‹ Traité de l'impuissance et de la stérilitéChapitre 37 sur 164 · R APPORTS AVEC LA VIE OIUIAMQUE · texte numérisé non relu

R APPORTS AVEC LA VIE OIUIAMQUE

unes sur les autres, meurent de faim, en un mot. Ne pouvant profiter, ces carpes pondent ; et ces pondeuses fécondes ont été baptisées en Sologne du nom significatif de peinards (1) »

Cependant, que l'on n'exagère pas ina pensée : je suis loin <ie prétendre que des privations prolongées, que des carpirres <le misère^ pour me servir de l'expression des lial)itants de la Sologne, sont des conditions heureuses, sinon les plus favorables à la reproduction; non, telle n'est pas ma manière de voir.; m.ais je suis convaincu qu'une nourriture frugale, grossière^môme, mais suffisante, est infiniment préférable, pour le but à atteindre, que ces raffinements culinaires inventés par ;les palais blasés, et que ces excès de table dont toute civilisation avancée donne le triste spectacle. On a depuis longtemps ;fait la remarque que Rome eût péri avant la fin de la République, si les étrangers n'eussent continuellement comblé les vides que son intempérance creusait sans cesse. Mais il nesuffit pas, pour que la faculté procréatrice atteigne sa plus haute énergie, que la nourriture réunisse les conditions que je viens d'énumérer ; il faut encore que les fonctions digestives s'accomplissent dans leur intégrité, .le dirai ailleurs, alors que j'exposerai les causes de l'impuissance, combien les affections de l'estomac et des intestins influent sur l'acte de lacopula^ .tion, et je raconterai l'histoire d'un garçon de café, soumis à mon observation, qui, sous l'empire d'un état morbide de l'estomac, était incapable d'entrer en érection, et qui, cet état s'améliorant, ne pouvait exercer le coït que dans les positions où répigastre était soustrait à toute espèce de pression.

De son côté, la génération influe aussi sur la mitrition. L'exercice de cette fonction, quand il est modéré et en rap-

( I ) Alex. .Mayer, Di'S rapport coujtKjau.r com^idérés som le triple point (le vu^' lie In populalioii, de la santé et la morale publique, 6° /-dil. J'ari-s, 187 i, p. 2-23.

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port avec les forces de l'iiiclividu, aiguise l'appétit et favorise la nutrition ; quand au contraire il francliit les bornes tracées par l'âge et la constitution, les fonctions digestives s'affaiblissent, l'estomac languissant ne s'assimile plus les portions alibiles des aliments, et l'émaciation générale est la conséquence fatale de cette perversion de la nutrition. Qui ne connaît les suites funestes des excès de i'onanisme ou du coït?

La snppression de la faculté génitale, à son tour, retentit profondément sur la nutrition : elle la favorise, l'exaspère même ; les castrats sont ordinairement chargés d'embonpoint, et les hommes qui deviennent inhabiles à la procréation, à la suite d'une vie licencieuse, ne tardent pas à engraisser. On dirait que la force \'ilale, ne pouvant plus s'échapper par l'émonctoire dont le siège est dans les organes génitaux, se réfugie tout entière dans les facultés nutritives, et qu'alors elle emploie à produire toute l'énergie qu'elle mettait à dépenser.

B. Circulation ; respiration. — La respiration, selon l'heureuse expression de Burdach, étant une tendance du sang à se porter au dehors pour entrer en conflit avec l'atmosphère, nous réunissons dans le même paragraphe les fonctions du cœur et celles du poumon.

L'une et l'autre ont des rapports directs avec la génération.

La première, parle calorique qu'elle développe, accompagne et favorise les actes génitaux , et tout le monde sait que la chaleur animale augmente à l'époque delà puberté. Bien plus, la vie du sang est exaltée par la faculté procréatrice. D'après les expériences de Barruel (1) , ^^'edekind (2) et Ras-

(1) Barruel, Mémoire sur V existence d'un jyrincipe propre à caractériser le sang de l'homme et celui des diverses espèces d'animaux, inséré dans les Annales d'hygiène. Parre, d829, t. 1. p. 207 ; t. II, p. 217.

