DÉFAIT D INTH0MISSION. — ANOMALIES DU VAGIN
Tntcntion de prévenir une hiimorrhagïo que l'on peut arrêter hec la cautérisation, de lier l'organe, et d'en déterminer ainsi mortilïcation et la ciinle. Ce procédé, outre qu'il est long et buloureiix, ejijwse à des accidents de gangrène qui ne sont a à craindre avec l'emploi du bistouri et des ciseanx. SI une mwce d'hémorrliagie existait réellement, et si le clitoris était sez volumineux, on pourrait lier ou tordre lesartérîoles qui imententcet organe. Mais, je le répète, la glace, etau besoin C4titÉris8lion,ré|)ODdent, dans la presque totalité des cas, à Uesles indications.
B. — Anomalies du vagin-
Les anomalies du vagin sont nombreuses et fort diverses ; otes Dc constituent pas une impossibilité radicale à la copulion, mais celles qui la permettent encore la rendent ou douorettseoudifâcile.
Pour mettre quelque ordre dans l'examen des vices de cooition de cet organe, je les classerai sous les cinq chefs incipaux suivants M" absence du vagin; 2° rétrécissements;
obturation; â° bilidité; 5° communication avec les organes lîsins.
OuclquPi-uns de ces vices de conformation s'opposent à la Bondstion, d'autres, au contraire, permettentencore cet acte, «is apportent plus ou moins de difticultés à la sortie du prolit de la conception.
On me permettra, pour ne pas scinder cet article intéres- Bt, d'anticiper sur la partie de cet ouvrage consacrée à la Sriiité de la femme, et d'indiquer à chacune des anomalies
je vais examiner les particularités qui s'y rattachent. Absence du vagin. — Si on se rappelle que le vagin est armé, dans sa partie utérine, par le creusement en canal des Dnduits de Muller, et dans sa partie vulvaire, par la résorption
du feuillet tégumentaire et la perforation de la partie périnéale du cloaque, on comprendra que Tabsencc du vagin pcri présenter, et présente en effet les trois variétés sui\antes:
1* Absence complète de l'utérus et du vagin, avec eitdteMl normale des parties génitales externes ;
2"" Occlusion et absence de la partie inférieure du \9^ avec i[itégritô de Tutérus et parfois aussi de la portion utéi du vagin ;
3* Terminaison du vagin en cul-de-sac à une profonde^ plus ou moins grande, avec absence ou atrophie de Tiité
Dans cette dernière variété comme dans la prenii(*re,U annexes de la matrice peuvent également manquer partieOij ment ou d'une manière complète.
Lorsque l'utérus manque ou est atrophié, les rèples défaut, et il ne se forme pas une accumulation de sang peut mettre en danger la vie de la malade et qui, dans les cas, est la cause de souffrances périodiques. Dans ces à constances, alors que la procréation est impossible et qu'il o a ni douleurs à soulager, ni existence à sauvegarder, le rurgien doit-il tenter une opération dans le seul but de lité la copulation ?
K\idemmenl aucun chirurgien honnête ne se prêtera à désirs de débauche ; mais il i)eut y avoir des occasions où ïk manité lui fait un devoir de conserver au moins h de maibei* reuses femmes le titre d'épouse, alors qu'elles no peu\entil^ pirer à celui de mère. Sous ce rapp:)rt M. le professeur Iji Fort donne de sages conseils qu'il imi)orlc de livrer aux médita tions du praticien : c II est des circonst«mces où uneopératNl de complaisance est presque une opération de nécessité, A: nous coinmissons des cas où le chirurgien a dû se rendre tfl désirs de samalaJe qui, tout en sachant bien ne {>ou>ùirptf devenir mère, voulait au moins rester éj)0use, ce qu elle nivait pu encore devenir dans l'acception roatérîelle du mol;
DÉFAUT d'intROMISSIÛK. — ANOSlALtES DU VACH*. 397
nous conaaissoDs même un cas, où un chirurgien des plus expérimentés a du céder aux prières et aux larmes de sa malade, créer un vagin artificiel, en ouvrant le canal del'urèthre jusqu'au col vésical esclusivcment, de telle sorte que ce vagin arUGciel n'avait pour aboutissant que la vessie.
» L'humanité dans ses défaillance^, exige quelquefois, b. l'insu de celui qui les provoque, des résolutions héroïques de la part d'une épouse. Le chirurgien doit-il se faire le sauveur ou le complice de la malade qui l'implore ? Il n'y a pas ici de i^les à poser, c'est dans chaque cas particulier une question , de circonstance que le chirurgien doit juger dans sa con- . Bcieoce (1). »
Ainsi donc, si la matrice manque ou est atrophiée, si \hs , règles font défaut, et si la santé générale est bonne, tout se réunit pour s'opposer à une opération ; le chirurgien, sauf les cas où l'humanité lui commande d'agir, ne doit jamais compromettre son art pour faciliter un coït dont le but final, la fécondation, ne peut être atteint.
