vésicules de de Graaf s'ouvrent tout à fait à la fin de la période menstruelle : aussi Pouchet se croit-il en droit de pou\oir déterminer Tépoque à laquelle Tœuf est fécondé. Qu'on me permette de citer le (lassage de son livre relatif à ce point très-important pour nous : < La vésicule de de Graaf (car il n y en a presque couïtamment qu'une), qui doit émettre l'ovule, se développe pendant le cours de l'époque menstruelle. Puis, soit immédiatement après la cessation du flux cataménial, soit seulement lorsqu'il s'est écoulé un, deux, trois ou quatre jours après sa terminaison, cette vésicule s'ouvre et laisse échapper l'oMile qu'elle contenait.
> L'œuf est alors saisi par le pavillon, et il entre dans la trompe, qu'il parcourt avec lenteur. Je pense qu'il met ordinairement de deux à six jours à la franchir et à se rendre de l'ovaire dans l'utérus.
» Arrivé dans la matrice, il s'y trouve encore retenu de deux à six jours par la decidua exsudée à la surface de la muqueuse vers le déclin de l'irritation qui <uit l'époque menstruelle.
1 Si Tœuf n'est point alors imprégné de sperme, il ne se fixe pas à l'utérus, et se trouve enle\é avec la decidua; celle-ci tombe ordinairement du dixième au douzième jour, à compter de la cessation des menstrues.
» L'expérience ayant prouvé que, chez les mammifères, le fluide séminal versé à rintorieur des organes génitaux des famelles y conservait plus de trente heures sa vertu prolifif|M, il est probable qu'il en est de même sur notre espèce. Amn on rapprochement opéré un et peut-être deux jours •mot le passage de l'œuf dans l'endroit où il subit l'imprégnation peut-il devenir fécond.
» Mus tout rapprochement sexuel opéa^ après la chute sininltanée de la decidua et de Tœuf, et durant tout le temps
GÉNÉRATION. h9
qui sépare cette chute de l'inviision de la période menstruelle, fsl absolument infécond.
» Or, comme nous avons reconnu que la decidua tombait constamment du dixième au douzième jour de l'intermenslruation, il résulte conséqiiemment de ce fait que la ranceplion ne peut s'opérer que du premier au douzième jour qui suivent les règles, et que jamais elle n'a lieu après cette époque (1). »
M. Gourty, de son côté, sans être aussi afûrmatif que Pouchet, s'exprime ainsi : « Nous sommes porté à conclure que, en général, chez la femrae, la conception ne peut avoir lieu que pendant les huit à dix premiers jours qui suivent les rSgles (2). ..
Cette théorie est trèî-séduisante, il en faut convenir, et simplifie singulièrement le difûcile problème de la fécondation; mais malheureusement elle est en désaccord avec l'observation journalière, qui montre la possibilité de la conception, chez la femme, à toutes les époques de la période iutermenstruelle, et quelquefois l'inutilité du coït aux époques filées par Pouchet et Courty comme les seules propres & la iëcondatiou.
Goste a cherché à aplanir ces difficultés, et, pour répondre ili dernière objection, il assure que le travail de l'ovaire peut tire incomplet malgré la régularité des règles, et que la vésicole, parvenue à un certain degré de développement, peut fesler quelque temps stationnaire, puis avorter sans se rompre.
Cependant, quoiqu'on ne puisse admettre d'une manière absolue la théorie de Pouchet, i! faut reconnaître qu'elle n'e-t
I') Pnuchel. Théorie positive dr l'ovulntîim spontanée et de ta (écon- ^"1*. p. 374-275.
(i| Courly, De l'œuf et de son déeeiopiiemeiit dunn l'ctiiiéce humaine,
IWDBACD. i
62 PUTSIOLOGIE DE L*ESPÈCE.
tion génératrice apparaît, ces dissemblances se montrent plus prononcées et plus caractéristiques : chez la jeune fille, une hémorrhagie périodique se produit ; les seins se développent, leurs mamelons deviennent plus larges et plus gros; Tauréole, qui était rosée chez les blondes et jaun&tre chez les brunes, devient, dans le premier cas, d'un rouge sale, et dans le second, d*un brun plus foncé; le mont de Vénus acquiert plus d'élévation et de largeur ; les poils qui le garnissent deviennent plus roides, plus frisés et plus foncés en couleur; chez l'homme, les formes perdent leurs contours et devien- , nent anguleuses; la barbe crott à la figure, et des poils se montrent à la poitrine, aux aisselles et sur les membres ; la voix devient grave, la marche plus assurée, et la raison tempère la fougue de l'imagination.
Et la preuve que tous ces changements sont dus à Téveil de la fonction génératrice, c'est que, chez les castrats, le système adipeux l'emporte sur le système musculaire, et conserve aux formes extérieures ces contours moelleux qui sont l'apanage de la femme; leur figure ne se garnit pas de barbe, et les poils manquent aussi ou sont rares et mal plantés aux autres parties du corps ; chez la femme stérile, au contraire, par atrophie ou absence congénitale des ovaires, des poils naissent sur la lèvre supérieure et au menton, et ses habitudes extérieures ont tellement perdu le cachet du sexe féminin, qu'elles lui ont valu chez les anciens le nom de virago, et chez nous oolui à'hommasse.
Des changen^®"*^ analogues, mais en sens contraire, ont
twalomont lieu lorsque la fonction génératrice est éteinte. Chez
Jotf doux sexes, les formes gracieuses qui les distinguaient
a'efflaeent peu à peu sous des rides nombreuses; les cheveux
et les poils accusent Tafifaiblissement^des forces vitales par leur
chute ou leur changemeQt de couleur ; les fonctiong digestives,
Pi^& languissantes, ralentissent la circulation et diminuent,
HAFtHJHTS D£ LÀ. FQHCTIOB GÉMËIlATBIClf, ETC.