‹ Traité de l'impuissance et de la stérilitéChapitre 164 sur 164 · MANUEL OPÉRATOIRE. L · texte numérisé non relu

MANUEL OPÉRATOIRE. L

Heureusement l'expérience a prouvé qu'il n'était pas nécessaire de soumettre à une pareille épreuve la pudeur de la jcmrae, et que la fécondation artificielle pouvait réussir dans aes conditions acceptables par la morale et par la science.

Ce sont ces conditions qu'il me reste maintenant à faire connaître et par lesquelles je terminerai ce long article.

§ V. — Manuel opérsiloîre.

Avant'd'entreprendre la fécondation artificielle, le médecin, pour ne pas s'exposer à jouer un rôle de dupe, doit s'assurer que le sperme qui sera fourni contient des animalcules en suffisante quantité et dans les conditions normales de vitalité.

Cet examen peut se faire quelques jours avant l'opération.

Celle-ci étant résolue, on fixe le moyen par lequel on se procurera le sperme.

Sera-ce par le coït ? Sera-ce par la masturbation ?

Nous repoussons le premier moyen comme contraire à la dignité et à la ])udeur de la femme, aussi bien par le procédé •de] M. Marion Sims, que par celui, moins brutal il est vrai, i]o M. le professeur Courty.

De deux maux nous choisissons le moindre, et nous donnons la préférence à la masturbation que l'homme se pratique lui-môme, en dehors de tout regard, dans un cabinet voisin.

Le sperme doit être reçu dans un petit ilacon à couleur i)rune, bouché à l'émeri, et maintenu constamment, avec le secours d'un'bain-marie, à une température de /lO" centig.

Ces précautions mettent les spermatozoïdes h l'abri de la lumière, de l'air et des changements de température.

Que, pour l'injection, le'chirurgien se serve de la seringue à compteur de M. Marion Sims, on de la seringue en verre de M. Courty, ou de ma pompe aspirante et foulante, il faut que

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l'instrument soit plongé dans l'eau chaude, et maintenu, pendant quelque temps, à une température de hà à 50% pour qu'au moment oii le sperme y sera verso les animalcules y retrouvent les hO" qu'ils avaient au bain-marie.

Quel que soit l'instrument dont on fasse usage, on le charge de deux à trois gouttes de sperme au plus, et on le maintient dans l'eau chaude jusqu'à ce que tout soit prêt pour l'iniection.

La femme est au bord du lit, les jambes écartées et appuyées^ sur deux chaises, comme pour l'examen au spéculum; seulement il faut avoir soin de soutenir avec des oreillers le dos et la tête, parce que, l'opération terminée, la patiente doit garder la même position de vingt minutes à une demi-heure.

Avec un peu d'habitude on peut se passer de spéculum, eu faisant gUsser la canule le long de l'indicateur gauche introduit dans le vagin, et reposant sur l'ouverture du museau de . tanche.

Cependant il est préférable de se servir du spéculum que \\ femme elle-même maintient en place, ce qui laisse à l'operateur ses deux mains libres.

Comme le recommande M. Marion Sims, la canule ne doit pas pénétrer dans le col au delà de 0,03 cent.

Quant tout est ainsi préparé, on pousse doucement et sans secousse la liqueur séminale dans la proportion d'une demigoutte à une goutte.

Après l'injection, la canule doit rester en place de trois àcinq minutes ; si on voyait du sperme sortir du col de l'utérus, il faudrait enfoncer la canule de 0,01 cent, de plus, et recommencer l'injection.

Lorsque cet accident ne s'est pas produit au bout de cinq minutes, on retire doucement la seringue et, pendant quelques instants encore, on laisse le spéculum, pour s'assurer que la sortie du sperme n'a pas lieu après le retrait de la canule.

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Au bout de dix minutes, toute appréhension est passée; on peut retirer le spéculum.

Comme je l'ai dit plus haut, on laisse la femme dans la môme position pendant une demi-heure environ, au bout de laquelle on la fait coucher pendant trois ou quatre heures au moins.

Si le canal cervical est obstrué par des mucosités épaisses, par un bourrelet albumineux se prolongeant jusqu'à l'ouverture interne du col, il faut rendre libre le passage et, au besoin même, faire une injection intra-ulérine très-légèrement acide, pour neutraliser l'excès d'alcalinité que pourraient avoir •ces mucosités.

Quelques gouttes de vinaigre dans un peu d'eau répondent à cette indication.

Si le papier de tournesol n'en démontre pas l'impérieuse nécessité, il vaut mieux s'abstenir, parce que les spermatozoïdes meurent promptement dans un milieu acide.

L'excès d'alcalinité des mucosités utérines capables de tuer les spermatozoaires est assez rare, tandis que l'acidité des mucosités vaginales, incompatible avec la vitalité des spermatozoïdes, est assez commune; aussi, quoiqu'il soit difficile d'admettre que ces mucosités puissent pénétrer dans le col de l'utérus, il est bon, comme excès de précaution, de faire faire, une demi-heure au plus avant la fécondation artificielle, une injection vaginale alcaline, préparée avec quelques grammes de bicarbonate de soude pour un verre >d'eau.

Afin de se mettre dans les conditions les plus favorables à la réussite, il faut opérer dans les huit jours qui suivent la cessation des menstrues. Cette règle n'est pas absolue : dans les cas d'insuccès à cet époque, on doit pratiquer l'opération soit dans les trois jours qui précèdent la menstruation, soit même pendant l'écoulement cataménial.

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Il va sans dire qu'à chaque opération le mariMoit fournir un sperme nouveau.

Au besoin même et pour ne pas mettre à une trop longue épreuve la patience de la malade, on peut faire une première injection avant les règles, et, si celles-ci apparaissent, la recommencer, soit vers la fin de leurs cours, soit immédiatement après leur cessation .

Si, après cinq ou six injections spermatiques faites aux diverses époques que je viens d'indiquer, c'est-à-dire si au bout de cinq à six mois on n'a obtenu aucun résultat, il est inutile, de poursuivre de nouvelles tentatives ; on est alors en droit de supposer qu'avec le motif qui légitimait la fécondation artificielle, il existe concurremment, dans l'appareil génital de la femme, une de ces altérations, comme l'obstruction et l'inertie des trompes, etc., qui échappent à nos moyens d'investigation et qui ne se décèlent par aucun phénomène pathologique.

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