‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité (volume 2)Chapitre 53 sur 106 · DE LA GÉNÉRATION · texte numérisé non relu

DE LA GÉNÉRATION

A. — Anomalies de la vulve.

Je comprends sous le nom de vulve : l^louverlure infc* rieure du canal vaginal ; 2" les grandes et petites lèvrw; î*k clitoris. — Je laisse à dessein, comme ne rentrant pas dans mon sujet, le méat urinaire qui s'ouvre, comme on le sait, au milieu des nymphes.

J'exaniinerai séparément les vices de conformation des di* vers organes qui comi)osent la vulve ; maisjedois, avant d'alltf plus loin, signaler une anomalie excessivement rare, et qu> 8*accompagne, h)rsqu'elle existe, de malconformatioiis trèr' graves des organes internes de la génération; je veuxpariei de l'absence complète de la vulve. Les annales de la science offrent très-peu d'exemples de ce vice de conformation, daKBs^ lequel n*e\islenl des traces ni des grandes ni des {petites iê^ vres, ni du clitoris, ni de l'ouverture vulvaire, et daiw lequ^

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cette partie présente une surface unie, sans poils, et comme la continuation de l'abdomen.

Il suffit d'indiquer, sans s'y arrêter davantage, l'existence possible de cette anomalie, car, en de pareilles circonstances, la médecine est désarmée et l'abstentioii est la seule resîiource de notre art.

!• Anomalies de Couverture vuhaire. — Ces anomalies consistent surtout dans l'oblilération complète ou dans un simple rétrécissement de l'ouverture; mais au point de vue où nous sommes placé, il importe peu que l'occlusion soit entière ou partielle, pourvu qu'elle soit suffisante pour empêcher l'introduction de ta verge dons le vagin.

Sans doute, sous le rapport de la santé générale dépendant de la rétention mécanique des règles, ^i je puis ainsi dire, la distinction à faire entre ces deux états pathologiques est importante; car si le simple rétrécissement qui permet au sang cataménial de s'écouler au dehors, ne réclame pas inipérieument l'intervention de l'art, il n'en est pas de même de l'oblitération complète qui peut mettre en danger les jours de la malade, maïs qui, dans tous tes cas, s'uccompagne de symptômes étranges et toujours doulonreux.

Je ne ferai de l'occlusion complète et du rétrécissement de l'ouverture vulvaire qu'une seule anomalie, parce que, ii notre point de vue, les conséquences amenées par chacun de ces deux étala sont identiques, c'esl-à-dire que l'un et l'autre s'opposent à l'entier et facile accomplissement de la copulation.

L'occlusion de l'oriflce vulvaire peut dépendre ou des parties dures ou des parties molles.

Dans le premier cas, elle s'accompagne toujours d'une vicieuse conformation du bassin, caractérisée surtout par une dépression considérable du pubis. Quelquefois le bassin est bien conformé, et ce sont des e:iostoses qui obstruent l'entrée du conduit vaginal ; maifi comme j'aurai plus loin Vocc-m'oo

de parler des exostoses accidentelles, je reviendrai, à leur sujet, sur les exostoses congénitales. Quant aux vices de conformation du bassin, il faut se résigner à ne rien faire, le mal est audessus des ressources de notre art.

L'occlusion de la vulve par les parties molles a son siège, tantôt aux lèvres génitales, tantôt aux parois mêmes de rorifice vulvaire, et tantôt à la membrane hymen.

Je vais rapidement examiner chacune de ces variétés.

Lorsque l'occlusion, qu'elle soit complète ou incomplète, dépend des lèvres génitales, leur adhérence peut être médiate ou immédiate.

La première de ces variétés n'est pas signalée par les auteurs; cependant, quoique infiniment plus rare que radiiérence immédiate, elle se rencontre quelquefois, et, pour mon compte, j'en pourrais citer un ou deux exemples. Dans ces cas, il existe entre les deux petites lèvres une membrane plus ou moins résistante qu'il ne faut pas confondre avec l'hymen, car on retrouve celui-ci, quand il existe, au fond de la vulve, après la déchirure delà première membrane.

