IMPUISSANCE SYMPTOMATIQUE. CYSTOCÈLE INGUINALE
sur la présence de la pierre dans la vessie ont noté l'hypertrophie de la verge chez les calcnleux, et je reproduirai tout à l'heure ce que Giviale a dit sur ce sujet.
Mais il est un état anormal de la vessie que je dois signaler ici, parce qu'il est le seul capable d'amener l'impuissance.
Je veux parler de la cystocèle inguinale.
La hernie inguinale de la vessie s'oppose de deux manières à l'accomplissement du coït : 1" par la tumeur qu'elle forme au pubis ; '1" par la rétraction de la verge.
S'il n'existait que le premier empêchement à la copulation, on pourrait dire que l'impuissance ne serait pas continue, puisque l'évacuation de l'urine, en affaissant les parois vésicales herniées, fait disparaître la tumeur.
Mais la rétraction de la vierge est un obstacle qui est lié à l'existence même de la cystocèle, et qu'il n'est pas possible, par conséquent, de faire disparaître à volonté.
On conçoit, en effet, que le corps de la vessie, entraîné au dehors du canal inguinal, exerce des tractions sur les parties qui lui sont attenantes, et attire son col, et, par suite, le canal de l'urèthre, en haut et en dedans. La longueur du pénis est donc diminuée dans des proportions assez sensibles, et cette diminution est encore aggravée par la tumeur de la cystocèle elle-même. La verge, chez les personnes atteintes de cette infirmité, cachée sous l'arcade du pubis, apparaît comme un tubercule au milieu des tissus et des poils qui l'environnent, et ne peut, môme par l'érection, dépasser les éminenccs qui la dominent, surtout quand la cystocèle est compliquée, ainsi qu'il arrive fréquemment, d'une hernie intestinale ou épiploïque.
Bien évidemment, cet obstacle mécanique se produit principalement dans la cystocèle complète, c'est-à-dire lorsque les parois antérieure et postérieure de la vessie se trouvent simultanément engagées dans l'anneau, et, à plus forte raison,
iiÔG IMPUISSANCE CHEZ L HOMME.
dans la cystocèle double, dont il n'existe qu'une seule observation, je crois, rapportée par Verdier (1).
La réduction de la hernie est, on le comprend, le seul remède à l'impuissance que ce déplacement occasionne, et je renvoie pour le mode opératoire aux ouvrages spéciaux sur la matière.
3° Maladies du col de la vessie, de la jwostale et des conduils
cjaculateurs.
En dehors de l'obstacle que les altérations de la pi ostate apportent à la sortie régulière du sperme, et qui sera l'objet d'un examen étendu, alors que je rechercherai les causes de la stérilité, les affections profondes du col de la vessie et de la prostate déterminent un développement considérable de la verge qui, à lui seul, peut constituer une impuissance relative.
Cette hypertrophie, qui se montre aussi chez les calculeux à la suite des tractions que ceux-ci exercent sur leur verge, et chez les individus atteints de rétrécissements de l'urèthre, par une action purement sympathique, m'occupera tout à l'heure d'une manière spéciale.
Les conduits éjaculateurs, logés dans l'épaisseur de la prostate, restent rarement étrangers aux altérations de cet organe : les vésicules séminales jouissent, à leur tour, quoique moins souvent cependant que les conduits éjaculateurs, de ce triste privilège, de telle sorte que l'étude de toutes ces affections doit se trouver dans le même cadre et ne former qu'un seul tableau.
Mais, en réfléchissant aux conséquences qu'elles entraînent, on ne tarde pas à s'apercevoir que, tout en déterminant l'impuissance dans la large acception que nous avons donnée à ce mot, ces affections, telles, par exemple, que l'hypertrophie de
(1) Verdier, Mémoires de l'Académie de chirurgie, t. II, p, 32.
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la prostate et surtout du verumontaniim, la spermatorrhée etc., se traduisent principalement, tantôt par un obstacle à l'excrétion normale du sperme, et tantôt par une altération dans la nature do ce liquide, circonstances qui ont pour résultat immédiat et certain la stérilité.
Je crois donc plus rationnel et plus utile tout à la fois de renvoyer l'histoire de ces maladies à la partie de cet ouvrage consacrée à la stérilité chez l'homme, me réservant de compléter alors la portion du cadre de l'impuissance que je néglige de remplir ici.
h' Maladies des vésicules séminales.
Les maladies des vésicules séminales capables d'entraîner l'impuissance, ont pour caractère commun la sortie involontaire du sperme, ce qui les a fait classer sous le titre unique de spermatorrhée.
Les causes de la spermatorrhée sont multiples et diverses, mais parmi elles les excès vénériens jouent incontestablement un rôle considérable. Or, comme j'ai à m'étendre longuement sur l'influence fâcheuse que ces excès ont sur la Aicullé copulatrice, je renvoie l'étude de la spermatorrhée, en tant que source de l'impuissance, au paragraphe relatif à l'action des abus des organes génitaux, afin d'embrasser dans leur ensemble les résultats néfastes de cette cause si commune d'anaphrodisie.
5" Maladies de l'urèthre.
Toutes les maladies qui afl'ectent spécialement l'urèthre diminuent plus ou moins le calibre de ce canal, de telle sorte que, ramenées au point de vue qui nous occupe, elles rentrent toutes, par quelques points importants de leur histoire, dans la famille des rétrécissements.
Ceux-ci constituent une cause fréquente de stérilité chez l'homme, en mettant obstacle à la libre sortie du sperme-
258 IMPUISSANCE ciiiiz l'homme.
leur étade, comme celle des affections de la prostate, des vésicules séminales et des conduits éjaculateurs, trouve donc sa place dans la seconde partie de cet ouvrage.