Quand la matrice existe, mais lorsque les menstrues n'ont donné aucun signe de leur présence et que la santé générale n'est pas altérée, la prudence et l'honneur de l'art exigent une sage réserve; la temporisation me semble alors de toute rigueur.
' Enfin quand l'utérus existe, quand on peut en constater la présence, soit par le toucher rectal, soit par la palpation abdo< minale, et quand les règles, retenues dans son intérieur, l'ont forcé à un développement anormal, il est de toute évidence, qu'îL moins de contre-indications trop formelles, l'opération doit être tentée.
(I) I.e V'ort, Det vices de confonniUion de l'utérus et dit vagin et des moyen» d'y remédier, thèse de concours pour lagrégalion. Paris, I8G1, p. lU.
398 I3fPUlSSANXE CHEZ LA FEMME. I
Mais après avoir bien limité les cas dans lesquels ropéraân 1 est praticable, les chirurgiens se sont demandé à quelle ^ 1 que Topération devait être entreprise. Il me semble qtfuM I bien grande incertitude ne peut régner à cet égard. Si lechi- 1 rurgien, averti de bonne heure, opère avant l'entier déi^dop- 1 pement des organes, il double les chances malheureuses è 1 l'opération, en augmentant les facilités d'intéresser ie re<^ I ou la vessie, et en se privant, comme point de repère pour 1 conduire le bistouri, de la tumeur sanguine produite par ks 1 règles accumulées dans la matrice. . I
Cependant, sll attend trop tard, c'est-à-dire s'il attend que 1 plusieurs mois se soient écoulés depuis l'établissement des 1 menstrues, l'opération, il est vrai, en sera peut être plus facile, 1 mais les accidents consécutifs seront à coup sûr et plus wat I breux et plus formidables. 1
Il convient donc d'attendre rapproche des premières r^lfô, 1 mais il importe aussi de ne pas temporiser au point de per 1 mettre leur accumulation dans la matrice. |
Une fois l'opération résolue, le chirurgien, avant de s'armer du bistouri, doit bien se convaincre qu'il va porter l'inslroment tranchant entre deux organes importants, très-rapprochés, et dont la lésion est toujours grave; on a vu la mort résulter de la blessure de la vessie, ou tout au moins s'établir des fistules très-difficiles à guérir.
Pour se mettre en garde contre de pareils accidents, les précautions les plus minutieuses sont indispensables : il faut d*abord introduire une sonde dans la vessie, et ensuite l'index de la main gauche dans le rectum, avec lequel on va à lare cherche de la sonde à travers les tissus dont on peut ainsi mesurer l'épaisseur ; de cette façon, on s'assure si roblilératîoo du vagin est complète, ou si ce canal forme le cul-de-sac qui reçoit le col utérin.
Dans ce cas, le cul-de-sac offre une résistance assez consid^
BÉPAtiT d'intromission. — ANOMALIES DU VAG1H. S99
rable par suite de l'accumulation du sang menstruel qui s'y
, est faite.
Quand toutes ces précautions ont été prises, et quand la vessie est vidée, l'opérateur confie la sonde à un aide, et laisse son index gauche dans le rectum, aSn d'avoir un guide dans la
■ Toie qu'il va tracer.
A quelques lignes au-dessous du méat urinaire dont la po- . BÎtion lui est indiquée par la sonde, le chirurgien pratique une
' incision dans le sens des lèvres génitales, et pénétre plus avant dans la direction du vagin, selon l'axe du petit bassin, et va h la recherche du col de l'utérus.
Cette partie de l'opération, véritable dissection, est faite leotement et avec précaution ; on comprend la prudence qui doit présider à chaque coup de bistouri, afin d'éviter les deux oi^anes entre lesquels on chemine, et pour ne pas intéresser le col de l'utérus lui-mônie. La main de l'opérateur, quittant le bistouri, doit souvent explorer la plaie et s'assurer de la position de la'sonde et de l'index resté dans le rectum. Si la nature des adhérences le permet, il vaut mieux déchirer avec le doigt le tissu cellulaire qui unit les parois vaginales, que de le disséquer avec le bistouri, car quelque attention que l'on apporte, on n'est jamais sûr de ne pas toucher la vessie ou le rectum.
Enûn, si le cul-de-sac existe, et si l'on a constaté l'existence d'une tumeur sanguine, il convient de ne pas ouvrir cette dernière par une large incision qui laisserait sortir tout à coup tout le sang accumulé. Vidal (de Cassis) propose de faire une petite ponction avec un de ces trocarts h robinet ou à soupape, qu'on a imaginés pour vider les empyèmes sans permettre l'introduction de l'air dans les cavités pleurales. Après l'écou-lement de tout le liquide, on fait usage de corps dilatants» pour agrandir le canal que l'on a creusé, et lui permettre de compléter ses parais.
