‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité (volume 2)Chapitre 33 sur 106 · RAPPORTS AVEC LA VIE AMMALE · texte numérisé non relu

RAPPORTS AVEC LA VIE AMMALE

pellent la volupté et hAtent la formation d'un nouvel être.

Enfin, et pour en finir avec les organes dépendant des centres nerveux, l'appareil musculaire jouit do sa plus grande énergie pendant l'existence de la faculté procréatrice : sans force chez l'enfant et affaiblis chez le vieillard, les muscles sont flasques et pAles chez le castrat qui, comme triste compensation, est à jamais exempt de la goutte.

L'ime, dont j'ai déjii parlé tout à l'heure, a toutes ses facultés en rapports intimes avec la g/nération. L'acte procréateur trouve dans la joie et dans toutes les dispositions à l'allégresse une excitation heureuse, tandis qu'il est en quelque sorte paralysé par les chagrins, les soucis, ta crainte, ta frayeur et les préoccupations trop prononcées de l'esprit.

Le pouvoir de l'imagination est ici immense : c'est par elle que nùssent les désirs vénériens, que se produit l'érection, et que s'accomplissent plusieurs autres actes de l'appareil générateur. Pîchon rapporte qu'une femme de quarante-huit ans, dont l'âge critique axait passé depuis quatre ans et dont la sensibilité était lort exaitée, fut prise, en assistant à l'accouchemenl long et pénible d'une de ses sœurs, de douleurs semblablesàcellesdela parturition; que quelques heures après se déclara une héroorrhagie par les parties génitales, qui dura pendant plusieurs jours, et que trois jours après la cessation de cet écoulement les seins non-seulement se tuméfièrent, mais encore fournirent une sécrétion de lait (1). Si lapaissauce de l'imagination n'est pas en rapport direct avec l'énergie de la génération, on peut dire que la première ne peut guère exister sans la seconde, car on ne connaît aucune production intellectuelle portant le cachet de l'originalité, qui soit émanée d'un eunuque.

La raison, cette faculté mère, si je puis ainsi m'exprimcr,

(1) Archivée genéitUes de médecine, t. XVU, p. 125.

nOUBAUD. 5

dans laquelle viennent se confondre la mémoire, le jugement, la volonté, etc., entretient elle aussi des relations réciproques avec la faculté génitale. Les imbéciles, les crétins surtout, s'adonnent ardemment à Tonanisme (1), et les excès vénériens ou la masturbation conduisent ceux qui s'y abandonnent tantôt à rimbécillité, tantôt à la manie du suicide, et tantôt à la démence (2).

Le caractère n'est pas à l'abri de Tinfluence de la génération : l'impuissant et le masturbateur tombent dans une mélancolie profonde, deviennent timides, sont faibles de volonté, montrent de l'indifférence pour tout, et nourrissent un amer dégoût de la vie* (3) ; les eunuques sont pusillanimes, lâches et ne savent pas mourir ; Riclierand a fait la remarque que les amputés de la verge sont pris d'une mélancolie qui les dispose éminemment aux fièvres de mauvais caractère, et les conduit souvent à la mort, tandis que les hommes auxquels on coupe un membre supportent gaiement cette mutilation (4) .

Enfin, et pour en finir, le génésique développe chez les deux sexes le sentiment de la sociabilité, puisqu'il exige le rapprochement de deux individus. C'est également sous son influence que se perfectionnent les peuples, et que la civilisation marche toujours vers de nouvelles et plus brillantes destinées.

(1) Esquirol, Maladies mentales^ t. II, p. 353 et suiv. (4) Esquirol, Maladies mentales, t. II, p. 219. (3) Vourn\ei\ De l'onanisme, causes j dangers, inconvénients pour tes individus, la familh et ta société, 2« édil. Paris, 1876. ( Sj Richcrand, Diction, des sciences médicales, t. XL, p. 193.

CIRCONSTANCKS l-IUËRE.NTES I

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