U&L4D1ES DES ENVELOPPES DES TESTICULES
:,■ Snne ce me semble cette manière de voir, qui est en quel*
., que sorte le corollaire de ce que je dirai tout à l'heure de
-. l'occlusion pathologique de l'épididyme.
Mais à côté de cette action purement mécanique créant
^ un obstacle à la circulation du sperme, certaines maladies
. des enveloppes des testicules peuvent tarir la sécrétion sper-
: matique et amener à leur tour la stérilité.
J'ai dit plus haut, d'après M. Gosselin, que l'anémie tesU-
P culaire s'accompagnait toujours de la disparition des zoosper-
mes, et que lorsque cette anémie atteignait tes deux testicules, la faculté fécondante était anéantie, sinon pour toujours, du
^ moins pendant tout le temps que durait l'anémie.
. . Or, d'après M. Gosselin, les maladies de la tunique vaginale coïncident presque constamment avec la p&leur du tissu
, ^ndulaire : u Dans cette fonne particulière d'inflammation,
. dit-il, de la séreuse testiculaire qui donne lieu à la formation d'une fausse membrane sur son feuillet pariétal, et plus tard à unépanchement sanguin par la rupture des vaisseaux encore
- jaibles de cette fausse membrane, il est très-ordinaire de trouver le testicule anémié. . . L'anémie est enfin très-habituelle, lorsque la vaginalite s'est terminée par l'oblitération complète de la séreuse... Voici d'ailleurs comment j'explique cette coïncidence: & l'état normal, la répartition du sang se fait en quantité déterminée dans le testicule et dans la tunique vaginale; lorsqu'une maladie de cette dernière ou une modification dans sa structure appelle une plus grande quantité de fluide nourricier, la glande en reçoit moins, et n'en reçoit plus assez pour produire l'élément capital du produit de sécrétion, c'est-à-dire les spermatozoïdes (1). »
Cependant la coïncidence signalée par M. Gosselin entre
(1) Gosselin, addition au Traité des maladies du tesliaUe, par Curling, p. 82.
67A STÉRILITÉ CUEZ l'hOMMB*
Tanémie testiciilaire et l'oblitération du sac vaginal n'est ps absolue comme le démontre Tobsenation que j*ai rapporta tout à l'heure; on peut dire seulement qu'elle est possible et que, le cas échéant, l'attention doit être é«reillée sur c« point.
En résumé, Tinfluence exercée par les maladies des envie* loppes du testicule sur la faculté procréatrice est de deui ^o^ tes : !• tantôt ces maladies n'ont qu'une action purement mécanique; elles créent un obstacle h la circulation du PpenM, mais n'en tarissent pas la source ; 2* tantôt, au contraire, elte portent atteinte à la nutrition do l'organe et suspendent II sécrétion spermatique.
Les antécédents et quelquefois le volume des teslicule^, quand l'examen en peut être fait, permet, dans la majorité des cas. de distinguer ers états Tun de Taulro; la pra\itédB pronostic est nécessairement subordonnée au diagnostic porté et à la nature de la maladie qui détermine la stérilité.
Il en est de même du traitement.
S'il n'existe qu'une simple pression sur les épididynwJ. réioignement de cette pression est tout ce que Ion doit faire.
Si par suite d'une compression prolongée les testicules soot atrophiés, il faut peu compter sur les ressources de lalhên* peutique, ainsi que je l'ai dit dans l'article précédent.
Mais si l'infécondité est le résultat de Tanémie testicuUir^»
même de celle qui succède à Toblitération de la tunique vagi* nale, il faut recourir h un traitement général tonique, w môme temps que Ton excite la vitalité du testicule. Toutes I* applications irritantes, particulièrement les sinapismes, 1* frictions cantharidées, phosphorées, etc., l'électricité, les doo*
elles, les fumigations, etc. , sont des ressources pn^îeuses parflw lesquelles le praticien trouve toujours deâ moyens daction*
I OBLniRATIONS DES ÉPIDlbTMES. 675
'y Maladies des annexes du testicule. — Épididyme,
— Canal déférent.
