IMPUISSANCE SYMPTOMATIQUE. — MALADIES DE LA VERGE
coït normal ; les autres, en augmentant ou en diminuant le volume du pénis, détruisent les rapports d'harmonie nécessaires entre les organes des deux sexes ; d'autres enfin s'opposent à l'érection môme du membre viril.
Cette division, entièrement physiologique, m'a paru tout à la fois plus rationnelle et plus intéressante que celle qui aurait pour base l'anatomie pathologique, car, ainsi qu'on le verra tout à l'heure, de ces maladies si diverses, celles-ci attaquent la verge tout entière, et celles-là n'affectent qu'une ou plusieurs de ses parties.
A. — Inipitisscnice par altération diiplaidr.
Dans ce groupe viennent se ranger toutes les phlegmasies simples ou spécifiques, avec ou sans ulcérations, dont le pénis ou quelqu'une de ses parties peut être lo siège : le phimosis et le paraphimosis accidentels, la balanite, la balano-postite, le chancre, la cristalline ou /lerpes prœputialis, l'inflammation simple ou œdémateuse du fourreau de la verge, et que Moulinié ixppeWe pénitis (I), l'inflammation érysipélateuse, grangréneuse, etc., du pénis, sont de ce nombre. Il suffit de cette simple onumôration pour caractériser ce groupe de maladies et pour faire comprendre combien peu nous devons nous y arrêter, tant elles rentrent dans le domaine de la pathologie générale.
B. — Impuissance par altération du volume de la verge.
Il en est de ce groupe comme du premier ; il comprend la grande classe des dégénérescences, dont s'occupent tous les ouvrages de chirurgie : dégénérescences cartilagineuse, osseuse, carcinomateuse, squirrheuse, cancéreuse, dont la plu-
(1) Moulinié, Maladies des organes génitaux eturinaires. Paris, 1839,
part exigent l'amputation totale ou partielle de l'organe. Je n'ai donc pas à m'en inquiéter dans ce livre tout spécial, d'autant mieux que la guérison de ces aflections, c'est-à-dire l'amputation de la verge, détermine précisément l'infirmité dont je suis chargé d'exposer les moyens curatifs.
Ce serait donc sortir de mon cadre que de m'y arrêter plus longtemps.
Cependant il est des circonstances dans lesquelles le volume de la verge est accru au point de compromettre ou de gêner le coït, et dans lesquelles la cause du mal est aussi facile à constater qu'à guérir.
Je veux parler des calculs du prépuce.
Calculs du prépuce. — Il ne s'agit pas ici de concrétions produites par la matière sébacée que quelques personnes, par défaut de propreté , laissent longtemps séjourner entre le gland et le prépuce; quoique ces concrétions présentent parfois, ainsi qu'il m'a été donné de l'observer, uiie grosseur et une dureté extraordinaires, je me serais contenté de les signaler, si, à côté de ces concrétions organiques, on n'avait pas trouvé de véritables calculs composés, comme ceux de la vessie, d'acide urique, d'urate d'ammoniaque et de phosphate ammoniaco-magnésien .
Ces calculs, en effet, proviennent de l'urine qui, lorsque l'orifice du prépuce est plus étroit que le méat urinaire, reste stagnante dans la cavité de cette membrane, et y laisse déposer les sels ou les graviers qu'elle apporte du réservoir urinaire.
Ces calculs sont très-variables sous le rapport de la grosseur, de la forme et du poids : Sper en a décrit un dont le volume énorme empêchait le coït ; Morand et Baillie en ont observé qui recouvraient exactement le gland et qui enlevaient à cet organe toute sa sensibilité; enfin Duméril en a recueilli un du poids énorme de 225 grammes.