IMPUISSANCE CONSÉCUTIVE. — MALADIES DE LA VERGE
présentaient l'incommodité dont il est question, il ne faudrait pas hésiter, ainsi que le propose le chirurgien que je cite, à faire l'amputation de ces lambeaux.
Avant de quitter le domaine de la médecine opératoire, je dois signaler encore toutes les opérations pratiquées sur la verge, comme capables de déterminer, à la suite des cicatrices, une courbure de cet organe qui rend impossii:>le, ou tout au moins très-difficile son intromi-sion dans la cavité vaginale.
Soit que l'opération n'intéresse que le fourreau de la verge, comme dans les cas oii l'on veut artificiellement former un prépuce dans le paraphimosis naturel; soit qu'elle atteigne le corps spongieux de l'urèthre ou les corps caverneux, le résultat est identique; des adhérences s'établissent, dans le premiercas, entre les parties des téguments incisés, de sorte que la peau, retenue par ces adhérences, résiste sur ces points au développement de la verge et l'incline fatalement de ce côté : dans le second cas, les adhérences ont lieu entre les cellules des corps spongieux de l'urèthre ou des corps caverneux, et la courbure est déterminée par l'impossibilité qu'éprouve le sang de pénétrer dans ces adhérences, pendant qu'il remplit toutes les autres parties de l'organe copulateur.
Les mêmes effets se produisent aussi dans les états pathologiques qui amènent des solutions de continuité dans les tissus de l'appareil génital, comme, par exemple, dans les cas de brûlure ou de gangrène qui enlèvent quelques portions du scrotum ou de la peau de la verge.
Cet accident, c'est-à-dire la courbure de la verge, dû à une cicatrice vicieuse ou à des adhérences des cellules du tissu érectile, serait sans nul doute prévenu, s'il était possible de maintenir l'érection du pénis pendant tout le traitement de la maladie ; malheureusement cette érection ne peut être obtenue pendant un si long temps, même d'une manière artificielle; mais le dommage n'est pas à regretter, car un priapismc, ve-
liant compliquer les accidents inflammatoires dont s'accomgnent toujours les circonstances dont il est ici question, pourrait occasionner des accidents plus graves que la maladie principale et que l'infirmité dont elle est quelquefois suivie.
Celle-ci est, à son début, rarement au-dessus des ressources ideTart; mais il est à craindre de voir échouer toute ihérapeutti^Lie, lorsque les adhérences sont anciennes, ou lorsque des érections vigoureuses ne succèdent pas à la ciciatrisation .
Dans les circonstances opposées, c'est-à-dire lorsque les adhérences sont récentes et que le sang afflue avec abondance dans les corps caverneux, il suffît, la plupart du temps, de seconder simplement la nature. Les fondants, tels que les iodures, le mercure et la ciguë, appliqués localement, rendent de très-grands services, si, en même temps, je le répète, les érections de la verge se soutiennent réguUères et énergiques.
Cette dernière condition est si importante qu'elle a été soigneusement notée par J.-L. Petit : « J'ai remarqué, dit-il, en parlant des adhérences qui se forment entre les cellules du corps spongieux de l'urèthre et des corps caverneux pendant rinflammalion blennorrhagique, j'ai remarqué que ces tumeurs se fondent ordinairement pendant le traitement d'une chaude-pissc cordée ou de toute autre inflammation de la verge ; mais qu'elles subsistent toujours à ceux qui perdent l'érection et qui ne la recouvrent point pendant le traitement ou immédiatement après (1 ) . ))
Ces lignes de J.-L. Petit nous apprennent qu'à côté des accidents traumatiques ou des opérations pratiquées sur la verge qui font le sujet de ce paragraphe, on doit placer les inflammations uréthrales ou du pénis tout entier, quelle que soit d'ailleurs la nature de ces phlegmasies. On ne peut nier qu'il n'y ait là, en effet, une cause bien réelle d'adhérences entre les
(1) J.-L. Petit, loc. cit., p. 716.