n 1817, à peu près, un de mes bons amis, vieux et distin» Braticien de la province, me disait à Toccasion de la sté- 6 de son mariage sur laquelle je le questionnais : « Mon cpndité date de plus de vingt ans. Pendant le cours de mes |(es médicales à Montpellier, des abcès, sans motif véné* f, je te jure, envahirent mes épididymes de chaque côté, et Mfit successivement ouverts par Delpech. Les cicatrices qui citèrent de ces petites opérations ont obstrué les canaux lîdymaires, au point que la circulation du produit testilîre est entièrement interrompue. Tu peux, d^ailleurs, surer toi-même de la réalité du fait, car, même après un I de temps aussi long, on sent encore un nodus à la queue épididymes. n
e constatai, en effet, sur les parties indiquées des points p et comme ûbreux.
: Ces sortes d'indurations, ajouta mon vieil ami, causes ;aines de stérilité, sont peu connues; mieux étudiées dans : formation et dans leur marche, elles pourraient devenir K)int de départ de nouvelles conquêtes pour la médecine. > Je vœu a été en partie exaucé par M. Gosselin, dont je dois consigner les intéressantes recherches.
\\ M. Gosselin ne peut revendiquer l'honneur d'avoir indi- ► le premier, comme cause de stérilité, Toblitération de idîdyme,ilaprjssurtous ses devanciers un important avan- 3 par la lumière inattendue que, grâce à l'anatomie pathoqueel au microscope, il a jetée sur un sujet plongé encore s les ténèbres.
[albeureusement, les observations de M. Gosselin ne por- \ que sur les indurations d'une seule espèce^ sur celles qui
576 STÉRILITÉ CHEZ l'hOMME.
succèdent à rinflammation vénérienne du testicule. Ara dire, la spécificité de la phlegmasîe ne joue ici aucun rôk; pourtant, il est intéressant de savoir si des inflammatiofls spontanées ou traumatiques sont suivies de résultats parÊûtement identiques avec ceux de Torchite vénérienne.
J*e?sayerai, par des faits qui me sont propres, de suppléer au silence de M. Gosselin.
Les observations qui servent de base au travail dont je vais parler, se rapportent toutes, on le comprend, à des épididymites bilatérales, car, si un des deux testicules reste intact, il est impossible d'apprécier expérimentalement les modifications survenues dans la fonction séminale, puisque le testicule sain continue à fournir les éléments de la sécrétion, c'est-à-dire les spermatozoïdes.
Les faits de M. Gosselin, consignés dans son travail (1), sont au nombre de vingt et se partagent en deux catégories, selon que les épididymites étaient plus ou moins récentes.
Dans la première catégorie, composée de quinze faits, rinflammation des épididymes remontait à quelques semaines ou à quelques mois. Tous les malades de cette catégorie se ressemblaient sous les trois rapports suivants : !• ils conservaient, à l'époque où la guérison leur semblait être complète, une induration, sorte de noyau ou de durillon, au niveau de la queue des épididymes; 2** rien ne leur paraissait changé dans leurs fonctions génitales : désirs, érection, éjaculalion, tout était revenu comme avant la maladie; le sperme n'offrait même aucun changement dans sa quantité, sa couleur et son odeur : il conservait toutes les propriétés chimiques que lui a
(2) Gosselin, Nouvelles observations sur Voblitération des voies spermatiques et sur la stérilité consécutive à Vépididymite bilaiérale [Archives générales de médecine, 5* série, t. II, septembre 1853).
OBLITÉRATIONS UES ËPIDIbYHKS. &77
reconnues Berzeiius, ainsi que M, Gosselin s'en est assuré, dans un cas, avec le préparateur de chimie h la Faculté de médecine; S" enfin, le sperme, examiné au microscope, n'offrait, pendant les premiers temps, aucune apparence de spermatozoïdes.
La seconde catégorie, remplie par cinq observations, se rapporte à des épididymites datant de plusieurs années. Chez quatre de ces individus, dont les épididymes présentaient une induration comme dans les faits précédents, le sperme avait perdu sa propriété fécondante, tout en conservant ses caractères physiques et chimiques ; chez le cinquième, l'induration n'a pu être constatée que d'un seul côté, et l'on a trouvé des spermatozoïdes dans la liqueur séminale.
