‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité v. 1-2Chapitre 114 sur 122 · TROUBLBS DE LA FONCTION DE GESTATION · texte numérisé non relu

TROUBLBS DE LA FONCTION DE GESTATION

matique ou essentielle, n'acquiert une certaine importance pour l'explication du phénomène qui nous occupe, qu'à la condition d'élrc très abondante, car son action est exclusivement mécanique. Sans doute, si la leucorrhée est produite par une métrite ou par une asthénie de l'utérus, et si l'ovule s'échappe peu de temps après son imprégnation, on ne doit en aucune façon attribuer ce résultat aux pertes blanches^ mais bien h l'état organopathique de la matrice. Pour que les flueurs blanches, je le répète, concourent à la sortie anticipée de l'ovule, il faut que par leur abondance elles noient, pour ainsi dire, et entraînent avec elles l'œuf fécondé, avant que celui-ci ait eu le temps de jeter ses premières racines sur la face interne de l'utérus. Mais quand la leucorrhée atteint ce degré d'intensité, il est rare que son action ait à s'exercer sur l'ovule fécondé; elle est bien plutôt, ainsi que je l'ai dit ailleurs, un obstacle soit à l'entrée du spermatozoïde dans Tutérus, soit à la rencontre du produit mâle et du produit femelle, de telle sorte que les flueurs blanches sont une cause de stérilité véritable bien plus que le point de départ de l'avortement précoce.

Mais il n'en est pas de même des métrorrhagies : outre l'action mécanique dont l'explication est bien plus compréhensible ici que dans les cas de leucorrhée, les pertes sanguines tarissent dans l'utérus les sources mêmes de la vie et le frappent de débilité , à ce point que la gestation est , pour ainsi dire, rendue impossible.

Cette transformation vitale de l'utérus n'est pas toujours sous la dépendance d'une cause aussi locale qu'une métrorrhagie ; elle a souvent son point de départ dans des conditions générales d'aiïaiblissement, telles que l'anémie, la chlorose, la débilité succédant à des maladies longues et graves, etc., etc.

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pagne ou non de phénomènes nerveux, est très commun, et il doit en être ainsi, en égard è celte multitude de cirronstaiices qui agissent sur la vitalité générale, uns parler de celles dont les elTets te concentrent sur la matrice elle-même; seulement cet étal de débilité n'a pas la même intensité cbei toutes les femmes, car tandis que chei l'une, l'ovule sert abandonné dès le premier mois de son imprégnation, il sera supporté chez l'autre jusqu'au cinquième ou septième mob de la grossesse, époque è laquelle son poids dépasse el brise la force de soutènement que lui avait jusqu'alors prélé la matrice. Tous les accoucheurs sont parfaitement au courant de ce phénomène, car è toute femme qui a précédemment fait de fausses couches, ou en qui ils signalent les conditions aloniques générales ou locales dont je parle , ils ordonnent, dès le début de la grossesse, al surtout pendant les premiers mois de la gestation , le repos le plus absolu, le plus complet, dans la position horisoatalc ; el ils ont raison, car si celte indication est néceiMir*

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pour prévenir une fausse couche au sixième ou septième mois, elle est surtout indispensable pour éviter l'avortement dans le premier mois de la grossesse.

Je ne veux point empiéter ici sur les ouvrages d'obstétrique; j'en ai dit assez pour montrer que parmi les circonstances qui mettent de bonne heure obstacle à la fonction de gestation, doivent se placer toutes celles qui amènent Tavortement à une époque plus ou moins avancée de la grossesse. J'aurais pu me contenter de cette simple indication, en faisant seulement remarquer que Taction de ces causes est bien plus active au début de la gestation, alors que l'embryon n'a presque aucune force de réaction à leur opposer; et si je me suis arrêté quelques instants sur l'influence fœticide de la masturbation et du coït incomplet, j'en ai trouvé mon excuse dans l'ignorance où nous étions encore à l'endroit de cette influence ; j'avoue même que, si je n'avais craint d'outrepasser sans mesure les limites que m'imposait ce livre, j'aurais plus profondément sondé uo terrain qui me semble neuf, et j'aurais montré combien de dangers, en apparence insignifiants, entourent les premiers moments de notre formation.

Ce sera peut-être là, un jour, la matière d'un nouvel ouvrage, mais, à coup sûr, ce sera pour moi un sujet constant d'expériences et de méditations.

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