La membrane supplémentaire n'a ordinairement que quelques lignes d'étendue, est plus ou moins épaisse, et occupe tantôt la totalité et tantôt quelques points seulement de l'ouverture vulvaire. Il est toujours facile de la reconnaître soit à l'espace qu'elle laisse entre les deux petites lèvres, et qui permet de glisser entre elles le doigt ou une sonde cannelée, soit à la résistance moins grande qu'elle oppose à la pression.

Quand l'adhérence des petites lèvres se fait d'une manière immédiate, leurs parois, ainsi que le dit Amussat, sont collées ou soudées, comme chez les jeunes garçons dont le prépuce est adhérent au gland.

Mais quel que soit le mode suivant lequel l'adhérence s'établisse, il est d'une saine pratique d'opérer de bonne heure le débridement ; cependant lorsque le canal de Turèthre neparli-

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cjpe pas & l'oblitfSntion, le cbinirgicn, qui a par devers lui un temps assez long, pçut attendre l'époque qu'il croit la plus convenable, quoique les fuits cités par Amussat ne laissent aucun doute sur le succès de l'upéiation pratiqui^e de bonne heure, puisqu'il a pu déchirer les adhérences pendant le sommeil de l'enfant, et sans que celle-ci s'aperçût même de la présence du cliinirgien.

Amussat est d'avis de proscrire le bistouri de ces sortes d'opération, surtout chez les très-jeunes flUes. Il suffit, selon lui, d'opérer des tractions pour décoller les membranes muqueuses, et il dit avoir employé deux fois ce procédé avec un entier succès (1).

Quand on songe à l'analogie qu'Arnussat établit lui-même entre les adhérences des grandes lèvres et celles du gland et du prépuce, on se demande, ^i dans les deux faits qu'il cite dans son mémoire et auxquels je viens de faire allusion, ce praticien n'aurait pas eu afl'aire ii des adhérences médiates, aiixquels-cas la membrane supplémentaire se déchire'en effet très-facilement, et d'autant mieux que l'obstacle est moins ancien.

Cesonttoutàla fois les termes delà comparaison d'Amussat et son procédé opératoire qui m'ont conduit, quand une occlusion vulvaire se présentait à mon observation, à y regarder de plus près, et finalement à admettre l'adhérence médiate.

Dans ce dernier cas, en elTet, il suffit d'opérer dos tractions pour obtenir la désunion ; mais si l' adhérence est immédiate, si les deux muqueuses sont collées ensemble, h la manière du gland et du prépuce, les tractions non-seulement sont insuffisantes, mais encore elles peuvent devenir dangereuses par les déchirures qu'elles sont susceptibles de déterminer aux lèvres. Il faut alors recourir à l'instrument tranchant.

(1) Amassai, Observation sur une opération <le vagin artificiel, lue A rAcadémic des sciences le 2 novembre I83ri, p. 28.

Quand rocclusion est incomplète, Topération est simple : il suffit d'agrandir une ouverture qui existe déjà. C'est un débridément que Ton pratique avec un bistouri conduit par la sonde cannelée, et dirigé quelquefois en haut, le plus souvent en bas.

Quand Tocclusion est complète, l'opération, sans être ausâ simple que la précédente, n'offre pas de très-grandes difficultés. On incise d'abord, couche par couche, les tissus qui se trouvent sur la ligne médiane, en suivant la direction du raphé périnéal, et quand un point de l'occlusion est ouvert, on termine comme si l'on avait affaire à une occlusion incomplète, et de la même façon qu'il a été indiqué tout à l'heure.

Il est inutile, ne faisant point ici un traité de chirurgie, de recommander de prévenir une nouvelle occlusion, déterminée cette fois par la cicatrisation des tissus divisés, en introduisant entre les lèvres de la plaie, soit une canule, soit une mèche de charpie, soit tout autre corps étranger.

Quand l'occlusion de la vulve a son siège sur les parois mêmes de l'ouverture de ce canal, la conduite à tenir est identique avec celle que je viens d'indiquer. Le débridement n'offre pas de particularité à noter, d'autant mieux que cette variété d'occlusion estrarementindépendante de l'adhérence des lèvres.