Enfin, ainsi que M. Gosselin l'avait établi dans un précédent mémoire (1), toutes les fois que les épididymites n'ont pas été suivies d'induration, la fonction séminale n'a subi aucun trouble, et des spermatozoïdes ont été vus dans le liquide éjaculé.
C'est donc à l'existence de cette induration, qui forme un obstacle mécanique à la marche du produit testiculaire, qu'il faut rapporter l'absence des animalcules spermatiques.
Cette hypothèse, qui me parait être l'expression de la vérité, n'est point infirmée par la persistance des autres circonstances physiologiques de la fonction génitale qui semblent, au premier abord, lui donner un démenti. Les désirs vénériens et la puisi^ance virile n'éprouvent aucune diminution, parce que la sécrétion testiculaire continue, quoique le produit de cette sécrétion, au lieu d'être rejeté au dehors par le canal de l'urèthrc, rentre dans l'organis-me par la résorption ; le liquide igaculé présente les caractères physiques et chimiques qu'il offre à l'état normal, parce que ces caractères sont ceux du
(I) Compta rendus des séances de l'Acaiténtie des sciences, sûance .lu tljuin 1847.
IIOUBAUD. i'i
678 STÉKILITÉ CHEZ L HOMME.
produit delà sécrétion des vésicules séminales ; — danslescas dont il s'agit ici, la liqueur éjaculée est du sperme vésiculaire duquel est complètement absent le sperme testîculaire. — Les considérations physiologiques, placées dans rintroduction de cet ouvrage (1), et relatives au rôle respectif joué daus la fonction séminale par les vésicules et les testicules, permettront au lecteur de se rendre compte des circonstances que j'indique ici, sans qu'il soit nécessaire de m'y arrêter plus longtemps. D'ailleurs, on pourra toujours recourir au travail de M. Gosselin, dont je ne puis, on le comprend, qu'analyser les parties les plus saillantes et les plus appropriées à mon sujet.
Cependant, au nom même de l'intérêt de ce sujet, qu'on me permette de reproduire les conclusions pathologiques que l'auteur a tirées de ses recherches. Cette citation, tout en abrégeant le discours, rendra ma pensée plus lucide, car je partage sur ce point tous les errements de M. Gosselin.
< Cette oblitération, dit-il, occupe le plus souvent la queue de l'épididyme; mais elle peut, à la rigueur, se trouver sur un autre point de cet organe. Comme, à partir de son corps, c'est un conduit unique qui se forme en s'enroulant, il suffit que le calibre de ce conduit s'efface en un point pour qu'il y ait obstacle au passage du sperme.
» Elle n'occasionne pas de douleurs; on voit, il est vrai, des malades qui souffrent longtemps à la suite d'une orchite biennorrhagique; mais je l'ai attribué, dans quelques-unes de mes observations» à un reste d'inflammation au niveau du noyau, douleurs étaient augmentées par la marche et les tral6B| tandis que l'éjaculation n*avait sur elles aucune msaion du point induré les augmentait, tandis («rties deFépididyme étaient peu sensibles. ilM pas de changement appréciable pour les fonctions des organes génitaux. Si môme on
jm 19 et SUIT.
OBMTKKATIUNS I»BS KPIIUDYMKS. 579
voyait, à la suite d'une orchite, les érections et les éjaculntions diminuer, il faudrait craindre une affection tuberculeuse, et explorer, à Taide du toucher rectal, les vésicules séminales et la prostate.
