‹ Traité de l'impuissance et de la stérilitéChapitre 69 sur 164 · IMIH ISSANCE SYMPTO.MATIQUE. — MALADIES DES TESTICULES · texte numérisé non relu

IMIH ISSANCE SYMPTO.MATIQUE. — MALADIES DES TESTICULES

spenuatiques est congénitale ou accidentelle, et dans ce dernier cas, à quelle époque de la vie a eu lieu l'extirpation ou l'atrophie des testicules.

Quand l'absence des glandes spermatiques est le résultat d'un vice de conformation, l'impuissance en est une consé quence fatale ; non-seulement la verge est incapable d'érection, mais encore l'infortuné atteint de cette infirmité n'a jamais de désirs et ignore toujours les charmes d'un sexe sur un autre (1).

Il n'est pas nécessaire, pour que la virilité se produise, que les testicules occupent leur place ordinaire dans le scrotum : les cryptorchides, ou ceux dont les didymes sont restés dans l'abdomen, jouisssent de tous les attributs copu ia teurs â\ui homme bien conformé. Je dis les attributs copulateurs, parce que je montrerai ailleurs que cet arrêt des testicules au-dessus de l'aïuieau inguinal est presque toujours une cause de stérilité (2).

Mais, pour en revenir à notre sujet, lorsque les testicules ne se trouvent ni dans les bourses, ni dans l'abdomen, et que cette absence, si elle existe, est une de ces erreurs irréparables dont la nature nous donne trop souvent, hélas! le spectacle, l'impuissance est complète, radicale et au-dessus de toutes les ressources de l'art.

On dirait que l'organe sécréteur du sperme contient le souffle qui donne la vie au sens génital, qu'il renferme un principe, un cvo^v-o'-' spécial à ce sens, et qu'il le lui communique seulement à l'époque de la puberté.

(1) Je ne préjuge point ici la réalité de l'absence congénitale des glandes spermatiques. Voyez plus loin, pour la solution de ce point controversé d'anatomie, le chapitre consacré aux anomalies du testicule.

(I) Pour tout ce qui a rapport aux vices de conformation des testicules, consulter les travaux si consciencieux de Godard : 1" Recherches tératologiques sur V appareil séminal de i homme, 1860; 2° Études sur la monorchidie et la cryptorchidie chez l'homme, 1857.

Et cela est si vrai, que la castration ou l'atrophie accidendelle des testicules après cet îige n'entraînent pas fatalement une impuissance radicale. Sans doute, les désirs vénériens et la force virile n'ont pas, toutes choses égales d'ailleurs, l'énergie qu'ils présentent chez un homme non mutilé; mais si l'eunuque ou le castrat ne peuvent accomplir des exploits comparables à ceux de ce Catalan dont une reine d'Aj'agon fut obligée, par ordonnance, de réglementer les victoires (1), ils sont encore capables, non-seulement d'éprouver des transports, mais encore de les faire partager à la femme. Les dames romaines n'ignoraient point cette particularité, et, désireuses de jouir du conciibihis sine Lucinâ^ elles la mettaient à profit, comme nous l'apprend Juvénal :

Sunt quas eunuclii irabellos, ac mollia semper Oscula délectent, ac desperatio barbue ; Et qiiod aborlivo non est opus.. (2).

Ainsi, arrivant après l'établissement de la puberté, l'absence des testicules, et par conséquent de la sécrétion spermatique, c'est-à-dire la stérilité essentielle, fondamentale, •certaine, n'est pas fatalement une cause d'impuissance. Que l'absence de cette sécrétion soit déterminée par l'extirpation de l'organe, par sa dégénérescence, par sa compression, par l'obbtération des vaisseaux séminaux ou par toute autre cause, l'influence qu'en ressent la faculté copulatrice est toujours la môme. Qui ne sait en elTet que les individus porteurs d'un sarcocèle double, d'un varicocèle volumineux, de testi-

(I ) On hra avec plaisir le récit de ce jugement dans Montaigne : Essais, liv. ill, cbap. V,

(2) Sat. IV, vers 364. Voici la traduction de ces vers par Mécbin :

l'our d'autres, un eunuque a d'autant plus d'attraits, Que s'il offre à leurs sens des plaisirs imparfaits, Ses baisers sont plus doux; de leurs feux adultères Leurs flancs ne pourront point révéler les mystères.

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