‹ Traité de l'impuissance et de la stérilitéChapitre 68 sur 164 · C. — Iiitpi(issaiice par défaut il érection · texte numérisé non relu

C. — Iiitpi(issaiice par défaut il érection

Pour comprendre les maladie s, fort rares d'ailleurs, qui font le sujet de ce paragraphe, il faut se rappeler le mécanisme de l'érection que j'ai longuement exposé dans les considérations physiologiques placées entête de cet ouvrage (1), et que je vais résumer ici en deux mots.

Le sang rouge est apporté à la verge par l'artère honteuse qui, avant de se diviser en dorsale et profonde du pénis, fournit les artères bulbeuses, les artères bulbo-uréthrales, lesquelles constituent, avec les rameaux principaux des deux dorsales, tout l'appareil artériel de ce que Kobelt appelle l'organe passif, c'est-à-dire le gland, le corps spongieux de l'urcthre et le bulbe.

Les vaisseaux afférents du pénis sont très-nombreux : ù part quelques gros troncs veineux, placés sur les côtés de la veine dorsale, qui se dirigent sous l'arcade pubienne et qui se jettent derrière celle-ci dans les plexus prostatique et vésical, la majeure partie de ces vaisseaux aboutit, à des hauteurs différentes et par des anastomoses qui embrassent les corps caverneux, dans la veine dorsale de la verge.

Enfin l'appareil copulateur est complété par deux muscles, le bulbo-caverneux et l'ischio-caverneux, dont les fonctions

(1) Voyez la page ;2S.

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consistent à s'opposer à la sortie du sang pénien, en comprimant, par leurs contractions, la veine dorsale et les piliers de ia verge.

Tous ces organes constituent un appareil hydraulique dont le jeu régulier, sous l'influence des désirs vénériens et de l'innervation, amène et soutient la turgescence du pénis. Une altération quelconque dans l'une de ces parties troublera donc le jeu de tout l'appareil, comme il arrive pour les rouages d'une montre ou les engrenages d'une machine. Il faut par conséquent rechercher les affections dont peuvent être frappés les systèmes musculaire et circulatoire de la ^ crge.

Les muscles bulbo-caverneux et ischio-caverneux sont, comme tous les muscles de l'économie, exposés à la paralysie et à l'anesthésie. Ces états morbides sont quelquefois indépendants de toute maladie des centres nerveux, mais le plus généralement ils sont amenés par une affection de la moelle épinière.

Dans le premier cas, ces états morbides rentrent dans ce que j'ai appelé l'impuissance idiopathique, qui fait le sujet du second chapitre de cet ouvrage ; dans le second cas, ils appartiennent à l'impuissance symptomatique des maladies de l'innervation qui nous a précédemment occupé.

Je ne puis donc que renvoyer le lecteur à ces deux parties du livre.

Les affections du système circulatoire du pénis sont excessivement rares, et sous ce rapport l'anatomie pathologique est d'une pauvreté désespérante. Cependant Scarpa, je crois, dit avoir constaté une fois l'anévrysme de l'artère dorsale de la verge, et ce fait, quoique unique peut-être dans la science, jette une vive lumière sur certaines circonstances inexplicables sans son secours.

Si l'on considère la ténuité et la délicatesse des vaisseaux artériels et veineux dans lesquels circule le sang nécessaire à

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l'excitation et à l'érection de la verge, on conviendra que nos moyens d'investigation doivent être souvent trop grossiers pour nous faire apprécier toutes les lésions dont ces organes sont susceptibles, et qu'il doit se produire, par exemple, des dilatations ou des ruptures de ces vaisseaux, sans qu'il nous soit possible de les apprécier, comme nous le faisons sur les gros troncs veineux et artériels.

Je ne me dissimule pas que je ne puis étayer cette manière de voir sur quelque pièce d'anatomie pathologique, et que cette opinion est déduite à priori du fait rapporté par Scarpa.

Mais si l'on réfléchit à l'action si souvent salutaire des astringents et des toniques locaux dans des cas de faiblesse et même d'impuissance complète, on conviendra qu'il n'est pas entièrement déraisonnable d'admettre, soit la résolution de quelque caillot sanguin, soit le resserrement, et par conséquent l'énergie imprimée aux parois des vaisseaux.

Les altérations de la circulation locale de la verge me paraissent encore démontrées par l'aspect que présente le pénis des impuissants par suite d'excès de coït ou d'abus d'onanisme. Ces malheureux ont presque tous une verge plus dure et plus résistante que dans les autres cas d'anaphrodisie : on dirait que le sang, amassé dans l'organe, s'est coagulé dans les vaisseaux et ne circule plus. C'est qu'en effet, les tuniques de ces vaisseaux, trop souvent distendues par le coït ou la masturbation, perdent peu à peu leur élasticité et leur contractilité, et finissent par laisser stagner le sang dans leur cavité doublée de volume.

Cette explication est si vraie, en faisant une large part à la fatigue éprouvée par l'innervation, que dans l'impuissance propre aux débauchés et aux masturbateurs, l'eau froide ou la glace même sont, de toutes les applications locales, celles qui réussissent le mieux.

Il ne me paraît donc pas entièrement contraire à la vérité

IMPUISSANCE CHEZ l'iiom.me.

scientifique d'admettre que dans certaines impuissances, la cause du mal est tout entière dans une lésion de l'appareil circulatoire de la verge.