> Quand Toblitéralion existe des deux côtés, elle occasionne nécessairement la stérilité; quand elle existe d'un seul côté, la fécondation est possible, à la condition que l'autre testicule soit sain
> La durée de l'oblitération est variable. Je suis heureux d'avoir pu démontrer aussi clairement que possible qu'au bout de trois, quatre, cinr| et même de huit mois, elle peut disparaître et laisser libre la circulation du sperme. Je n'ai pas de fait qui me prouve que l'ohlitération puisse disparaître après un temps plus long, mais il n'y a pas de raison pour regarder la chose comme impossible; je ne voudrais même pas assigner un terme au delà duquel on ne devrait plus compter sur la guérison. Pour obtenir à cet égard des résultiits satisfaisants, il faudrait beaucoup plus d'observations que je n'en possède; je compte recueillir avec soin toutes celles que le hasard me permettra de suivre; mais, vu leur rareté et les difficultés inhérentes à ce genre de recherches, il faudra nécessairement un temps assez long. Au point où en est aujourd'hui la question, on peut concevoir cependant que certains individus, après avoir été stériles pendant les premiers mois qui suivent une épididymite double, puissent, au bout d'un certain temps, redevenir aptes à la fécondation (1). »
Les réserves exprimées par M. Gosselin au sujet de la durée des indurations épididjmaires ont été confirmées piir l'expérience. J'ai vu, pour mon compte, un grand nonibre de ces indurations, et j'établis, comme règle absolue, qu'après le
(1) Gosselin, Nouvelles études sur VohUînaiion des voies spermati" que$ (Archives générales de médecine, sepleiiibic 1853).
682 STÉRILITÉ CHEZ l'hOMME.
tions que je viens de présenter sur ce mode d'oblitération de répididyrae, peuvent se rapporter au canal déférent? Sans doute, l'induration qui intercepte la libre circulation dans rintérieur de ce canal est moins facilement appréciables» toucher que celle dont le siège est à l'épididyme, parce qu'die est protégée par des parois plus résistantes, et dérobée quelquefois dans les profondeurs de l'abdomen ; mais comme celle de Tépididyme, elle s'accompagne de désirs vénériens normaux, d'éjaculations aussi abondantes qu'à l'état ordinaire, et complètement privées de spermatpzoïdes. Sous ces rapports, que l'induration se fixe à l'épididyme ou au canal déférent, les résultats sont parfaitement iâ6Îitiques.
L'inflammation n'est pas la sei|S| source qui fournisse des obstructions au conduit'-vectear ^ sperme testiculaire : les tubercules, le cancer peuvent y déposer leurs produits morbides, ainsi qu'on en a des exemples dans la science, et l'on comprend même qu'il puisse s'y former des dépôts d'autre nature, véritables calculs comme on en observe dans toutes surfaces creuses.
Le diagnostic différentiel de ces divers genres d'obstruction, surtout en dehors de l'épididymite, présente une obscurité sur laquelle peuvent jeter quelque jour les diathèses tuberculeuse et cancéreuse, mais que les antécédents et l'état actuel du malade n'éclairent, dans les autres cas, que d'une lumière douteuse.
La présence, dans le produit de l'éjaculation, de pus, de sang, de matières tuberculeuse, cancéreuse ou autres, n'est point un signe irréfragable, car ces matières peuvent également provenir du canal de l'urèthre, de la prostate, des canaux éjaculateurs ou des vésicules séminales.
Cependant, comme la présence de ces matières morbides dans le sperme n'en éloigne point les spermatozoïdes, ainsi que l'ont constaté les observations des micrographes, on est
MAtADlES DES VÉSICULES SÉMINALES. 58S
en droit de conclure que la suppuration, la phlegmasie, la tuberculisation, le cancer, etc., de l'urèthre, de la prostate, des canaux éjaculateurs et des vésicules séminales ne sont point de suffisantes raisons pour expliquer Tabsence du sperme testiculaire, et qu'il se peut faire que les matières morbides décelées dans le produit de l'éjaculation, s'étendent jusqu'au canal déférent et même jusqu'à Tépididyme. De cette manière, on arrive à déterminer : 1"* par la quantité du liquide éjaculé, qu'aucun obstacle n'existe sur le parcours des voies spermatiques compris entre le méat urinaire et les vésicules sémi« nales ; 2" par l'absence des spermatozoïdes (en supposant qu'il n'y a aucune autre cause de stérilité), qu'un obstacle les empêche d'aller du testicule à la vésicule séminale ; 3' enfin, par la présence d'une matière morbide dans le produit de l'éjaculation, que l'obstacle est probablement dû à la pénétration de cette matière morbide dans le canal déférent et même dans l'épididyme.
Je dois à la vérité de dire que c'est par induction que j*établis ce diagnostic différentiel ; je ne puis l'appuyer sur aucun fait clinique; mais il m'a paru assez logique pour être indiqué ici, afin que des recherches ultérieures et diverses en constatent ou en infirment la réalité.