Comme on le doit comprendre, le rétablissement du \igift est une opération excessivement grave, à ce point, Boyer, malgré les dangers que fait courir à la femme la riti tion du sang menstruel, conseille de s'abstenir, c J*ai vu tiquer trois fois cette opération, dit Vidal (de Cassis), el fois la mort en a été la conséquence plus ou moins prom{ Les malades ont succombé à une espèce de fièvre qui avtil! plus grande analogie avec la fièvre de résorption. Il qu*aprés Tévacuation prompte de Vhumeur qui était longtemps accumulée dans la matrice, cet organe ne re pas assez promptement sur lui-môme ; Taîr pénètre cavitr>; de là des accidents qui ont une grande analogie ceux qui succèdent à Tinerlie delà matrice après 1 écoule et a\ec ce qui arrive à la suite de l'ouverture de certains symptomaliques à larges poches (1). »
L'accident signalé piir Vidal, s'il n'est complètement \cnu, est au moins assez considérablement affaibli par la dilicalion que cet auteur lui-même propose, pour qu'il ne pas une contre-indication formelle à Togération.
D'ailleurs, à coté des cas malheureux notés par les au la chirurgie com[>te des succès qui peuvent au besoin en^ a lopé ration.
Mais si ces considérations étaient insufiisauti s pour tous les KTui)uIes, on pourrait recourir au procédé en ^ieurs te^ups qu'employa Amussat dans l'observation do: déjà parlé.
Voici ce procédé tel que le décrit Malgaigne : c Une fille de quinze ans el demi avait le vagin ol.litéré au dans les deux tiers de son étendue; au-dessus, les règl cmnulées formaient une tumeur fluctuante. La malade
(1) Vidul (de Cas!>i>), Traité de pathologie externe, t. Y, arl. in, l' «nlit. Paris, 1855.
DÉFAUT D'l?(TH0»nSS10\ . — AHOHAJ.IES DD VAGIH. 401
I plé préparée par lin bain, un lavement et un ralaplasme sur I la vulve, le cliirurgicn, armû d'une grosse sonde droite, en I appuya l'eslréinilé au-dessous de l'iirètlire, là où l'oriGce du n aurait dû se trouver, et poussa dans la direclion du va- B manière à refouler la muqueuse et à produire un léger ment. Il répéta celte manœuvre avec le pelit doigt, i avoir mi? au préalable nn nuire doi^t dans le rectum Aur servir de conducteur; !a pression fut douloureuse, mais 1^ efCcace, et l'impression du petit doigt resta. Pour mieuic Ueindre sor> but, il allîra alors le périnée en arrière, en le infant avec un doigt dans l'anus et le pouce dans la vulve, Didis qae, d'autre part, il cherchait à attirer en haut l'urène pour IVcarter du rectum et laisser plus d'espace entre m. Il resta lin Irou sans déchirure ni effusion de sang. Pour wserrer cette dilatation, on plaça dans ce petit enfoncement, I forme de doigl de gant, une éponge préparée. Trois jours ■fs, on répéta l'iotroduclion et l'impulsion du doigt; on ttrodubît detu doigis pour opérer une distension plijs forte; f eut en effet un véritabîe éraîllement dans la muqueuse e effosion de saii^. On reniitré[;onge préparée. Après cinq i tentatives ainsi laites à un ou deux jours d'intervalle, itnit créé un conduit artificiel de près de 6 centimètres de ir : aloi^, au fond de ce conduit, on dirigea sur l'inr on trocart qu'on plongea dans la tumeur. Fuis on pa lelxwart par le bistouri garni de linge dans les cinq fétm lame ; il n'y avait plus qu'une épaisseur de 1 2 t à traverser. Il sortit de 350 à 380 grammes et noirâtre. On introduisit dans ce vagin e gnsàe canule en gomme ébslique ; et après di- ( bgoérison s'acheva, et elle dure déjà depuis
la conduite d'Amussat, Malgaigne ajoutî nelle ; « J'ai eu à faire, poursuit-U ,
402 IMPUÏSSANCK Cm.t Î.A tEMMli.
une opération analogue sur une femme qui avait eu le vagin oblitéré à la suite d'un accouchement. Je commençai par ' diviser la cicatrice extérieure qui arrivait presque au niveau de la vulve; puis, après la première émission, je déchirai les parties avec l'indicateur poussé en avant, en élargissant la voie de droite à gauche jusqu'à ce qu'enfin je tombai daos une petite cavité où je reconnus le col utérin. 11 fallut maintenir le vagin dilaté pendant plus d'une année avec des tentes de gentiane ; mais enfin il persista et se prêta parfaitement aux relations conjugales. La femme n'est pas devenue enceinte jusqu'à présent (1). »
Nous venons de voir trois procédés mis en usage pour la création de vagins artificiels : 1"* le bistouri, 2» le décollement, 3' l'alliance du bistouri et des doigts.
