ALLONGEMENT HYPERTROPIIIQUE DU COL UTÉRIN
peu d'attention, de constater cet abaissement de l'iiténis, en tenant compte des dimensions et de l'élévation que présentent les culs-de-sac vaginaux antérieur, postérieur et latéraux. « Ainsi, disent MM. Bernutz et Goupil, chez neuf de nos malades, le col se trouvait à peine éloigné de l'orifice vaginal, de 20 à 30 millimètres, tandis que le cul-de-sac antérieur était encore distant de 50 à 55 millimétrés, et le cul-de-sac postérieur à 70 ou 80 millimètres ; ces mesures suffisaient donc à elles seules pour démontrer qu'il n'y avait aucun abaissement de l'utérus, qu'il était seulement simulé par l'allongement du col (1). »
Rappelons que cette mensuration des culs-de-sac vaginaux est d'une extrême importance dans le diagnostic différentiel de l'abaissement de l'utérus et de l'allongement hypertrophique du col.
Et maintenant, quel rôle faut-il attribuer à l'hypertrophie sous-vaginale du col dans le sujet qui seul nous doit intéresser ici, c'est-à-dire l'impuissance ou la stérilité de la femme? Si cet état morbide ne met obstacle ni au coït ni à la fécondation, son histoire doit être réservée aux ouvrages de pure gynécologie et ne peut nous occuper davantage. Si, au contraire, l'hypertrophie du col gêne le rapprochement ou s'oppose à l'imprégnation, son étude rentre dans notre domaine, et nous devons rechercher les moyens delà combattre et de rendre à la femme l'aptitude au congrès et à la fécondation.
D'après tout ce ^qui précède, la question soulevée ici doit être résolue d'une manière affirmative, et cette affirmation légitimer la place et l'attention que nous donnons à l'hypertrophie sous-vaginale du col.
Sans doute, et nous sommes loiîi de le contester, toutes les hypertrophies du col ne sont pas des causes fatales, certaines
(I) Bernutz et Goupil, Clinique médicale sur les maladies des femmes Paris, m% t. Il, p. G'3±
et constantes de stérilité. Huguier et d'autres observateurs ont rapporté des faits d'hypertrophie coïncidant avec un état de grossesse; nous-mêmes, si c'était ici leur place, nous pourrions augmenter le nombre de ces exemples; mais, malgré ces cas que l'on peut mettre au rang des exceptions, il faut reconnaître que la stérilité et, bien souvent, la difficulté du coït résultent de l'état hypertrophique du col de l'utérus.
Au point de vue du coït, l'obstacle est tout mécanique : l'intromission du pénis dans la cavité vaginale est rendue impossible par l'augmentation de volume que prend quelquefois le col et qui, par son allongement, bouche d'une manière complète l'orifice vulvaire. Dans les cas mêmes oii cet orifice n'est pas occupé par le col faisant saillie au dehors, l'espace laissé libre dans le vagin est insuffisant pour permettre un coït complet ; alors l'organe mâle heurte violemment l'organe femelle et le congrès devient un supplice auquel la femme se refuse ou qu'elle n'accepte qu'avec une douloureuse résignation.
Au point de vue de la fécondation, en ne nous occupant que des cas oii le col hypertrophié n'a pas franchi l'orifice vulvaire, l'harmonie de rapport entre le méat urinaire de l'homme et l'ouverture utérine est rompue, à moins que l'homme n'ait la précaution de mesurer l'intromission d'après l'espace laissé libre dans le vagin ; dans le cas contraire le pénis croise le col de l'utérus, et le sperme va se perdre inutilement au fond de la cavité vaginale.
La conicité du col est depuis longtemps connue comme une cause de stérilité, soit parce qu'elle facilite le croisement de la verge et du col, comme nous venons de le dire, soit parce que l'ouverture cervicale se trouve alors anormalement placée, et qu'elle est affectée de rétrécissement qu'explique l'hypertrophie de l'organe (1).
(1) Voyez l'article sur la conicité du col, p. 677.