ALLONGEMENT IIYPERTROPIIIQUE PU COL UTÉRIN
à disjoindre les deux lèvres du museau de tanche, jusqu'à la hauteur qu'il désire; puis il enlève un de ces lambeaux, et laisse passer deux ou trois époques menstruelles avant d'exciser l'autre.
IMais un jour, devant emporter en une seule fois le col et n'ayant pas à sa disposition l'écraseur de M. Ghassaignac, il se vit forcé de faire l'opération avec des ciseaux, comme nous l'avons dit ci-dessus ; puis il ajoute : « Je fixai un ténaculum à la lèvre antérieure du museau de tanche, et j'attirai doucement le col en avant; je le tins fermement dans cette position, et, après l'avoir fendu des deux côtés avec des ciseaux, près de l'insertion du vagin, j'enlevai vivement la moitié antérieure, puis la postérieure. J'avais l'intention de laisser la plaie se cicatriser de la manière ordinaire, par granulation, ce qui aurait demandé de trois à cinq ou six semaines; mais, en examinant la plaie et en attendant que le saignement cessât, l'idée me vint tout à coup de recouvrir la surface coupée avec la membrane muqueuse vaginale, de la môme manière que nous recouvrons avec la peau la plaie d'un bras ou d'une jambe amputés par kl méthode circulaire. Je traversai immédiatement, d'avant en arrière, les bords de la plaie avec quatre sutures d'argent, deux de chaque côté du canal cervical, ce qui ramena la membrane vaginale par-dessus la plaie du col, qu'elle recouvrit complètement, sauf une petite ouverture ovale réservée au centre et correspondant à celle du canal cervical. — La plaie guérit par première intention ; les sutures furent retirées neuf ou dix jours après (1). »
Depuis cette époque, M. Marion Sims a adopté cette manière de faire et il la croit supérieure atout autre mode opératoire.
2" Hypertrophie sus-vaginale du col. — C'est surtout dans cette partie de son travail que Huguier a fait preuve de la plus
(1) Marioii Sims, JVofes cliniques sur la chirurgie utérine, p. m.
grande sagacito; le premier il a tiré des déductions pratiques, non-seulement de ses observations et expériences personnelles, mais encore des observations et des expériences faites avant lui, et dont leurs auteurs n'avaient entrevu aucune conséquence, relativement à l'existence, au diagnostic et au traitement de l'hypertrophie sus-vaginale du col.
Le travail de Huguier est complet; on peut le suivre dans la voie qu'il a ouverte, mais on ne peut espérer ni le corriger, ni le trouver en défaut.
« La maladie que l'on a désignée jusqu'à ce jour, dit Huguier, sous les noms de prolapsus, de précipitation, de chute complète de l'utérus, n'est, très-génoralement, autre chose qu'une hypertrophie longitudinale de la portion sus-vaginale de l'organe, dont le corps et le fond sont restés dans la cavité pelvienne, bien que le vagin soit entièrement renversé et que la tumeur pendante entre les cuisses ait une longueur égale ou supérieure à celle de l'utérus à l'état normal, d
Et le professeur Gourty, citant le même passage, ajoute :
a L'exactitude de cette proposition est prouvée par les recherches historiques, l'anatomie pathologique et les faits cliniques. »
En s'allongeant, la partie sus-vaginale du col descend dans le vagin, en renversant celui-ci et en entraînant, en avant la partie de la vessie qui lui est adhérente, et en arrière le repli vagino-rectal du péritoine, et quelquefois aussi le rectum luimême.
Le déplacement de tous ces organes rend compte des phénomènes éprouvés par les femmes présentant à la vulve de semblables tumeurs.
Du côté de l'utérus dont le col hypertrophié occupe le centre de la tumeur dont nous parlons, on constate de la douleur et une sécrétion abondante de muco-pus. La menstruation est longue, abondante, s'accompagnant souvent demétrorrhagie.