MALADIES DES VÉSICTTLES SÉMINALES
core par induration. Le pus, quand il s'est produit, s'échappe tantôt par les voies naturelles, tantôt par des trajets fîstuleux, communiquant soit avec la vessî*^, comme l'a vu M. Andral, soit avec le rectum, comme le dit ^I. Martin, soit avec l'extérieur du corps, comme le constatent des fails récents et comme je l'ai observé plusieurs fois. Il faut rapprocher de la suppuration, du moins quant à ses produits, la tuberculisation des vésicules séminales, dont parle M. Louis, et qui avait été mentionnée; les faits que je viens de rapporter prouvent en effet que cette terminaison n'est pas rare. A l'induration se rapportent également la cartilaginification et l'ossification, dont, indépendamment des cas précédemment décrits, il s'en trouve plusieurs dans les ouvrages de Sandifort, Sœmmerring et Voigtel. Enfin, les vésicules séminales ont été vues atrophiées par Baillie et Morgagni. Je me borne à mentionner les calculs trouvés dans leur intérieur, dont j'ai parlé dans un autre ouvrage, et dont Garmann, Riedlin, Stalpart van der Wiel, Hartmann, Meckel, Hemmann, Baillie, etc., citent des exemples (1). d
Cependant la distinction que la physiologie établit entre les attributs des vésicules séminales en les considérant, d'un côté, comme organes de conservation du sperme testiculaire, et, d'autre part, comme organes de sécrétion, entraîne-t-elle une distinction analogue dans l'ordre pathologique? en d'aatres termes, les affections des vésicules séminales, en tant qu'organes de conservation, sont-elles si distinctes des affections des mômes parties, en tant qu'organes de sécrétion, qu'il soit possible de les étudier séparément et d'en'former deux classes dans le cadre nosologique ?
Je ne le pense pas.
(1) Civiale, Traité pratique sur k<i maladiea des orr/nnai génito-unnaires. Paris, i850, t. II, p. 13.5.
586 STÉRILITÉ CHEZ l'hOMME.
Peut-on admettre, en effet, que dans un espace aussi étroit que celui que présentent les vésicules séminales, une lési(3n, quelle qu'elle soit, respecte telle propriété, alors que les autres sont troublées et môme anéanties? Voyez ce qui se passe pour la plus simple de ces lésions, la phlegmasie. Elle détermine la spermatorrhée, tout en activant, d'une manière morbide, le travail sécrétoire des vésicules séminales, car comment expliquer, sans cette sursécrétion, la quantité énorme de liquide que perdent les tabescents ?
Cependant, n'exagérons pas ces prémices jusqu'à établir comme une loi que toute affection des vésicules séminales est fatalement suivie de spermatorrhée ; les faits nous donneraient un éclatant démenti : on a trouvé sur le cadavre d'individus dont rien, pendant la vie, ne faisait pressentir une lésion du côté des voies génitales, des vésicules tuberculeuses, cancéreuses, purulentes, etc., etc.; rien, je le répète, ni douleur, ni pertes séminales, n'avait attiré l'attention du malade de ce côté, et, si la puissance virile avait peut-être perdu quelque chose de son énergie, cet affaiblissement était mis sur le compte de la diathèse générale ou sur celui de quelque affection concomitante.
Il semblerait, d'après ces faits, que les auteurs qui m'ont précédé ont eu raison de regarder comme très-difficile, sinon impossible, un diagnostic exact des maladies des vésicules séminales. Sans doute, avant l'intervention du microscope dans les études médicales, certaines lésions devaient passer inaperçues, ou leurs symptômes se confondre avec ceux d'autres lésions voisines'ou éloignées; mais le microscope a jeté, sur le sujet qui nous occupe, une lumière si vive et si éclatante que l'on s'étonne de ne rencontrer les résultats qu'il fournit dans aucune partie de l'ouvrage de Giviale, qui se contente de cette simple note : « Quelques modernes comptent beaucoup sur un nouveau moyen de diagnostic qu'il ne faut pas négliger, mais