VOLUME ANORMAL DE J.A VERGE. DZ
qu'au col de l'utérus et à remplacer ainsi le canal de l'urètlire absent. C'est dans ces cas, comme dans ceux de l'hypospadias ou autres anomalies de l'urètlire, que la fécondation artificielle, dont je parle plus loin, trouve un motif légitime et avouable.
En dehors de cette suprême ressource, il faut que l'homme se résigne ; l'art et la science ne peuvent plus rien pour lui.
§ III. — Éutts ouii;;éiiilîtiix ou aeeiilciilels tic la verge capables d'entraîner la stérilité.
Parmi les états congénitaux ou acquis de la verge, incompatibles avL'c la puissance fécondante, il ne peut être ici question que du volume ou de la direction du pénis pendant le coït, c'est-à-dire grosseur démesurée, petitesse extrême ou flaccidité de la verge, car, en exceptant le canal de l'urètlire dont je viens d'étudier les altérations, cet organe ne remplit qu'un rôle de sustentation dans l'acte de la fécondation.
Comme diffurmité congénitale, la petitesse extrême de la verge, soit en longueur, soit en circonférence, peut, dans les conditions normales de conformation de la femme, être une cause de stérilité. Le vagin n'étant point distendu par un pénis suffisameiit gros, laisse en contact les plis de sa muqueuse^ lesquels, interpo.-és entre le museau de tanche et le gland du pénis, interceptent le jet spermatique et l'empêchent d'ar^ river jusqu'à l'ouverture de l'utérus.
Dans certaines conditions anormales du côté de la femme, comme dans les cas de descente de matrice, la fécondation est rendue possible par ce déplacement même de l'organe utérin qui, lui, alors, efface les plis de la muqueuse vaginale.
Un pénis trop volumineux, pouvant à peine franchir lu vulve, amène aussi des résultats négatifs par un mécanisme entièrement analogue à celui d'une verge trop courte. Je ne
G'iS STÉUILITÉ CHEZ l'hOMME.
parle pas de la douleur éprouvée par la femme qui, sous son influence, se livre à des mouvements bien souvent contraires à la fécondation, comme on le verra plus loin.
Une verge trop longue, en dépassant l'ouverture inférieure de l'utérus et en allant perdre sa tête dans le cul-de-sac vaginal, égare le fluide spermatique et l'éloigné de son point de mire, qui est le museau de tanche. Un peu de précaution du côté de l'homme, ou un mouvement de recul du côté de la femme peuvent facilement obvier h ce désavantage.
Ces deux inconvénients sont rarement assez exagérés pour entraîner l'infécondité; d'ailleurs, comme ils n'affectent que le volume de la verge, et comme, d'autre part, la capacité du Vagin et la position de l'utérus sont essentiellement variables, il s'ensuit que ces anomalies sont les causes d'une stérilité purement relative, et qu'elles n'annulent aucune des conditions de la fécondation chez l'homme, considérée isolément.
Mais il n'en est plus de même quand la verge "ne possède pas la rigidité de l'érection, car alors une des conditions de la fécondation chez l'homme, l'éjaculation, est fatalement détruite.
Il est incontestable que la stérilité n'est pas une cause d'impuissance. Celte pro^-osition a été bien souvent mise hors de doute dans le cours de cet ouvrage (1). Mais en est-il de même pour la proposition renversée? En d'autres termes : Y impuissance est-elle une cause de stérilité?
En restant dans les conditions ordinaires du coït, je n'hésite pas à répondre par l'affirmative : oui, l'impuissance est une cause de stérilité.
Mais en se plaçant au point de vue de la sécrétion spermatique, je suis, au contraire, autorisé à. répondre : non, l'impuissance n'altére pas le principe de la fécondité.
(1) Voyez entre aulrcs les p. "207 et suiv.
FLACCIDITÉ DK LA VEUGE. "'^^
ExpUqiious^iiuus. — Je note que, dans les lignes qui vont suivre, je limite le mot impuissance à la seule llaccidité de la verge.
De toutes les conditions que j'ai recoiuiues nécessaires, du côté de l'homme, à l'accomplissement de la fécondation, la flaccidité de la verge n'en détruit qu'une : le lancement du sperme contre le museau de tanche, c'est-à-dire l'éjaculation séminale.
Sans doute, on peut avec de l'art et de la patience introduire dans le vagin une verge mollasse, et assister à la déplétion des réservoirs spcrmatiques ; mais quelque effort que l'on fasse, on n'obtient jamais les saccades par lesquelles est lancé le sperme dans les circonstances normales.
La liqueur séminale ne pénètre point alors dans l'utérus : 1° parce que, sortant sans force, elle ne franchit pas l'espace qui sépare le museau de tanche et le gland du pénis, en admettant même que les plis du vagin soient suffisamment effacés; 2" parce que l'utérus, privé du choc de son excitant naturel, le sperme, se soustrait à cetto contraclilito que j'ai dit être si favorable à la conception.
Quoique ces défauts dans les conditions physiologiques du coït rendent parfaitement compte de l'infécondité qui accompagne l'impuissance, j'ai voulu savoir si, par une loi fatale de corrélation inéluctable, l'impuissance essentielle n'entraînait pas nécessairement la suspension de la sécrétion spermatique.
Sans doute, il est parfaitement établi en physiologie que lorsqu'une fonction ne s'accomplit plus, les organes qui lui sont consacrés finissent par s'altérer et se perdre. Or, l'impuissance, étant une cause radicale de stérilité par impossibilité de copulation, ne peut-on pas admettre qu'il existe une telle corrélation entre l'organe copulateur et l'organe sécréteur du sperme, que la lésion de l'un amène une lésion identique
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sur l'autre? Celte influence est vraie, jusqu'à un certain point, quand elle s'exerce des testicules sur la verge, car on sait que les castrats et les eunuques, s'ils ne sont pas complètement impuis-ants, ne jouissent que de facultés viriles très-bornées.
En est-il de môme de l'influence de l'organe copulateursur l'organe sécréteur du sperme, et conséquerament sur le produit de cette sécrétion? Il est difficile de résoudre le problème d'une manière générale, malgré les facilités que semble devoir fournir le microscope. Cependant, sans revenir sur les causes si nombreuses de l'impuissance, je vais essayer de formuler une réponse d'après les expériences que j'ai dirigées dans ce sens, en faisant observer que je n'ai tenu compte que de la sécrétion testiculaire, sans m'occuper des altérations qui peuvent en atteindre le produit et dont l'étude remplit le chapitre suivant.
Quand l'impuissance ne s'accompagne pas de spermatorrhée, quand elle n'est pas le résultat d'un affaiblissement général, d'une détérioration de l'organisme, en un mot, quand elle n'a pour causequ'un trouble de l'influx nerveux ou qu'elle est produite par la faiblesse des muscles qui concourent à l'érection, ainsi que j'en ai un exemple au moment ou j'écris ces lignes, j'ai presque constamment trouvé des zoospermes dans la liqueur séminale, surtout lorsque l'impuissance ne remontait pas à une époque trop éloignée. Chez le malade dont je viens déparier, la verge n'a qu'une demi-érection, malgré la vivacité de désirs vénériens et malgré des pollutions nocturnes qui se renouvellent une ou deux fois par semaine. La masturbation détermine l'excrétion du sperme, avec jouissance et avec des saccades assez faibles et propoi'tionnées à la ténuité de l'érection. Chez ce malade dont l'impuissance est survenue, sans cause connue, pendant la traversée de Montévideo au Havre, la liqueur séminale contient des zoospermes. L'anaphrodisie date de six mois environ et s'améliore sensiblement