Cependant ils ne sont pas sans exercer une influence fâcheuse sur la fonction copulatrice, et, comme cette influence est entièrement distincte de celle qu'ils ont sur le cours de la semence, je vais l'exposer ici pour n'avoir plus à y revenir plus tard .
Les rétrécissements du canal de l'urôthre agissent sur la fonction copulatrice en altérant, soit les conditions anatomiques de la verge, soit les conditions physiologiques de l'érection.
Sous le premier rapport, la tuméfaction du prépuce est un accident que l'on rencontre assez fréquemment, et qui n'a rien de commun avec la tuméfaction produite par l'infiltration de l'urine. La plupart des auteurs qui ont écrit sur les rétrécissements de l'urèthre, prennent soin d'avertir de l'erreur dans laquelle on serait tombé, s'il en faut croire Ch. Bell, et Civiale fait ainsi ressortir toute l'importance de cette distinction : « Au commencement de 18ûl , dit-il, il s'est présenté dans le service des calculeux deux malades affectés de rétrécissement et de grandes difficultés d'uriner, qui avaient l'extrémité de la verge très dure et très-volumineuse. Chez l'un d'eux, l'induration occupait le gland et le prépuce, dans l'étendue de treize lignes environ; elle était la conséquence d'un rétrécissement fort long et très-ancien, que je fus obligé d'inciser profondément, à plusieurs reprises. Chez l'autre, le gonflement énorme du prépuce, avec induration extrême, se rattachait à une véritable infiltration d'urine et à des fistules (1) . »
La cause de cette tuméfaction n'est pas connue ; c'est un effet sympathique du rétrécissement.
(I) Civiale, Traité pratique sur les maladies des organes génitourinaires. 3« édit. Paris, 1858, partie, p. 121.
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Lo prépuce n'est pas toujours seul à éprouver cette hypertrophie : la verge tout entière peut augmenter de vohuue, et cet accroissement du pénis, qu'il faut bien distinguer de ceux que produisent l'onanisme ou les tractions exercées par le malade dans le cas d'un calcul vésical, est tout aussi inexplicable que la tuméfaction du prépuce. Écoutons encore sur ce sujet un des hommes les plus compétents en fait de maladies de l'urèthre : « On trouve, dit Civiale, quelques malades chez lesquels le pénis prend un développement extraordinaire. Presque toujours alors il y a des lésions profondes, soit de la prostate, soit de la vessie. On se rend difficilement raison de cette influence, mais elle existe ; j'ai eu occasion de l'observer chez un certain nombre de malades, et Charles Bell en a fait le sujet d'une de ses belles planches sur les affections des organes génitaux. Il faut bien distinguer cet état de celui qui a pu être déterminé par la masturbation ou par les tractions que la plupart des calculeux ont coutume d'exercer sur leur verge. €e développement anormal du pénis m'a paru se lier esse^iitiellement aux efforts prolongés et longtemps continués que les malades exécutent pour chasser l'urine de leur vessie. Ce qui vient à l'appui de cette opinion, c'est qu'on observe le môme phénomène chez certains calculeux qui se sont livré« pendant longtemps à des efforts analogues, dont la prostate et la vessie n'offrent aucune trace de lésions profondes, et qui n'ont pas contracté l'habitude de se tiraiUer la verge. D'ailleurs il n'y pas seulement développement du pénis ici, car cet organe est en même temps empûté, dur et rigide; tandis que la seule influence des tractions et des tiraillements se borne généralement, du moins chez les vieillards, à l'allonger en le laissant mou et flasque (I). » '
Cette altération dans les conditions anatomiques de la verge
(1) Civiale, loc. cit., p. 1-21.
2(50 IMPUISSANCE CHEZ l'hOMME.
coiibtituc un obstacle purement mécanique à la copulation, et ne crée qu'une impuissance relative.
Mais les rétrécissements de l'urèthre agissent aussi sur les conditions physiologiques de l'érection, et compliquent d'une manière fâcheuse l'impuissance qu'ils déterminent. « Parmi ceux des autres effets locaux des rétrécissements de l'urèthre, dit Civiale, qui méritent aussi de fixer l'attention des praticiens, parce qu'ils fournissent de précieuses notions pour l'établissement du diagnostic et l'appréciation des progrès de la maladie, se placent en première ligne les désordres qu'on observe dans les fonctions de la génération. Les érections n'ont pas ordinairement lieu comme chez l'homme en état de santé, soit que le pénis ne puisse plus se redresser, à raison delà rigidité du canal, soit que le sang ne parvienne point en suffisante quantité dans les corps spongieux et caverneux (1). » Reybard n'est pas moins explicite que Civiale : « Contrairement à ce que nous avons vu plus haut, dit-il, les coarctations uréthrales peuvent devenir une cause d'impuissance génératrice par la difficulté ou l'impossibilité de l'érection (2). »
Toute médication spéciale est ici contre-indiquéc ; on ne doit s'attacher à combattre que le rétrécissement de l'urèthre, car la guérison de ce dernier amène celle de l'impuissance.
6° Maladies de la verge.
Les maladies qui ont la verge pour siège et l'impuissance pour symptôme sont aussi nombreuses que variées; mais toutes n'entraînent pas le même genre d'impuissance : les unes altèrent le plaisir, que j'ai dit être une des conditions du
(i) Civiale, Traité pratique sur les maladies des organes génito-
urinaires, p. I'i8.
('2) Heybard, Traité pratique des rétrécissements de l'urèthre. Paris