Ce dernier procédé, procédé mixte, est le plus sûr des trois et est aussi celui qui a donné les meilleurs résultats.
Mais qu'on ne se fasse pas de trop grandes illusions ; quand on lit toutes les observations publiées, on acquiert la triste certitude que les résultats obtenus avec tant de peine ne sont pas toujours durables, et qiie l'opération doit ôlre recommencée au bout d'un temps plus ou moins court, à moins que les malades ne continuent longtemps l'emploi des moyens de dilatation.
Atrésie ou^ctroitesse du vagin, — L'altération de la capacité du vagin ne porte pas seulement sur son diamètre transverse ; toujours ce canal oblitéré ou rétréci a une longueur bien inférieure à celle qu'il présente dans Tétat normal ; les faits observes et rapportés par Baillie (2), Morand (3), Cail-
(i) Malgaigne, Manuel de médecine opératoire, G° édit., p. 702-703. Paris, 185i.
(*2) Baillie, Anatomie pathologique.
(3) Morand, Opuscules de chirurgie. Paris, 1768.
DÉFAUT b'iXTHOMISSIOFi. — ANOMAMKS DU VAOIH. â03
lot (l), Chaussier (2) ne laissent aucun daiitc h cet égnrd ; j'ai constaté moi-même cette diminution dans la longueur du vagin chez une Jeune Glle de dix-neuf ans, que t'étroitesse un cet oi^ane empochait de se livrer à la prustitiition.
L'étroitesse dn vagin est quelquefois limitée sur un point; mais le plus ordinairement elle occupe le canal tout entier. Nyslen a inséré, dans le Journal de médecine de Corvisart et de Leroux, une observation sur laquelle je reviendrai ailleurs, et de laquelle il résulte que l'orifice du vagin présent iit seul un resserrement énorme.
Mais, ainsi que je viens de le dire, c'est le plus ordinairement sur toute la longueur du canal que porte l'étroitesse ; les faits de ce genre ne sont pas très-rares ; je n'en rapporterai que deuï exemples remarquables, le premier par sa disparition naturelle, et le second par le traitement mis en usage et dont le succès doit engager à imiter l'auteur en de semblables circonstances.
Le sujet de la première observation, consi,anée dans les Mémoires de V Académie des sciences do Paris, est une jeune personne dont le vagin pouvait k peine admettre une plume k écrire. A chaque époque menstruelle, elle éprouvait dans la matrice une tension douloureuse très-furtc, et les règles coulaient avec une très-grande difficulté. Mariée à l'ùge de seize ans à un homme jeune et vigoureux, elle ne put recevoir ses embrassements, et, visitée par des médecins, elle fut déclarée par eux impropre à la copulation. Cependant, après onze années d'impuisssance et de stérilité, et sans quele vagin eût acquis une capacité plus grande, cette femme devint enceinte; son état, on le comprend, inspira les plus vives craintes, car on prévoyait que l'accoucliement serait impossible par les
(1> Caillot, Mémoires de ta Sociélé médicale d'émulation. (3) Cbansaîcr, Bulletin de la Faculté de tnédecine de Paris.
A0& nirutssANCK uikz la fkmme*
voies naturelles. Mais, vers le cinquième mois de la grossesse, le vagin commença d se dilater, et sur l.i fin, il avait ai-qui? les dimensions convenables pour pennettre la sorlie do l'eofant(l).
Ce fait est excessivement remarquable par la terminaisoD qu'il a présentée; il est peut-être le seul dans la science, ei en face d'une exception aussi rare il y aurait folio à s'absteoir et à com()tcr sur la nature.
Dans les cas de ce genre, il faut que lart intervienn'î,el je vais dire, en racontant le second fait que j'ai choisi, de quelle manière se doit faire cette intervention.
Le vagin do la femme en question était à ce point resserré dans toute son étendue qu'il pouvait à peine admeltre le tuyau d'une plurne à écrire. Mariée à un homme dont la force virile n'était pa.^ douteuse, cette infortunée ne put lui faire coûter les plaisirs de la couche nuptiale, et elle allait voir son ma* riage déclaré nul, quand lienevoli consulté mit en usajie la médication suivante : il employa d'abord les fomentations émollientes ; ensuite il irjtrodnisit un i)essaire de racioede gentiane dans toute la longueur du canal, comme s'il se fût agi d'ai;randir une fistule, et il augmenta jirogressivementle volume de ce pessaire jusqu'à ce qu'il pût le remplacer par U moelle d'une tige de maïs, et arriver ensuite à l'époniic préparée. C',»s diverses substances, en s'imprégnant des mucosités vaginales, se gonflèrent, dilatèrent progrossivemcol Vc vagin, et le rendirent apte à remplir ses fonctions (2).
