MALADIES DES VÉSICULES SÉMINALES
qui n'a peut-être pas toute la certitude qu'on lui suppose. 11 s'agit de la présence des zoospermes, constatée au moyen du microscope dans les fluides expulsés naturellement ou trouvés dans les vésicules séminales et les conduits déférents. Sans vouloir atténuer la portée de cemoyen explorateur,je croisêtre en droit de faire remarquer que sa mise eu œuvre réclame des soins et des précautions qu'on néglige trop souvent, et les divergences d'opinions sur ce sujet n'ont peut-être pas d'autre cause (1). »
La perte inutile et fâcheuse du sperme testiculaire, son mélange avec des matières morbides qui peuvent en altérer les propriétés, et sa déviation du chemin qu'il parcourt d'ordinaire, sont les résultats des lésions dont Civiale vient de nous dérouler le tableau.
J'ai dit ailleurs, l'influence des pertes séminales sur la puissance copulatrice, je ne reviendrai pas ici sur ce sujet.
Mais je dirai que, lorsque la spermatorrhée a quelque intensité, qu'elle dure depuis longtemps, il n'arrive plus de zoospermes dans les vésicules et que, par conséquent, on n'en trouve plus dans le produit des pertes séminales ; il est probable que le testicule, pour réparer ses pertes incessantes, devient le siège d'une sursécrétion qui, après plus ou moins longtemps, finit par tarir la source même de la sécrétion, soit en épuisant la force dynamique delà glande, soit en appelant dans ses tissus une irritation morbide.
La disparition des spermatozoïdes, phénomène capital pour nous, peut dans quelques circonstances, être due au mélange du liquide séminal avec les matières morbides, quoique des micrographes, comme M. Donné (2), aient rencontré des
f1) Civiale, Traité pratique sur les maladies des organes génito-urinaires, t. II, p. 151 .
(5) Donné, Cours de microscopie, Paris, 1844, p. 306.
588 STÉRILITÉ CHEZ l'iIOMME.
spermatozoïdes vivants dans des liquides sanguins, purulents, etc., etc.
D'autres fois cette absence est due à l'obstruction du canal déférent par des matières morbides analogues à celles qui remplissent les vésicules séminales, car hâtons-nous de le dire, les affections de ces dernières retentissent sur presque toutes les parties de l'appareil génital (1).
En effet, dans le cours des maladies des vésicules, une vive irritabilité se communique d'une part aux testicules dont la sécrétion est augmentée, et d'autre part, au canal de l'urèthre qui devient le siège de rétrécissements spasmodiques qui forcent le sperme à rétrograder vers le réservoir urinaire.
Ces phénomènes, contractions spasmodiques de l'urèthre, et présence, dans les urines, de zoospermes mêlés à des caillots semblables à du blanc d'œufs, sont, pour le chirurgien expérimenté, des signes qui l'amènent à explorer les vésicules séminales, par la palpation abdominale surlescôtés de la vessie, et surtout par le toucher anal, en portant le doigt aussi haut que possible.
On ne doit pas s'étonner de ces sympathies morbides de voisinage, car les vésicules séminales participent elles-mêmes aux altérations de tous les organes voisins : l'atrophie d'un testicule est toujours accompagnée de l'atrophie de la vésicule du même côté ; le sarcocèle tuberculeux indique presque invariablement, comme je l'ai dit plus haut, des tubercules dans les vésicules, etc., du côté du canal de l'urèthre les relations sont peut-être encore plus intimes, et la spermatorrhée, comme l'a démontré Lallemand, est due, dans la majorité des cas, à une phlegmasie dont la cause première est presque toujours dans le canal de l'urèthre.
M. Aug. Mercier dont la compétence en fait de maladies des
(1) Voyez la page 581, Oblitérations du canal déférent.