RAPPORTS AVEC LA VIE AMUAI.E
tion, en un mot à la partie intellectuelle de notre être. La femme violée ou contrainte au co!t avecun homme que son cœur repousse est passive dans l'acte qu'elle laisse accomplir sans volupté; cependant le stimulus extérieur ne lui a pas manqué : les frottements de la verge contre ses parties génitales ont eu lieu, et ces frottementsqui,end'autres circonstances, l'eussent plongée dans le ravissement, la trouvent maintenant froide et insenùbte, parce que l'incitation morale lui a fait défaut. On a dit que les préludes du coït valaient mieux que le coït luimême, et cela est vrai jusqu'à un certain point, parce que la perte de la semence d'un cdté, et l'arrosemmt du museau de tanche par le sperme de l'autre, en noyant la raison dans la tempête qu'ils excitent, lui enlèvent la conscience du stimulus intérieur, et ne lui laissent qu'une conception troublée et affaiblie des sensations vénériennes.
L'&me, le sens intime, l'intellect, comme on voudra l'appeler, et qui comprend l'imagination, les facultés attracti\es et répulsives, a non-seulement des rapports très-intimes avec le généùque, mus encore est indispensable à son exercice. Ces rapports, auxquels je reviendrai tout-à-l'hcurc, ne se bornent pas à la partie immatérielle de notre âme; ils existent aussi avec sa partie matérielle, si je puis ainsi dire, avec le cerveau, que les pbilosc^hes et les physiologistes s'accordent à lui donner pour siège.
Par l'exaltation momentanée que révèlent les facultés morales sous l'empire des désirs vénériens ou du coït , on peut conclure que le cerveau prend une large part à l'acte de ta copulation, et que, pendant l'exercice de cette dernière, il est le siège d'une congestion passagère, d'un afflux plus considérable de sang; c'est ce qui arrive assez fréquemment chez les vieillards, pour qui des épanchemenis sont plus h craindre, & cause de l'inertie de réaction de la force vitale. De plus, les excès de coU et l'onanisme sont presque
6S PHYSIOLOGIE DE l'eSPÈCE.
toujours suivis de céphalalgie, de vertiges, d'hallacinatioiis^ quelquefois même de dégénérescence du cerveau, notamment de la suppuration et de Tinduration. La compressioa des testicules occasionne une stupeur qui peut devenir mortelle, comme des faits trop nombreux l'ont prouvé, et qui a été mise à profit pour se rendre maître des animanx les plus indomptables. Le cerveau lui-même ne réagit pis moins sur la fonction génératrice : on a vu la lubricité tee produite par renfoncement des os du crâne, par rhydrocéphaie ou le ramollissement du cerveau, tandis que Timpuiasanee venait à la suite de plaies de tète ou de la snppuraticMi de l'encéphale; enfin Burdach assure que l'hydropisie chnnûqiie des ventricules occasionne l'imperfection du dévelof^ment des organes génitaux, le peu d'abondance des règles et Tal^ sence de désirs vénériens (1).
Mais de tous les points du centre encéphalique, le cervelet est celui qui entretient avec la fonction génitale les raj^iorte les plus intimes. C'est Inique Gall avait noté comme le si^ du sens génésique; et, en effet, le développement du cervelet et des muscles de la nuque est presque toujours en proportfan directe avec Ténergie de la faculté procréatrice, car tandis çue Ton trouve la nuque large et bombée chez les individus qui font preuve d'une grande virilité, on la constate étroite et aplatie chez les hommes et les animaux qui ont subi la outration.
Plusieurs fois je suis parvenu à calmer le priapisme ou à éteindre des érections fatigantes au moyen d'applications froè* des à la nuque, tandis que, d'autre part, Serres a démontré, par une série d observations, qu'un épanchement du saiigfeo cervelet s'annonce par une turgescence des parties génitales,
(1) r>urdach, Vom Bau undLeben des Gehims. Leipcig, f9S5, I. ÏÏU p. 75.
