‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité (volume 2)Chapitre 36 sur 106 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

IMPUISSANCE PAR VICE DE CONFORU ATION § 1. — AnoBialles de hi ▼crfc.

Absence de la verge. — Ce vice de conformation, très-grave au point de vue qui nous occupe, est heureusement peu fiiquent. Schenk (1) et Cattier (2) en ont rapporté deux obse^ vations, et Fodéré raconte qu'il a traité et guéri d'une incontinence d'urine un jeune soldat plein de courage et de vigueur, qui, avec des testicules bien conformés, n'ami à la place de la verge qu'un bouton, comme un mamelon, par lequel se terminait Turèthre. c II m*assura, ajoute Fodéré, avoir toujours été ainsi, et que ce bouton se renflait quelquefois en la présence des jeunes personnes du sexe, et qu'il en sortait par le frottement une humeur blanche (3). »

Un semblable défaut de conformation entraîne fatalement l'impuissance, mais n'est pas absolument une cause de stéri» lité. Il importe, en effets que le bouton, le mamelon, en un mot la saillie du corps caverneux remplaçant le pénis, ait une ouverture extérieure communiquant avec les organes spermatiques, bien conformés d'ailleurs, pour que la fécondation s'accomplisse ; car il suffit, dans quelques caSj que le fluide

(1) Schenk, Obs, ntvd.j 1. IV, c. ix.

(2) Isaaci Catticri, Obs. med, Borello communicat., obs. XIX.

(3) Fo<léré, Médecine légale, t. I, p. 3G4

AlfOHALIES DE LA VERGE. 01

séminal soit déposé à l'entrée des organes génitaux féminins^ et qu'un certain éréthisme, comme nous le verrons ailleurs, existe chez la femme. Aussi OrGla , d'accord ici avec la plupart des auteurs, tout en reconnaissant la possibilité de la fécondation, repousse-t-il l'accusation de viol portée contre an individu atteint de ce vice de conformation (1). Cependant le pénis peut manquer complètement sans qu'il y ait même trace du canal de l'urèthre, comme dans l'observation suivante prise dans la clinique d'un de nos grands chirurgiens. « Une sage-femme est venue consulter Néiaton sur le seie d'un enfant qu'elle apportait ; elle était très-embarrassée pour déclarer son sexe à l'état civil.

■ Cet enfant, qui étoît né depuis deux jours, était parfaitement bien conformé et tétait très-bien. Le scrotum était & la place où il se trouve habituelleoient, mais il y avait absencecomplète de pénis; à sa place, il n'y avait pas de traces, il n'y avait pas de cicatrice. On ne savait pas ce qui était contenu dans le scrotum : était-ce la vessie ou les testicules 7

« Après un examen attentif, Nélaton reconnut que c'étaient les testicules qui se trouvaient dans les bourses. Ils étaient bien à leur place, mais du côté gauche, il y avait un épanchement de sérosité dans la tunique vaginale; il y avait une hydroctde. C'était donc un garçon.

( L'enfant se portait bien, ne paraissait nullement souffrir de l'absence d'un organe aussi important qtie le pénis ; il fallait donc quel'urine s'écouifltpar quelque endroit.

t On examina à cet effet l'ombilic pour voir si l'urine ne sortait pas parla; car c'est presque toujours, comme chez le bœuf, par l'ouraque resté perméable , que l'urine sort quand le pénis est imperforé ou manque complètement ; mais le cordon ombilical ne présentait rien d'anormal, il était ce

(l)Orfilo, Médecine légale, m, p. in, l"8-

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qu'il est naturellement deux jours après la naissance, flasque, mou, tombant sur le ventre; la ligature était intacte. Il était donc certain qu'il ne donnait pas passage à l'urine.

( Ce liquide ne pouvait sortir que par la ^'dernière voie qu'on n'avàil pas explorée, le rectum. On questionna la sagefemme à TeOet de savoir comment étaient les selles de renfant; elle répondit qu'elles étaient toujours liquides et smblaient contenir de Turine. 11 n'y avait plus de doute : c'était donc par le rectum que la vessie se vidait. Il y avait une communication entre ces deux cavités, une espèce de cloaque où se mélangeaient l'urine et le mcconium« pour être ensuite expulsés par l'anus (1). »

Dans de pareilles circonstances, en admettant que Tenbiit atteigne l'Age adulte, non-seulement le coït, mais encore h fécondation sont impossibles.^

Quoi qu'il en soit, la médecine est impuissante et la chirurgie est désarmée devant une semblable infirmité ; il n'est pas au pouvoir de l'homme de suppléer la nature dans les fonctions de la vie plastique.

Dimensions extrêmes du pénis. — Ces dimensions extrêmes peuvent être en plus ou en moins.

Le développement excessif de la verge n'est pas généralement admis comme une cause d'impuissance, et si quelques auteurs lui donnent ce caractère, ils ont soin d'ajouter que rimpuissance n'est alors que relative. Sans doute, à ne considérer que l'acte copulateur en lui-môme, le volume trop considérable du pénis, soit en épaisseur, soit en longueur, n'empêche pas rigoureusement l'exercice de cet acte; mais si l'on fait attention que le coït doit être, pour les deux sexes, une source de voluptés et non de douleurs, on conviendra que le but proposé est rarement atteint dans de pareilles circonstan-

(1) Gazette des hôpitaux^ 28 janvier i85i, n« 12.

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