Cette opinion m'est peut-être moins personnelle qu'on ne pourrait le croire. On lit, en effet, dans Fodéré les lignes suivantes : « Des vices locaux dans les vaisseaux, dans les nerfsou dans les muscles de l'organe, empêchent parfois que les cellules des corps caverneux ne se remplissent de la quantité de sang nécessaire pour l'érection, ce qui produit une atonie approcliant de la paralysie. Gliaptal et Gesner ont guéri de pareilles atonies du membre viril, qui duraient depuis trois ans, par des immersions répétées dans une décoction de semences de moutarde. Weikard a eu le môme succès avec le musc donné intérieurement à un homme presque octogénaire. D'autres médecins, en employant des bains froids et le fer, ont réussi sur des sujets que trop de jouissances ou la masturbation avaient réduits à l'impuissance. Mahon a obtenu guérison en faisant baigner la partie dans un mélange de liqueurs minérales d'Hoffmann et d'eau, et en l'enveloppant ensuite de linges imbibés du même mélange (1). »

Ainsi que je le disais plus haut, il est très-souvent impossible de constater matériellement, soit la lésion anatomique, soit l'obstacle à la marche du fluide sanguin ; il faut alors recourir à la méthode d'exclusion dont la certitude n'est malheureusement pas absolue ici, puisque le praticien se trouve toujours en face, en dernière analyse, de l'impuissance idiopathique.

li reste alors le critérium fourni par la thérapeutique.

Malheureusement ce critérium n'est pas d'une valeur incontestable, parce que les astringents et les toniques n'ont pas une action tellement spéciale qu'ils ne réussissent que

(1) Fo(,lérc, Traité de médecine légale cl d'hygiène publique. Paris,. 4813, l. î, p. 38-2.

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dans ces circonstances, et que iiiôiue, ces circonstances existant réellement, les médications astringentes et toniques no puissent pas échouer quelquefois.

En tout état de cljoses, cette ignorance, je pourrais môme dire cette absence d'un diagnostic certain, est moins à regretter qu'on ne pense; car, pour que le scapel de l'école anatomique, aidé du microscope, s'il l'eût fallu, n'ait pas enrichi la science d'observations analogues à celle de Scarpa, il faut que les dilatations ou les ruptures des vaisseaux de la verge soient assez rares, ou même trop facilement réparables pour laisser des traces après la mort de l'individu.

1' Maladies du cordo/t speraiatique et des testicules.

Les maladies du cordon spermatique et celles qui affectent les testicules ont entre elles de telles connexions, que je crois devoir les réunir dans un môme paragraphe, d'autant mieux que, me proposant plus tard de les mettre dans leur véritable jour, c'est-à-dire de les considérer comme causes de stérilité, je ne veux les aborder ici que dans leurs résultats par rapport à l'impuissance; en d'autres termes, je n'ai l'intention de discuter que la question suivante dont l'intérêt n'échappera à personne :

La stérilité esl-elle une cause d'imimissanco f

Il est évident que je ne vais pas anticiper ici sur l'histoire de la stérilité, qui m'occupera dans une autre partie de cet ouvrage, et que, sans rechercher les causes nombreuses qui chez l'homme annihilent la faculté procréatrice, je limite la question en ces termes : La présence du sperme est-elle nécessaire pour l'accomplissement du coït? ou bien encore : Les désirs vénériens, l'érection de la verge et le plaisir, com])agnons ordinaires de la copulation, se peuvent-ils produire non-seulement avec une sécrétion morbide du sperme, mais

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encore en delior? de toute sécrétion et de toute excrétion du produit testiculaire ?

La solution de ce problème n'est pas seulement intéressante aux points de vue de la pathologie et du mariage ; elle acquiert une importance très-grande en médecine légale dans les questions d'adultère et de viol.

A côté de ce problème, il en est un autre d'un intérêt tout aussi majeur, qui complète l'ensemble de la question et que j'aborderai également quand l'heure sera venue : c'est de savoir si l'impuissance est une cause de stérilité.

Pour le moment, je dois me borner à la première proposition que j'ai formulée dans les termes les plus généraux.

Quand on étudie l'histoire des eunuques et des castrats (1), on est obligé d'établir une distinction fondamentale au point de vue qui nous occupe, à savoir : si l'absence des organes

(1) Ancillon dit que les jurisconsuUes les parlagent en quaU-e classes : 1° Ceux qui sont nés sans organes génitaux tant internes qu'externes ; ce sont les véritables eunuques dont il cite un exemple que l'on montrait en 1701 .

2° Ceux à qui on enlève toutes les parties tangibles de la génération, verge et testicules.

3» Ceux chez lesquels on atrophie les testicules, soit en les malaxant comme dans l'opération encore usitée en médecine vétérinaire sous le nom de bistouniage, soit en sectionnant les veines et probablement tout le cordon ; ceux qui étaient bistournés s'appelaient thlibia', et ceux qui étaient coupés se nommaient thlasiœ.

4° Ceux enlin qui, pour un motif quelconque, ne peuvent contribuer à la génération et que l'on confond tous sous le nom de spadoncs {Traité des eunuques, par M*** D*** (Ancillon), 1707, in-18, p. 10).

Ces divisions des anciens jurisconsultes, d'après Ancillon, ne sont pas admissiljles ; les deux premières classes ne doivent en faire qu'une, car les malheureux qui naturellement ou accidentellement manquent des organes externes de la génération sont impropres à la copulation et à la reproduction ; en second lieu, il faut faire une classe de ceux auxquels on coupe les testicules, tout en respectant la verge, et dans laquelle doivent trouver place les eunuques si recherchés des dames romaines, comme je le dirai tout à l'heure.

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