(2) Wedekind, Moyen de distinguer le sang humain du sang des animaux {Annales d'hygiène, série, 183i, t. XI, p 205).

RAl'FORTS AVi:c. LA VIE ORGANIQUE. 0/

pail (J ), lodeiir qu'exhale la vapeur de ce liquide est plus forte chez l'homme que chez la femme et l'enfant, et présente un caractère particulier que l'on ne trouve pas chez les vieillards et les individus inhabiles à la fécondation; elle pénètre la chair des animaux, et nul n'ignore combien elle est caractéristique dans la chair du bouc, du taureau, et en général de tous les animaux qui n'ont pas été coupés. Quelques-uns ont prétendu que cette odeur sui gcneris était due à l'absorption de la semence; mais Burdach, sans repousser entièrement cette explication, attribue au phénomène une autre cause et ajoute : « Ce qui prouve, au contraire, que la fonction procréatrice perfectionne la formation du sang en général, c'est que l'interruption de la menstruation, sa non-apparition, le défaut de satisfaction de l'instinct génital et l'onanisme amènent la chlorose, état dans lequel le sang a une teinte pâle et sale; le caillot est friable, la fibrine ressemble à l'albumine, et les sets existent en moins grande quantité, de même que probablement aussi le fer. Lorsque l'activité des organes génitaux s'éveille et suit une marche régulière, notamment sous l'influence du mariage, le sang acquiert sa constitution normale ('2). »

De même que l'exercice modéré de la génération exerce une heureuse influence sur l'organisme, en éliminant le superflu de la substance, et que les excès de coït et les abus de l'onanisme amènent des palpitations et la syncope, de môme tout épuisement, tout état valétudinaire fait cesser l'instinct sexuel, à moins que celui-ci ne soit stimulé par uneirritation maladive ou contre nature.

Les rapports réciproques des organes de la génération et de l'appareil delà respiration, tant au point de vue physio-

(1) Raspail, Nouveau système de chimie organique. Paris, 1838, t. III, p. tOd et suiv.

(2) Burdach, PInjsiolojie, t V.

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logique que pathologique, sont très-remarquables : la respiration est haletante et précipitée sous l'empire de l'instinct génital, et les poumons exécutent des mouvements désordonnés pendant l'acte du coït. Les plaisirs de l'amour, les grossesses trop souvent répétées el un allaitement trop prolongé déterminent souvent la formation de tubercules dans les poumons, tandis que l'onanisme n'est pas moins souvent accompagné de l'asthme; la suppression des règles est fréquemment la cause de douleurs de poitrine et de toux; la blennorrhagie syphilitique est quelquefois aimoncée par des douleurs dans la trachée-artère et le larynx, et l'hémoptysie est souvent arrêtée par des applications froides sur les organes génitaux.

L'influence de la respiration siu" la fonction génitale est ■également manifeste : les organes génitaux ne se développent pas ordinairement chez les individus atteints de cyanopathie, et Nasse remarque que cette aûection retarde aussi les règles, en diminue l'abondance ou môme les empêche de s'établir; tout le monde sait que la pendaison et la strangulation déterminent l'érection et l'éjaculation, qui a môme lieu quelquefois après la mort; enfin Meckcl a noté qu'aux altérations du larynx dont nul n'ignore les relations physiologiques , à l'époque de la puberté, avec Tappareil génital, se joignent quelquefois l'endolorissement et l'atrophie des testicules, accidents qui augmentent à mesure que la maladie primitive fait des progrès.

Je ne poursuivrai pas l'énumération de ces rapports pathologiques, parce que j'aurai à y revenir plus longuement dans une autre partie de cet ouvrage; mais ceux que j'ai énoncés suffisent à montrer quelles étroites relations unissent la faculté génitale et les fonctions circulatoire, respiratoire et vocale.

