RAPPORTS AVEC LA VIE ORGANIQUE
par conséquent, la caloricité (1) ; l'intelligence s'affaiblit à son tour, et quand la décrépitude est assez avancée, et quand sont éteints tous les signes distinctifs de l'un et l'autre sexe,rhomme et la femme tombent en enfance, selon l'heureuse expression populaire, c'est-à-dire dans cet état amorphe oijles deux sexes se confondent dans un mutuel oubli de leurs attributs.
Malgré ce tableau ébauché à grands traits, on doit comprendre le rôle important que joue la fonction génératrice dans l'histoire de l'homme : une fonction qui tient ainsi sous sa dépendance l'accroissement et le dépérissement de l'organisme doit avoir avec toutes les autres fonctions des rapports intimes qui établissent entre elles des influences réciproques.
Ce sont ces rapports que je me propose d'examiner dans ce chapitre.
Je les étudierai d'abord au point |de vue des fonctions de la vie organique, comme aurait dit Bichat, ou de la vie plastique, comme dit Burdach ; et je terminerai par l'examen des rehitions de la fonction génératrice avec.les fonctions do la vie animale.
§ !• — Rapports avec la ■vîc organique.
A. Nutrition. — «. La nutrition et la génération, dit Burdach, sont des directions opposées de la vie. Cependant il y a sympathie entre elles. Une nutrition abondante et une bonne digestion sont des circonstances favorables à la procréation, car la formation de l'individualité est la condition nécessaire de toute formation dirigée dans les intérêts de l'espèce. Le défaut de nutrition commence par suspendre la sécrétion du sperme et éteindre les désirs ; puis les testicules commencent par se flétrir. La fécondité dépend aussi delà nnlrilion, car
(I ) Voy. nevoillé-Parisc, Traité de la vieillesse, hygiénique, moral et philosophique. Paris, 1853, p. 5-2.
5Zi PHYSIOLOGIE 1»E l'eSPÈCE.
elle est plus grande quand la nourriture abonde ou chez les animaux qui trouvent facilement à se uourrir, ceux par exemple qui habitent la mer (1). »
Il ne faut pas ici confondre la nutrition avec un résultat quelquefois exagéré de cette fonction, le développement trop considérable du tissu graisseux, car leur influence sur la fonction génératrice est complètement opposée.
Cette réserve admise, doit-on accepter comme expression delà vérité les paroles de Burdach? Je ne le pense pas. Sans chercher mes exemples dans les hautes classes de la société, où le luxe, la paresse et mille autres causes d'innervation peuvent masquer l'action de la nutrition, je citerai la fécondité proverbiale des paysans et du peuple, qui ont une nourriture souvent insuffisante et quelquefois malsaine. L'Irlande, les contrées les plus pauvres de l'Allemagne et de la Russie fournissent toutes les années, sans s'amoindrir et s'éteindre, des contingents considérables à l'émigration.
Cette influence d'une nutrition trop abondante sur la fonction reproductrice n'est pas spéciale à l'espèce humaine ; elle se retrouve dans l'histoire de tous les êtres organisés, et l'industrie l'a su mettre à profit pour multiplier outre mesure certaines espèces dont elle tire parti : (( Les étangs de la Sologne, dit le docteur Alex. Mayer, sont si favorables à la croissance des carpes, que la rapidité du développement de leur taille — luxe — les rend tout à fait infécondes, et qu'ils sont obhgés, eux propriétaires, pon^^ conserver de la graine de leur poisson, d'avoir des carpicres de misère, où ils tiennent les carpes exclusivement destinées à la reproduction. Ces carpières spéciales à la reproduction sont d'étroites pièces d'eau où les carpes femelles sont entassées par myriades, sont les
(I) Burdach, Traité de phijsiolo{iii', trad. par Jourdan. l'aris, 1837, t. V, p IL