Il suffit d'indiquer cette médication ponr que tout le mon«)^ en comprenne les avantages, et qu'en semblable occurrence o*^ suive l'ingénieuse et sage conduite de Benevoli.
Dans un cas pareil, Deniarquay se servit d'un cylindre crcu
^1) Mémoires de l Académie des sciences de Paris, {i) Van Swieten, Comment, in aphorism. Boerhaave, { 1290, Bojcr, Maladies chirurgicale^ \^ édit., t. X, p. 340
DÉFAUT n'lHTBOMI3SI0.V. — ANOMAMKS DU VAGIN. ^05
rnîistniît en buis, divisé en âc.vm valves, comme un spéculum, pt enveloppé d'une cliemise df caoutchouc vulranisii; quand le cylindre fut ctiRapô dans le rétrécissement, on écarta les valve;* au moyeu d'un mandrin dont on augmenta Ingrorseur k mesure que la dilatation de\eriait plus considérable, et lu malade guérit au bout d'un temps assez court.
Obturation du vagin. — Cette anomalie est constituée par la présence d'une membrane plus ou moins résistanle et placée plus ou moins liant dans l'excavation vaginale. C'est une véritable cloison qui coupe le vagin en deux : une partie supérieure et une partie inférieure. Nous verrons tout h l'heure, dans les cas de bifidité, cette cloison se diriger dans le sens vertical, et diviser le vagin en deux portions latérales.
La cloison obturatrice dont j'ai à m'occuper ici est tantôt incomplète et tantôt complète. La distinction, on le comprend, est de la plus haute importance sous le rapport de la stérilité.
Une des observations les plus remarquables de cloison incomplète qu3 possède la science est c?llc que rapporte J.-L, Petit.
Le sujet est une jeune femme que notre chirurgien avait examinée alors qu'elle était encore ûlle, dans le but de constater les dimensions du bassin. Après avoirreconnu la bonne conformation decettepartie,J.-L. Petit se refusa de visiter les organes internes de la gém'ration, ne voulant pas détruire les signes de la virginité.
La jennc lîlle s'étant mariée, et le motif allégué par le chirurgien n'existant plus, celui-ci reprit l'examen interrompu, et constata ce qui suit : < Je trouvai, dit-il, au-dessus de l'oriflce du vagin, une tumeur de la grosseur d'un œuf, laquelle s'élargissait en montaut ; comme la malade ne souffrait point, je portai mon doigt au-si avant qu'il mefut possible, et, comme si j'avais percé une poche, il sortit en ahondane^e ^1\\ ^^^^ft
&0ô IMPUISSANCE CHEZ LA FEMME.
rouge et fluide, puis des caillots noirs, et en pressant loutre,paco qu'occupail la tumeur je la vidai tout enlière ; puis, portant mon doii^t au-dessus, à droite et à gauche, je reconnu? que cette poche avait la forme d'un panier de pir/eon^ ayant son fond en bas, et son ouverture, qui était fort grande, était en haut, de manière que le sang menstruel, au lieu de sortir, tombait dans cette poche et la remplissait au point qu'elle formait une tumeur qui bouchait tout le vagin. Tout ce que je viens de dire se passa sans douleur. Pour remédier à cet accident, quoique la membrane qui formait cette poche eût Tépaisseur d'un écu, je fus d*avis de la fendre dans presque toute sa longueur; et si Ton m'avait cru, cette dame ne serait pas morte.
» On consulta à mon insu différentes personnes, qui rejetèrent bien loin l'idée de cette opération , et en firent une description telle, que la mère, le gendre et la fille en furent effrayés.
n On conseilla un pessaire, qui, introduit et placé à propos, au commencement des règles, presserait la poche et la tiendrait appliquée contre le vagin, pour empêcher qu'elle ne se remplît, pendant que le sang coulerait librement par l'ouverture du pessaire. Cette idée fut suivie. La malade eut ses règles ; le pessaire réussit parfaitement, et Ton crut la malade guérie. La dame devint grosse; la grossesse se passa sans incommodité ; raccouchement ne se passa pas de même ; la poche en forme de panier de pigeon, à laquelle on ne songeait plus, et dont la sage-femme ne fut point prévenue, retarda longtemps l'accouchement, et s'étant enfin déchirée, on tira heureusement l'enfant, que l'on trouva mort; mais la tête avait été retenue si longtemps au passage que la poche, le vagin et la vessie, qui avaient été fort comprimés contre le pubis, tombèrent en gangrène ; je fus appelé à ce désastre : le déchirement et la pourriture régnaient dans tout le vagin et la vessie,
DÉFAIT D'!STIIOMlafIO\. — AXOMAI.IES DU VAfilN, i07
et la gangrfene atlsqiiait même l'urùthre, le clitoris, les nymphes et l'intérieur des grandes lèvre;;, etc. (1). »
Cummc le voulait faire J.-L. Petit, qni se trouvait en [irésence d'une véritable valvalc, l'excision de la cloison est la seule ressource que l'art mette à notre disposition.
