‹ Traité de l'impuissance et de la stérilitéChapitre 39 sur 164 · PHYSIOLOGIE DE l'espèce · texte numérisé non relu

PHYSIOLOGIE DE l'espèce

gnale l'intensité. Donc le plaisir vénérien n'est pas toujours en'

raison directe des désirs.

De plus, le coït, exercé le soir, n'a pas sur l'organisme l'empire absolu qui lui appartient, en raison même de l'agitation générale et de l'exaltation des facultés intellectuelles. Après un bal, oij certes les stimulants erotiques ne manquent pas, on savoure mal les plaisirs de l'amour. Après la veille, l'économie réclame le repos et non une nouvelle l'aligne ; et puis l'imagination, cette folle du logis, comme la nomme Brantôme, loin de rester où l'appelle le désir vénérien, fait quelquefois l'école buissonnière, qu'on me passe le mot, au moment même où son' intervention est le plus nécessaire, et enlève au plaisir un aliment précieux qu'elle donne, soit à un souvenir, soit à une espérance, soit à un calcul.

Je ne parle pns de la fatigue plus grande, de l'épuisement plus profond qui succèdent au coït du soir ; je ne fais pas non plus intervenir l'hygiène, dont les prescriptions sont contraires aux rapprochements conjugaux avant le sommeil ; je ne veux, constater ici que ^influence exercée sur l'acte génital parlesexcitations de la Yeille, et je suis forcé de reconnaître qu en. ces circonstances, le désir acquiert une énergie qui est loin dé se communiquer au plaisir. Victor Hugo serait donc plus dans la vérité s'il remplaçait le mot plaisir par celui de désir. Au malin, après le calme et le repos de la nuit, l'organisme et les facultés intellectuelles sont dans une espèce de sérénité béate, si je puis ainsi dire. La sensibilité a toute virginité de ses impressions, et la folle du logis, encore endormie, ne trouble, par ses divagations, ni les émotions de l'âme, ni la rectitude de la raison. L'être physique et Fêtre moral sont tout entiers à la première sensation qui les sollicite, et s'y asi^ocient d'autant plus complètement que rien encore ne les a distraits; sans doute l'impression qu'ils en reçoivent ne contracte pas épileptiquemciit les fibres, mais les distend,

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comme dirait Cabanis, et constitue tout à la fois une jouissance calme pour le corps et une joie [douce pour l'âme. Oui, le coït, exercé le matin, après une nuit de sommeil et de repos, n'est pas précédé de ces violents désirs qu'engendrent les excitations de la veille, mais il est accompagné d'une volupté qui, quoique moins délirante, porte la satisfaction et le bien-ôtre dans toutes les parties de notre être. Ce ne pouvait donc pas être le désir vénérien qui donnait à Fontenelle l'envie de se marier.

Il est sans doute beaucoup d'autres circonstances, telles que la digestion, l'équitation, etc., qui influent sur la génération; mais comme sous leur influence peuvent naître des états pathologiques, j'aurai l'occasion de les retrouver • dans divers chapitres de cet ouvrage.

J'ai hfite d'ailleurs de clore une introduction peut-être trop étendue, mais dont la longueur trouve son excuse dans le nécessités môme de mon sujet qui réclamait ces considéra tions gçnérales, aûn de me débarrasser d'explications san nombre qiii eussent entravé à chaque pas la marche de mon discours.

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