L'hymen peut être également la cause de cette occlusion ; son imperforation est tantôt complète, et alors la copulation et l'excrétion cataméniale sont impossibles ; tantôt elle est incomplète et forme simplement obstacle, par la résistance de son tissu, à l'accomplissement de l'acte copulateur. — Il est bien entendu qu'il ne s'agit point ici de fécondation, car la science possède plus d'un exemple de grossesse, avec un hymen dont l'ouverture presque imperceptible laissait à peine passer un stylet.

Quand l'ouverture de l'hymen est incapable de permettre l'introduction de la verge, et que les premières approches de

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rhorame n'ont pu l'agrandir d'une manière notable, il suffit d'un coup de ciseaux ou de bistouri, dirigé soit en haut, soit en bas, mais dans le sens de la ligne médiane, pour ouvrir un passage convenable et rendre ainsi possible la copulation.

Quand l'hymen est imperforé, au lieu d'une incision longi» tudînale, il convient mieux de faire une ouverture en T, dont les lambeaux sont ensuite taillés, afin que par leur longueur ils ne rendent pas le coït, sinon réalisable, du moins douloureux pour les deux conjoints. On peut même, dans les cas d'imperforation incomplète, donner cette forme à l'ouverture artificielle, surtout lorsqu'on a à craindre que les lambeaux de l'hymen incisé ne se réunissent pendant le travail de la cicatrisation, ou ne restent durs et pendants, comme dans l'imperforation complète.

2** Anomalies des lèvres, — Je ne reviendrai pas ici sur l'adhérence des grandes et des petites lèvres entre elles, dont je viens de parler ; je ne m'arrêterai pas davantage à l'absence ou à la petitesse de ces organes, parce que ces anomalies n'empêchent point la copulation, et je n'indiquerai, comme vice de conformation susceptible de s'opposer au rapprochement sexuel, que le volume, quelquefois énorme, que présentent les petites lèvres.

Ce n'est guère que dans les pays chauds, et surtout en Afrique, que les petites lèvres acquièrent ce développement considérable; dans ces contrées, l'excision de ces parties constitue une règle d'hygiène comparable à la circoncision, et, de même que cette dernière opération est sortie du domaine purement chirurgical, l'ablation d'une portion des petites lèvres est la spécialité de certains hommes étrangers à notre art, et qui s'en vont par les rues en criant : Quelle est celle qni veut être coupée (1) ?

(I) Amb. Paré, Œuvres complètes, I. III, p. 10, éclil. de J.-F. Malgaigne. Paris, 1841

penchants contre nature, et que les tribades n'ont, dans b conformation de leurs organes sexuels, rien qui les distingoc de ceux des autres femmes (1). S'il m'était permis de me citer après Parent-Duchâtelet, je dirais que les hasards de la Tieoo les nécessités de ma profession m'aj ant fait connaître pluâean tribades, je les ai très-attentivement examinées et n'ai signilé chez elles rien d'anormal dans les parties externes de la génération. Seulement, elles étaient à peu près toutes remarqoiblés par une absence à peu près complète des seins et par un penchant très-prononcé pour Téquitation.

Assez généralement les tribades éprouvent de réioignement pour le commerce des hommes, et sont frappées à leur endroit d'une sorte de frigidité qui légitime les courtes considérations que je viens de présenter et sur lesquelles j'aurai à retenir plus longuement ailleurs.

Il faut que le clitoris atteigne des dimensions assez considérables pour s'opposer à la copulation, et si l'excision n'en étai pratiquée que dans ce but, elle serait à coup sûr, dans nos contrées, une des opérations les plus rares de la chirurgie. Mais il est incontestable qu'un clitoris volumineux, exposé dans la marche à un frottement continuel de la part des vête ments, ou par toute autre cause, entretient un orgasme q« peut conduire la femme à la nymphomanie et à toutes les ficheuses conséquences qui en découlent.

Quoi qu'il en soit, et quel que puisse être le but que Ton se propose en excisant le clitoris, l'opération est tr^s-simjfc Si l'organe est volumineux, on le prend avec la main gauch et on le tranche d'un coup de bistouri, et s'il est moins fort» on le saisit avec une pince, et on en opère la section, soitatec un bistouri, soit avec des ciseaux. — Il ne convient pas, dans

(i) Paront DiubAlclol, Di' la prosUtutiondnns la taille de Paris- Pan^» t. I, p. 220 (M suiv.

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