Quelquefois, surtout quand l'obturateur n'est ni trop étendu ni trop épais, on peut se contenter de le fendre en deux, soit avec les ciseaux, soit avec le bistouri, et les lambeaux, en se rétractant, se perdent dans les plis du vagin et ne sont plu3 un obstacle à la copulation et h. la sortie des règles.
Mais si la cloison est très-étendue, sans être cependant complète, et si elle est constituée par une membrane dure, épaisse, calleuse, il en faut faiic l'extirpation entière, opération qui, grAce au spéculum, n'offre aucune difCcuIté.
Quand la cloison est complète, c'est-à-dire quand elle produit l'effet dun diaphragme placé en travers du vagin, le diagnostic, surtout à l'flge où s'élnblisscnt les menstrues, ne peut s'égarer. Outre le sentiment de pesanteur que la malade éprouve du côté de la matrice, outre le développement de l'abdomen dû à l'accumulation du sang dans l'utérus, les règles, pressant sur la membrane qui forme la cloison, la refoulent eu bas, et constituent ainsi une tumeur fluctuante que l'on aperçoit & rentrée de la vulve quand l'obstacle est placé assez bas, mais que l'on reconnaît toujours en introduisant le doigt dans le vagin.
L'indication à remplir se devine.
Quelquefois le sang accumulé brise par son propre poids la membrane, et épargne ainsi au cfiirurgien un coup de bistouri ou de trocart.
Mais le plus ordinairement l'art est obligé d'intervenir et
(l)J--L ?elh,Œuvres comiiletcs. — Traité des maladies chirurg. Paris, IBil, p. 7y2, éJil, de hi liibiiolhèquc cliirurijîcalc.
de donner issue au liquide, sauf à couper ensuite les lambeau flottants dans le vagin.
Les exemples d'obturation vaginale sont moins rares qu'on ne pense : Ambroise Paré, Ruysch, Fabrice de Hilden, B&^ voli, J.-L. Petit en rapportent plusieurs, et Ton en rencontre un assez grand nombre dans les recueils et les journaux de médecine.
Bifidité du vagin. — Ainsi que je le disais plus haut, il cloison dont je viens de parler, au lieu d'être transversale, dîaphragmatique, peut être longitudinale, c'est-à-dire dans le sens de Taxe du vagin, et partager ainsi ce canal en deux po^ tions latérales. Cette cloison est tantôt incomplète et tantôt complète.
Elle est incomplète quand elle n'occupe pas toute la longueur du canal, qu'elle commence à un point plus ou moins éloigné de la vulve.
Elle est complète, au contraire, quand elle divise le vagin dans toute son étendue ; assez généralement alors, la matrice elle-même participe à cette anomalie, et présente une bifidité sur laquelle j'aurai à revenir plus tard. Dance a inséré, dans les Archives de médecine^ une observation de ce genre, recueillie sur une femme morte à l'Hôtel-Dieii, et à laquelle je dois donner ici une place, pour mieux faire comprendre le vice de conformation dont il s'agit : « Une membrane continue, dit-il, divisait le vagin dans toute sa longtieur, à partir du méaturinaireet de la commissure postérieure de la vulve jusqu'au milieu du col utérin. Cette cloison avait environ une demi-ligne d'épaisseur : elle était ferme, résistante, tapissée de chaque côté par la membrane muqueuse vaginale, qui se continuait de part et d'autre sans intemiplion. Le col de la matrice ne formait point de saillie apparente dans la cavité de ce double vagin; son extrémité inférieure était plutôt aplatie qu'arrondie ; à droite et à gauche de cette surface, on voyait
DEFAUT D INTROMrSSION. — A»0HALIE8 DU VAGIN. 400
deux simples trous de forme ronde, do la grandeur d'un petit tuyau de plume, n'élant point couronnôs par deu\ lèvres, ne présentant point l'apparence de fente transversale comme dans l'état naturel. Ces trous aboutissaient isolément dans une loge correspondante de la matrice, dont la cavité était ainei séparée eu deux par un septum médian. Vers les angles supérieurs de cet organe existaient deux prolongements latéraux d'un pouce et demi à deux pouces de longueur, ayani le volume du doigt, nue texture identique avec celle des parois utérines, dont ils étaient une continuation, uno forme arrondie et conoTdc, se terminant enfin par leur sommet en donnant naissance aux deux trompes. La longueur de ces derniers canaux était, à partir de ce point jusqu'à lenrs pavillons, aussi grande que dans l'état naturel. Le corps de la matrice avait un très-petit volume; sa hauteur, jointe ù celle du coi, était seulement de deux pouces; sa texture ne différait point de celle d'une matrice ordinaire; elle ne paraissait point avoir été en aucun temps le siège de la fécondation. Les ovaires étaient petits et comme ratatinés, l'urèthre et le clitoris bien conformés (1). » La biiidité, car, en définitive, c'est à ce point Je vue qu'elle nous intéresse, peii:.