ATROPHIE DES TESTICULES
Dans tous les cas, alors même que l'impuissance n'est pas complète et que l'atrophie testiculaire n'est pas très-prononcée, la liqueur séminale n*a plus de propriétés fécondantes ; l'intoxication suifo-carbonique amène au moins et à coup sûr U stérilité.
Nous avons vu précédemment que le phosphore est le médicament qui a rendu à M. Delpech le plus do services contre les accidents qu'il signale ; je ne puis que m'en référer à son expérience et répéter ce que j'ai dit ailleurs (I).
6" Causes diverses et inconnues. — S'il fallait en croire un fait rapporté par \\'ardrop, le système circulatoire ne serait pas saqs influence sur l'atrophie testiculaire. Cet auteur raconte que, chez un homme dont le scrotum ne contenait pins que la tunique albuginée, on trouva un anévrysme de l'aorte formé à l'origine des artères spermatiques qui étaient complètement oblitérées (2). Bien évidemment, ce n'est point à l'anéyrysme, mais bien à Toblitératioa des artères spermatiques, qu'il faut attribuer, dans ce cas, l'atrophie des testicules, La raison en est trop simple pour nous y arrêter davantage.
Mîiis en est-il de même des excès vénériens auxquels Larrey et B. Brodie prêtent une influence certaine? Il faudrait peutêtre s'entendre sur la nature même de cette influence, avant de la nier ou de l'accepter sur la simple déclaration de ces deux hommes éminents.
Si l'on suppose que les excès vénériens amènent l'atrophie des testicules par suite de ran*aiblissement dont ils frappent l'organisme tout entier, je nie formellement cette action, parce qu'elle choque les notions les plq^ élémentaires de la physiologie.
Si, au contraire, on considère les excès vénériens comme
(i) Voyei la page âii.
(2) Baillie» Œuvres, t. II, 315.
568 STÉRILITÉ CHEZ l'hOMME.
Pour qu'il en fût ainsi, c'est-à-dire pour que la stériUté précédant de deux années la tuberculisation des testicules ftt Teilet d'une cause locale et non le résultat de l'action générale de la diathëse, il faudrait prouver que les phthisiques dont les testicules ne se prennent pas conservent jusqu'au bout leur puissance fécondante.
Si les nécropsies de Rayer et de Curling dont j'ai parlé plus haut ne donnent pas la date à laquelle a commencé la iiténlité des phthisiques, elles prêtent à Topinion que je soutiens un caractère de probabilité qui se rapproche beaucoup de b certitude.
Quoi qu'il en soit, et ici tout le monde est d'accord, le testicule tuberculeux est radicalement impropre à la fécondatioiii parce que la matière tuberculeuse se montre d'abord dans les tubes séminaux eux-mêmes dont elle tarit la sécrétion, en attendant qu'elle les crève pour se répandre dans les tissus ambiants.
De plus la tuberculisation des testicules s'accompagne presque toujours, pour ne pas dire toujours, d'altérations plusoa moins graves du côté de la prostate et des vésicules séminales, altérations qui, à elles seules, suffiraient la plupart du temps pour amener la stérilité.
Notre rôle d'historien devrait s'arrêter ici.
Cependant, sans aborder la thérapeutique si controversée de la diathèse tuberculeuse, je dirai un mot sur une question qui entre plus particulièrement dans mon sujet et sur laquelle les chirurgiens les plus autorisés sont loin d'être d'accord.
Je veux parler de la castration ou ablation du testicule tuberculeux.
La Société de chirurgie la considère comme inopportune;
L'Académie de médecine est aussi de cet avis ; mais elle pense qu'on doit énucléer la partie malade, sans enlever la totalité de la glande.