RAPPOKTS A^-EC LA TTE ATTHALE. 09
qui est parfois accompagnée dt potlutions, et qui dure mtoie après la mort. La pathol(^ie est remplie d'exemples de pareille» isympathies, et Burdach prétend mêmeqoe les «kères deia matrice font naître des douleurs h l'occiputet des spasmes dans )b nuque (1).
La mofille épiniëre, dte aussi, entretient avec la bculté'génitateles relations les plus intimes. Depuis Hippocrate, qui l'a si admiraUement décrite, tout le mondeconnnU la consomption dorsale qu'entraînent les excès vénériens et l'onanisme. La suppression des r^les détermine quelquefois dans cet or> gane des congestions , des phle^miisies, des épancïiements de sang; et les oi^fanes génitaux se flétrissent lorsque le cordon rachidien est frappé dephthisie. Ces relations, qu'indiquent les notions anatomiques les plus superficielles, sont quelquefois invoquées par la débauche et la vieillesse avides de luxure, qui nberclieiit, dans ia flagellation, une énergie et des voluptés qui les fuient.
Les sens, qm sont sous une dépendance si complète du cerveau, partagent avec [lui les relations qu'il nourrit avec la fonction génitale.
La Tue, en portantM'âme l'image de l'autre sexe, éveille et exalte le sens génésiqiic. Les excès vénériens et l'onanisme diminuent ta facuitti risuclle, dilatent la pupille, ternissent le regard, et cernent TœîI d'nn cercle bleu et profond. Au moment du coït, la vue acquiert une telle sensibilité que la moindre lumière I7mprcssionne d'une manière désagréable.
L'odorat exerce sur les organes génitaux une action qne Ton ne peut méconnaître : l'odeur qui s'exale de ces organes est, ponr les deux sexes, un stimulus puissant; les courtisanes et lesroités se serrent, avec avantage, de certains parfums qne je nommeraî volontiers aphrodisiaques, tels que la vanille, l'Œillet, le girofle, etc.
0) Iturdach, Loc. cit., p. ifS.
(5i l'HYSlol.OiilE DE l'espèce.
L'ouïe agit quelquefois sur la fonction génitale d'une manière étrange. J*ai connu une personne dont le sens généâque s'éveillait au seul frôlement d'une robe de soie, et une autre à qui ce même frôlement produisait un effet tout contrure; il est vrai de dire que chez ce dernier individu la sensibilité générale était douloureusement affectée par la vue, le toucher ou le bruit de la soie, comme quelques personnes le sont par la peau veloutée de la pèche ou le brillant raboteux du satin. L'ouïe, après le coït, supporte avec peine le moindre bruit, et les excès vénériens déterminent des bourdonnements d'oreille et quelquefois la surdité.
Le goût n'a pas de relations directes avec la génération, mais ses organes accessoires, tels que les glandes salivaires et piirotides, la langue et les lèvres, en entretiennent de trèsintimes : tous ces organes entrent en turgescence quand les désirs vénériens se font sentir; le développement des glandes salivaires est en rapport avorrénergie génitale, et leur sécrétion augmente pendant le coït et à l'époque des i*ègles. Bu^ dach cite l'observation d'une mélancolie produite par des désirs non satisfaits, et guérie parla salivation. Souvent avec Torchito, quelle que soit sa nature, apparaît l'inflammation des parotides. Desportes assure que l'angine couenneuse amène parfois un état d'orgasme des parties génitales, même avant la manifestation ou après la disparition de la faculté procréatrice (1).
Le toucher a une telle influence sur le sens génésique, qu'il est, pour ainsi dire, le compagnoninséparable de la copulation, dont les baisers sont les préludes, le complément et la fin. La main de l'homme caresse avec volupté les seins et les formes arrondies de la femme, et ces attouchements envoient à Tâme des deux conjoints des excitations plus vives, quiap-
(1) Desporles, Revue médicale, 18i8, t. III, p. 18i.