‹ Traité de l'impuissance et de la stérilitéChapitre 29 sur 164 · ACTE SÉMliVAL · texte numérisé non relu

ACTE SÉMliVAL

D. — Durée de l'acte séminal.

La présence des spermatozoïdes dans la liqueur séminale marque pour l'homme l'époque delà puberté.

En cette circonstance, la loi, d'accord avec les observateurs, fixe cette époque ù l'âge de dix-huit ans révolus; en effet, tandis que le code civil, par son article lûA, n'autorise le mariage des garçons qu'après la dix-huitième année, les micrographes les plus autorisés assurent n'avoir jamais trouvé de zoospermes avant cet âge.

On doit donc admettre que la sécrétion des spermatozoïdes, non-seulement imprime à toute l'économie une modification décrite par les physiologistes, et au moral une impulsion notée par les psychologistes et chantée par les poètes, mais encore éveille le sens génital et lui communique une énergie que sans elle il ne connaîtrait jamais.

En effet, les eunuques, opérés avant la puberté, n'ont rien de l'homme : ni désirs, ni érection, ni faculté procréatrice; opérés après la puberté, au contraire, s'ils perdent le pouvoir reproducteur, ils conservent les désirs et les érections, comme, au dire de Juvénal, le savaient très-bien les dames romaines.

Cependant, d'après les observations si scrupuleuses de Godard (1), les cryptorchides ne présentent des zoospermes ni dans les canalicules, ni dans les canaux déférents , ni dans les vésicules séminales, et cependant ils ont des désirs, des érections et peuvent accomplir le coït qui, il est vrai, n'est jamais suivi de fécondation.

Mais n'oublions pas que dans la cryptorchidie les testicules existent et, qu'incomplètement frappés d'atrophie, ils fonctionnent d'une manière plus ou moins active. *

Quand, au contraire, il y a anorchidie, c'est-à-dire absence

(I) (iOihvd, Éludes sur la uionoi chidie et la cri/plorcliidie, Paris, 1857 uonuun

oh IMIVSIUI.OGIK ItK j/liSPÈCE.

congénitale et complèle des testicules, l'individu atteint de cette infirmité n'a ni érection, ni ojaculation; il est tout à la fois impuissant et stérile.

Donc, à ne considérer que l'appareil génital, la puberté, chez l'homme, est caractérisée par la sécrétion testiculaire, sans qu'il soit nécessaire que le produit de cette sécrétion, c'est-à-dire les spermatozoïdes, soit porté au dehors.

Cette sécrétion, comme je l'ai dit tout à l'heure, imprime dès le début un caractère particulier, non-seulement à l'organe copulateur, mais encore à l'économie tout entière, et donne à l'enfant tous les attributs de l'homme.

Cette transformation, qui s'opère, en moyenne, ainsi que je l'ai noté plus haut, à l'âge de dix-huit ans, peut être avancée ou retardée par des causes dont les unes sont inhérentes à l'individu et dont les autres lui viennent de l'extérieur. Parmi les premières se rangent le développement de l'organisme, l'état de santé ou de maladie, la constitution, le tempérament, les habitudes, la manière de visre, l'éducation, la moralité, etc., et parmi les secondes se classent la latitude géographique, les climats, les races, l'état de la civilisation, la religion, etc.

Toutes ces circonstances, tant individuelles que générales, n'agissent pas seulement sur le dcN eloppement de l'ûge pubère ; elles ont aussi une influence marquée sur la diminution et la cessation des facultés copulatrice et génératrice.

J'ai soin de ne pas dire de l'acte séminal , car depuis les recherches de M. Duplay sur le sperme des vieillards, il est établi que, en dehors de quelques exceptions, les testicules sécrètent des spermatozoïdes jusqu'à la mort.

Il 06t donc impossible de fixer, d'après l'acte séminal, lu durée de la fonction génitale de l'homme; sous ce rapport, nous n'avons pas, comme chez la femme, un signe certain qui indique la cessation du pouvoir reproducteur et par consé-

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queiit de la luiictioii génitale; il est des vieillards qui pour le coït et la procréation valent déjeunes hommes.

§ II. — Acte uvuricu.

Quelques animaux n'ont qu'un seul ovaire, comme les myxinoides et quelques squales ; Rathke n'a rencontré qu'un seul ovaire et qu'un seul testicule chez plusieurs poissons osseux. Cliez la plupart des oiseaux, à l'exception des rapaces, il ne se développe que l'ovaire et l'oviducte gauches; mais ceux du côté droit existent à l'état rudinientaire chez le fœtus. D'autres animaux inférieurs, au contraire, comptent un nombre plus ou moins grand de ces organes : ainsi, chez les vers cestoïdes, les organes génitaux mâles et femelles se répètent dans chacun de leurs aimeaux parvenus à maturité.

Dans l'espèce humaine, dont je m'occuperai désormais exclusivement, les ovaires sont au nombre de deux, flottant dans le bassin el ap[»endus au repli postérieur du ligament large; leur tissu propre, que, depuis Baër, on désigne souvent sous le nom de stroma, renferme, pendant tout le temps que l'individu est apte à la génération, un nombre plus ou moins considérable de vésicules ou petits sacs membraneux, fort apparents, que Ion connaît sous le nom de vésicules de de

Ces vésicules doivent un instant fixer notre attention.

A. — Véslcnlox (II' (le Grtnif.

L'ovaire de lii femme en présente de dou:ie à ^ingt, d'après la plupart des observateurs; Rœderer et quelques autres assurent en avoir compté jusqu'à cinquante; outre celles-ci, lierry et Pouchet en ont signalé encore ini grand nombre d'autres que le microscope seul permet d'apercevoir.

36 l'll\SIOLOl.ilE hli L'E^m.E.

Ces vésicules ont une double enveloppe : l'une, externe, plus forte, rélractile, ne se distint-.uepasdu tissu propre de l'ovaire; l'autre, interne, appelée membrane épitliéliale granuleuse de Jiaër, composée de vésicules microscopiques à parois translucides, sillonnée de vaisseaux, selon Pouchet, et en manquant entièrement selon MM. Bisclioff et Courty , forme un sac entièrement fermé. C'est cette membrane granuleuse qui, en s'accroissant considérablement, constitue plus tard les corps iaunes. D'une ténuité excessive, à ce point qu'il est très-difficile de l'obtenir intacte par la dissection, elle n'est pas égale partout ; lorsque la vésicule de de Graaf se prépare à émettre son œuf, la membrane granuleuse se trouve refoulée vers le point où va se produire la déchirure et forme autour de l'œuf un coussin protecteur au milieu duquel il est placé, et auquel Baër avait donné le nom de cumulm ou disque proligère.

Le liquide renfermé dans la vésicule de de Graaf est trèsabondant, clair, visqueux, ne contenant que de rares granulations moléculaires et des gouttes d'huile. Quand on ouvre la vésicule de de Graaf, ce liquide s'en échappe avec force et entraîne avec lui le disque prolifère ayant encore l'ovule dans son épaisseur.

B. — Ovule.

L'œuf préexiste à la fécondation ; sans recourir à l'analogie, des observations directes ont mis cette assertion hors de doute, non-seulement pour les vertébrés et les mammifères, mais encore pour l'espèce humaine. On a constaté les œufs à divers degrés de développement sur des individus vierges et même dans les premiers temps de la vie. Uuvernoy, après les avoir notés chez les fœtus de quelques poissons , assure que l'on peut reconnaître les premiers vestiges des œufs dans les ovaires déjeunes filles de quatre ans et sur ceux des sujets

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