-elle empêcher la copulation? Rigoureusement, elle ne constitue pas une impossibilité absolue, un obstacle înfrancliisffible, niais à c est uno gène et une source non douteuse d'ennuis et de douleurs pour les deux conjoints. Une jeune femme, dont la bifidiLé du vagin était incomplète, pouvait se livrer à la copulation, il est vrai, mais avec de telles précautions qu'elle réclama mos soins pour être débarrassée de cette infirmité. La verge, en pénétrant dans le canal, heurtait quelquefois le bord inférieur de la cloison, qui était à peu prèi à deux travers de doigt de l'orifice vuhaire, et ce choc n'étiit pas sans douleur pour l'homme et surtout pour la femme ; dans
(I) DaDce, Archiva génénUes de médecine, ann. 1S29, l. XX, p. 538.
tous les cas, quel que fût le côté où se logeât la verge, la poèe vap^inale n'ayant plus <ino la moitié de sa capacité onlinaire, était distendue outre mesure, et cette distension faisait du coïl un sujet constant de souffrances.
A ne considérer que Tacte copulateur, Topportunité d'oM opération ne saurait être douteuse; mais quand la bifiditédo vagin se prolonge jusqu'au col de l'utérus et pénètre danscel organe, il peut être utile de s'abstenir et de laisser subsister un obstacle au coït, afin de prévenir les accidents ultérieurs qm déterminerait à coup sûr une grossesse ; en effet, le produit de la conception, en se développant dans une cavité trop étroite, s'il ne succombait pas lui-même, pourrait déterminer h rupture de la poche utérine dans laquelle il serait contenu, sans parler des douleurs nombreuses qui accompagneraient cette distension forcée; et puis, la cloison longitudinale partageant en deux, comme dans l'observation de Dance, fooverture inférieure de la matrice, on prévoit les diflicultés que présenterait l'accouchement.
Pour toutes ces considérations, dans les cas de bifidité dn vagin et de l'utérus, j'estime qu'il convient de respecter l'obstacle apporté par la nature à l'entraînement de la passion, et de considérer la cloison vaginale comme une sage prévisioo de la providence.
Mais quand la bifidité n'intéresse que le vagin, quand la matrice re^te étrangère à cette anomalie, on est autorisé à débarrasser la femme d'une infirmité qui, outre les ennuis donî elle remplit son existence, est, dans le cas de grossesse, 1* source de nombreux accidents au moment de la parturition.
Communication du vagin avec les organes voisins. — Le organes avec lesquels ces communications s'établissent sont l'urèthre, la vessie et le rectum ; elles s'opèrent par des solutions de continuité des parois vaginales, et constituent ainJ des fistules que l'art parvient souvent à guérir, comme les fc-
hékaut MfrmnsfissiON. — anojui.ies pi: vagi.v. H1
ilalesaccideiitelies, par des procédés divers que Jobert ^deLain-
]>alli>) (1) elM.Marion Sims onlsinguli&remeiil perfection iit^s.
Au point de vue exclusif de la copLilaliati, les fislulcs ne sont
pas dommageables, car le coït est toujours possible; seulement
JtioDS, en laissant sortir par le vagin, suit les urines,
■ excréments, soit les deux h. la fois, inspirent le dégoût,
iennent ain^i la source de répulsions morales.
Tt n'en est pas de même au point de vue de la fécondation
, ainsi que je le dirai plus loin, peut être profondément at-
rinte.
Dans d'autres circonstances, c'est le vagin imperforé qui
fouvre dans le rectum. Cette anomalie est assez rare, et de
reillcs observations, d'après Boyer, n'ont été fuites qu'un
e-petit nombre de fois ('!) : on en trouve un exemple dans
iJoitrnal des savants, année 1777, et un second dans les
témoires de Berlin, nnn^e 177/i, L'illustre secrétaire de l'Aca-
B chirurgie, Louis, en cite un troisième exemple sur
Sqneljc demande la permission de m'arréter un instant, ù
■use des circonstances qui t'accompagnèrent et de la discus-
ion à laquelle il donna lieu, et qui est fort peu connue.