C. Excrétions. — Divers appareils d'excrétion existent dans l'organisme humain; tous ont plus ou moins de rapport avec

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la faculté génitale; mais je n'examinerai ici que les principaux, qui sont : excrétion rectale, excrétion vésicale ou urinaire et excrétion cutanée; je dirai aussi quelques mots des relations génésiaques avec le.^ parties du corps qui, plus que d'autres, portent en elles le caractère d'excrétions organisées, comme les os, les poils et les cheveux.

Le voisinage du rectum et des organes génitaux est, pour le praticien, d'un grand secours, non-seulement pour le diagnostic de certaines maladies de ces derniers organes, mais encore au point de vue thérapeutique, car toutes les substances introduites dans le rectum, par lavement ou sous toute autre forme, réagissent sur l'appareil génital; on verra plus loin le parti que j'ai plus d'une fois tiré de cette indication anatomique. De plus, la dureté des matières fécales retenues dans le rectum est souvent la cause d'une érection fatigante et même d'une espèce d'éjaculation chez les individus affaiblis par les excès. Le retentissement des affections de la matrice sur le rectum et de celles du rectum sur la matrice est si généralement connu, qu'il me paraît simplement nécessaire de rappeler ce point de pathologie médico-chirurgicale.

L'appareil urinaire a, plus encore que la fin de l'appareil digestif, des rapports intimes de voisinage avec l'aiipareil -génital; l'un et l'autre ont, chez l'homme du moins, un organe commun d'excrétion, le canal de l'urèthrc, et, chez les deux sexes, de telles sympathies naissent de leur juxla-position qu'il est rare, comme nous le verrons ailleurs, que l'état morbide de l'un ne trouble pas les fonctions de l'autre.

Lorsque les désirs vénériens se font sentir, la peau devient le siège d'une transpiration plus abondante et imprégnée d'une odeur spéciale. Chez les castrats, la peau est molle, iiûlc, lisse, rarement sujette aux exanthèmes, et produisant une transpiration aigrelette.

Los os, de leur côté, dont la formation cesse lorsque com-

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mence la sécrétion testiciilairo, répandent une odeur spermatique quand on les lime ou qu'on les scie.

Les poils du pubis sont ordinairement, dans les deux sexes, eu égard à leur quantité, à leur couleur et à leur frisure, un indice de l'énergie de la faculté génitale. La barbe, qui ne se développe pas chez les castrats, et qui est peu fournie et tombe de bonne heure chez les individus qui ont subi l'opération à l'époque de la puberté, est implantée avec force et ne disparaît que fort rarement, même dans un âge avancé, chez les personnes qui jouissent de toute leur puissance virile. Tandis que les poils à la lèvre supérieure et au menton sont pour l'homme un signe de virilité, ils sont quelquefois chez la femme, ainsi que je l'ai déjà dit, un signe de stérilité, surtout quand leur présence coïncide avec la perte des autres attributs extérieurs du sexe féminin. On prétend, mais je n'ai pu m'assurer jusqu'à quel point cette assertion est fondée, que l'habitude de se raser stimulait les organes génitaux.

§ II. — Rapports avec la vîe anisnalc.

La génération, dont on a fait un sens spécial sous le nom de génésique, appartient essentiellement à la vie animale ou de relation ; mais tandis que les autres sens entrent en exercice sous l'influence d'une excitation extérieure, comme la lumière pour la vue, les odeurs pour l'odorat, etc., le sens génital n'exécute ses fonctions que sous l'empire d'une excitation interne que l'on nomme instinct, désir vénérien. Cependant les excitations extérieures ne sont pas sans action sur l'éveil du: désir; quelquefois môme celui-ci, inerte ou paresseux, ne sort de son apathie que par la vue d'une belle femme ou par des attouchements licencieux; mais, je le répète, l'érection de la^ verge et celle du clitoris, et par suite le plaisir, chez les deux, sexes, obéit entièrement au sens intime, à l'âme, à l'imagina-

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