ALLONGEMENT HYPERTROPHIQUE BU COL UTÉRIN. C
par défaut d'involution, nous a été inspirée par les travaux de Simpson; son histoire trouvera sa place, plus naturellement qu'ici, dans l'exposition que nous ferons, dans un paragraphe spécial, de ce que les Anglais appellent involution, et des modifications imprimées à l'utérus par un excès ou par un défaut de ce travail physiologique.
Il ne nous reste donc plus à examiner que l'hypertrophie morbide qui constitue notre troisième variété, et qui est tout à la fois la plus commune ec la mieux connue.
L'hypertrophie morbide ne se forme jamais spontanément; elle ne se produit, au contraire, que d'une manière lente, à la suite de lésions plus ou moins profondes du col, telles que con^ gestions répétées, inflammation et ulcérations prolongées delà muqueuse, etc. Selon le professeur Gourty, ces lésions sont même insuffisantes pour produire l'hypertrophie, sans le réveil de la tendance de l'utérus à l'état hypertrophique.
Quoi qu'il soit de cette dernière considération, l'existence d'un allongement morbide du col suppose toujours un état pathologique antérieur, dont la connaissance importe tout à la fois au pronostic et au traitement.
Les femmes atteintes de l'hypertrophie qui nous occupe éprouvent des tiraillements dans la région des lombes, dans les fosses iliaques et môme dans l'abdomen. Debout, il leur semble que l'utérus va s'échapper de la vulve; couchées, elles sentent une pesanteur à droite ou à gauche et un changement de direction des tiraillements; assises, elles éprouvent comme un refoulement des organes, et s'exposent à une douleur vive si elles prennent cette position sans précautions et sans ménagement.
Le toucher et l'examen au spéculum font constater une augmentation considérable dans le volume du col qui peut alteindre celui d'un œuf de poule et môme celui du poing; cet accroissement a surtout lieu chez les femmes qui ont eu précé-
demment des enfants, car chez les vierges et les nuUipares le col atteint rarement de semblables proportions.
Le museau de tanche subit des déformations de toutes sortes que le professeur Courty énumère avec autorité : « Tantôt, dit-il, la portion sous-vaginale du col est effilée vers le bas, conique, enforme de trompe ou de bec d'oiseau à double mandibule, l'orifice se trouvant à l'extrémité du cône ou sur l'une de ses faces; tantôt elle est cylindroïde, globuleuse ou élargie par le sommet en forme de massue; tantôt les deux lèvres du museau de tanche sont également hypertrophiées et l'orifice utéro-vaginal est au milieu; tantôt elles sont inégalement hypertrophiées et l'orifice est reporté sur l'une ou l'autre face et même entièrement cachée par celle des deux lèvres qui est plus hypertrophiée que l'autre; tantôt enfin l'hypertrophie, ayant porté davantage sur les couches externes de l'organe, semble incliner les bords de l'orifice vers la cavité du col; tantôt, au contraire, l'hypertrophie, ayant porté davantage sur ses couches internes, détermine un retournement des deux lèvres en dehors, et une sorte d'inversion de l'orifice du col qui s'étale, s'épanouit comme une fleur, laissant voir sur la convexité du museau de tanche la muqueuse de la cavité même du col, soit également, soit inégalement sur les deux lèvres, suivant que l'hypertrophie a porté également ou inégalement sur ces deux portions de l'organe (1). »
Quelquefois l'hypertrophie du col entraîne l'abaissement de l'organe tout entier par l'augmentation du poids que l'hypertrophie détermine ; cette complication a surtout lieu dans les cas de relâchement du vagin et des ligaments, déterminé par des accouchements antérieurs ; il est toujours facile, avec un
(1) Courty, Traité des maladies de l'utérus et de ses annexes. édii.,