Dans une tliëse soutenue sous sa présidence aux écoles de hirurgie, et dont les bibliophiles s'accordent à lui attribuer ipaternité, Louis raconte qu'une jeune Qlle, chez laquelle il l'existoit aucune trace des parties externes de la génération,
<l) Joberl, Traité des fklales vésico-utérinrs, vèsico-ttléi-o-vaginales, tnUro-vaginales et recto-faginales. Paris, IHbi.
{t) M. 1^ Port, dans su Ihèse de concours, Des vices de confoitnalitndt t'utérutet du vagin, 18G3, rappelle ijue Rnrbaut en cilu quelimpies dans sou TraHà d'iiccoachem'als, l. l, \\. 51); que Puïos et Grégoire assistèrent, >>n juin J73tl, à un accouchement en tout sem- Uiiile à celui rapporté par Louis; que Deïij^nis et Vermont furent tédVn accouchemenl opéré dans les mêmes <-■ irco as lances ; qu'enfin rapporte un cas {Archives générales de médecine, t. X, 1827), lequel il avnit cru d'abord avoir afTaire à une réleutlon meastruelle, luxlis qu'il s'agiisait d'une grossesse.
Ili2 IMPLlSSANCn ClilCZ LA FEMME.
était réglée par Tanus. Son amant, poursuît-îl, lui arnria Taveu de ce vice de conformation, et, dans ses transports amoareux, il la supplia de lui permettre de s'unir à elle par la seule voie qui lui restait : elle y consentit, devint enceinte et accoucha à terme, parTanus, d'un enfant bien constitué (1).
Comme conséquence de celte observation, Louis demauà aux casuistes si une femme, privée de vulve, était, oui ouoob, en droit de chercher dansTanus la voie de la propagation. Ls théologiens s'émurent, des cris de réprobation s'élevèrot contre le célèbre chirurgien qui ne tarda pas à avoir contie lui le Parlement et laSorbonne. Il fut interdît.
Cependant la question n'était pas neuve pour les casmst» et avait été, bien longtemps avant Louis, approfondie parles pères Gucufe et Tournemine. A ce problème : An imperforoU mulier possit concipere? les deux savants pères que jevieos de citer avaient décidé « qu'une fille, privée de la vulve en apparence, devait trouver dans Tanus des ressources pour remplir le vœu de la reproduction » . Sanchez, le fameux casuiste espagnol que tout le monde connaît, avait partagé l'opinion des pères Cucufe et Tournemine ; cependant, malgré cette unanimité de trois grandes lumières de la théologie, les papes avaient fait un cas réservé aux jeunes filles qui tenl^ raient cette voie.
(i) Voici en entier le texte même de cette curieuse obser?atioa € Alia imperforationis apparentis species hic manet recensenda de qvâ » non ita prideni Parisiis vidimus exemplum notatu dignum, vernacok
> in academiarum commcjitariis non tradendum, ob verecundiam de re » pudendâ s'îrvandam. Adolescentula in quâ nullum vulvse et vaginc
> vestigium, per anum purgationes menslruas paliebatur : eam tît 1 quidem adamavit, et huic quà data via se commisit, non tangen«b
> transiliens vada, quod alibi nefanda fuissel fœtidas in hoc casii fait 1 secundûm naturae intentum. Gravida enim facta fœtum tempore opp<K^
> tuno enixa est, lacerato ani sphinctore. In uxore sic dispositâ, uti f>$
> sit, vel non, judicent theologi morales ? > {De pariium exiemanut generationi inscrventium in mulierebiis, etc.).
IlÊFAlT d'intromission. — ANOMALIES MULTIPLES. AÏS
Louis, par sa question indiscrète : In uxore sic dispositd iH fas lit, vel non, judicent iheohgi morales? mettait donc «suspicion les décisions de Rome, et justifiait, jusqu'à un erlain point, les rigueurs exercées contre lui par la Sorbonne i le Parlement.
Cette affaire, on le comprend, ne se passa pas dans le huis los, et le problème, fort débattu en France, fut de nouveau anmis à la sagesse du souverain pontife. Le pape Benoit XIV, uï portait alors la tiare, plus philosophe et plus éclairé que es prédécesseurs, permit l'usage de la parte-poste dans le ïns du père Cucufe.
En présence d'une pareille décision et en souvenir du fait apporté par liouis, Pougens n'hésite pas à donner le conseil livant : « Les jeunes femmes stériles seraient peut-être au- HTÏsées, ou devraient, au contraire, tenter les deux voies, Dur s'assurer de la véritable route de la propagation (1). »
Comme on le voit, Pougens répudie cette maxime de la saasse des nations : Dans le doute, abstiens-toi.